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Sommaire

  • 1Mobilité articulaire et degrés de liberté
  • 2Plans, axes et mouvements fondamentaux
    • 2.1Flexion et extension
    • 2.2Abduction et adduction
    • 2.3Rotations et circumduction
  • 3Forme des surfaces et mouvements permis
  • 4Mouvements entre les surfaces articulaires
  • 5Contraintes mécaniques lock — section verrouillée
  • 6Stabilité articulaire lock — section verrouillée
    • 6.1Facteurs passifs lock — section verrouillée
    • 6.2Facteurs actifs lock — section verrouillée
  • 7Limitation des amplitudes lock — section verrouillée
  • 8Lésions articulaires courantes lock — section verrouillée
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B9 · Ostéologie et arthrologie générales

Biomécanique articulaire

Décrire les degrés de liberté d'une articulation et les mouvements permis selon la forme des surfaces. Présenter les facteurs de stabilité et de limitation et les lésions articulaires courantes.

Anatomie générale·schedule6 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Mobilité articulaire et degrés de liberté

La classification des articulations et leurs éléments constitutifs sont étudiés dans la fiche précédente ; ici, l’objectif est de relier leur organisation anatomique à leurs possibilités mécaniques.

Définition

Degré de liberté

Possibilité indépendante de mouvement d’un segment osseux par rapport à un autre. Un degré de liberté correspond à une rotation autour d’un axe ou à une translation selon une direction.

Dans l’espace, un solide possède théoriquement six degrés de liberté : trois rotations et trois translations. Dans une articulation anatomique, la forme des surfaces, la capsule et les ligaments réduisent fortement ces possibilités.

En arthrologie, le nombre de degrés de liberté désigne surtout le nombre d’axes de rotation fonctionnels :

  • une articulation uniaxiale permet une rotation principale autour d’un axe ;
  • une articulation biaxiale permet des rotations autour de deux axes ;
  • une articulation triaxiale permet des rotations autour de trois axes.

Les petites translations nécessaires au fonctionnement articulaire ne sont généralement pas comptées comme des mouvements volontaires indépendants.

Attention

Degré de liberté et nombre de mouvements

Un mouvement et son mouvement opposé utilisent le même degré de liberté. La flexion et l’extension constituent ainsi deux sens de rotation autour d’un même axe, et non deux degrés de liberté.

Plans, axes et mouvements fondamentaux

Un mouvement de rotation s’effectue dans un plan anatomique autour d’un axe perpendiculaire à ce plan.

Flexion et extension

Définition

Flexion

Mouvement qui diminue généralement l’angle entre deux segments articulés dans le plan sagittal, autour d’un axe transversal.

Définition

Extension

Mouvement opposé à la flexion, qui augmente généralement l’angle entre deux segments dans le plan sagittal.

Abduction et adduction

Définition

Abduction

Mouvement qui éloigne un segment du plan médian dans le plan frontal, autour d’un axe sagittal.

Définition

Adduction

Mouvement qui rapproche un segment du plan médian dans le plan frontal.

Rotations et circumduction

Une rotation correspond au déplacement d’un segment autour de son axe longitudinal. Elle s’effectue principalement dans le plan transversal autour d’un axe vertical ou longitudinal.

Définition

Circumduction

Mouvement composé associant successivement flexion, abduction, extension et adduction, de sorte que l’extrémité distale du segment décrit une trajectoire circulaire ou conique.

La circumduction ne constitue donc pas un degré de liberté supplémentaire : elle combine des mouvements déjà permis autour de plusieurs axes.

Plans, axes et mouvements articulaires fondamentaux
Plans, axes et mouvements articulaires fondamentaux

Forme des surfaces et mouvements permis

La géométrie des surfaces articulaires détermine les directions dans lesquelles un mouvement peut se produire. Plus une surface est emboîtée dans l’autre, plus le mouvement est guidé et généralement stable. À l’inverse, des surfaces peu emboîtées autorisent une mobilité plus grande mais exigent davantage de moyens stabilisateurs.

