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Sommaire

  • 1Organisation générale de l’axe
  • 2Liaison vasculaire avec l’adénohypophyse
    • 2.1Le système porte hypothalamo-hypophysaire
  • 3Hormones de l’adénohypophyse
    • 3.1Axes thyréotrope et corticotrope
    • 3.2Axe gonadotrope
    • 3.3Axe somatotrope
    • 3.4Axe lactotrope lock — section verrouillée
  • 4Liaison nerveuse avec la neurohypophyse lock — section verrouillée
    • 4.1Hormone antidiurétique lock — section verrouillée
    • 4.2Ocytocine lock — section verrouillée
  • 5Rétrocontrôles des axes endocriniens lock — section verrouillée
  • 6Modalités temporelles de la sécrétion lock — section verrouillée
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B8 · Système endocrinien

Axe hypothalamo-hypophysaire

Décrire l'organisation de l'hypothalamus et des deux lobes de l'hypophyse et leurs liaisons vasculaire et nerveuse. Présenter les hormones produites, leurs cibles et les rétrocontrôles qui règlent leur sécrétion.

Physiologie·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Organisation générale de l’axe

Définition

Axe hypothalamo-hypophysaire

Ensemble fonctionnel associant l’hypothalamus, l’hypophyse et leurs organes cibles. Il transforme des informations nerveuses et humorales en sécrétions hormonales coordonnées.

L’hypothalamus appartient au diencéphale et forme le plancher du troisième ventricule. Ses neurones reçoivent des informations provenant du système nerveux central et du milieu intérieur : osmolarité, volémie, état énergétique, stress, rythmes biologiques ou signaux liés à la reproduction. Certains de ces neurones sont neurosécréteurs, c’est-à-dire qu’ils libèrent des hormones dans le sang.

L’hypophyse est une glande endocrine située dans la selle turcique, à la base du crâne. Elle reste reliée à l’hypothalamus par la tige pituitaire, ou infundibulum. Elle comprend deux lobes d’origine et de fonctionnement différents :

  • l’adénohypophyse, ou hypophyse antérieure, est un tissu glandulaire qui synthétise ses propres hormones ;
  • la neurohypophyse, ou hypophyse postérieure, est un prolongement nerveux de l’hypothalamus qui stocke et libère des hormones synthétisées par des neurones hypothalamiques.
Comparaison

Adénohypophyse et neurohypophyse

CritèreAdénohypophyseNeurohypophyse
Nature du tissuglandulaire endocrinenerveuse
Liaison principale avec l’hypothalamusvasculaire par le système portenerveuse par des axones
Synthèse hormonaleréalisée dans les cellules hypophysairesréalisée dans les neurones hypothalamiques
Mode de commandefacteurs hypothalamiques stimulants ou inhibiteurspotentiels d’action des neurones hypothalamiques
Hormones libéréesTSH, ACTH, FSH, LH, somatotropine et prolactinehormone antidiurétique et ocytocine

Liaison vasculaire avec l’adénohypophyse

Le système porte hypothalamo-hypophysaire

Définition

Système porte

Réseau vasculaire dans lequel le sang traverse successivement deux réseaux capillaires reliés par des veines, avant de rejoindre la circulation générale.

Les neurones hypothalamiques parvocellulaires libèrent leurs hormones dans un premier réseau capillaire, situé au niveau de l’éminence médiane. Le sang rejoint ensuite les veines portes hypophysaires, puis un second réseau capillaire dans l’adénohypophyse.

Le système porte hypothalamo-hypophysaire
Le système porte hypothalamo-hypophysaire

Cette organisation transporte les hormones hypothalamiques directement vers leurs cellules cibles hypophysaires. Elle évite leur dilution préalable dans toute la circulation générale et permet donc une commande rapide par de faibles quantités d’hormones.

Méthode

Transmission d’un signal hypothalamique à l’adénohypophyse

  1. Un neurone hypothalamique intègre les informations nerveuses et humorales
  2. Il sécrète un facteur hypothalamique dans le réseau capillaire de l’éminence médiane
  3. Le facteur rejoint l’adénohypophyse par les veines portes
  4. Il stimule ou inhibe une population déterminée de cellules hypophysaires
  5. L’hormone hypophysaire gagne la circulation générale et agit sur son organe cible
À retenir

L’adénohypophyse est commandée principalement par une liaison vasculaire, tandis que la neurohypophyse est commandée par une liaison nerveuse.

