homecarab1.fr
Biologie moléculaire et génomechevron_rightOrganisation du génome humainchevron_rightAllèles et polymorphismes : SNP, VNTR et microsatellites
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Des positions génomiques aux variantes
  • 2Variant génétique et polymorphisme
  • 3Deux grandes formes de polymorphismes
    • 3.1Polymorphismes de séquence
    • 3.2Polymorphismes de longueur
  • 4Fréquences alléliques et variabilité des populations lock — section verrouillée
  • 5Identification individuelle par des marqueurs lock — section verrouillée
  • 6Étude de la variabilité entre populations lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Biologie moléculaire et génomechevron_right
  4. Organisation du génome humainchevron_right
  5. Allèles et polymorphismes : SNP, VNTR et microsatellites

B3 · Organisation du génome humain

Allèles et polymorphismes : SNP, VNTR et microsatellites

Définir locus, allèle et polymorphisme et distinguer les polymorphismes de séquence des polymorphismes de longueur. Relier ces marqueurs à l'identification individuelle et à l'étude de la variabilité entre populations.

Biologie moléculaire et génome·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Des positions génomiques aux variantes

L’organisation générale du génome et la répartition de ses séquences codantes, non codantes et répétées sont étudiées dans les fiches voisines. Ici, l’unité de raisonnement est une position déterminée du génome, comparée entre plusieurs chromosomes ou plusieurs individus.

Définition

Locus

Emplacement défini sur un chromosome, identifié par ses coordonnées génomiques ou par sa position relative à d’autres séquences. Un locus peut correspondre à un gène, à une partie de gène ou à une séquence non codante.

Dans une cellule diploïde, les chromosomes autosomiques sont organisés par paires homologues. Un individu possède donc généralement deux copies de chaque locus autosomique, l’une d’origine maternelle et l’autre d’origine paternelle.

Définition

Allèle

Version particulière de la séquence d’ADN présente à un locus donné. Deux allèles d’un même locus occupent la même position sur des chromosomes homologues, mais diffèrent par leur séquence ou leur longueur.

Définition

Génotype

Association des allèles portés par un individu à un ou plusieurs locus. À un locus autosomique, le génotype comporte normalement deux allèles.

Un individu est homozygote lorsque ses deux allèles sont identiques au locus considéré et hétérozygote lorsqu’ils sont différents. Un locus peut toutefois posséder bien plus de deux allèles dans l’ensemble d’une population, même si chaque individu diploïde n’en porte habituellement que deux.

Même locus, allèles identiques ou différents
Même locus, allèles identiques ou différents

Variant génétique et polymorphisme

Définition

Variant génétique

Différence de séquence d’ADN observée par rapport à une séquence de référence ou entre plusieurs chromosomes. Cette différence peut concerner un nucléotide, plusieurs nucléotides ou le nombre de répétitions d’un motif.

Définition

Polymorphisme génétique

Coexistence, dans une population, de plusieurs allèles à un même locus. Le terme souligne qu’une variation est partagée à l’échelle d’une population et ne préjuge ni de son effet biologique ni de sa localisation codante ou non codante.

Une ancienne convention qualifie parfois de polymorphisme une variation dont l’allèle minoritaire dépasse une fréquence déterminée. Ce seuil n’est cependant pas universel. Dans l’usage actuel, la fréquence allélique doit donc être précisée plutôt que déduite du seul mot polymorphisme.

Attention

Ne pas confondre mutation et polymorphisme

Une mutation est l’événement moléculaire qui crée une nouvelle séquence. Un variant est l’état de séquence qui en résulte, tandis qu’un polymorphisme décrit la coexistence de plusieurs allèles dans une population. Une variation rare n’est pas nécessairement pathogène, et une variation fréquente n’est pas nécessairement sans effet.

La majorité des polymorphismes n’entraîne pas de modification phénotypique détectable. Ils peuvent néanmoins servir de repères stables pour suivre la transmission d’une région chromosomique ou comparer des individus et des populations.

Définition

Marqueur génétique

Locus polymorphe dont les allèles peuvent être détectés et utilisés pour caractériser un chromosome, un individu ou la variabilité d’une population.

Deux grandes formes de polymorphismes

Polymorphismes de séquence

Un polymorphisme de séquence modifie l’identité d’un ou de plusieurs nucléotides. Lorsque la variation porte sur un seul nucléotide, elle constitue un SNP.

