B8 · Système respiratoire
Mécanique ventilatoire, compliance et résistances
Décrire les mouvements respiratoires, le rôle du diaphragme et des muscles accessoires et les pressions mises en jeu. Définir compliance pulmonaire et thoracique et les résistances des voies aériennes.
Physiologie7 min de lecture17 QCM corrigés
Principes de la mécanique ventilatoire
La ventilation pulmonaire correspond au renouvellement de l’air contenu dans les poumons par alternance d’une inspiration et d’une expiration. L’air se déplace parce qu’une variation du volume thoracique crée une différence de pression entre les alvéoles et l’atmosphère.
Ce mécanisme repose sur trois éléments solidaires :
- la cage thoracique, mobilisée par les muscles respiratoires ;
- les poumons, qui suivent les mouvements thoraciques grâce à la plèvre ;
- les voies aériennes, qui opposent une résistance à l’écoulement de l’air.
La plèvre comprend un feuillet pariétal appliqué contre la paroi thoracique et un feuillet viscéral recouvrant le poumon. Entre eux, la cavité pleurale contient une fine lame liquidienne. Les forces de cohésion de ce liquide permettent la transmission des mouvements de la cage thoracique au poumon tout en autorisant le glissement des feuillets.
Mouvements respiratoires
Inspiration calme
L’inspiration calme est un phénomène actif : elle nécessite la contraction de muscles inspiratoires et donc une dépense énergétique.
Le diaphragme est le principal muscle inspiratoire. Au repos, il forme une coupole séparant le thorax de l’abdomen. Sa contraction abaisse son centre tendineux, augmente la dimension verticale du thorax et repousse les viscères abdominaux vers le bas.
Les muscles intercostaux externes participent à l’élévation des côtes. Leur contraction augmente les diamètres antéropostérieur et transversal de la cage thoracique.
L’augmentation du volume thoracique rend la pression pleurale plus négative. Le poumon est alors davantage distendu, son volume augmente et la pression alvéolaire devient momentanément inférieure à la pression atmosphérique. L’air pénètre jusqu’à l’égalisation de ces deux pressions.
Expiration calme
L’expiration calme est principalement passive. Lorsque les muscles inspiratoires se relâchent, le diaphragme remonte et la cage thoracique revient vers sa position initiale.
Ce retour est favorisé par le recul élastique pulmonaire, c’est-à-dire la tendance spontanée du poumon distendu à diminuer de volume. Le volume alvéolaire diminue, la pression alvéolaire devient supérieure à la pression atmosphérique et l’air sort.
À la fin d’une inspiration ou d’une expiration calme, le débit aérien est nul parce que la pression alvéolaire est égale à la pression atmosphérique.
Ventilation forcée et muscles accessoires
Lorsque les besoins ventilatoires augmentent, des muscles inspiratoires accessoires renforcent l’expansion thoracique. Ils comprennent notamment les muscles scalènes et les muscles sternocléidomastoïdiens, qui élèvent les premières côtes et le sternum lorsque leurs insertions supérieures sont fixées.
L’expiration forcée devient active. Les muscles intercostaux internes abaissent les côtes, tandis que les muscles de la paroi abdominale augmentent la pression abdominale et repoussent le diaphragme vers le haut.
Pressions mises en jeu
La pression atmosphérique sert habituellement de référence et peut être considérée comme nulle en pression relative.
La pression pleurale négative maintient le poumon ouvert. Si la cavité pleurale communique avec l’atmosphère, cette différence de pression disparaît, ce qui désolidarise mécaniquement le poumon de la paroi thoracique.
La pression transpulmonaire est la pression de distension du poumon. Lorsqu’elle augmente, elle s’oppose davantage au recul élastique et augmente le volume pulmonaire.
La pression transmurale de la cage thoracique est la différence entre la pression pleurale et la pression à la surface externe du thorax. Elle traduit la force de distension appliquée à la paroi thoracique.
Compliance et propriétés élastiques
Une compliance élevée signifie qu’une faible variation de pression produit une grande variation de volume. Une compliance faible traduit au contraire une structure rigide, difficile à distendre.
La compliance pulmonaire relie la variation du volume pulmonaire à celle de la pression transpulmonaire. Elle dépend :
- des fibres élastiques du tissu pulmonaire ;
- de la tension superficielle à l’interface entre l’air et le liquide alvéolaire ;
- du volume initial du poumon.
Le surfactant pulmonaire diminue la tension superficielle alvéolaire. Il augmente ainsi la compliance, limite la tendance des alvéoles à se rétracter et réduit le travail nécessaire à leur distension.
La compliance thoracique caractérise la déformabilité de la cage thoracique. Le poumon et la paroi thoracique étant mécaniquement couplés, la compliance de l’ensemble du système respiratoire est inférieure à chacune de leurs compliances considérées séparément.
Résistances des voies aériennes
Le principal déterminant de la résistance est le calibre des voies aériennes. Une diminution du rayon augmente fortement la résistance. La contraction du muscle lisse bronchique provoque une bronchoconstriction, tandis que son relâchement produit une bronchodilatation.
La résistance dépend également de la longueur des conduits, de la viscosité du gaz et du caractère laminaire ou turbulent de l’écoulement. Un écoulement turbulent exige un gradient de pression plus important qu’un écoulement laminaire pour obtenir un même débit.
Le volume pulmonaire influence aussi la résistance : lorsque le poumon se distend, la traction exercée par le parenchyme sur les petites voies aériennes augmente leur calibre et diminue leur résistance.
Travail ventilatoire
Le travail ventilatoire est l’énergie dépensée par les muscles respiratoires pour vaincre :
- les forces élastiques du poumon et de la cage thoracique ;
- la tension superficielle alvéolaire ;
- les résistances à l’écoulement dans les voies aériennes ;
- les résistances liées au déplacement des tissus.
Au repos, ce travail est surtout inspiratoire. Il augmente lorsque la compliance diminue, car une pression plus importante est nécessaire pour obtenir une même variation de volume, ou lorsque les résistances augmentent, car un gradient de pression plus élevé est nécessaire pour produire le débit.
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