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Sommaire

  • 1Organisation du tissu nodal
    • 1.1Nœud sino-atrial
    • 1.2Nœud atrioventriculaire
    • 1.3Système de conduction ventriculaire
  • 2Hiérarchie des centres automatiques
  • 3Dépolarisation diastolique lente
    • 3.1Absence de potentiel de repos stable
    • 3.2Courants ioniques responsables lock — section verrouillée
  • 4Modulation par le système nerveux autonome lock — section verrouillée
    • 4.1Stimulation sympathique lock — section verrouillée
    • 4.2Stimulation parasympathique lock — section verrouillée
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  5. Automatisme cardiaque et tissu nodal

B8 · Système cardiovasculaire

Automatisme cardiaque et tissu nodal

Décrire les structures du tissu nodal et la hiérarchie des fréquences propres. Expliquer la dépolarisation diastolique lente et la modulation de la fréquence cardiaque par le système autonome.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Organisation du tissu nodal

Le cœur peut produire spontanément une activité électrique sans stimulation nerveuse extérieure. Cette propriété repose sur des cardiomyocytes spécialisés, organisés en un réseau de formation et de conduction de l’excitation.

Définition

Automatisme cardiaque

Capacité de certaines cellules cardiaques à déclencher spontanément et périodiquement des potentiels d’action, en l’absence de stimulation extérieure.

Définition

Tissu nodal

Ensemble des cardiomyocytes spécialisés dans la production spontanée et la conduction de l’activité électrique cardiaque. Ces cellules possèdent peu de myofibrilles et leur fonction principale est électrique plutôt que contractile.

Nœud sino-atrial

Le nœud sino-atrial, aussi appelé nœud sinusal, est situé dans la paroi de l’atrium droit, près de l’abouchement de la veine cave supérieure. Il constitue normalement le centre automatique dominant du cœur.

L’excitation née dans le nœud sinusal se propage dans le myocarde atrial. Elle atteint également l’atrium gauche, notamment par le faisceau interatrial. La contraction des atriums résulte ensuite du couplage excitation-contraction, étudié dans la physiologie neuromusculaire.

Définition

Rythme sinusal

Rythme cardiaque dans lequel chaque activation électrique normale est initiée par le nœud sino-atrial.

Nœud atrioventriculaire

Le nœud atrioventriculaire est situé dans la partie basse du septum interatrial, à proximité de la jonction entre les atriums et les ventricules. Il reçoit l’excitation atriale et la transmet au faisceau atrioventriculaire.

Sa conduction est particulièrement lente. Ce ralentissement introduit un délai entre l’activation des atriums et celle des ventricules, ce qui permet une activation séquentielle des cavités cardiaques.

Système de conduction ventriculaire

Après le nœud atrioventriculaire, l’excitation emprunte successivement :

  1. le faisceau atrioventriculaire, ou faisceau de His ;
  2. les branches droite et gauche, qui cheminent dans le septum interventriculaire ;
  3. le réseau sous-endocardique de Purkinje, qui distribue rapidement l’excitation au myocarde ventriculaire.

La conduction très rapide dans le réseau de Purkinje favorise une activation ventriculaire coordonnée. L’étude de la contraction, des pressions et des volumes appartient à la fiche consacrée au cycle cardiaque.

Organisation et trajet de l’excitation dans le tissu nodal
Organisation et trajet de l’excitation dans le tissu nodal
Méthode

Parcours normal de l’excitation cardiaque

  1. Production spontanée de l’excitation par le nœud sino-atrial
  2. Propagation dans le myocarde des deux atriums
  3. Ralentissement de la conduction dans le nœud atrioventriculaire
  4. Transmission par le faisceau de His et ses branches
  5. Distribution rapide par le réseau de Purkinje
  6. Activation du myocarde ventriculaire

Hiérarchie des centres automatiques

Plusieurs structures cardiaques possèdent une fréquence propre, c’est-à-dire une fréquence spontanée mesurée en l’absence d’influence extérieure. Toutefois, elles ne se dépolarisent pas toutes à la même vitesse.

Définition

Centre automatique

Groupe de cellules cardiaques capables d’atteindre spontanément le seuil de déclenchement d’un potentiel d’action.