Comparaison

Forme articulaire et mobilité

Forme des surfacesAxialité fonctionnelleMouvement dominantCaractéristique mécanique
Planenon axialeglissements de faible amplitudesurfaces presque planes
Trochléenneuniaxialeflexion et extensionrotation autour d’un axe transversal
Trochoïdeuniaxialerotationpivotement autour d’un axe longitudinal
Condylairebiaxialeflexion-extension et abduction-adductionsurface ovoïde convexe dans une surface concave
Sellairebiaxialeflexion-extension et abduction-adductionsurfaces réciproquement concaves et convexes
Sphéroïdetriaxialemouvements autour de trois axes et circumductiontête arrondie reçue dans une cavité

Les mouvements réellement observés ne dépendent cependant pas uniquement de la forme osseuse. La tension capsulaire, l’orientation des ligaments, le volume musculaire et les contacts entre structures peuvent réduire l’amplitude théoriquement permise.

À retenir

Relation entre forme et mobilité

La forme des surfaces fixe les mouvements possibles ; les moyens d’union et les tissus périarticulaires en fixent l’amplitude réelle et la stabilité.

Mouvements entre les surfaces articulaires

Le déplacement visible d’un os résulte de mouvements élémentaires entre les surfaces en contact.

Définition

Roulement articulaire

Déplacement au cours duquel des points successifs d’une surface rencontrent des points successifs de l’autre surface.

Définition

Glissement articulaire

Déplacement au cours duquel un même point d’une surface entre successivement en contact avec plusieurs points de l’autre surface.

Définition

Pivotement articulaire

Rotation d’une surface autour d’un axe presque fixe, avec une zone de contact relativement stable.

Roulement et glissement sont souvent associés. Leur combinaison maintient les surfaces en contact et évite qu’un roulement pur ne conduise rapidement à une perte de congruence.

Lorsque la surface concave mobile se déplace sur une surface convexe fixe, roulement et glissement s’effectuent dans le même sens. Lorsque la surface convexe mobile se déplace sur une surface concave fixe, ils s’effectuent en sens opposés.

Sens du roulement et du glissement selon la surface mobile
Sens du roulement et du glissement selon la surface mobile

Contraintes mécaniques

Une articulation transmet les forces produites par le poids, les muscles et les actions extérieures. Ces forces peuvent exercer plusieurs types de contraintes :

  • la compression rapproche les surfaces ;
  • la traction tend à les séparer ;
  • le cisaillement fait glisser une surface parallèlement à l’autre ;
  • la torsion produit une rotation autour de l’axe longitudinal ;
  • la flexion mécanique associe traction d’un côté et compression de l’autre.

L’effet rotatoire d’une force dépend de son intensité et de la distance entre sa ligne d’action et l’axe articulaire.

Formule

Moment d’une force

M=F×dM = F \times dM=F×d
  • MMM : moment de la force par rapport à l’axe articulaire, en newton-mètres
  • FFF : intensité de la force, en newtons
  • ddd : bras de levier, distance perpendiculaire entre l’axe et la ligne d’action de la force, en mètres

À force égale, un bras de levier plus grand produit donc un effet rotatoire plus important.

Exemple

Calculer le moment d’une force autour d’une articulation

Une force musculaire de 120 N\pu{120 N}120 N agit perpendiculairement à un segment osseux, à 0 ,05 m\pu{0{,}05 m}0 ,05m de l’axe articulaire.

  • Moment produit : M=F×dM = F \times dM=F×d
  • Calcul : M=120×0,05=6 N ⋅ mM = 120 \times 0{,}05 = \pu{6 N.m}M=120×0,05=6 N⋅m

Le moment de cette force est de 6 N ⋅ m\pu{6 N.m}6 N⋅m. Il représente l’effet rotatoire de la force autour de l’axe articulaire.

Si la même force de 120 N\pu{120 N}120 N agit à 0 ,10 m\pu{0{,}10 m}0 ,10m de l’axe, le moment devient M=120×0,10=12 N ⋅ mM = 120 \times 0{,}10 = \pu{12 N.m}M=120×0,10=12 N⋅m.

Doubler le bras de levier double donc l’effet rotatoire, sans modifier l’intensité de la force.

Stabilité articulaire

Définition

Stabilité articulaire

Capacité d’une articulation à maintenir ses surfaces en relation normale malgré les contraintes qui tendent à les déplacer.