Définition

SNP

Polymorphisme d’un seul nucléotide correspondant à la substitution d’une base par une autre à une position précise du génome. Les allèles diffèrent par la nature du nucléotide, sans modification de la longueur totale du locus.

Un SNP possède le plus souvent deux allèles dans une population, car les différentes substitutions possibles ne sont pas nécessairement toutes apparues ou maintenues à la même position. Il peut se situer dans une séquence codante, régulatrice, intronique ou intergénique. Sa conséquence éventuelle dépend donc de son contexte, étudié dans les fiches consacrées à l’organisation et à l’expression des gènes.

Polymorphismes de longueur

Un polymorphisme de longueur correspond à des allèles contenant des nombres différents de nucléotides. Les VNTR et les microsatellites reposent sur la répétition en tandem d’un motif, c’est-à-dire sur la succession directe de copies orientées dans le même sens.

Définition

VNTR

Locus constitué d’un motif répété en tandem dont le nombre de copies varie entre les chromosomes. Les allèles sont distingués par la longueur totale de la région répétée.

Définition

Microsatellite

Région d’ADN formée par la répétition en tandem d’un motif très court. La variation du nombre de copies du motif produit plusieurs allèles de longueurs différentes.

Les changements du nombre de répétitions proviennent notamment d’un mauvais alignement des brins pendant la réplication ou d’échanges inégaux entre séquences homologues. Comme plusieurs nombres de copies peuvent être conservés dans une population, ces locus sont souvent multialléliques et fortement variables.

Variation du nombre de répétitions par mauvais alignement
Variation du nombre de répétitions par mauvais alignement
Comparaison

SNP, VNTR et microsatellite

CritèreSNPVNTRMicrosatellite
Nature de la variationidentité d’un nucléotidenombre de copies d’un motif répéténombre de copies d’un motif très court
Conséquence directechangement de séquencechangement de longueurchangement de longueur
Nombre habituel d’allèlessouvent deuxsouvent plusieurssouvent plusieurs
Pouvoir discriminant d’un locusgénéralement modérésouvent élevésouvent élevé
Attention

VNTR et microsatellite

Les limites terminologiques varient selon les classifications. Au sens strict, les VNTR comportent des unités répétées plus longues que celles des microsatellites. Le critère essentiel reste que tous deux sont des répétitions en tandem dont le nombre de copies peut varier.

À retenir

Critère de distinction fondamental

Dans un SNP, les allèles diffèrent par la nature d’un nucléotide. Dans un VNTR ou un microsatellite, ils diffèrent principalement par le nombre de répétitions, donc par leur longueur.

Fréquences alléliques et variabilité des populations

Définition

Fréquence allélique

Proportion des copies d’un locus qui portent un allèle donné dans une population définie.

Formule

Fréquence d’un allèle autosomique

f(A)=nA2Nf(A)=\frac{n_A}{2N}f(A)=2NnA​​
  • f(A)f(A)f(A) : fréquence de l’allèle AAA dans la population étudiée
  • AAA : allèle considéré
  • nAn_AnA​ : nombre de copies observées de l’allèle AAA
  • NNN : nombre d’individus diploïdes étudiés
  • 2N2N2N : nombre total de copies du locus autosomique
Exemple

Calcul de la fréquence d’un allèle autosomique

Dans un échantillon de 100100100 individus diploïdes, un locus autosomique possède les génotypes suivants :

  • 363636 individus de génotype A/AA/AA/A ;
  • 484848 individus de génotype A/GA/GA/G ;
  • 161616 individus de génotype G/GG/GG/G.

Le nombre de copies de l’allèle AAA est :

nA=2×36+48=120n_A = 2 \times 36 + 48 = 120nA​=2×36+48=120

Le nombre total de copies du locus est :

2N=2×100=2002N = 2 \times 100 = 2002N=2×100=200

La fréquence de l’allèle AAA vaut donc :

f(A)=120200=0,60f(A) = \frac{120}{200} = 0{,}60f(A)=200120​=0,60

La fréquence de l’allèle AAA dans cette population est de 0,600{,}600,60, soit 60%60\%60%. Parmi les 200200200 copies du locus observées, 120120120 portent l’allèle AAA.

