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Sommaire

  • 1Une biogenèse à partir de mitochondries préexistantes
    • 1.1Fusion et division mitochondriales
  • 2La double origine des protéines mitochondriales
  • 3Porte d’entrée de la membrane externe
    • 3.1La préséquence mitochondriale
  • 4Importation dans la matrice lock — section verrouillée
  • 5Tri vers les membranes et l’espace intermembranaire lock — section verrouillée
    • 5.1Protéines de la membrane interne lock — section verrouillée
    • 5.2Protéines de l’espace intermembranaire lock — section verrouillée
    • 5.3Protéines de la membrane externe lock — section verrouillée
  • 6Coordination et contrôle de qualité lock — section verrouillée
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B4 · Mitochondries et peroxysomes

Biogenèse mitochondriale et importation des protéines

Expliquer l'origine des mitochondries par division d'organites préexistants et la double origine de leurs protéines. Décrire les mécanismes d'importation et d'adressage des protéines codées par le noyau.

Biologie cellulaire·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Une biogenèse à partir de mitochondries préexistantes

Définition

Biogenèse mitochondriale

Ensemble des processus permettant l’accroissement, le renouvellement et la multiplication des mitochondries, par synthèse de leurs constituants puis division d’organites préexistants.

Une mitochondrie ne se forme pas spontanément à partir du cytosol. Toute mitochondrie provient de la croissance puis de la division d’une mitochondrie préexistante. Cette continuité organellaire est liée à l’origine endosymbiotique des mitochondries et à la persistance d’un génome mitochondrial propre.

La biogenèse associe plusieurs processus coordonnés :

  • réplication de l’ADN mitochondrial et expression des gènes mitochondriaux ;
  • synthèse cytosolique puis importation des protéines codées par le noyau ;
  • synthèse, importation et remodelage des lipides membranaires ;
  • croissance des membranes et renouvellement des complexes moléculaires ;
  • répartition des constituants lors de la division mitochondriale.

La structure générale, l’ADN mitochondrial et sa transmission maternelle sont traités dans la fiche précédente du sous-bloc.

Fusion et division mitochondriales

Les mitochondries forment un réseau dynamique dont la morphologie résulte d’un équilibre entre fusion et division, aussi appelée fission.

Définition

Fusion mitochondriale

Réunion des membranes de deux mitochondries, permettant le mélange de leurs contenus et la redistribution de leurs constituants.

Définition

Division mitochondriale

Séparation d’une mitochondrie en deux organites, après étranglement coordonné de ses membranes.

La fusion homogénéise les protéines, les lipides et les molécules d’ADN mitochondrial au sein du réseau. La division permet au contraire de répartir les mitochondries lors de la prolifération cellulaire, de les distribuer dans les différentes régions de la cellule et d’isoler certaines portions altérées avant leur élimination.

Fusion et division du réseau mitochondrial
Fusion et division du réseau mitochondrial

La multiplication mitochondriale n’est pas strictement couplée au cycle cellulaire. Une cellule peut adapter la masse de son réseau mitochondrial à ses besoins énergétiques et métaboliques.

À retenir

Les mitochondries sont des organites semi-autonomes : elles possèdent un génome et une machinerie de traduction propres, mais leur biogenèse dépend majoritairement de protéines codées par le noyau.

La double origine des protéines mitochondriales

Les protéines mitochondriales ont deux origines génétiques.

Comparaison

Origine des protéines mitochondriales

CritèreOrigine mitochondrialeOrigine nucléaire
Lieu de transcriptionmatrice mitochondrialenoyau
Lieu principal de traductionribosomes mitochondriauxribosomes cytosoliques
Proportion des protéines mitochondrialestrès minoritairetrès majoritaire
Acheminement vers la mitochondriesynthèse dans l’organiteadressage puis importation

La biogenèse mitochondriale exige donc une coordination entre deux systèmes génétiques.