Facteurs passifs

La stabilité passive persiste sans contraction musculaire. Elle dépend de plusieurs éléments :

  • la congruence, c’est-à-dire l’adaptation géométrique des surfaces ;
  • la profondeur de la cavité articulaire ;
  • les fibrocartilages périphériques ou interposés, tels que bourrelets et ménisques ;
  • la capsule articulaire ;
  • les ligaments, dont la tension varie selon la position ;
  • la pression intra-articulaire et la cohésion du film liquidien.

Une congruence élevée répartit les forces sur une surface plus grande et limite les déplacements anormaux.

Facteurs actifs

La stabilité active dépend des muscles et de leurs tendons. Leur contraction peut :

  • rapprocher les surfaces et assurer leur coaptation ;
  • s’opposer à une translation excessive ;
  • guider le mouvement ;
  • adapter rapidement la stabilité aux contraintes.
Définition

Coaptation articulaire

Maintien ou rapprochement des surfaces articulaires l’une contre l’autre sous l’action de forces passives ou musculaires.

La commande neuromusculaire participe également à la stabilité grâce à la proprioception, perception de la position et du mouvement des segments corporels.

Limitation des amplitudes

L’amplitude s’arrête lorsqu’une ou plusieurs structures s’opposent au mouvement. La limitation peut résulter :

  1. de la mise en tension de la capsule ;
  2. de la tension des ligaments ;
  3. de l’étirement des muscles et des tendons ;
  4. du contact entre masses musculaires ou tissus mous ;
  5. d’une butée entre structures osseuses.

Les ligaments ne guident donc pas seulement le mouvement : ils deviennent progressivement tendus à l’approche de l’amplitude maximale et empêchent les déplacements dangereux.

À retenir

La mobilité et la stabilité sont interdépendantes : une grande liberté de mouvement impose des stabilisateurs capsulaires, ligamentaires et musculaires efficaces, tandis qu’un emboîtement marqué augmente la stabilité mais restreint l’amplitude.

Lésions articulaires courantes

Comparaison

Principales lésions articulaires

LésionStructure principalement atteinteRelation entre les surfaces
Entorseligament et parfois capsuleconservée après le traumatisme
Subluxationcapsule et ligamentsperte de contact partielle
Luxationcapsule, ligaments et structures périarticulairesperte de contact complète et persistante
Lésion chondralecartilage articulairegénéralement conservée
Lésion méniscale ou du bourreletfibrocartilage articulaireconservée mais guidage et répartition des charges altérés
Fracture articulaireos sous-chondral et surface articulairecongruence potentiellement altérée

Une entorse correspond à une distension ou une rupture ligamentaire provoquée par un mouvement dépassant l’amplitude physiologique. Elle peut entraîner une instabilité si le ligament ne limite plus efficacement le déplacement.

Une luxation impose une perte complète et persistante des rapports articulaires, tandis qu’une subluxation n’entraîne qu’une perte partielle de contact. Ces déplacements peuvent léser la capsule, les ligaments, le cartilage et les éléments vasculonerveux voisins.

Les lésions du cartilage ou des fibrocartilages perturbent la répartition des pressions et le glissement. Leur répétition ou leur persistance peut favoriser une dégradation progressive de l’articulation appelée arthrose, associant altération cartilagineuse et remaniement de l’os sous-chondral.

Points clés
  • Un degré de liberté correspond à une possibilité indépendante de rotation ou de translation
  • Les articulations uniaxiales, biaxiales et triaxiales permettent respectivement des rotations autour d’un, deux ou trois axes
  • La forme des surfaces détermine les mouvements possibles, tandis que les tissus périarticulaires en limitent l’amplitude
  • Roulement, glissement et pivotement assurent les déplacements relatifs des surfaces
  • La stabilité associe congruence osseuse, capsule, ligaments, fibrocartilages et contrôle musculaire
  • Entorse, subluxation, luxation et lésions cartilagineuses altèrent à des degrés divers la contention, la congruence ou la transmission des contraintes

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Ostéologie et arthrologie générales.

  • Fiche 01Types d'os, structure et croissance osseuseOstéologie et arthrologie générales
  • Fiche 02Classification des articulations et éléments articulairesOstéologie et arthrologie générales
  • Fiche 01Terminologie anatomique, position de référence, plans et axesBases
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