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Sommaire

  • 1La relation de soin
    • 1.1Une relation fondamentalement asymétrique
  • 2Alliance thérapeutique et communication
  • 3Transfert et contre-transfert
  • 4Annoncer un diagnostic grave lock — section verrouillée
  • 5Accompagner les réactions du patient lock — section verrouillée
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B12 · Psychologie médicale

Relation soignant–soigné et annonce diagnostique

Analyser la relation de soin, l'asymétrie qui la caractérise et les phénomènes de transfert. Présenter les principes de l'annonce d'un diagnostic grave et l'accompagnement des réactions du patient.

Santé, société, humanité et santé publique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

La relation de soin

Définition

Relation soignant–soigné

Interaction professionnelle par laquelle un soignant mobilise ses compétences afin de répondre aux besoins de santé d'une personne. Elle associe une dimension technique, une dimension relationnelle et une dimension éthique.

La relation de soin poursuit une finalité déterminée par l'intérêt du patient. Elle ne se réduit donc ni à une rencontre sociale ordinaire ni à l'application impersonnelle d'un savoir médical. La qualité des échanges influence la compréhension des informations, l’adhésion au projet de soins et la possibilité pour le patient d'exprimer ses préférences.

Cette relation s'inscrit dans un cadre thérapeutique défini par les rôles professionnels, la confidentialité, les règles institutionnelles et les limites de l'intervention. Ce cadre protège le patient comme le soignant en évitant la confusion entre relation professionnelle et relation personnelle.

Une relation fondamentalement asymétrique

Définition

Asymétrie de la relation de soin

Différence de position entre le patient et le soignant liée à l'inégale répartition du savoir, du pouvoir d'agir, de la responsabilité et de la vulnérabilité.

Le soignant dispose de connaissances spécialisées, maîtrise le vocabulaire médical et participe aux décisions diagnostiques ou thérapeutiques. Le patient consulte parce que son état de santé crée une incertitude, une dépendance ou une menace pour son intégrité. Il peut également être exposé physiquement et psychiquement par l'examen, le récit intime ou l'attente d'un résultat.

Cette asymétrie est fonctionnelle, car elle permet au soignant d'assumer une responsabilité professionnelle. Elle ne justifie cependant ni la domination ni la confiscation de la décision. Le soignant doit réduire l'asymétrie informationnelle par une information compréhensible et préserver la capacité du patient à participer aux choix qui le concernent.

Les règles juridiques et éthiques du consentement libre et éclairé sont étudiées dans la fiche consacrée à l'information du patient et au consentement.

Comparaison

Deux conceptions de la relation de soin

CritèreModèle paternalisteModèle participatif
Décisionprincipalement prise par le soignantélaborée avec le patient
Place du savoir médicaldétermine presque seul la conduiteéclaire les choix possibles
Place des préférences du patientsecondaireexplicitement recherchée
Risque principalréduction de l'autonomieresponsabilité insuffisamment clarifiée
À retenir

Sens de l'asymétrie

La relation de soin est asymétrique, mais cette asymétrie impose au soignant davantage de responsabilité et non davantage de droits sur le patient.

Alliance thérapeutique et communication

Définition

Alliance thérapeutique

Coopération construite entre le patient et le soignant autour d'objectifs de soins compris, discutés et acceptés, dans un climat de confiance.

L'alliance ne signifie pas que le patient et le soignant occupent des positions identiques ni qu'ils sont toujours d'accord. Elle suppose qu'ils puissent reconnaître leurs divergences, clarifier leurs attentes et maintenir un engagement commun dans le soin.

