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Sommaire

  • 1Principes des échanges tubulaires
  • 2Mécanismes de transport
    • 2.1Voies transcellulaire et paracellulaire
    • 2.2Force motrice du transport du sodium
    • 2.3Réabsorption de l’eau
  • 3Transport maximal et saturation
  • 4Devenir segmentaire des substances
    • 4.1Tubule proximal lock — section verrouillée
    • 4.2Anse de Henlé lock — section verrouillée
    • 4.3Tubule distal lock — section verrouillée
    • 4.4Canal collecteur lock — section verrouillée
  • 5Sécrétion tubulaire lock — section verrouillée
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  5. Réabsorption et sécrétion tubulaires

B8 · Système rénal

Réabsorption et sécrétion tubulaires

Décrire les mécanismes de transport le long du tubule et la notion de transport maximal. Suivre le devenir du sodium, du glucose, des bicarbonates et de l'eau segment par segment.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principes des échanges tubulaires

Après la filtration glomérulaire, le filtrat traverse successivement le tubule proximal, l’anse de Henlé, le tubule distal puis le canal collecteur. Sa composition est continuellement modifiée par des échanges entre la lumière tubulaire et le sang des capillaires péritubulaires.

Définition

Réabsorption tubulaire

Transfert d’une substance depuis la lumière du tubule rénal vers le milieu intérieur, puis vers le sang péritubulaire.

Définition

Sécrétion tubulaire

Transfert d’une substance depuis le sang péritubulaire ou la cellule tubulaire vers la lumière du tubule rénal.

Une substance excrétée dans l’urine peut donc provenir de la filtration glomérulaire et de la sécrétion tubulaire. Inversement, sa réabsorption diminue la quantité finalement excrétée. La détermination du débit de filtration glomérulaire relève de la fiche précédente.

Formule

Bilan rénal d’une substance

Dexcr=Dfilt−Dreˊab+DseˊcrD_{\mathrm{excr}} = D_{\mathrm{filt}} - D_{\text{réab}} + D_{\text{sécr}}Dexcr​=Dfilt​−Dreˊab​+Dseˊcr​
  • DexcrD_{\mathrm{excr}}Dexcr​ : débit d’excrétion urinaire de la substance
  • DfiltD_{\mathrm{filt}}Dfilt​ : charge filtrée par unité de temps
  • DreˊabD_{\text{réab}}Dreˊab​ : débit de réabsorption tubulaire
  • DseˊcrD_{\text{sécr}}Dseˊcr​ : débit de sécrétion tubulaire

Mécanismes de transport

Voies transcellulaire et paracellulaire

La voie transcellulaire traverse successivement la membrane apicale, le cytoplasme puis la membrane basolatérale de la cellule épithéliale. La membrane apicale est tournée vers la lumière tubulaire, tandis que la membrane basolatérale est tournée vers l’interstitium et le sang.

La voie paracellulaire passe entre les cellules, à travers les jonctions intercellulaires. Son importance dépend de la perméabilité de l’épithélium et des gradients électrochimiques et osmotiques.

Comparaison

Deux voies de transport tubulaire

CritèreVoie transcellulaireVoie paracellulaire
Trajetà travers la celluleentre les cellules
Structures déterminantestransporteurs et canaux membranairesjonctions intercellulaires
Sélectivitégénéralement élevéevariable selon le segment
Énergiedirecte ou indirecte possibletransport passif

Les deux voies peuvent fonctionner simultanément dans un même segment tubulaire.

Force motrice du transport du sodium

La pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase est située sur la membrane basolatérale de presque toutes les cellules tubulaires. Elle expulse trois ions NaX+\ce{Na+}NaX+ de la cellule et y fait entrer deux ions KX+\ce{K+}KX+ en hydrolysant une molécule d’ATP. Elle maintient ainsi une faible concentration intracellulaire en sodium.

Ce gradient permet l’entrée apicale du sodium :

  • par des canaux ioniques ;
  • par des cotransporteurs, qui déplacent le sodium et un autre soluté dans le même sens ;
  • par des échangeurs, qui déplacent deux substances en sens opposés.

Le transport du sodium est donc directement actif au pôle basolatéral et le plus souvent secondairement actif au pôle apical. La réabsorption de nombreux solutés dépend indirectement de ce mécanisme.

