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Sommaire

  • 1Finalité de l’hématose
  • 2La barrière alvéolo-capillaire
  • 3Pressions partielles et sens des échanges
  • 4Loi de diffusion à travers la barrière
    • 4.1Limitation par la diffusion ou par la perfusion lock — section verrouillée
  • 5Couplage entre ventilation et perfusion lock — section verrouillée
  • 6Inégalités du rapport ventilation-perfusion lock — section verrouillée
    • 6.1Rapport faible lock — section verrouillée
    • 6.2Rapport élevé lock — section verrouillée
  • 7Conséquences sur l’hématose lock — section verrouillée
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B8 · Système respiratoire

Échanges gazeux alvéolo-capillaires

Décrire la barrière alvéolo-capillaire et la diffusion des gaz selon leurs pressions partielles. Analyser les rapports ventilation-perfusion et leurs conséquences sur l'hématose.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Finalité de l’hématose

Définition

Hématose

Ensemble des échanges pulmonaires qui assurent l’enrichissement du sang en dioxygène OX2\ce{O2}OX2​ et l’élimination du dioxyde de carbone COX2\ce{CO2}COX2​ au contact des alvéoles.

L’hématose met en relation trois processus successifs :

  1. la ventilation alvéolaire, qui renouvelle le gaz présent dans les alvéoles ;
  2. la perfusion pulmonaire, qui apporte le sang veineux aux capillaires alvéolaires ;
  3. la diffusion, qui permet aux gaz de traverser la barrière alvéolo-capillaire.

La mécanique ventilatoire ainsi que les volumes et débits pulmonaires sont étudiés dans les fiches précédentes. Le transport sanguin de OX2\ce{O2}OX2​ et de COX2\ce{CO2}COX2​, notamment leur liaison à l’hémoglobine, relève de la fiche suivante.

La barrière alvéolo-capillaire

Définition

Barrière alvéolo-capillaire

Ensemble des structures très minces séparant le gaz alvéolaire du sang capillaire pulmonaire et à travers lesquelles diffusent OX2\ce{O2}OX2​ et COX2\ce{CO2}COX2​.

Du compartiment alvéolaire vers l’hématie, les gaz traversent successivement :

  • le film liquidien recouvrant l’alvéole ;
  • le cytoplasme très aminci d’un pneumocyte de type I ;
  • la lame basale épithéliale ;
  • un interstitium réduit, avec des lames basales souvent fusionnées ;
  • la lame basale puis le cytoplasme d’une cellule endothéliale capillaire ;
  • le plasma ;
  • la membrane de l’hématie.

Cette organisation associe une très grande surface d’échange à une très faible épaisseur. Elle raccourcit la distance de diffusion tout en maintenant deux compartiments distincts : l’air alvéolaire et le sang.

Une augmentation de l’épaisseur de la barrière ralentit les échanges. Une diminution de la surface alvéolaire disponible les réduit également. Ces deux modifications diminuent la capacité globale du poumon à transférer les gaz.

Pressions partielles et sens des échanges

Définition

Pression partielle

Pression qu’exercerait un gaz s’il occupait seul le volume du mélange gazeux. Elle mesure la contribution de ce gaz à la pression totale et constitue la force motrice de sa diffusion.

Un gaz diffuse spontanément d’une région où sa pression partielle est élevée vers une région où elle est plus faible. Ce déplacement se poursuit jusqu’à l’égalisation des pressions partielles, si le temps de contact et les propriétés de la barrière le permettent.

Au début du capillaire pulmonaire :

  • la pression partielle de OX2\ce{O2}OX2​ est plus élevée dans l’alvéole que dans le sang veineux ; OX2\ce{O2}OX2​ diffuse donc de l’alvéole vers le sang ;
  • la pression partielle de COX2\ce{CO2}COX2​ est plus élevée dans le sang veineux que dans l’alvéole ; COX2\ce{CO2}COX2​ diffuse donc du sang vers l’alvéole.
Attention

Pression partielle et quantité totale ne sont pas synonymes

La diffusion dépend du gradient de pression partielle, et non directement de la quantité totale de gaz transportée par le sang. La fraction liée à des molécules comme l’hémoglobine ne contribue pas directement à la pression partielle.

Bien que le gradient de pression partielle du COX2\ce{CO2}COX2​ soit plus faible que celui de OX2\ce{O2}OX2​, le COX2\ce{CO2}COX2​ diffuse efficacement car il est beaucoup plus soluble dans les milieux biologiques.

