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Sommaire

  • 1Principes généraux de la méiose
  • 2La méiose I, division réductionnelle
    • 2.1Prophase I et appariement des homologues
    • 2.2Leptotène
    • 2.3Zygotène
    • 2.4Pachytène
    • 2.5Diplotène
    • 2.6Diacinèse
    • 2.7Métaphase I
    • 2.8Anaphase I et télophase I lock — section verrouillée
  • 3La méiose II, division équationnelle lock — section verrouillée
  • 4Les deux brassages génétiques lock — section verrouillée
    • 4.1Brassage intrachromosomique lock — section verrouillée
    • 4.2Brassage interchromosomique lock — section verrouillée
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  5. Méiose et brassages génétiques

B4 · Cycle et destin cellulaires

Méiose et brassages génétiques

Décrire les deux divisions méiotiques et les sous-phases de la prophase I. Expliquer les brassages intrachromosomique et interchromosomique et leur contribution à la diversité génétique.

Biologie cellulaire·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principes généraux de la méiose

Définition

Méiose

Ensemble de deux divisions cellulaires successives, précédées d'une seule réplication de l'ADN, qui fait passer une cellule diploïde à des cellules haploïdes génétiquement différentes.

Une cellule diploïde possède deux exemplaires de chaque type de chromosome, formant une paire de chromosomes homologues. L'un est d'origine maternelle et l'autre d'origine paternelle. Ils portent les mêmes gènes aux mêmes positions, mais peuvent porter des versions différentes de ces gènes, appelées allèles.

Le nombre haploïde de chromosomes est noté nnn et le nombre diploïde 2n2n2n. Avant la méiose, pendant la phase S du cycle cellulaire étudiée dans la fiche consacrée au cycle, chaque chromosome est répliqué. Il comporte alors deux chromatides sœurs reliées au niveau du centromère.

Définition

Chromosomes homologues

Deux chromosomes d'une même paire, de structure comparable et portant les mêmes gènes aux mêmes locus, mais pouvant porter des allèles différents.

Définition

Chromatides sœurs

Deux copies initialement identiques d'un chromosome produites par la réplication de l'ADN et maintenues ensemble jusqu'à leur séparation.

La méiose comprend :

  • la méiose I, qui sépare les chromosomes homologues et réduit la ploïdie ;
  • la méiose II, qui sépare les chromatides sœurs sans nouvelle réplication préalable.
Comparaison

Les deux divisions méiotiques

CritèreMéiose IMéiose II
Éléments séparéschromosomes homologueschromatides sœurs
Nature de la divisionréductionnelleéquationnelle
Ploïdiepassage de 2n2n2n à nnnmaintien de nnn
Réplication préalable immédiateoui, avant l'entrée en méiosenon
Organisation en métaphasebivalentschromosomes individuels
Attention

Chromosome et chromatide ne sont pas synonymes

Après la méiose I, chaque cellule est haploïde car elle ne possède qu'un chromosome de chaque paire homologue. Pourtant, chaque chromosome comporte encore deux chromatides. La quantité d'ADN et la ploïdie ne décrivent donc pas la même chose.

La méiose I, division réductionnelle

Prophase I et appariement des homologues

La prophase I est longue et subdivisée en cinq sous-phases. Elle permet la condensation des chromosomes, l'appariement précis des homologues et la recombinaison génétique.

Définition

Bivalent

Association des deux chromosomes homologues appariés pendant la prophase I. Comme chaque chromosome possède deux chromatides, un bivalent contient quatre chromatides et peut aussi être appelé tétrade.

Leptotène

Au leptotène, les chromosomes répliqués commencent à se condenser. Chaque chromosome s'organise autour d'un axe protéique, mais les deux chromatides sœurs restent étroitement associées et ne sont pas encore nettement distinguables.

Les chromosomes homologues commencent à se rechercher dans le noyau. Cette reconnaissance prépare leur alignement locus contre locus.

Zygotène

Au zygotène, l'appariement des homologues débute. Ce rapprochement organisé est appelé synapsis.

