B7 · Équilibre acido-basique
Potentiel électrochimique et mesure du pH
Définir le potentiel électrochimique d'une espèce et son rôle dans les transferts en solution. Décrire la mesure potentiométrique du pH, l'électrode de verre et l'exploitation d'une courbe de titration.
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Du potentiel chimique au potentiel électrochimique
Dans une solution, une espèce peut se déplacer sous l’effet de deux causes principales : une différence de composition chimique et, si elle est chargée, une différence de potentiel électrique.
Le potentiel chimique dépend de l’activité de l’espèce, c’est-à-dire de sa concentration thermodynamiquement efficace. L’activité est sans dimension. Dans une solution suffisamment diluée et proche de l’idéalité, elle peut être assimilée au rapport entre la concentration et la concentration standard .
Pour une espèce chargée, le déplacement modifie également l’énergie électrique. Il faut donc ajouter au potentiel chimique un terme dépendant de la charge de l’ion et du potentiel électrique local.
Le terme représente la contribution chimique. Une différence d’activité tend à provoquer une diffusion depuis la région de potentiel chimique élevé vers celle de potentiel chimique faible. Le terme représente la contribution électrique : son influence dépend du signe de la charge.
Ainsi, un ion ne se déplace pas nécessairement vers la région où sa concentration est la plus faible. Le champ électrique peut s’opposer au gradient chimique ou, au contraire, renforcer son effet. Le transfert spontané s’effectue globalement vers les valeurs décroissantes du potentiel électrochimique.
À l’équilibre entre deux compartiments accessibles à l’espèce , son potentiel électrochimique est identique de part et d’autre :
Cette égalité ne signifie pas nécessairement que les concentrations ou les potentiels électriques sont identiques : leurs effets peuvent se compenser.
Définition thermodynamique du pH
Le pH quantifie l’activité des ions oxonium, traditionnellement notés par simplification.
Dans une solution diluée supposée idéale, l’activité peut être approchée par , où est la concentration molaire en ions et la concentration standard.
Une variation d’une unité de pH correspond à une variation d’un facteur dix de l’activité des ions . Le pH est donc une grandeur logarithmique et non une concentration.
L’activité d’un ion isolé n’est pas directement mesurable indépendamment des autres ions. Le pH expérimental est donc défini de manière opérationnelle par comparaison avec des solutions étalons dont le pH est attribué selon des conventions métrologiques.
Mesure potentiométrique du pH
Un pH-mètre comporte trois éléments fonctionnels :
- une électrode de verre, dont le potentiel dépend de l’activité des ions ;
- une électrode de référence, dont le potentiel doit rester stable ;
- un voltmètre de très grande résistance interne, qui limite le passage du courant et évite de perturber l’équilibre électrochimique.
Les deux électrodes peuvent être réunies dans une électrode combinée. L’appareil ne mesure jamais le potentiel absolu d’une électrode : il mesure une différence de potentiel entre deux demi-cellules.
Fonctionnement de l’électrode de verre
L’électrode possède une fine membrane de verre séparant la solution étudiée d’une solution interne de composition fixée. Les surfaces du verre s’hydratent et forment des couches dans lesquelles des échanges ioniques peuvent avoir lieu.
Les ions interagissent avec les sites de la couche hydratée. La différence d’activité de part et d’autre de la membrane crée un potentiel de membrane. Comme l’activité interne est maintenue constante, la variation du potentiel dépend essentiellement du pH extérieur.
Dans des conditions idéales, la réponse est de type nernstienne.
Le signe de la pente dépend de la convention de branchement de la cellule. Sa valeur absolue est proportionnelle à la température. Une compensation thermique est donc nécessaire pour convertir correctement la tension en pH.
Étalonnage et conditions de mesure
La constante , la pente réelle et les potentiels parasites varient avec l’état de l’électrode. La relation théorique ne suffit donc pas : le pH-mètre doit être étalonné avec des solutions de référence.
Les principales causes d’écart sont le vieillissement ou la déshydratation de la membrane, la dérive de l’électrode de référence, le potentiel de jonction et la réponse imparfaitement sélective du verre aux ions .
Courbe de titration acido-basique
La mesure potentiométrique permet de tracer le pH en fonction du volume de solution titrante ajouté. La courbe obtenue renseigne sur la nature acido-basique du système et permet de repérer l’équivalence.
Avant l’équivalence, l’espèce initialement titrée reste en excès. À l’équivalence, elle a été consommée selon la stœchiométrie de la réaction. Après l’équivalence, le réactif titrant devient excédentaire et gouverne progressivement le pH.
Exploitation de la courbe
L’équivalence correspond généralement à une zone de variation rapide du pH. Elle peut être déterminée par :
- la recherche du point d’inflexion de la courbe ;
- le maximum de la dérivée ;
- l’annulation de la dérivée seconde , lorsque les données sont suffisamment régulières.
Pour le titrage d’un monoacide faible par une base forte, le point de demi-équivalence vérifie , où est le volume à l’équivalence. Sous les hypothèses usuelles, le pH y est égal au du couple acide-base. La résistance locale aux variations de pH est liée à la coexistence d’un acide faible et de sa base conjuguée ; les systèmes tampons sont étudiés dans la fiche suivante.
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