Une petite minorité des protéines est codée par l’ADN mitochondrial et synthétisée dans la matrice par les ribosomes mitochondriaux. La très grande majorité est codée par l’ADN nucléaire. Après transcription nucléaire, les ARN messagers correspondants sont traduits par des ribosomes libres du cytosol.

Les protéines nucléaires destinées aux mitochondries sont d’abord produites sous forme de précurseurs protéiques. Elles portent une information d’adressage qui permet leur reconnaissance sélective, puis leur transfert vers le compartiment mitochondrial approprié.

Définition

Signal d’adressage mitochondrial

Séquence d’acides aminés portée par une protéine précurseur et reconnue par les machineries d’importation mitochondriales.

L’importation est généralement post-traductionnelle : la chaîne polypeptidique est synthétisée dans le cytosol avant de traverser une membrane mitochondriale. Des protéines chaperonnes cytosoliques empêchent son agrégation et la maintiennent dans une conformation suffisamment dépliée pour franchir les pores de translocation.

Porte d’entrée de la membrane externe

Définition

Translocase

Complexe protéique membranaire formant une voie de passage contrôlée pour les protéines.

La plupart des précurseurs nucléaires empruntent d’abord le complexe TOM, translocase de la membrane mitochondriale externe. Des récepteurs situés à la surface cytosolique reconnaissent le signal d’adressage, puis dirigent la protéine vers le canal de translocation.

Le passage par TOM constitue une étape commune à plusieurs voies, mais ne détermine pas à lui seul la destination finale. Après cette porte d’entrée, des signaux supplémentaires et des complexes spécialisés assurent le tri entre la matrice, la membrane interne, l’espace intermembranaire et la membrane externe.

La préséquence mitochondriale

Les protéines destinées à la matrice et une partie de celles destinées à la membrane interne portent souvent une préséquence à leur extrémité N-terminale.

Définition

Préséquence mitochondriale

Signal d’adressage situé à l’extrémité N-terminale d’un précurseur, généralement riche en résidus chargés positivement et capable de former une hélice amphiphile.

Une hélice amphiphile possède une face hydrophobe et une face hydrophile. Cette organisation, plutôt qu’une séquence unique universelle, est reconnue par les récepteurs mitochondriaux. La préséquence est souvent retirée après l’importation par une peptidase de maturation.

Organisation amphiphile d’une préséquence mitochondriale
Organisation amphiphile d’une préséquence mitochondriale
Attention

Signal d’adressage et préséquence ne sont pas synonymes

Toute préséquence est un signal d’adressage, mais toutes les protéines mitochondriales ne possèdent pas une préséquence terminale N clivable. Certaines portent plusieurs signaux internes non clivés.

Importation dans la matrice

Après son passage dans TOM, une protéine destinée à la matrice est transférée au complexe TIM23, translocase de la membrane interne. Les complexes TOM et TIM23 se rapprochent temporairement afin que la chaîne traverse successivement les deux membranes.

Méthode

Importer une protéine nucléaire dans la matrice

  1. Maintenir le précurseur dans une conformation dépliée grâce aux chaperonnes cytosoliques
  2. Reconnaître sa préséquence par les récepteurs du complexe TOM
  3. Faire traverser la membrane externe par le canal de TOM
  4. Engager la préséquence dans le complexe TIM23 de la membrane interne
  5. Utiliser le potentiel électrique de la membrane interne pour attirer la préséquence positive vers la matrice
  6. Utiliser l’hydrolyse de l’ATP et les chaperonnes matricielles pour achever la translocation
  7. Cliver la préséquence puis permettre le repliement de la protéine mature

Deux sources d’énergie interviennent donc. Le potentiel électrique transmembranaire, avec une matrice négative par rapport à l’espace intermembranaire, favorise le passage de la préséquence positive. L’hydrolyse de l’ATP fournit l’énergie nécessaire aux chaperonnes matricielles qui empêchent le retour de la chaîne et favorisent son entrée complète.

La protéine importée doit ensuite se replier et, selon sa fonction, s’assembler avec d’autres sous-unités. Cet assemblage peut associer des sous-unités d’origine nucléaire et mitochondriale.