Hormones de l’adénohypophyse

Définition

Hormone trophique

Hormone dont la cible est une autre glande endocrine et qui stimule sa sécrétion, souvent en participant aussi au maintien de sa structure.

Les principales hormones hypothalamiques contrôlant l’adénohypophyse sont des libérines, stimulantes, et des statines, inhibitrices.

Axes thyréotrope et corticotrope

La thyréolibérine, ou TRH, stimule les cellules thyréotropes, qui sécrètent la thyréostimuline, ou TSH. La TSH agit sur la thyroïde et favorise la production des hormones thyroïdiennes.

La corticolibérine, ou CRH, stimule les cellules corticotropes, qui sécrètent l’hormone corticotrope, ou ACTH. L’ACTH agit principalement sur le cortex surrénalien et stimule notamment la sécrétion de cortisol.

Le fonctionnement détaillé de la thyroïde et des glandes surrénales appartient à la fiche consacrée à ces glandes.

Axe gonadotrope

La gonadolibérine, ou GnRH, stimule les cellules gonadotropes, qui sécrètent deux gonadostimulines :

  • l’hormone folliculostimulante, ou FSH ;
  • l’hormone lutéinisante, ou LH.

La FSH et la LH agissent sur les gonades. Elles contrôlent la gamétogenèse et la sécrétion des hormones sexuelles. Leur action dépend du sexe, de l’âge et de l’état fonctionnel de l’appareil reproducteur.

La GnRH doit être libérée de manière pulsatile. Une exposition continue entraîne une diminution de la sensibilité des récepteurs hypophysaires et réduit finalement la sécrétion de FSH et de LH.

Pulsatilité de la GnRH et maintien de la réponse hypophysaire
Pulsatilité de la GnRH et maintien de la réponse hypophysaire

Axe somatotrope

La somatolibérine, ou GHRH, stimule la sécrétion de somatotropine, ou hormone de croissance GH. La somatostatine exerce l’effet opposé et inhibe cette sécrétion.

La somatotropine agit directement sur plusieurs tissus et stimule aussi la production de facteurs de croissance apparentés à l’insuline, principalement l’IGF-1. Ces facteurs participent aux effets de croissance et au métabolisme.

Axe lactotrope

La prolactine est sécrétée par les cellules lactotropes et agit principalement sur la glande mammaire. Son contrôle se distingue de celui des autres hormones antéhypophysaires : au repos, l’hypothalamus exerce surtout une inhibition tonique par la dopamine.

Une diminution de la libération de dopamine lève cette inhibition et augmente la sécrétion de prolactine. La prolactine stimule en retour les neurones dopaminergiques, constituant une boucle de rétrocontrôle négatif.

Attention

Prolactine et hormones trophiques

La prolactine n’est pas commandée principalement par une libérine stimulante : sa régulation hypothalamique dominante est une inhibition dopaminergique permanente.

Liaison nerveuse avec la neurohypophyse

Les neurones magnocellulaires des noyaux supraoptique et paraventriculaire de l’hypothalamus synthétisent deux hormones : l’hormone antidiurétique et l’ocytocine. Celles-ci cheminent dans leurs axones jusqu’à la neurohypophyse, où elles sont stockées dans les terminaisons nerveuses.

Lorsqu’un potentiel d’action atteint ces terminaisons, l’entrée de calcium déclenche l’exocytose des hormones dans les capillaires neurohypophysaires.

Synthèse hypothalamique et libération neurohypophysaire de l’ADH et de l’ocytocine
Synthèse hypothalamique et libération neurohypophysaire de l’ADH et de l’ocytocine
Attention

Lieu de synthèse des hormones posthypophysaires

L’hormone antidiurétique et l’ocytocine sont libérées par la neurohypophyse, mais elles sont synthétisées dans l’hypothalamus. La neurohypophyse n’est donc pas leur lieu de production.

Hormone antidiurétique

L’hormone antidiurétique, ou ADH, également appelée vasopressine, agit principalement sur le rein. Elle augmente la perméabilité à l’eau de certains segments du tube collecteur et favorise ainsi la réabsorption d’eau.