La hiérarchie physiologique des fréquences propres est la suivante :

  • nœud sino-atrial : environ 606060 à 100100100 dépolarisations par minute ;
  • nœud atrioventriculaire : environ 404040 à 606060 dépolarisations par minute ;
  • système de His-Purkinje : environ 202020 à 404040 dépolarisations par minute.

Le centre dont la fréquence propre est la plus élevée atteint le seuil en premier. Son excitation se propage aux centres plus lents avant que ceux-ci aient pu déclencher leur propre potentiel d’action. Le nœud sinusal impose donc normalement son rythme à l’ensemble du cœur.

Définition

Centre latent

Centre automatique habituellement soumis au rythme d’un centre plus rapide, mais capable de prendre le relais si le centre dominant cesse de fonctionner ou si l’excitation ne lui parvient plus.

Cette domination est renforcée par la suppression par surentraînement : les activations répétées venues du centre le plus rapide entretiennent temporairement une moindre excitabilité automatique des centres plus lents.

À retenir

Hiérarchie des fréquences propres

Le nœud sino-atrial est le centre automatique dominant parce que sa dépolarisation diastolique atteint le seuil plus rapidement que celle des autres centres. Les centres atrioventriculaire et ventriculaire constituent des centres latents progressivement plus lents.

Dépolarisation diastolique lente

Absence de potentiel de repos stable

Une cellule contractile possède, entre deux potentiels d’action, un potentiel de membrane relativement stable. Une cellule nodale présente au contraire une augmentation spontanée et progressive de son potentiel de membrane pendant la diastole.

Définition

Dépolarisation diastolique lente

Dépolarisation spontanée de la membrane d’une cellule automatique entre la fin d’un potentiel d’action et le déclenchement du suivant. Elle correspond à la phase 4 du potentiel d’action nodal.

À la fin de la repolarisation, le potentiel membranaire nodal atteint un niveau négatif maximal, voisin de −60-60−60 millivolts. Il remonte ensuite progressivement vers un seuil voisin de −40-40−40 millivolts. Dès que ce seuil est atteint, un nouveau potentiel d’action apparaît.

Courants ioniques responsables

La dépolarisation diastolique résulte d’une modification progressive de plusieurs conductances ioniques :

  • le courant potassique sortant diminue, ce qui réduit la tendance à la repolarisation ;
  • le courant IfI_fIf​ s’active lors de l’hyperpolarisation et produit un courant net entrant, principalement porté par le sodium ;
  • des canaux calciques transitoires de type T participent à la fin de la dépolarisation diastolique ;
  • l’ouverture des canaux calciques de type L déclenche la phase ascendante du potentiel d’action.

Le courant IfI_fIf​ est qualifié de courant activé par l’hyperpolarisation : contrairement à de nombreux courants dépolarisants, il s’ouvre lorsque le potentiel membranaire devient plus négatif. Il dépend notamment de canaux sensibles aux nucléotides cycliques.

Dans les cellules nodales, la phase 0 du potentiel d’action est principalement portée par une entrée de calcium à travers les canaux de type L. Elle est donc moins rapide que la phase ascendante sodique des cardiomyocytes contractiles. La phase 3 correspond à la repolarisation provoquée par l’augmentation des courants potassiques sortants. Les phases 1 et 2 ne sont pas individualisées comme dans le potentiel d’action contractile.

Attention

Potentiel d’action nodal et potentiel d’action contractile

La phase ascendante du potentiel d’action nodal dépend principalement du calcium, et non d’une entrée rapide de sodium. De plus, la cellule nodale ne possède pas de potentiel de repos stable : son potentiel augmente spontanément pendant la phase 4.

La fréquence propre dépend surtout de trois paramètres :

  • la pente de la dépolarisation diastolique ;
  • le niveau du potentiel négatif maximal ;
  • la valeur du seuil de déclenchement.

Une pente plus forte, un potentiel initial moins négatif ou un seuil plus facilement atteint raccourcissent l’intervalle entre deux potentiels d’action et augmentent donc la fréquence.

Formule

Relation entre période et fréquence

f=1Tf = \frac{1}{T}f=T1​
  • fff : fréquence des potentiels d’action, en hertz
  • TTT : période séparant deux potentiels d’action successifs, en secondes
Exemple

Calculer la fréquence à partir de la période

Deux potentiels d’action successifs d’une cellule du nœud sinusal sont séparés par T=0 ,80 sT = \pu{0{,}80 s}T=0 ,80s.