La fréquence d’un allèle n’est pas une propriété absolue : elle dépend de la population étudiée, de son histoire et de l’échantillon analysé. Les migrations, la dérive génétique, les mutations, les unions entre groupes et la sélection peuvent modifier les fréquences au cours des générations.

La diversité d’un locus peut être décrite par le nombre d’allèles présents, leur répartition et la proportion d’individus hétérozygotes. Un locus très polymorphe comporte de nombreux allèles ou des allèles de fréquences suffisamment équilibrées pour que deux chromosomes pris dans la population aient souvent des états différents.

La comparaison de plusieurs populations repose sur les différences de fréquences alléliques, non sur l’existence supposée d’allèles exclusivement propres à chacune. La variabilité génétique est en effet largement partagée entre populations, avec des distributions quantitativement différentes.

Identification individuelle par des marqueurs

Un profil génétique est l’ensemble des génotypes déterminés à plusieurs locus polymorphes. Un locus isolé distingue rarement deux individus avec une certitude suffisante. En revanche, l’association de nombreux marqueurs apporte un fort pouvoir discriminant, car chaque locus ajoute une information.

Les microsatellites et les VNTR sont particulièrement informatifs lorsqu’ils possèdent de nombreux allèles. Les SNP, souvent moins discriminants individuellement, deviennent puissants lorsqu’un grand nombre de positions est analysé.

L’interprétation d’une concordance dépend :

  • des fréquences alléliques dans une population de référence pertinente ;
  • du nombre de locus étudiés ;
  • de leur indépendance statistique ;
  • de la qualité des données obtenues ;
  • de l’existence éventuelle d’un apparentement entre les individus.

Deux marqueurs proches sur un même chromosome peuvent être transmis ensemble plus souvent que ne le prévoirait une indépendance complète. De même, des individus apparentés partagent davantage d’allèles que deux individus choisis sans lien connu. Il ne faut donc pas multiplier naïvement des probabilités sans vérifier les hypothèses utilisées.

À retenir

Une concordance doit être probabilisée

Un profil génétique ne constitue pas une identité absolue inscrite dans chaque locus. Sa force discriminante résulte de la combinaison de nombreux marqueurs et des fréquences de leurs allèles dans une population de référence.

Étude de la variabilité entre populations

Les mêmes marqueurs permettent de comparer la diversité génétique de groupes humains. Les différences de fréquences alléliques renseignent sur des phénomènes démographiques tels que l’isolement, les migrations, les mélanges de populations ou les variations d’effectif.

Ces résultats décrivent des relations statistiques entre populations. Ils ne permettent pas de classer chaque individu sans incertitude, car les distributions alléliques se recouvrent et varient progressivement. La population de référence, la méthode d’échantillonnage et le choix des marqueurs conditionnent donc toute interprétation.

Points clés
  • Un locus est une position génomique, tandis qu’un allèle est une version de la séquence présente à cette position.
  • Un polymorphisme correspond à la coexistence de plusieurs allèles dans une population et ne préjuge pas de leur effet biologique.
  • Un SNP modifie l’identité d’un nucléotide sans changer la longueur du locus.
  • Les VNTR et les microsatellites sont des polymorphismes de longueur fondés sur un nombre variable de répétitions en tandem.
  • L’identification individuelle repose sur la combinaison de nombreux marqueurs et sur les fréquences alléliques de la population de référence.
  • La comparaison des fréquences alléliques permet d’étudier la variabilité et l’histoire des populations.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Organisation du génome humain.

  • Fiche 01Architecture et composition du génome humainOrganisation du génome humain
  • Fiche 02Séquences répétées et éléments génétiques mobilesOrganisation du génome humain
  • Fiche 03Organisation des gènes : exons, introns et familles géniquesOrganisation du génome humain
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 3 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentOrganisation des gènes : exons, introns et familles géniquesOrganisation du génome humainSuivantarrow_forwardGénome mitochondrial et hérédité maternelleOrganisation du génome humain
Sommaire
  • 1Des positions génomiques aux variantes
  • 2Variant génétique et polymorphisme
  • 3Deux grandes formes de polymorphismes
    • 3.1Polymorphismes de séquence
    • 3.2Polymorphismes de longueur
  • 4Fréquences alléliques et variabilité des populations lock — section verrouillée
  • 5Identification individuelle par des marqueurs lock — section verrouillée
  • 6Étude de la variabilité entre populations lock — section verrouillée