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Sommaire

  • 1Principe du contrôle cycline–CDK
  • 2Activation et inhibition d’une CDK
    • 2.1Liaison de la cycline
    • 2.2Phosphorylations régulatrices
  • 3Contrôle de la transition entre G1G_1G1​ et SSS
    • 3.1Le couple Rb–E2F
  • 4Inhibiteurs des CDK
  • 5Dégradation des cyclines et irréversibilité lock — section verrouillée
  • 6Réponse aux dommages de l’ADN lock — section verrouillée
    • 6.1Détection et transmission du signal lock — section verrouillée
    • 6.2Axe p53–p21 lock — section verrouillée
  • 7Suppresseurs de tumeur et dérégulation du cycle lock — section verrouillée
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  5. Cyclines, CDK et contrôle moléculaire de la progression

B4 · Cycle et destin cellulaires

Cyclines, CDK et contrôle moléculaire de la progression

Décrire la variation cyclique des cyclines et l'activation des kinases dépendantes des cyclines. Présenter les inhibiteurs, les suppresseurs de tumeur impliqués et la réponse aux dommages de l'ADN.

Biologie cellulaire·schedule6 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principe du contrôle cycline–CDK

Les phases G1G_1G1​, SSS, G2G_2G2​ et MMM, ainsi que l’organisation générale des points de contrôle, constituent le cadre temporel étudié dans la fiche dédiée au cycle cellulaire. Leur enchaînement dépend de complexes protéiques dont l’activité apparaît puis disparaît à des moments précis.

Définition

Cycline

Protéine régulatrice dont l’abondance varie au cours du cycle cellulaire et qui active une kinase dépendante des cyclines en s’y associant.

Définition

Kinase dépendante des cyclines

Enzyme, abrégée CDK, qui phosphoryle des protéines cibles sur des résidus sérine ou thréonine, mais dont l’activité nécessite généralement la liaison à une cycline.

La phosphorylation modifie l’activité, la localisation, les interactions ou la stabilité des protéines cibles. Chaque complexe cycline–CDK déclenche ainsi un programme moléculaire particulier.

Les CDK sont présentes à une concentration relativement stable. À l’inverse, les cyclines sont synthétisées puis dégradées de manière périodique. La variation cyclique de leur concentration impose donc une variation cyclique de l’activité des CDK.

Comparaison

Principaux complexes cycline–CDK

ComplexePériode d’activité dominanteFonction moléculaire principale
Cycline D–CDK4 ou CDK6phase G1G_1G1​progression en G1G_1G1​ et phosphorylation de Rb
Cycline E–CDK2transition G1/SG_1/SG1​/Sengagement dans la réplication
Cycline A–CDK2 puis cycline A–CDK1phases SSS et G2G_2G2​progression de la réplication puis préparation de la phase MMM
Cycline B–CDK1transition G2/MG_2/MG2​/M et phase MMMentrée et progression en phase MMM
Attention

Une cycline n’est pas une kinase

La cycline ne phosphoryle aucun substrat par elle-même. Elle active et oriente la CDK, qui porte l’activité enzymatique.

Activation et inhibition d’une CDK

La simple présence d’une CDK ne suffit pas à la rendre active. Son activation résulte de plusieurs mécanismes combinés.

Liaison de la cycline

Dans une CDK isolée, une région appelée boucle d’activation masque partiellement le site catalytique. La liaison de la cycline déplace cette boucle, rend le site plus accessible et contribue à la reconnaissance des substrats.

Phosphorylations régulatrices

La kinase activatrice des CDK, ou CAK, phosphoryle un résidu thréonine de la boucle d’activation. Cette phosphorylation stabilise la conformation active du complexe.

À l’inverse, la kinase Wee1 ajoute une phosphorylation inhibitrice sur CDK1. La phosphatase Cdc25 retire cette phosphorylation et permet l’activation du complexe cycline B–CDK1.

Lorsque CDK1 commence à s’activer, elle stimule Cdc25 et inhibe Wee1. Cette double boucle de rétroactivation transforme une activation progressive en transition rapide et coordonnée vers la phase MMM.