Tri vers les membranes et l’espace intermembranaire

Protéines de la membrane interne

Plusieurs voies permettent l’insertion dans la membrane interne.

Dans la voie dépendante de TIM23, une préséquence initie l’importation, puis un segment hydrophobe agit comme signal d’arrêt de transfert. La translocation s’interrompt et le segment est libéré latéralement dans la bicouche lipidique.

Les protéines multipassages, qui traversent plusieurs fois la membrane interne, possèdent plutôt des signaux internes. Après TOM, elles sont protégées dans l’espace intermembranaire par de petites chaperonnes, puis insérées par le complexe TIM22. Cette insertion dépend également du potentiel électrique de la membrane interne.

Enfin, certaines protéines entrent d’abord dans la matrice avant d’être insérées dans la membrane interne par le complexe OXA. Cette voie participe aussi à l’insertion des protéines synthétisées par les ribosomes mitochondriaux.

Protéines de l’espace intermembranaire

Une protéine peut être dirigée vers l’espace intermembranaire par arrêt de son transfert au niveau de la membrane interne, suivi d’un clivage qui libère sa partie soluble.

Une autre voie repose sur le système MIA. Après le passage par TOM, la formation de liaisons disulfure stabilise le repliement de certaines protéines dans l’espace intermembranaire. Leur repliement empêche leur retour à travers le canal et les piège ainsi dans ce compartiment.

Protéines de la membrane externe

Certaines protéines de la membrane externe sont insérées grâce à des signaux hydrophobes reconnus par des machineries spécialisées. Les protéines formant des tonneaux bêta passent d’abord par TOM, traversent l’espace intermembranaire avec l’aide de chaperonnes, puis sont assemblées dans la membrane externe par le complexe SAM.

À retenir

Logique générale du tri mitochondrial

La destination d’une protéine mitochondriale dépend de la nature et de la position de ses signaux d’adressage. TOM constitue la principale porte d’entrée, puis TIM23, TIM22, OXA, MIA ou SAM assurent le tri et la maturation.

Coordination et contrôle de qualité

La biogenèse impose une coordination précise entre l’expression nucléaire et l’expression mitochondriale. Les sous-unités d’un même complexe doivent être synthétisées dans des proportions compatibles, importées au bon endroit puis assemblées. Une sous-unité non assemblée risque de s’agréger ou de perturber la membrane.

Les chaperonnes facilitent le maintien à l’état déplié, la translocation et le repliement final. Des protéases mitochondriales éliminent les précurseurs mal importés, les protéines mal repliées et les sous-unités surnuméraires. La biogenèse n’est donc pas une simple production de matière : elle comprend aussi un contrôle permanent de l’intégrité du protéome mitochondrial.

Points clés
  • Toute mitochondrie résulte de la croissance et de la division d’une mitochondrie préexistante.
  • Une minorité des protéines mitochondriales est codée par l’ADN mitochondrial, tandis que la grande majorité est codée par le noyau puis importée.
  • Les signaux d’adressage déterminent la reconnaissance du précurseur et sa destination intramitochondriale.
  • Le complexe TOM constitue la principale porte d’entrée de la membrane externe.
  • L’importation matricielle par TIM23 dépend du potentiel de membrane, de l’ATP et de chaperonnes.
  • TIM22, OXA, MIA et SAM assurent des voies spécialisées vers les membranes ou l’espace intermembranaire.

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À réviser dans la foulée, sur Mitochondries et peroxysomes.

  • Fiche 01Structure mitochondriale et ADN mitochondrialMitochondries et peroxysomes
  • Fiche 03Peroxysomes et métabolisme oxydatifMitochondries et peroxysomes
  • Fiche 01Cellule procaryote et cellule eucaryoteOrganisation générale
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  • 4Importation dans la matrice lock — section verrouillée
  • 5Tri vers les membranes et l’espace intermembranaire lock — section verrouillée
    • 5.1Protéines de la membrane interne lock — section verrouillée
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