Loi de diffusion à travers la barrière

Le débit de transfert d’un gaz suit une forme de la loi de Fick : il augmente avec la surface disponible, le gradient de pression partielle et le coefficient de diffusion du gaz, mais diminue lorsque l’épaisseur de la barrière augmente.

Formule

Loi de diffusion alvéolo-capillaire

V˙g=Dg×AT×(P1−P2)\dot V_g = D_g \times \frac{A}{T} \times \left(P_1-P_2\right)V˙g​=Dg​×TA​×(P1​−P2​)
  • V˙g\dot V_gV˙g​ : débit de transfert du gaz ggg, c’est-à-dire volume diffusé par unité de temps
  • DgD_gDg​ : coefficient de diffusion du gaz ggg, dépendant notamment de sa solubilité et de sa masse molaire
  • AAA : surface disponible pour les échanges
  • TTT : épaisseur de la barrière
  • P1P_1P1​ : pression partielle du gaz du côté où elle est la plus élevée
  • P2P_2P2​ : pression partielle du gaz du côté où elle est la plus faible
Définition

Capacité de diffusion pulmonaire

Rapport entre le débit de transfert d’un gaz à travers le poumon et le gradient moyen de pression partielle qui entraîne ce transfert.

La capacité de diffusion résume donc l’effet conjoint de la surface, de l’épaisseur et des propriétés physicochimiques du gaz. Elle diminue si la barrière s’épaissit, si la surface fonctionnelle se réduit ou si le temps de passage du sang dans les capillaires devient insuffisant.

Limitation par la diffusion ou par la perfusion

Un échange est limité par la diffusion lorsque le gaz n’a pas atteint l’équilibre entre l’alvéole et le sang à la fin du capillaire. L’augmentation du débit sanguin ne suffit alors pas à normaliser son transfert, car la traversée de la barrière constitue l’étape limitante.

Un échange est limité par la perfusion lorsque l’équilibre des pressions partielles est atteint précocement. La quantité supplémentaire transférée dépend alors surtout de l’arrivée de nouveau sang maintenant un gradient avec le gaz alvéolaire.

Dans les conditions physiologiques usuelles, le transfert de OX2\ce{O2}OX2​ atteint généralement l’équilibre avant la sortie du capillaire. Il peut toutefois devenir limité par la diffusion si la barrière est altérée ou si le temps de transit capillaire est fortement réduit.

À retenir

Un transfert gazeux efficace exige simultanément une grande surface, une faible épaisseur, un gradient de pression partielle suffisant et un temps de contact capillaire adapté.

Couplage entre ventilation et perfusion

Définition

Ventilation alvéolaire locale

Débit de gaz frais atteignant les alvéoles fonctionnelles d’une région pulmonaire par unité de temps.

Définition

Perfusion pulmonaire locale

Débit sanguin traversant les capillaires d’une région pulmonaire par unité de temps.

Pour qu’une unité alvéolaire participe efficacement à l’hématose, elle doit recevoir à la fois du gaz et du sang. Leur adéquation est décrite par le rapport ventilation-perfusion.

Formule

Rapport ventilation-perfusion

V˙AQ˙\frac{\dot V_A}{\dot Q}Q˙​V˙A​​
  • V˙A\dot V_AV˙A​ : ventilation alvéolaire locale, en volume par unité de temps
  • Q˙\dot QQ˙​ : perfusion sanguine locale, en volume par unité de temps
  • V˙AQ˙\frac{\dot V_A}{\dot Q}Q˙​V˙A​​ : rapport ventilation-perfusion, sans dimension
Exemple

Calcul d’un rapport ventilation-perfusion faible

Dans une unité alvéolaire, la ventilation alvéolaire est de 2,0 L/min\pu{2,0 L/min}2,0 L/min et la perfusion sanguine est de 5,0 L/min\pu{5,0 L/min}5,0 L/min.

V˙AQ˙=2,05,0=0,40\frac{\dot V_A}{\dot Q}=\frac{2{,}0}{5{,}0}=0{,}40Q˙​V˙A​​=5,02,0​=0,40

Le rapport ventilation-perfusion est donc égal à 0,400{,}400,40, sans dimension. La ventilation est faible par rapport au débit sanguin : le renouvellement du gaz alvéolaire est insuffisant pour cette perfusion, ce qui favorise une diminution de l’oxygénation du sang quittant cette région.

Lorsque ventilation et perfusion sont proportionnées, le renouvellement des gaz alvéolaires correspond à l’apport sanguin : les gradients nécessaires à l’entrée de OX2\ce{O2}OX2​ et à la sortie de COX2\ce{CO2}COX2​ sont maintenus.