Sa sécrétion augmente surtout lorsque l’osmolarité plasmatique s’élève ou lorsque le volume sanguin efficace diminue. La correction de ces perturbations réduit ensuite l’activité des neurones sécréteurs : il s’agit d’un rétrocontrôle négatif.

À concentration plus élevée, l’ADH peut également provoquer une vasoconstriction.

Ocytocine

L’ocytocine agit sur le muscle utérin et sur les cellules myoépithéliales de la glande mammaire. Sa libération dépend de réflexes neuroendocriniens déclenchés par des informations sensitives.

Dans certaines situations physiologiques, la réponse renforce le stimulus initial : la contraction utérine augmente les signaux favorisant la libération d’ocytocine. Cette organisation correspond à un rétrocontrôle positif, interrompu lorsque le stimulus disparaît.

Rétrocontrôles des axes endocriniens

Définition

Rétrocontrôle négatif

Mécanisme par lequel une réponse ou une hormone produite en aval diminue l’activité des structures qui ont déclenché sa production, stabilisant ainsi la variable régulée.

Dans un axe endocrine classique, trois niveaux peuvent intervenir :

  • le rétrocontrôle long est exercé par l’hormone périphérique sur l’hypophyse et l’hypothalamus ;
  • le rétrocontrôle court est exercé par l’hormone hypophysaire sur l’hypothalamus ;
  • le rétrocontrôle ultracourt correspond à l’action d’un facteur hypothalamique sur les neurones qui le sécrètent.

Ainsi, les hormones thyroïdiennes freinent la sécrétion de TSH et de TRH, le cortisol freine celle d’ACTH et de CRH, les hormones sexuelles et l’inhibine modulent FSH, LH et GnRH, tandis que l’IGF-1 et la somatotropine participent au freinage de l’axe somatotrope.

Les rétrocontrôles négatifs d’un axe endocrine classique
Les rétrocontrôles négatifs d’un axe endocrine classique
Définition

Rétrocontrôle positif

Mécanisme par lequel une réponse renforce le processus qui l’a déclenchée. Il amplifie transitoirement la sécrétion jusqu’à ce qu’un événement extérieur à la boucle l’interrompe.

Le rétrocontrôle négatif domine, car il limite les variations et maintient l’homéostasie. Le rétrocontrôle positif reste limité à des séquences physiologiques particulières, notamment certaines phases de la fonction gonadotrope et la libération d’ocytocine.

À retenir

Un axe endocrine classique suit la hiérarchie hypothalamus, hypophyse, glande périphérique, puis l’hormone périphérique exerce principalement un rétrocontrôle négatif sur les deux niveaux supérieurs.

Modalités temporelles de la sécrétion

La concentration d’une hormone n’est pas nécessairement constante. La sécrétion peut être pulsatile, circadienne ou modulée par des signaux aigus. Ces variations temporelles ont une signification fonctionnelle : elles évitent la désensibilisation de certains récepteurs et coordonnent l’axe endocrine avec les rythmes biologiques.

La concentration sanguine observée dépend simultanément de la vitesse de sécrétion, de la distribution de l’hormone, de sa dégradation et de son élimination. Elle ne renseigne donc pas à elle seule sur l’activité d’un seul étage de l’axe.

Points clés
  • L’adénohypophyse est reliée à l’hypothalamus par le système porte hypothalamo-hypophysaire
  • La neurohypophyse reçoit les axones de neurones hypothalamiques et libère l’ADH et l’ocytocine
  • TRH, CRH, GnRH et GHRH stimulent des populations hypophysaires déterminées, tandis que somatostatine et dopamine exercent une inhibition
  • TSH, ACTH, FSH et LH sont des hormones trophiques dirigées vers des glandes endocrines périphériques
  • Les hormones périphériques exercent principalement un rétrocontrôle négatif sur l’hypophyse et l’hypothalamus
  • La pulsatilité et les rythmes biologiques font partie intégrante de la régulation hormonale

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système endocrinien.

  • Fiche 02Thyroïde, parathyroïdes et glandes surrénalesSystème endocrinien
  • Fiche 03Pancréas endocrine et régulation de la glycémieSystème endocrinien
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