La confiance repose sur plusieurs attitudes :

  • une écoute active, attentive au contenu des paroles, aux silences et aux manifestations non verbales ;
  • des questions ouvertes, qui permettent au patient d'organiser son récit ;
  • des reformulations, qui vérifient la compréhension sans imposer une interprétation ;
  • un langage clair, adapté aux connaissances et à l'état émotionnel du patient ;
  • le respect de l'intimité, de la confidentialité et du rythme de la personne ;
  • une cohérence entre les paroles, les décisions et les actes du soignant.
Définition

Empathie clinique

Capacité du soignant à comprendre le vécu et le point de vue du patient tout en conservant la distinction entre sa propre expérience et celle de la personne soignée.

L'empathie n'impose pas d'éprouver exactement la même émotion que le patient. Elle permet de reconnaître son expérience sans perdre la distance nécessaire au jugement professionnel.

Comparaison

Empathie, sympathie et distance

NotionPosition relationnelleLimite possible
Empathiecomprendre le vécu sans se confondre avec luinécessite une régulation émotionnelle
Sympathiepartager une proximité affective personnellerisque de confusion des places
Distance froidelimiter fortement l'engagement émotionnelrisque d'isolement du patient

Transfert et contre-transfert

Définition

Transfert

Déplacement, souvent partiellement inconscient, vers le soignant d'attentes, d'émotions ou de modes relationnels construits dans des relations antérieures importantes.

Le patient ne perçoit pas toujours le soignant uniquement à partir de la situation présente. Il peut lui attribuer une capacité de protection, une autorité menaçante, une fiabilité absolue ou une intention hostile. Le transfert peut soutenir la confiance, mais aussi provoquer une dépendance, une méfiance ou des demandes disproportionnées.

Définition

Contre-transfert

Ensemble des réactions affectives, cognitives et comportementales suscitées chez le soignant par le patient et par la relation établie avec lui.

Le contre-transfert peut se manifester par une proximité excessive, une irritation, un évitement, un désir de convaincre ou une volonté de protéger le patient de toute information pénible. Ces réactions ne constituent pas nécessairement une faute. Elles deviennent problématiques lorsqu'elles ne sont pas reconnues et influencent les décisions au détriment de l'intérêt du patient.

Le soignant doit donc développer une réflexivité, c'est-à-dire la capacité à examiner sa propre position, ses émotions et leurs effets sur la relation. Le respect du cadre, l'échange avec l'équipe et la supervision professionnelle contribuent à prévenir les passages à l'acte relationnels.

Attention

Transfert ne signifie pas manipulation

Le transfert est un phénomène relationnel souvent involontaire. Il ne doit pas être confondu avec une stratégie consciente du patient, ni servir à disqualifier sa parole.

Annoncer un diagnostic grave

Définition

Annonce diagnostique

Processus de communication par lequel le patient reçoit, comprend progressivement et intègre les informations relatives à son état de santé.

Un diagnostic est dit grave lorsqu'il menace la vie, l'autonomie, l'intégrité corporelle, les projets ou l'identité sociale de la personne. Sa gravité ne dépend pas uniquement du pronostic biologique : elle dépend aussi de la signification que la maladie prend pour le patient.

L'annonce n'est pas un acte ponctuel consistant à transmettre un nom de maladie. Elle ouvre un processus d'accompagnement et exige une continuité des soins. L'information doit être loyale, claire et progressive, sans dissimulation ni brutalité.

Méthode

Conduire l'annonce d'un diagnostic grave

  1. Préparer l'entretien en réunissant les informations fiables et en garantissant un lieu confidentiel, un temps suffisant et l'absence d'interruptions
  2. Identifier ce que le patient sait déjà, ce qu'il suppose et la quantité d'information qu'il souhaite recevoir à ce moment
  3. Annoncer les éléments établis avec des mots simples, par séquences courtes, en distinguant les certitudes des incertitudes
  4. Laisser des silences et observer les réactions verbales, émotionnelles et corporelles
  5. Reconnaître l'émotion exprimée et vérifier ce que le patient a compris
  6. Répéter ou reformuler les informations essentielles sans surcharger l'entretien
  7. Présenter les prochaines étapes du soin et préciser les interlocuteurs disponibles
  8. Organiser un entretien ultérieur afin de reprendre l'information et les questions apparues après l'annonce

Le patient peut souhaiter la présence d'une personne de confiance. Cette présence dépend de son accord et ne supprime pas l'obligation de s'adresser d'abord à lui. Les proches ne doivent pas recevoir d'informations confidentielles contre sa volonté, sauf cadre légal particulier.