Le rapport n’est pas uniforme dans le poumon. Sous l’effet de la gravité, ventilation et perfusion augmentent globalement des régions supérieures vers les régions inférieures, mais la perfusion varie davantage. Le rapport est donc relativement plus élevé dans les régions supérieures et plus faible dans les régions inférieures.

Inégalités du rapport ventilation-perfusion

Rapport faible

Lorsque la ventilation devient insuffisante par rapport à la perfusion, le gaz alvéolaire est moins renouvelé. Sa pression partielle en OX2\ce{O2}OX2​ diminue tandis que celle en COX2\ce{CO2}COX2​ augmente. Le sang quittant cette région reste donc insuffisamment oxygéné.

À la limite, si la perfusion persiste alors que la ventilation est nulle, le sang traverse le poumon sans être mis en contact avec du gaz alvéolaire renouvelé.

Définition

Court-circuit droite-gauche pulmonaire

Passage de sang veineux vers la circulation artérielle sans échange gazeux efficace avec une alvéole ventilée.

Dans cette situation limite, V˙A=0\dot V_A = 0V˙A​=0 et le rapport V˙A/Q˙\dot V_A/\dot QV˙A​/Q˙​ est nul.

Rapport élevé

Lorsque la ventilation est excessive par rapport à la perfusion, une partie du gaz alvéolaire ne rencontre pas suffisamment de sang pour participer aux échanges. Cette ventilation est alors peu efficace pour l’hématose.

Définition

Espace mort alvéolaire

Volume d’alvéoles ventilées mais non perfusées, ou insuffisamment perfusées, ne participant pas efficacement aux échanges gazeux.

À la limite, si la ventilation persiste alors que la perfusion est nulle, Q˙=0\dot Q = 0Q˙​=0 et le rapport V˙A/Q˙\dot V_A/\dot QV˙A​/Q˙​ tend vers l’infini.

Comparaison

Situations limites du rapport ventilation-perfusion

CritèreCourt-circuit pulmonaireEspace mort alvéolaire
Ventilation alvéolairenulleprésente
Perfusionprésentenulle
Rapport V˙A/Q˙\dot V_A/\dot QV˙A​/Q˙​nultend vers l’infini
Conséquence principalesang non oxygénéventilation sans échange
Attention

Ne pas confondre espace mort et court-circuit

Dans l’espace mort, l’air arrive sans débit sanguin efficace. Dans le court-circuit, le sang circule sans ventilation alvéolaire efficace.

Conséquences sur l’hématose

Les inégalités de ventilation-perfusion créent des sangs capillaires terminaux de compositions différentes. Leur mélange dans la circulation pulmonaire détermine finalement les pressions partielles artérielles.

Les régions à rapport élevé compensent imparfaitement les régions à rapport faible. En effet, le sang issu d’une région correctement oxygénée ne peut augmenter indéfiniment sa teneur en OX2\ce{O2}OX2​, en raison des propriétés de saturation de l’hémoglobine étudiées dans la fiche suivante. Les inégalités marquées du rapport ventilation-perfusion tendent donc surtout à diminuer l’oxygénation artérielle.

À retenir

Condition d’une hématose efficace

Une barrière intacte ne suffit pas : les alvéoles doivent être ventilées et les capillaires correspondants perfusés dans des proportions adaptées.

Points clés
  • OX2\ce{O2}OX2​ et COX2\ce{CO2}COX2​ diffusent à travers la barrière alvéolo-capillaire selon leurs gradients de pression partielle.
  • Le débit de diffusion augmente avec la surface, le coefficient de diffusion et le gradient de pression, mais diminue avec l’épaisseur de la barrière.
  • L’hématose exige le couplage de la ventilation alvéolaire V˙A\dot V_AV˙A​ et de la perfusion pulmonaire Q˙\dot QQ˙​.
  • Un rapport ventilation-perfusion faible entraîne une oxygénation insuffisante du sang capillaire.
  • Une ventilation sans perfusion constitue un espace mort, tandis qu’une perfusion sans ventilation constitue un court-circuit pulmonaire.
  • Les inégalités régionales de ventilation-perfusion sont une cause majeure d’altération de l’oxygénation artérielle.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système respiratoire.

  • Fiche 01Mécanique ventilatoire, compliance et résistancesSystème respiratoire
  • Fiche 02Volumes et débits pulmonairesSystème respiratoire
  • Fiche 04Transport de l'oxygène et du dioxyde de carbone dans le sangSystème respiratoire
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