Réabsorption de l’eau

L’eau se déplace passivement par osmose, depuis le compartiment de plus faible osmolarité vers celui de plus forte osmolarité. Elle traverse les cellules par des aquaporines ou emprunte la voie paracellulaire. Sa réabsorption dépend donc de la création préalable d’un gradient osmotique par le transport des solutés.

Transport maximal et saturation

Définition

Transport maximal TmT_mTm​

Débit maximal auquel un ensemble de transporteurs tubulaires peut transférer une substance lorsque tous les sites de transport sont saturés.

À faible charge tubulaire, l’augmentation de la quantité de substrat disponible augmente son transport. Lorsque tous les transporteurs fonctionnent à leur vitesse maximale, une augmentation supplémentaire de la charge n’accroît plus la réabsorption ou la sécrétion.

Le glucose illustre une réabsorption à transport maximal. Tant que sa charge filtrée reste inférieure à la capacité globale des cotransporteurs, il est presque totalement réabsorbé. Au-delà du seuil rénal, du glucose apparaît dans l’urine : c’est la glycosurie.

Exemple

Relier la glycémie au seuil rénal du glucose

Pour un débit de filtration glomérulaire de 125 mL/min\pu{125 mL/min}125 mL/min et une glycémie de 1 g/L\pu{1 g/L}1 g/L :

  • 1 g/L=1 mg/mL\pu{1 g/L} = \pu{1 mg/mL}1 g/L=1 mg/mL ;
  • charge filtrée de glucose : 125 mL/min×1 mg/mL=125 mg/min\pu{125 mL/min} \times \pu{1 mg/mL} = \pu{125 mg/min}125 mL/min×1 mg/mL=125 mg/min.

Si le transport maximal de réabsorption du glucose est de 375 mg/min\pu{375 mg/min}375 mg/min, la charge filtrée de 125 mg/min\pu{125 mg/min}125 mg/min lui est inférieure. Le glucose filtré est donc presque entièrement réabsorbé et il n’y a pas de glycosurie.

Le seuil correspondant à ce transport maximal est obtenu pour une glycémie de 3 g/L\pu{3 g/L}3 g/L : 125 mL/min×3 mg/mL=375 mg/min\pu{125 mL/min} \times \pu{3 mg/mL} = \pu{375 mg/min}125 mL/min×3 mg/mL=375 mg/min. Au-delà de cette valeur, les transporteurs ne peuvent plus réabsorber tout le glucose filtré et du glucose est excrété dans l’urine.

La transition n’est pas parfaitement brutale, car les néphrons n’ont pas tous exactement la même capacité de transport et les transporteurs se saturent progressivement. Cette zone arrondie de la courbe précédant l’atteinte du transport maximal est appelée évasement.

Attention

Transport maximal et quantité filtrée

Le TmT_mTm​ est une capacité de transport tubulaire par unité de temps. Il ne doit pas être confondu avec la charge filtrée, qui dépend de la concentration plasmatique et du débit de filtration glomérulaire.

Devenir segmentaire des substances

Tubule proximal

Le tubule proximal assure une réabsorption massive, peu régulée et globalement iso-osmotique.

Environ deux tiers du sodium filtré y sont réabsorbés. Son entrée apicale utilise notamment l’échangeur NaX+/HX+\ce{Na+/H+}NaX+/HX+ et plusieurs cotransporteurs associés aux nutriments. La pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase assure ensuite sa sortie basolatérale.

Le glucose filtré est normalement presque entièrement récupéré dans ce segment. Les cotransporteurs sodium-glucose SGLT2 puis SGLT1 utilisent le gradient du sodium pour faire entrer le glucose dans la cellule. Celui-ci quitte ensuite la cellule par des transporteurs de diffusion facilitée de la famille GLUT.

Environ 80 à 90 pour cent des bicarbonates filtrés sont réabsorbés. Le bicarbonate HCOX3X−\ce{HCO3-}HCOX3​X− ne franchit pas directement la membrane apicale de façon importante :

  1. l’échangeur NaX+/HX+\ce{Na+/H+}NaX+/HX+ sécrète un proton HX+\ce{H+}HX+ dans la lumière ;
  2. ce proton réagit avec le bicarbonate filtré pour former de l’acide carbonique ;
  3. l’anhydrase carbonique transforme l’acide carbonique en dioxyde de carbone et en eau ;
  4. le dioxyde de carbone diffuse dans la cellule ;
  5. du bicarbonate y est reformé puis transféré au pôle basolatéral.