La fréquence est :

f=1T=10,80=1 ,25 Hzf = \frac{1}{T} = \frac{1}{0{,}80} = \pu{1{,}25 Hz}f=T1​=0,801​=1 ,25Hz

En une minute, cela correspond à 1 ,25 Hz×60=75 min−1\pu{1{,}25 Hz} \times 60 = \pu{75 min^{-1}}1 ,25Hz×60=75 min−1.

La cellule déclenche donc 757575 potentiels d’action par minute. Une diminution de la période entre deux dépolarisations augmente la fréquence.

Modulation par le système nerveux autonome

L’automatisme cardiaque est myogène : il naît dans le cœur lui-même. Le système nerveux autonome ne crée donc pas chaque battement, mais module la fréquence propre du nœud sinusal.

Définition

Effet chronotrope

Modification de la fréquence cardiaque par une action sur la fréquence de dépolarisation du centre automatique dominant.

Stimulation sympathique

Les fibres sympathiques cardiaques libèrent de la noradrénaline, qui active principalement les récepteurs adrénergiques β1\beta_1β1​ des cellules nodales. Ces récepteurs sont couplés à une protéine G stimulatrice, ce qui augmente la concentration intracellulaire d’adénosine monophosphate cyclique.

Cette augmentation renforce le courant IfI_fIf​ et les courants calciques. La pente de la dépolarisation diastolique devient plus forte, le seuil est atteint plus tôt et la fréquence cardiaque augmente : l’effet est chronotrope positif. La conduction atrioventriculaire est également accélérée, ce qui correspond à un effet dromotrope positif.

Stimulation parasympathique

Les fibres parasympathiques cardiaques cheminent principalement dans les nerfs vagues et libèrent de l’acétylcholine. Celle-ci active les récepteurs muscariniques M2M_2M2​, couplés à une protéine G inhibitrice.

Deux mécanismes ralentissent alors l’automatisme :

  • la diminution de l’adénosine monophosphate cyclique réduit le courant IfI_fIf​ et les courants calciques ;
  • l’ouverture de canaux potassiques augmente la sortie de potassium et rend le potentiel membranaire plus négatif.

La dépolarisation diastolique devient moins pentue et débute à partir d’un potentiel plus négatif. Le seuil est donc atteint plus tard : l’effet est chronotrope négatif. Le parasympathique ralentit également la conduction dans le nœud atrioventriculaire.

Comparaison

Actions autonomes sur le nœud sinusal

CritèreSympathiqueParasympathique
Médiateur principalnoradrénalineacétylcholine
Récepteur nodalβ1\beta_1β1​ adrénergiqueM2M_2M2​ muscarinique
Adénosine monophosphate cycliqueaugmentationdiminution
Pente de la phase 4augmentéediminuée
Effet sur la fréquencechronotrope positifchronotrope négatif

Au repos, l’influence parasympathique prédomine généralement sur le nœud sinusal, ce qui maintient la fréquence cardiaque en dessous de sa fréquence propre intrinsèque. Les mécanismes réflexes qui ajustent cette activité autonome en fonction de la pression artérielle sont développés dans la fiche consacrée à la régulation de la pression artérielle.

À retenir

Le système sympathique accélère le rythme en augmentant la pente de la phase 4. Le système parasympathique le ralentit en diminuant cette pente et en hyperpolarisant les cellules nodales.

Points clés
  • Le tissu nodal produit spontanément l’excitation et assure sa conduction ordonnée dans le cœur.
  • Le nœud sino-atrial impose normalement son rythme grâce à la fréquence propre la plus élevée.
  • La dépolarisation diastolique lente correspond à une phase 4 spontanément ascendante, sans potentiel de repos stable.
  • Le courant IfI_fIf​, la diminution du courant potassique et les courants calciques conduisent progressivement au seuil.
  • Le sympathique exerce un effet chronotrope positif, tandis que le parasympathique exerce un effet chronotrope négatif.
  • Les centres atrioventriculaire et ventriculaire sont des centres automatiques latents, plus lents que le nœud sinusal.

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