B8 · Système digestif
Fonctions hépatiques et sécrétion biliaire
Décrire l'organisation fonctionnelle du foie et sa double vascularisation. Présenter ses fonctions métaboliques, de détoxification et de synthèse, ainsi que la formation de la bile et le cycle entérohépatique.
Physiologie7 min de lecture15 QCM corrigés
Organisation fonctionnelle du foie
Le foie est une glande annexée au tube digestif. Il reçoit les molécules absorbées par l’intestin, les transforme, les stocke ou les redistribue. Il assure aussi la synthèse de nombreuses protéines plasmatiques, l’élimination de substances potentiellement toxiques et la production de bile.
Un parenchyme organisé autour des hépatocytes
Les hépatocytes sont disposés en travées au contact de capillaires spécialisés, les sinusoïdes hépatiques. Le sang provenant de la veine porte et de l’artère hépatique s’y mélange, puis rejoint les veines centrolobulaires et les veines hépatiques avant de gagner la veine cave inférieure.
L’acinus hépatique décrit plus précisément l’organisation fonctionnelle selon le gradient d’apport sanguin. Les hépatocytes proches de l’espace porte reçoivent en premier le sang le plus riche en oxygène et en nutriments. Ceux qui sont proches de la veine centrolobulaire reçoivent un sang déjà partiellement appauvri.
Les sinusoïdes possèdent un endothélium discontinu et fenestré, facilitant les échanges avec les hépatocytes à travers l’espace de Disse. Ils contiennent également des cellules de Kupffer, macrophages qui phagocytent des particules et des cellules sanguines vieillissantes. Les cellules étoilées hépatiques stockent notamment la vitamine A et peuvent produire de la matrice extracellulaire lorsqu’elles sont activées.
Double vascularisation
Le foie reçoit deux apports sanguins complémentaires :
- la veine porte hépatique apporte la majeure partie du débit sanguin ; son sang est peu oxygéné mais riche en nutriments et en substances absorbées par le tube digestif ;
- l’artère hépatique apporte un sang riche en oxygène, indispensable aux besoins énergétiques du tissu hépatique.
Ces deux flux se mélangent dans les sinusoïdes. La veine porte place ainsi le foie en série entre l’intestin et la circulation générale : les substances absorbées traversent d’abord le foie avant d’atteindre le reste de l’organisme.
Fonctions métaboliques
Métabolisme glucidique
Le foie contribue au maintien de la glycémie, c’est-à-dire de la concentration sanguine en glucose. Après l’absorption digestive, il capte une partie du glucose et le stocke sous forme de glycogène par glycogénogenèse. Lorsque l’apport intestinal diminue, il libère du glucose par glycogénolyse.
Il peut aussi former du glucose à partir de précurseurs non glucidiques par néoglucogenèse. Le foie amortit ainsi les variations liées à l’alternance entre prise alimentaire et jeûne. Les mécanismes enzymatiques détaillés relèvent du métabolisme intermédiaire.
Métabolisme lipidique
Les hépatocytes assurent :
- l’oxydation des acides gras pour produire de l’énergie ;
- la synthèse d’acides gras et de triglycérides lorsque les substrats sont abondants ;
- la synthèse et la transformation du cholestérol ;
- la formation de corps cétoniques lorsque l’utilisation des lipides devient prédominante ;
- la production de lipoprotéines permettant le transport sanguin des lipides.
Le cholestérol hépatique peut être incorporé aux membranes, exporté dans les lipoprotéines ou transformé en acides biliaires.
Métabolisme azoté
Les acides aminés ne possèdent pas de forme spécialisée de stockage. Leur groupement azoté peut être retiré, ce qui produit notamment de l’ammoniac, toxique pour l’organisme. Le foie convertit cet ammoniac en urée, moins toxique et éliminée par le rein.
Les squelettes carbonés restants peuvent participer à la production d’énergie, à la synthèse de glucose ou à celle de lipides. Le foie intervient également dans les échanges d’acides aminés entre organes.
Fonctions de synthèse et de stockage
Le foie synthétise une grande partie des protéines plasmatiques :
- l’albumine, principale protéine contribuant à la pression oncotique du plasma et au transport de nombreuses molécules ;
- de nombreux facteurs de coagulation et protéines régulant l’hémostase ;
- des protéines de transport ;
- des protéines impliquées dans l’inflammation et l’immunité innée ;
- des constituants des lipoprotéines.
Il constitue aussi un réservoir modulable de glycogène, de certaines vitamines et de fer. Cette fonction de stockage permet de dissocier temporairement l’apport alimentaire de l’utilisation par les tissus.
Détoxification et élimination
Les substances lipophiles traversent facilement les membranes mais sont difficilement éliminées dans l’urine. Le foie les transforme selon plusieurs étapes fonctionnelles :
- Les réactions de phase I, souvent assurées par les cytochromes P450, introduisent ou dévoilent un groupement chimique réactif.
- Les réactions de phase II conjuguent la molécule à un composé hydrophile.
- Les transporteurs de phase III exportent les produits vers le sang ou vers la bile.
Ces transformations peuvent inactiver une molécule, mais elles peuvent aussi former un intermédiaire plus réactif. La détoxification n’est donc pas toujours synonyme d’inactivation immédiate.
Le foie participe également à l’élimination de la bilirubine, pigment issu principalement de la dégradation de l’hème. La bilirubine non conjuguée, peu hydrosoluble, circule liée à l’albumine. L’hépatocyte la capte, la conjugue puis l’excrète dans la bile.
Formation et sécrétion de la bile
La bile est d’abord déversée entre les hépatocytes dans les canalicules biliaires. Elle rejoint ensuite des canaux de calibre croissant. Les cellules épithéliales des voies biliaires ajoutent une sécrétion aqueuse riche en bicarbonate, ce qui augmente le débit biliaire.
La bile possède deux fonctions complémentaires :
- elle constitue une voie d’élimination de substances peu excrétables par le rein, telles que la bilirubine conjuguée et l’excès de cholestérol ;
- ses acides biliaires facilitent la digestion et l’absorption intestinales des lipides en favorisant leur dispersion dans le contenu digestif.
Entre les périodes digestives, la bile peut être stockée et concentrée dans la vésicule biliaire par réabsorption d’eau et d’électrolytes. Lors de l’arrivée de lipides dans l’intestin, la cholécystokinine favorise la contraction vésiculaire et le relâchement du sphincter contrôlant l’arrivée de bile dans le duodénum. La sécrétine stimule surtout la composante aqueuse et bicarbonatée des voies biliaires.
Cycle entérohépatique
Les acides biliaires sont synthétisés par le foie à partir du cholestérol, conjugués, puis sécrétés dans la bile. Après avoir participé aux phénomènes digestifs, la majeure partie est réabsorbée dans la partie distale de l’intestin grêle. Elle revient au foie par la veine porte, est captée par les hépatocytes puis de nouveau sécrétée.
Une faible fraction échappe à la réabsorption et est éliminée dans les selles. Cette perte est compensée par une synthèse hépatique nouvelle. Le cycle entérohépatique permet donc de réutiliser plusieurs fois un même stock d’acides biliaires tout en constituant une voie d’élimination du cholestérol.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 3 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.