Méthode

Conditions générales d’activation d’un complexe cycline–CDK

  1. Synthétiser la cycline appropriée à la période du cycle
  2. Associer la cycline à sa CDK partenaire
  3. Phosphoryler le résidu activateur de la CDK par la CAK
  4. Retirer les éventuelles phosphorylations inhibitrices par une phosphatase Cdc25
  5. Maintenir une concentration suffisante du complexe actif jusqu’à l’exécution du programme cellulaire
À retenir

Logique du système

L’activité d’une CDK dépend à la fois de la quantité de cycline, de phosphorylations activatrices ou inhibitrices et de la présence d’inhibiteurs protéiques. Aucun de ces paramètres ne suffit à lui seul à décrire l’état du complexe.

Contrôle de la transition entre G1G_1G1​ et SSS

La progression initiale en G1G_1G1​ dépend de signaux extracellulaires favorisant la prolifération, appelés signaux mitogènes. Ils augmentent notamment l’expression des cyclines D, qui activent CDK4 et CDK6.

Le couple Rb–E2F

Définition

Protéine du rétinoblastome

La protéine Rb est un suppresseur de tumeur qui freine la transition G1/SG_1/SG1​/S en se liant aux facteurs de transcription E2F.

Définition

Facteurs E2F

Famille de facteurs de transcription qui stimulent l’expression de protéines nécessaires à la réplication de l’ADN et à la progression en phase SSS.

Au début de G1G_1G1​, Rb peu phosphorylée se lie à E2F et limite son activité. Les complexes cycline D–CDK4 ou CDK6 phosphorylent progressivement Rb. Le complexe cycline E–CDK2 accentue ensuite cette phosphorylation, ce qui libère E2F.

E2F stimule alors la transcription de gènes nécessaires à la phase SSS, notamment ceux codant les cyclines E et A. La production de cycline E renforce l’activité de CDK2 et favorise une phosphorylation supplémentaire de Rb : cette rétroactivation rend l’engagement dans le cycle plus difficilement réversible.

Inhibiteurs des CDK

Définition

Inhibiteur de CDK

Protéine régulatrice, abrégée CKI, qui diminue l’activité d’une ou de plusieurs CDK et ralentit ou bloque la progression du cycle cellulaire.

Deux familles principales assurent cette inhibition.

Comparaison

Familles d’inhibiteurs de CDK

CritèreFamille INK4Famille Cip/Kip
Principaux membresp15, p16, p18 et p19p21, p27 et p57
Cibles dominantesCDK4 et CDK6complexes contenant surtout CDK2 ou CDK1
Mécanismeempêche la formation fonctionnelle des complexes cycline D–CDKse lie au complexe cycline–CDK et réduit son activité
Rôle dominantcontrôle de la progression en G1G_1G1​frein aux transitions G1/SG_1/SG1​/S et G2/MG_2/MG2​/M

Les protéines p21 et p27 peuvent aussi participer à l’assemblage de certains complexes cycline D–CDK4 ou CDK6. Leur effet dépend donc du complexe concerné, de leur concentration et de leur localisation cellulaire.

Dégradation des cyclines et irréversibilité

L’arrêt d’un signal cycline–CDK repose largement sur la destruction sélective de la cycline. Celle-ci est marquée par des chaînes d’ubiquitine, petite protéine servant ici de signal de dégradation, puis détruite par le protéasome, complexe protéolytique intracellulaire.

Deux ligases d’ubiquitine jouent un rôle majeur :

  • le complexe SCF reconnaît plusieurs protéines préalablement phosphorylées, notamment certaines cyclines et certains inhibiteurs de CDK ;
  • le complexe promoteur de l’anaphase, ou APC/C, provoque notamment la dégradation des cyclines A et B.

La disparition de la cycline B inactive CDK1 et participe à la sortie de la phase MMM. La synthèse périodique des cyclines crée donc l’activité, tandis que leur destruction impose son extinction et réinitialise le système.

À retenir

La succession des phases ne dépend pas seulement de l’activation de nouveaux complexes cycline–CDK : elle exige aussi la dégradation des régulateurs de la phase précédente.

Réponse aux dommages de l’ADN

Un ADN endommagé ne doit pas être répliqué ni transmis aux cellules filles. Des voies de signalisation ralentissent donc le cycle afin de laisser du temps aux systèmes de réparation, étudiés dans la partie consacrée à l’intégrité du génome.

