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Sommaire

  • 1Définir le génome humain
    • 1.1Génome haploïde et génome diploïde
  • 2Une architecture chromosomique linéaire
    • 2.1Une répartition hétérogène
  • 3Composition fonctionnelle du génome
    • 3.1Les séquences codant des protéines lock — section verrouillée
    • 3.2La majorité non codante lock — section verrouillée
  • 4Comparaison avec les génomes procaryotes lock — section verrouillée
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B3 · Organisation du génome humain

Architecture et composition du génome humain

Décrire la taille, l'organisation et la répartition du génome nucléaire humain, et la proportion réellement codante. Comparer cette organisation à celle des génomes procaryotes.

Biologie moléculaire et génome·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Définir le génome humain

Définition

Génome

Ensemble de l'information génétique portée par l'ADN d'une cellule ou d'un organisme. Chez l'être humain, il comprend un génome nucléaire et un génome mitochondrial distinct.

Cette fiche porte sur le génome nucléaire humain. Le génome mitochondrial, beaucoup plus petit et transmis selon une hérédité particulière, est traité dans la fiche qui lui est consacrée.

Le génome nucléaire n'est pas une molécule d'ADN unique. Il est réparti entre plusieurs molécules linéaires, chacune associée à des protéines pour constituer un chromosome. Les mécanismes de compaction de cet ADN sous forme de chromatine sont étudiés dans le sous-bloc consacré aux acides nucléiques.

Définition

Chromosome

Structure constituée d'une longue molécule d'ADN linéaire associée à des protéines. Chaque chromosome porte un ensemble déterminé de séquences génétiques.

Génome haploïde et génome diploïde

Définition

Génome haploïde

Ensemble comportant un seul exemplaire de chaque type de chromosome, soit nnn chromosomes.

Chez l'être humain, le génome haploïde comporte 23 chromosomes : 22 autosomes et un chromosome sexuel. Il contient environ 3,2×1093{,}2 \times 10^93,2×109 paires de bases, soit près de 3,23{,}23,2 milliards de paires de nucléotides.

Définition

Cellule diploïde

Cellule possédant deux exemplaires de chaque type de chromosome, soit 2n2n2n chromosomes, organisés en paires de chromosomes homologues.

La majorité des cellules somatiques humaines sont diploïdes et possèdent 46 chromosomes, répartis en 23 paires. Pour chaque paire, un chromosome est d'origine maternelle et l'autre d'origine paternelle. Une cellule diploïde contient donc approximativement 6,4×1096{,}4 \times 10^96,4×109 paires de bases nucléaires avant la réplication de son ADN.

Du génome haploïde au génome diploïde
Du génome haploïde au génome diploïde
Attention

Ne pas confondre chromosomes et molécules d'ADN

Avant la réplication, un chromosome correspond à une molécule d'ADN. Après la réplication, il comporte deux chromatides, donc deux molécules d'ADN, mais reste compté comme un seul chromosome tant que les chromatides ne sont pas séparées.

À retenir

Ordres de grandeur à connaître

Le génome nucléaire haploïde humain comprend 23 chromosomes et environ 3,2 milliards de paires de bases. Une cellule somatique diploïde en possède généralement 46.

Une architecture chromosomique linéaire

Les chromosomes humains diffèrent fortement par leur longueur et par leur contenu en gènes. L'information génétique n'est donc pas répartie uniformément entre eux.

Chaque chromosome linéaire possède notamment :

  • deux télomères, séquences terminales protégeant les extrémités de l'ADN ;
  • un centromère, région indispensable à la répartition correcte du chromosome lors de la division cellulaire ;
  • deux bras chromosomiques situés de part et d'autre du centromère ;
  • une succession de régions riches ou pauvres en gènes.
Définition

Locus

Position déterminée d'une séquence génétique sur un chromosome.

Deux chromosomes homologues portent les mêmes catégories de loci dans le même ordre général, mais les séquences présentes à un locus peuvent différer entre les deux chromosomes. Les notions d'allèle et de polymorphisme qui décrivent ces variations sont traitées dans une fiche voisine.

Une répartition hétérogène

La densité génique correspond au nombre de gènes rapporté à la longueur d'une région d'ADN. Elle varie selon les chromosomes et même selon les régions d'un même chromosome. Certaines zones regroupent de nombreux gènes, tandis que d'autres sont dominées par des séquences non codantes.

Repérage des régions de densité génique différente sur un chromosome
Repérage des régions de densité génique différente sur un chromosome

Cette hétérogénéité concerne également l'état de compaction de l'ADN :

  • l'euchromatine est relativement peu condensée et généralement plus accessible aux protéines impliquées dans l'expression des gènes ;
  • l'hétérochromatine est plus condensée et souvent pauvre en gènes actifs.

Ces termes décrivent une organisation fonctionnelle de la chromatine et non une séparation absolue entre ADN utile et ADN inutile.

Composition fonctionnelle du génome

Les séquences codant des protéines

Définition

Séquence codante d'une protéine

Partie d'un gène dont la succession de nucléotides détermine, par l'intermédiaire d'un ARN messager, la succession des acides aminés d'une protéine.

Le génome humain contient environ 20 000 gènes codant des protéines. Pourtant, les séquences effectivement traduites en protéines ne représentent qu'environ 1 à 2 % du génome nucléaire, souvent estimées autour de 1,5 %.

