B8 · Système cardiovasculaire
Débit cardiaque, précharge et postcharge
Définir volume d'éjection, fréquence et débit cardiaque et leurs déterminants. Analyser l'effet de la précharge, de la postcharge et de la contractilité sur la performance ventriculaire et le travail cardiaque.
Physiologie7 min de lecture17 QCM corrigés
Grandeurs décrivant la performance cardiaque
La performance mécanique du cœur se décrit par la quantité de sang éjectée à chaque contraction et par le nombre de contractions réalisées par unité de temps. En régime stable, les ventricules droit et gauche ont le même débit moyen, faute de quoi du sang s'accumulerait dans l'une des deux circulations.
Le augmente si le ventricule se remplit davantage ou s'il se vide plus complètement. Il dépend donc principalement de la précharge, de la postcharge et de la contractilité.
L'augmentation de la fréquence tend à accroître le débit puisqu'elle multiplie le nombre d'éjections. Cette relation n'est cependant pas indéfiniment proportionnelle : lorsque la fréquence devient très élevée, la diastole se raccourcit, le remplissage ventriculaire diminue et le peut chuter. À l'inverse, une fréquence très basse ne peut maintenir le débit que si l'augmentation du est suffisante.
Précharge et mécanisme de Frank-Starling
Le retour veineux est le débit de sang revenant au cœur par les veines. Une augmentation du retour veineux accroît généralement le remplissage, donc le et la précharge.
La précharge ne se confond toutefois pas strictement avec le : pour un même volume, l'étirement des fibres dépend aussi de la géométrie et de la distensibilité du ventricule. La pression télédiastolique est également un indicateur imparfait, car sa relation avec le volume varie avec les propriétés de la paroi.
L'étirement initial améliore les conditions d'interaction entre les protéines contractiles et augmente la sensibilité de l'appareil contractile au calcium. À contractilité et postcharge constantes, une augmentation de la précharge entraîne donc :
- une augmentation de la force de contraction développée ;
- une augmentation du ;
- une augmentation du travail fourni à chaque battement.
Ce mécanisme adapte spontanément l'éjection ventriculaire au volume reçu. Il contribue ainsi à maintenir l'égalité des débits moyens des deux ventricules.
La relation possède une limite : au-delà de la zone fonctionnelle, un étirement excessif ne permet plus d'accroître efficacement la force et peut détériorer la performance mécanique.
Postcharge et opposition à l'éjection
La postcharge du ventricule gauche dépend notamment de la pression régnant dans l'aorte, tandis que celle du ventricule droit dépend de la pression de la circulation pulmonaire. Elle ne se réduit pourtant pas à une pression artérielle : elle dépend aussi de la géométrie ventriculaire et des propriétés de l'arbre artériel.
La contrainte exercée sur la paroi augmente avec la pression intracavitaire et le rayon de la cavité, mais diminue lorsque l'épaisseur de la paroi augmente. Cette relation dérive de la loi de Laplace et explique pourquoi un ventricule dilaté subit une contrainte plus grande à pression identique.
Une augmentation aiguë de la postcharge rend le raccourcissement des fibres plus difficile. À précharge et contractilité constantes, elle provoque :
- une diminution de la vitesse et de l'amplitude du raccourcissement ;
- une augmentation du , car davantage de sang reste dans le ventricule ;
- une diminution du et de la ;
- une augmentation de l'effort nécessaire pour développer la pression.
Le volume résiduel accru peut augmenter le remplissage du battement suivant. Cette élévation secondaire de la précharge peut alors soutenir partiellement le par le mécanisme de Frank-Starling.
Contractilité myocardique
Une augmentation de contractilité résulte d'une mobilisation plus efficace du calcium par les cardiomyocytes et d'une activation accrue des protéines contractiles. Elle permet au ventricule de développer davantage de pression et de se vider plus complètement sans nécessiter une augmentation préalable de son remplissage.
À précharge et postcharge constantes, l'augmentation de la contractilité :
- diminue le ;
- augmente le ;
- augmente la ;
- augmente le travail mécanique et la consommation d'énergie du myocarde.
L'effet inverse apparaît lorsque la contractilité diminue : le ventricule se vide moins, le augmente et le diminue.
Travail et puissance cardiaques
Le travail externe exact correspond à l'intégrale de la pression ventriculaire par rapport à la variation de volume pendant l'éjection. Il est représenté par l'aire de la boucle pression-volume, dont la construction détaillée relève de la fiche consacrée au cycle cardiaque.
La puissance externe dépend donc du travail de chaque battement et de la fréquence cardiaque. Une augmentation du , de la pression d'éjection ou de la fréquence augmente la puissance demandée.
La dépense énergétique réelle dépasse le seul travail externe : le myocarde consomme aussi de l'énergie pour développer une tension sans raccourcissement, assurer les mouvements ioniques et restaurer les gradients de calcium. Le travail de pression est particulièrement coûteux, car une postcharge élevée impose une forte tension pariétale. L'augmentation de la contractilité et de la fréquence accroît également les besoins énergétiques.
Intégration des déterminants
Le débit cardiaque résulte d'une chaîne causale :
- Le retour veineux et les propriétés du ventricule déterminent la précharge.
- La précharge, la postcharge et la contractilité déterminent le .
- Le et la fréquence déterminent le .
- La pression d'éjection et le volume éjecté déterminent le travail mécanique.
- La fréquence transforme le travail par battement en puissance fournie par unité de temps.
La régulation nerveuse et hormonale de ces paramètres appartient à la fiche consacrée à la régulation de la pression artérielle.
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