À retenir

L'annonce est un processus

Une annonce grave associe information, reconnaissance émotionnelle et continuité. Informer sans prévoir la suite expose le patient à un sentiment d'abandon.

Accompagner les réactions du patient

L'annonce peut provoquer sidération, silence, incrédulité, peur, colère, tristesse ou recherche immédiate d'informations. Ces réactions peuvent alterner, réapparaître et varier selon l'histoire de la personne, ses ressources, ses représentations de la maladie et son entourage. Elles ne suivent pas une succession universelle.

Les mécanismes de défense, le stress et les stratégies d'adaptation sont développés dans la fiche voisine qui leur est consacrée.

Accompagner une réaction consiste à :

  • lui laisser une place sans exiger une réponse immédiate ;
  • reconnaître l'émotion sans la juger ni la minimiser ;
  • tolérer le silence et éviter de le remplir par un excès d'informations ;
  • vérifier les besoins immédiats et la possibilité de rester seul après l'entretien ;
  • repérer une détresse psychique majeure ou une rupture des capacités habituelles d'adaptation ;
  • proposer un soutien médical, psychologique ou social adapté ;
  • maintenir la possibilité de nouvelles questions.
Attention

Ne pas imposer l'acceptation

L'absence d'adhésion immédiate ne signifie pas nécessairement que le patient n'a pas compris. La compréhension intellectuelle et l'intégration émotionnelle n'évoluent pas au même rythme.

Les fausses assurances fragilisent la confiance, tandis qu'une présentation excessivement certaine du pronostic nie l'incertitude médicale. Le soignant doit dire ce qui est connu, ce qui reste incertain et ce qui peut être entrepris, sans retirer toute espérance ni promettre un résultat impossible à garantir.

Exemple

Distinguer le connu, l'incertain et la prochaine étape

Mme Martin vient de recevoir le résultat d'une biopsie mammaire. Le médecin dispose d'un résultat établi, mais le bilan d'extension par scanner n'est pas encore réalisé.

Mme Martin demande : « Est-ce que je vais guérir ? »

Le médecin répond : « La biopsie confirme la présence d'un cancer du sein. C'est l'information certaine à ce stade. Le scanner permettra de savoir si la maladie est limitée au sein ou si elle s'est étendue, et je ne peux donc pas encore vous donner un pronostic précis. Le prochain examen est prévu mardi, puis nous nous reverrons pour discuter des traitements possibles. »

Cette réponse distingue le diagnostic confirmé de l'incertitude pronostique et indique une étape concrète de la prise en charge. Elle évite à la fois la fausse assurance et l'abandon du patient face à l'incertitude.

Points clés
  • La relation de soin est asymétrique en raison du savoir du soignant et de la vulnérabilité du patient
  • L'asymétrie accroît la responsabilité du soignant sans supprimer l'autonomie du patient
  • L'alliance thérapeutique repose sur la confiance, l'écoute, l'information compréhensible et la participation du patient
  • Le transfert concerne les attentes projetées sur le soignant, tandis que le contre-transfert désigne les réactions du soignant
  • L'annonce d'un diagnostic grave est un processus progressif associant information, reconnaissance des émotions et organisation de la suite
  • Les réactions du patient doivent être accueillies sans jugement, sans chronologie imposée et sans fausse réassurance

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Psychologie médicale.

  • Fiche 01Personnalité, tempérament et développement psychologiquePsychologie médicale
  • Fiche 03Mécanismes de défense, stress et copingPsychologie médicale
  • Fiche 04Douleur : dimensions physiologique et psychologiquePsychologie médicale
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