Exemple

Estimer la longueur des séquences codantes du génome humain

En prenant une proportion codante de 1,5%1{,}5 \%1,5% pour un génome haploïde de 3,2×1093{,}2 \times 10^93,2×109 paires de bases :

3,2×109×1,5100=4,8×1073{,}2 \times 10^9 \times \frac{1{,}5}{100} = 4{,}8 \times 10^73,2×109×1001,5​=4,8×107

Les séquences codantes représentent donc environ 4,8×1074{,}8 \times 10^74,8×107 paires de bases, soit environ 484848 millions de paires de bases.

La fraction restante est de 100−1,5=98,5%100 - 1{,}5 = 98{,}5 \%100−1,5=98,5% : l'immense majorité des 3,23{,}23,2 milliards de paires de bases du génome haploïde est non codante.

Cette faible proportion s'explique parce qu'un gène ne se réduit pas à sa partie codante. Il comprend aussi des régions non traduites et peut être interrompu par des séquences éliminées lors de la maturation de l'ARN. L'organisation détaillée des gènes en exons et introns relève de la fiche dédiée à l'organisation des gènes.

Attention

Ne pas confondre gène et séquence codante

La longueur occupée par les gènes est très supérieure à la seule fraction codant les protéines. Affirmer que 1 à 2 % du génome correspond à des gènes est donc incorrect : cette proportion désigne les séquences effectivement codantes.

La majorité non codante

Définition

Séquence non codante

Séquence d'ADN qui n'est pas traduite en protéine. Elle peut néanmoins être transcrite, participer à la régulation des gènes ou contribuer à l'organisation des chromosomes.

La très grande majorité du génome humain est donc non codante. Elle comprend notamment :

  • des séquences situées à l'intérieur des gènes mais absentes de la protéine finale ;
  • des régions intergéniques séparant les gènes ;
  • des séquences régulatrices contrôlant le lieu, le moment et l'intensité de l'expression génétique ;
  • des gènes produisant des ARN fonctionnels non traduits ;
  • des séquences structurales, notamment dans les centromères et les télomères ;
  • de nombreuses séquences répétées.

Plus de la moitié du génome humain peut être rattachée à des familles de séquences répétées. Leur classification et les éléments génétiques mobiles qui ont contribué à leur accumulation sont étudiés dans la fiche suivante.

À retenir

Non codant ne signifie pas sans fonction. Certaines séquences non codantes régulent l'expression, produisent des ARN fonctionnels ou assurent l'architecture chromosomique ; d'autres n'ont pas de fonction actuellement identifiée.

Comparaison avec les génomes procaryotes

Les procaryotes regroupent des organismes dont la cellule ne possède pas de noyau délimité par une enveloppe. Leur ADN est localisé dans une région appelée nucléoïde. Leur organisation génomique est généralement plus compacte que celle du génome humain, même si elle varie entre les espèces.

Définition

Plasmide

Petite molécule d'ADN extrachromosomique, généralement circulaire, capable de se répliquer indépendamment du chromosome principal chez de nombreux procaryotes.

Comparaison

Organisation générale des génomes humain et procaryote

CritèreGénome nucléaire humainGénome procaryote
Taille habituelleenviron 3,2×1093{,}2 \times 10^93,2×109 paires de bases par génome haploïdegénéralement beaucoup plus petite
Support principalplusieurs chromosomes linéairessouvent un chromosome circulaire
Localisationnoyau délimité par une enveloppenucléoïde sans enveloppe nucléaire
Densité géniquefaible et très hétérogèneélevée
Partie codante des protéinesenviron 1 à 2 %souvent 80 à 90 %
Séquences intergéniques et répétéesabondantesgénéralement plus limitées

La forte densité génique des procaryotes signifie que leurs gènes sont rapprochés et séparés par de courtes régions intergéniques. À l'inverse, le génome humain associe une grande taille, de longues régions non codantes, une abondance de séquences répétées et une organisation régulatrice étendue.

Cette différence montre que la complexité biologique n'est pas directement proportionnelle au nombre de gènes codant des protéines. Elle dépend aussi de la régulation de leur expression, de la maturation des ARN et de la diversité des produits obtenus à partir des gènes.

Points clés
  • Le génome nucléaire haploïde humain comporte 23 chromosomes linéaires et environ 3,23{,}23,2 milliards de paires de bases.
  • Une cellule somatique diploïde possède généralement 46 chromosomes organisés en 23 paires homologues.
  • Le génome humain contient environ 20 000 gènes codant des protéines, mais les séquences effectivement codantes n'en représentent qu'environ 1 à 2 %.
  • La majorité du génome est non codante et comprend des régions régulatrices, structurales, intergéniques, intragéniques et répétées.
  • Les gènes et les séquences non codantes sont répartis de manière hétérogène entre les chromosomes.
  • Les génomes procaryotes sont généralement plus petits, plus compacts et beaucoup plus riches en séquences codantes.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Organisation du génome humain.

  • Fiche 02Séquences répétées et éléments génétiques mobilesOrganisation du génome humain
  • Fiche 03Organisation des gènes : exons, introns et familles géniquesOrganisation du génome humain
  • Fiche 04Allèles et polymorphismes : SNP, VNTR et microsatellitesOrganisation du génome humain
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    • 2.1Une répartition hétérogène
  • 3Composition fonctionnelle du génome
    • 3.1Les séquences codant des protéines lock — section verrouillée
    • 3.2La majorité non codante lock — section verrouillée
  • 4Comparaison avec les génomes procaryotes lock — section verrouillée