Définition

Complexe synaptonémal

Structure protéique temporaire qui maintient les chromosomes homologues étroitement alignés pendant la prophase I et favorise les échanges entre chromatides homologues.

Le complexe synaptonémal se forme progressivement entre les axes des deux homologues. Les bivalents apparaissent à mesure que la synapsis progresse.

Pachytène

Au pachytène, la synapsis est complète sur la longueur des homologues. C'est principalement à ce stade que se déroule la recombinaison entre chromatides non sœurs.

Des cassures contrôlées de l'ADN sont produites, puis réparées en utilisant la chromatide homologue comme matrice. Certaines réparations aboutissent à un échange réciproque de segments correspondants entre deux chromatides non sœurs.

Définition

Enjambement chromosomique

Échange réciproque de segments d'ADN entre deux chromatides non sœurs de chromosomes homologues, produisant des chromatides recombinées.

Diplotène

Au diplotène, le complexe synaptonémal disparaît et les chromosomes homologues commencent à s'écarter. Ils restent cependant attachés aux endroits où un échange a eu lieu.

Définition

Chiasma

Manifestation cytologique d'un échange entre chromatides non sœurs, visible comme un point de liaison entre les chromosomes homologues d'un bivalent.

Les chiasmas participent au maintien de l'association des homologues jusqu'à leur séparation correcte lors de l'anaphase I.

Diacinèse

À la diacinèse, la condensation chromosomique devient maximale. Les chiasmas semblent se déplacer vers les extrémités des chromosomes, l'enveloppe nucléaire disparaît et le fuseau méiotique se met en place. Les bivalents sont alors prêts à s'orienter sur la plaque équatoriale.

Méthode

Retenir l'enchaînement de la prophase I

  1. Au leptotène, les chromosomes se condensent
  2. Au zygotène, les homologues commencent leur synapsis
  3. Au pachytène, la synapsis est complète et les échanges ont lieu
  4. Au diplotène, les homologues s'écartent mais restent unis par les chiasmas
  5. À la diacinèse, les chromosomes atteignent leur condensation maximale et se préparent à la métaphase I

Métaphase I

Les bivalents s'alignent sur la plaque équatoriale. Les deux homologues d'un même bivalent sont reliés à des pôles opposés du fuseau.

Les kinétochores des deux chromatides sœurs d'un chromosome sont orientés vers le même pôle. À l'inverse, les deux homologues sont orientés vers des pôles opposés. L'orientation de chaque bivalent est aléatoire et, en principe, indépendante de celle des autres bivalents.

Anaphase I et télophase I

À l'anaphase I, les chromosomes homologues se séparent et migrent vers des pôles opposés. La cohésion entre chromatides sœurs est conservée autour du centromère, ce qui empêche leur séparation prématurée.

Après la télophase I et la cytodiérèse, chaque cellule possède un seul chromosome de chaque paire homologue. Elle est donc haploïde, bien que ses chromosomes soient encore constitués de deux chromatides.

À retenir

Résultat de la méiose I

La première division méiotique sépare les chromosomes homologues, et non les chromatides sœurs. Elle réduit ainsi la ploïdie de 2n2n2n à nnn.

La méiose II, division équationnelle

La méiose II n'est précédée d'aucune nouvelle réplication de l'ADN. Son organisation générale se rapproche de celle de la mitose, décrite dans la fiche voisine, mais elle concerne des cellules déjà haploïdes.

En prophase II, les chromosomes se condensent et un nouveau fuseau se forme. En métaphase II, les chromosomes s'alignent individuellement sur la plaque équatoriale. Les kinétochores des deux chromatides sœurs sont désormais reliés à des pôles opposés.

À l'anaphase II, la cohésion centromérique disparaît et les chromatides sœurs se séparent. Chaque chromatide devient alors un chromosome indépendant. La télophase II et la cytodiérèse conduisent habituellement à quatre cellules haploïdes issues de la cellule diploïde initiale.

Ces cellules ne sont généralement pas génétiquement identiques, car les chromosomes ont été recombinés et répartis aléatoirement au cours de la méiose I.