Détection et transmission du signal

Définition

ATM et ATR

Kinases activées par des anomalies de l’ADN : ATM répond principalement aux cassures double brin, tandis qu’ATR répond surtout à la présence d’ADN simple brin et aux difficultés rencontrées par la réplication.

ATM et ATR phosphorylent des protéines relais. ATM active préférentiellement Chk2, tandis qu’ATR active préférentiellement Chk1. Ces kinases réduisent l’activité des complexes cycline–CDK par plusieurs voies :

  • inhibition ou dégradation des phosphatases Cdc25 ;
  • maintien des phosphorylations inhibitrices portées par les CDK ;
  • diminution de l’initiation de nouvelles zones de réplication ;
  • stabilisation du suppresseur de tumeur p53.

Axe p53–p21

Définition

p53

Facteur de transcription suppresseur de tumeur qui s’accumule en réponse à différents stress cellulaires et commande l’expression de gènes impliqués dans l’arrêt du cycle ou le changement de destin cellulaire.

En l’absence de stress, p53 est maintenue à une faible concentration par MDM2, une ligase d’ubiquitine qui favorise sa dégradation. Après un dommage de l’ADN, les phosphorylations dépendantes d’ATM, d’ATR, de Chk1 ou de Chk2 stabilisent p53.

p53 stimule alors la transcription du gène codant p21. L’inhibiteur p21 bloque notamment les complexes cycline E–CDK2 et cycline A–CDK2, ce qui freine la transition G1/SG_1/SG1​/S et la progression en phase SSS.

À la transition G2/MG_2/MG2​/M, l’inhibition de Cdc25 maintient CDK1 sous une forme phosphorylée inactive. La cellule n’entre donc pas en phase MMM tant que le signal de dommage persiste.

Attention

p53 ne répare pas directement l’ADN

p53 organise la réponse cellulaire en modifiant l’expression de nombreux gènes. Les réactions enzymatiques de réparation sont réalisées par des systèmes spécialisés distincts.

Si les lésions sont réparées, les signaux inhibiteurs diminuent et le cycle peut reprendre. Si elles persistent, p53 peut contribuer à orienter la cellule vers une sénescence durable ou une apoptose, mécanismes traités dans leurs fiches respectives.

Suppresseurs de tumeur et dérégulation du cycle

Définition

Gène suppresseur de tumeur

Gène dont le produit limite normalement la prolifération, préserve l’intégrité du génome ou favorise l’élimination des cellules dangereuses ; sa perte de fonction facilite la prolifération incontrôlée.

Rb, p53, p16 et p21 constituent des freins majeurs. Leur perte réduit la capacité de la cellule à arrêter le cycle devant une stimulation insuffisante ou un ADN endommagé. Inversement, une activité excessive des cyclines D, de CDK4 ou de CDK6 favorise la phosphorylation de Rb et la libération inappropriée d’E2F.

Le contrôle moléculaire du cycle résulte donc d’un équilibre entre accélérateurs, complexes cycline–CDK, et freins, inhibiteurs de CDK et suppresseurs de tumeur.

Points clés
  • Les cyclines varient périodiquement, tandis que les concentrations des CDK sont relativement stables
  • Une CDK est contrôlée par la liaison d’une cycline, des phosphorylations régulatrices et des inhibiteurs protéiques
  • L’axe cycline D–CDK4 ou CDK6–Rb–E2F commande l’engagement vers la phase SSS
  • Les familles INK4 et Cip/Kip inhibent des ensembles distincts de complexes cycline–CDK
  • ATM, ATR, Chk1, Chk2, p53 et p21 relient les dommages de l’ADN à l’arrêt du cycle
  • La dégradation des cyclines par le système ubiquitine–protéasome assure l’extinction des activités précédentes et l’ordre des transitions

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Cycle et destin cellulaires.

  • Fiche 01Cycle cellulaire : phases et points de contrôleCycle et destin cellulaires
  • Fiche 03MitoseCycle et destin cellulaires
  • Fiche 04Méiose et brassages génétiquesCycle et destin cellulaires
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    • 3.1Le couple Rb–E2F
  • 4Inhibiteurs des CDK
  • 5Dégradation des cyclines et irréversibilité lock — section verrouillée
  • 6Réponse aux dommages de l’ADN lock — section verrouillée
    • 6.1Détection et transmission du signal lock — section verrouillée
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