L’eau suit passivement les solutés. Environ deux tiers de l’eau filtrée sont ainsi réabsorbés sans modification majeure de l’osmolarité du liquide tubulaire.

Anse de Henlé

La branche descendante fine est très perméable à l’eau mais beaucoup moins au sodium. L’eau quitte donc le tubule en réponse au gradient osmotique médullaire.

La branche ascendante est au contraire pratiquement imperméable à l’eau. Dans sa partie large, le cotransporteur NKCC2 fait entrer NaX+\ce{Na+}NaX+, KX+\ce{K+}KX+ et deux ions ClX−\ce{Cl-}ClX−. Le canal ROMK recycle une partie du potassium vers la lumière, tandis que la pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase transfère le sodium vers l’interstitium. Environ 20 à 25 pour cent du sodium filtré sont réabsorbés dans l’ensemble de la branche ascendante.

Puisque le sel est réabsorbé sans eau, le liquide tubulaire devient plus dilué. La construction et l’utilisation du gradient médullaire sont développées dans la fiche consacrée à la concentration et à la dilution des urines.

Tubule distal

La première partie du tubule distal réabsorbe environ 5 pour cent du sodium filtré grâce au cotransporteur sodium-chlore NCC. Elle est peu perméable à l’eau et poursuit donc la dilution du liquide tubulaire.

Le glucose a déjà été presque totalement réabsorbé en amont. Le bicarbonate résiduel peut encore être récupéré, mais les segments distaux jouent surtout un rôle d’ajustement de l’équilibre acido-basique.

Canal collecteur

Le canal collecteur assure les réglages finaux plutôt qu’une réabsorption massive.

Les cellules principales réabsorbent le sodium par le canal épithélial ENaC, puis l’évacuent par la pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase. Elles participent également à la sécrétion du potassium.

Les cellules intercalaires règlent les échanges acido-basiques. Les cellules intercalaires de type A sécrètent des protons et réabsorbent du bicarbonate. Celles de type B peuvent, à l’inverse, sécréter du bicarbonate.

La perméabilité à l’eau du canal collecteur est variable. Elle dépend principalement de l’insertion d’aquaporines sous l’action de l’hormone antidiurétique. Le mécanisme hormonal détaillé relève de la fiche sur la régulation hydro-électrolytique.

À retenir

Organisation fonctionnelle du néphron

Le tubule proximal réalise la réabsorption massive ; l’anse de Henlé sépare le transport du sel de celui de l’eau ; le tubule distal et le canal collecteur assurent les réglages fins.

Sécrétion tubulaire

La sécrétion élimine des substances insuffisamment filtrées ou produites par les cellules tubulaires. Elle concerne notamment les protons, le potassium et divers ions organiques. Elle participe ainsi à l’élimination de composés endogènes ou exogènes et à l’ajustement de la composition du milieu intérieur.

Comme la réabsorption, une sécrétion assurée par des transporteurs peut être saturable. Lorsque la concentration du substrat devient élevée, le débit de sécrétion atteint alors un transport maximal.

Attention

Sécrétion et excrétion

La sécrétion désigne un transfert vers la lumière tubulaire. L’excrétion désigne la quantité qui quitte finalement l’organisme dans l’urine ; elle résulte de la filtration, de la réabsorption et de la sécrétion.

Points clés
  • La réabsorption transfère une substance du tubule vers le sang, tandis que la sécrétion réalise le trajet inverse.
  • La pompe basolatérale NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase fournit la force motrice essentielle à la plupart des transports tubulaires.
  • Le tubule proximal réabsorbe environ deux tiers du sodium et de l’eau, presque tout le glucose et la majorité des bicarbonates filtrés.
  • La branche ascendante large réabsorbe du sodium sans eau, tandis que la branche descendante fine est très perméable à l’eau.
  • Le tubule distal et le canal collecteur assurent les ajustements finaux du sodium, de l’eau et de l’équilibre acido-basique.
  • Un transport maximal apparaît lorsque tous les transporteurs disponibles sont saturés.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système rénal.

  • Fiche 01Filtration glomérulaire et notion de clairanceSystème rénal
  • Fiche 03Concentration et dilution des urinesSystème rénal
  • Fiche 04Régulation hydro-électrolytique : rénine-angiotensine-aldostérone et ADHSystème rénal
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