B9 · Ostéologie et arthrologie générales
Classification des articulations et éléments articulaires
Classer les articulations selon leur mobilité et la nature du tissu d'union. Décrire les éléments d'une articulation synoviale : surfaces, capsule, synoviale, ligaments et éléments de stabilité.
Anatomie générale6 min de lecture15 QCM corrigés
Définir et classer une articulation
L’arthrologie est l’étude des articulations. Celles-ci peuvent être classées selon deux critères complémentaires :
- une classification fonctionnelle, fondée sur leur degré de mobilité ;
- une classification structurale, fondée sur la nature du tissu qui unit les pièces squelettiques et sur la présence éventuelle d’une cavité.
Ces deux classifications sont liées, mais elles ne se superposent pas parfaitement : la mobilité réelle dépend aussi de la forme des surfaces, de la tension des ligaments et de l’action des muscles. L’étude détaillée des mouvements appartient à la fiche consacrée à la biomécanique articulaire.
Classification fonctionnelle selon la mobilité
Une synarthrose est une articulation pratiquement immobile. Son tissu d’union établit une continuité solide entre les pièces squelettiques.
Une amphiarthrose autorise des déplacements de faible amplitude. La mobilité provient surtout de la déformation du tissu interposé plutôt que d’un glissement dans une cavité.
Une diarthrose est une articulation mobile. Dans la classification structurale, elle correspond à une articulation synoviale, dont les surfaces sont séparées par une cavité.
Classification selon le tissu d’union
Articulations fibreuses
La richesse du tissu en fibres de collagène lui confère une forte résistance à la traction. La mobilité dépend principalement de la longueur, de l’orientation et de la souplesse des fibres.
On distingue trois organisations :
- la suture, dans laquelle une mince couche fibreuse unit étroitement deux pièces ;
- la syndesmose, où l’union est assurée par un ligament ou une membrane fibreuse plus étendue ;
- la gomphose, caractérisée par l’emboîtement d’un élément dans une cavité et son maintien par un tissu fibreux spécialisé.
Articulations cartilagineuses
Deux formes sont distinguées selon la nature du cartilage :
- la synchondrose comporte une union par cartilage hyalin ; elle est généralement très peu mobile ;
- la symphyse comporte un fibrocartilage interposé entre des surfaces recouvertes de cartilage hyalin ; elle résiste à la compression et permet une déformation limitée.
Le fibrocartilage associe résistance à la traction et résistance à la compression. Une symphyse est donc habituellement une amphiarthrose sur le plan fonctionnel.
Articulations synoviales
L’absence de tissu d’union continu entre les surfaces permet une mobilité importante. Cette liberté impose cependant des moyens de contention afin de conserver le contact entre les pièces squelettiques.
Éléments constitutifs d’une articulation synoviale
Surfaces et cartilage articulaires
Les surfaces articulaires sont les portions des pièces squelettiques mises en regard. Leur forme et leur étendue déterminent en partie les mouvements possibles et la stabilité.
Une forte congruence augmente la surface de contact et favorise la stabilité. Une faible congruence autorise généralement davantage de mobilité, mais exige des moyens de stabilisation supplémentaires.
Les surfaces sont habituellement recouvertes de cartilage articulaire hyalin. Celui-ci est lisse, déformable, dépourvu de vaisseaux et de nerfs. Il répartit les pressions, limite les frottements et protège l’os sous-jacent. Son absence de vascularisation impose une nutrition principalement assurée par les échanges avec le liquide synovial et l’os sous-chondral.
Cavité et liquide synovial
La cavité articulaire est un espace fermé entre les surfaces. Elle est dite virtuelle dans les conditions habituelles, car elle ne contient qu’une faible quantité de liquide et les surfaces restent coaptées.
Il assure deux fonctions principales :
- la lubrification, qui réduit les frottements pendant le mouvement ;
- la nutrition du cartilage articulaire non vascularisé.
Capsule articulaire
La capsule comprend deux couches :
- une membrane fibreuse externe, résistante et continue avec les enveloppes conjonctives voisines ;
- une membrane synoviale interne, vascularisée, qui tapisse les surfaces internes non cartilagineuses.
La membrane fibreuse assure une contention passive. Son épaisseur varie selon les contraintes locales et peut être renforcée par des ligaments.
La membrane synoviale produit les constituants spécifiques du liquide synovial et participe à son renouvellement. Elle ne recouvre pas le cartilage articulaire.
Ligaments
Selon leur position, les ligaments sont :
- capsulaires, lorsqu’ils correspondent à un épaississement de la membrane fibreuse ;
- extracapsulaires, lorsqu’ils sont situés à l’extérieur de la capsule ;
- intracapsulaires, lorsqu’ils se trouvent dans l’enveloppe fibreuse.
Un ligament intracapsulaire n’est pas nécessairement au contact direct du liquide synovial : la membrane synoviale peut se réfléchir autour de lui et l’exclure de la cavité proprement dite.
Les ligaments résistent surtout à la traction. Leur orientation explique qu’ils se tendent dans certaines positions et se relâchent dans d’autres. Ils limitent ainsi les mouvements excessifs et participent à la perception de la position articulaire.
Éléments complémentaires et stabilité
Certaines articulations possèdent des fibrocartilages qui améliorent l’adaptation des surfaces :
- un bourrelet articulaire approfondit une surface périphérique ;
- un ménisque s’interpose partiellement entre les surfaces ;
- un disque articulaire s’interpose complètement et peut diviser la cavité.
Ces éléments augmentent la congruence, répartissent les pressions et peuvent guider les déplacements. Des replis synoviaux et des corps adipeux peuvent également combler les espaces dont la forme varie pendant le mouvement.
La stabilité résulte de plusieurs facteurs associés :
- la congruence et l’emboîtement des surfaces ;
- la résistance de la capsule et des ligaments ;
- la coaptation liée à la pression dans la cavité ;
- la tension des muscles et tendons périarticulaires ;
- l’action éventuelle des fibrocartilages complémentaires.
Les surfaces, la capsule et les ligaments constituent surtout des moyens passifs de stabilité. Les muscles produisent une stabilité active, adaptable à la position et aux contraintes.
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