Les deux brassages génétiques

Définition

Brassage génétique

Production de nouvelles associations d'allèles au cours de la méiose par recombinaison entre chromosomes homologues et par répartition aléatoire des chromosomes.

Brassage intrachromosomique

Le brassage intrachromosomique résulte des échanges réciproques entre chromatides non sœurs pendant la prophase I. Il modifie les associations d'allèles situés sur un même chromosome.

Deux gènes portés par le même chromosome sont dits liés. Sans recombinaison entre leurs locus, leurs allèles tendent à être transmis ensemble. Un échange situé entre ces locus peut rompre cette association et produire des chromatides recombinées.

Exemple

Effet d'un enjambement entre deux locus liés

Dans un bivalent, deux locus liés sont portés dans l'ordre suivant sur les deux homologues :

  • l'homologue maternel porte les allèles AAA et BBB : ABABAB ;
  • l'homologue paternel porte les allèles aaa et bbb : ababab.

Sans échange entre les deux locus, les chromatides conservent les associations parentales ABABAB et ababab.

Un enjambement situé entre les locus AAA et BBB échange les segments situés après ce point entre deux chromatides non sœurs. Les deux chromatides participantes deviennent AbAbAb et aBaBaB.

Les associations AbAbAb et aBaBaB sont des associations recombinées : l'échange a séparé des allèles qui étaient initialement transmis ensemble sur le même chromosome.

La probabilité qu'une recombinaison sépare deux locus augmente globalement avec la distance qui les sépare, car une région plus longue offre davantage de possibilités d'échange. Un même bivalent peut subir plusieurs échanges.

Brassage interchromosomique

Le brassage interchromosomique résulte de l'orientation aléatoire et indépendante des bivalents en métaphase I, puis de la séparation des homologues en anaphase I.

Pour chaque paire, l'homologue d'origine maternelle peut être dirigé vers l'un ou l'autre pôle. Comme les orientations des différentes paires se combinent, la méiose produit de nombreuses associations chromosomiques.

Formule

Nombre théorique de combinaisons chromosomiques

N=2nN = 2^nN=2n
  • NNN : nombre théorique de combinaisons d'origine parentale produites par l'assortiment indépendant
  • nnn : nombre de paires de chromosomes homologues

Cette relation suppose une ségrégation indépendante et ne tient pas compte des recombinaisons intrachromosomiques. En réalité, celles-ci rendent chaque chromosome susceptible d'être une mosaïque de segments d'origines parentales différentes.

Exemple

Calcul du nombre de combinaisons chromosomiques

Une espèce possède trois paires de chromosomes homologues. Le nombre de paires est donc n=3n = 3n=3.

Le nombre théorique de combinaisons chromosomiques issues de l'assortiment indépendant est :

N=2n=23=8N = 2^n = 2^3 = 8N=2n=23=8

Une cellule entrant en méiose peut ainsi produire huit associations théoriques différentes d'origines maternelle et paternelle pour ces trois paires. Ce résultat ne compte pas les combinaisons supplémentaires créées par les enjambements.

À retenir

Origine de la diversité méiotique

Le brassage intrachromosomique crée de nouvelles associations d'allèles sur un même chromosome. Le brassage interchromosomique combine aléatoirement les chromosomes issus des différentes paires.

Attention

Ne pas inverser les deux brassages

Le brassage intrachromosomique repose sur des échanges à l'intérieur d'une paire de chromosomes homologues. Le brassage interchromosomique repose sur la répartition indépendante des différentes paires.

Points clés
  • Une seule réplication de l'ADN précède deux divisions méiotiques successives
  • La prophase I comprend leptotène, zygotène, pachytène, diplotène et diacinèse
  • La méiose I sépare les chromosomes homologues et réduit la ploïdie de 2n2n2n à nnn
  • La méiose II sépare les chromatides sœurs sans modifier la ploïdie
  • Le brassage intrachromosomique résulte des échanges entre chromatides non sœurs
  • Le brassage interchromosomique résulte de l'orientation aléatoire des bivalents en métaphase I

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