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Sommaire

  • 1Organisation générale de l'enveloppe nucléaire
    • 1.1Une double membrane
  • 2La lamina nucléaire
  • 3Le complexe du pore nucléaire
  • 4Principes du transport nucléocytoplasmique
  • 5Signaux d'adressage nucléaire lock — section verrouillée
  • 6Import nucléaire dépendant de Ran lock — section verrouillée
  • 7Export nucléaire dépendant de Ran lock — section verrouillée
  • 8Particularités du transport des ARN lock — section verrouillée
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B4 · Noyau

Enveloppe nucléaire et transport nucléocytoplasmique

Décrire la double membrane nucléaire, la lamina et le complexe du pore nucléaire. Expliquer les mécanismes d'import et d'export sélectifs entre noyau et cytoplasme et leurs signaux d'adressage.

Biologie cellulaire·schedule8 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Organisation générale de l'enveloppe nucléaire

L'enveloppe nucléaire sépare le contenu du noyau, appelé nucléoplasme, du cytoplasme. Cette compartimentation permet à la cellule eucaryote de contrôler les échanges de protéines et d'acides nucléiques entre ces deux espaces.

Définition

Enveloppe nucléaire

Ensemble formé de deux membranes concentriques, d'un espace périnucléaire, de complexes de pores nucléaires et d'une charpente interne appelée lamina nucléaire.

Une double membrane

L'enveloppe comprend deux bicouches lipidiques distinctes :

  • la membrane nucléaire externe, en continuité avec la membrane du réticulum endoplasmique rugueux et pouvant porter des ribosomes sur sa face cytoplasmique ;
  • la membrane nucléaire interne, dont les protéines spécifiques assurent des interactions avec la lamina et avec les constituants nucléaires ;
  • l'espace périnucléaire, situé entre les deux membranes et continu avec la lumière du réticulum endoplasmique.

Les deux membranes fusionnent localement au niveau des pores nucléaires. Elles ont donc une continuité topologique, mais leur composition protéique diffère grâce à des mécanismes de rétention propres à chacune.

Comparaison

Les deux membranes de l'enveloppe nucléaire

CritèreMembrane externeMembrane interne
Continuité principaleréticulum endoplasmiquepores avec la membrane externe
Face non membranairecytoplasmenucléoplasme
Protéines associéesmachinerie du réticulum et ribosomes possiblesprotéines de liaison à la lamina et aux constituants nucléaires
Fonction dominantecontinuité du système endomembranaireorganisation mécanique et structurale du noyau

La lamina nucléaire

Définition

Lamina nucléaire

Réseau protéique fibreux appliqué contre la face nucléoplasmique de la membrane nucléaire interne et constitué principalement de lamines.

Les lamines sont des protéines appartenant à la famille des filaments intermédiaires de type V. Elles s'assemblent en un réseau résistant mais dynamique. On distingue principalement les lamines de type A et de type B, dont l'expression et l'ancrage membranaire diffèrent.

La lamina remplit plusieurs fonctions complémentaires :

  • elle confère une résistance mécanique au noyau ;
  • elle participe au maintien de sa forme ;
  • elle contribue à l'ancrage de protéines de la membrane interne ;
  • elle participe à la répartition des pores nucléaires ;
  • elle fournit des zones d'interaction avec la chromatine périphérique.

La lamina n'est pas une coque rigide permanente. Lors d'une mitose avec disparition de l'enveloppe nucléaire, la phosphorylation des lamines diminue leurs interactions et provoque leur désassemblage. Leur déphosphorylation permet ensuite leur réassemblage autour des noyaux formés.

À retenir

Architecture de l'enveloppe

La membrane externe est continue avec le réticulum endoplasmique, tandis que la membrane interne est soutenue par la lamina. Les deux membranes fusionnent au niveau de chaque complexe du pore nucléaire.

Le complexe du pore nucléaire

Définition

Complexe du pore nucléaire

Assemblage macromoléculaire traversant les deux membranes nucléaires fusionnées et assurant les échanges contrôlés entre nucléoplasme et cytoplasme.

Chaque complexe est constitué de nombreuses copies d'un nombre limité de protéines appelées nucléoporines. Son organisation présente une symétrie d'ordre huit autour d'un canal central.

On distingue plusieurs régions fonctionnelles :

  • un échafaudage annulaire inséré dans l'enveloppe ;
  • des nucléoporines transmembranaires qui ancrent le complexe ;
  • des filaments cytoplasmiques projetés vers le cytoplasme ;
  • un panier nucléaire projeté vers le nucléoplasme ;
  • un canal central contenant des nucléoporines riches en répétitions de phénylalanine et de glycine, dites nucléoporines FG.

Les domaines FG sont flexibles et forment une barrière de perméabilité sélective. Les petites molécules peuvent franchir le pore par diffusion passive. En revanche, le passage efficace des macromolécules nécessite généralement des récepteurs capables d'établir des interactions transitoires avec ces domaines.

Le pore nucléaire n'est donc pas un simple orifice. Il associe une ouverture aqueuse, une barrière sélective et une plateforme de reconnaissance des complexes transportés.

Attention

Pore ouvert ne signifie pas transport libre

La présence d'un canal aqueux ne rend pas l'enveloppe perméable à toutes les macromolécules. La diffusion dépend de la taille et des propriétés du soluté, tandis que les grandes cargaisons nécessitent habituellement un transport sélectif.

Principes du transport nucléocytoplasmique

Définition

Transport nucléocytoplasmique

Ensemble des échanges bidirectionnels réalisés à travers les complexes des pores nucléaires entre le noyau et le cytoplasme.

Deux modalités coexistent :

  • la diffusion passive, qui suit le gradient de concentration sans récepteur de transport ;
  • le transport facilité sélectif, qui repose sur des signaux d'adressage, des récepteurs et un mécanisme imposant la direction du déplacement.

La limite entre ces modalités n'est pas un seuil absolu. Plus une molécule est volumineuse, plus sa diffusion spontanée devient lente. Une protéine de petite taille peut donc diffuser, alors qu'une cargaison macromoléculaire doit généralement être reconnue par un récepteur.

Définition

Cargaison

Molécule ou complexe macromoléculaire pris en charge par un récepteur pour franchir le pore nucléaire.

Les principaux récepteurs du transport sont les caryophérines. Les caryophérines assurant une entrée nucléaire sont appelées importines ; celles assurant une sortie sont appelées exportines. Elles reconnaissent directement la cargaison ou utilisent une protéine adaptatrice.

Signaux d'adressage nucléaire

Définition

Signal de localisation nucléaire

Courte séquence d'acides aminés portée par une protéine et reconnue par la machinerie d'import nucléaire.

Le signal de localisation nucléaire, abrégé SLN, est souvent enrichi en acides aminés basiques, principalement la lysine et l'arginine. Il peut comporter une seule région basique ou deux régions séparées par quelques résidus. Contrairement à de nombreux peptides d'adressage vers les organites, il n'est généralement pas clivé après l'import : la protéine peut ainsi effectuer plusieurs cycles d'entrée et de sortie.

Définition

Signal d'export nucléaire

Courte séquence d'acides aminés reconnue par une exportine et permettant la sortie d'une protéine du noyau.

Le signal d'export nucléaire, abrégé SEN, est fréquemment enrichi en résidus hydrophobes, en particulier en leucines. La seule présence d'un signal ne suffit pas toujours : il doit être exposé à la surface de la cargaison pour être accessible au récepteur.

Le masquage ou l'exposition d'un SLN ou d'un SEN constitue ainsi un moyen de réguler la localisation cellulaire. Des modifications covalentes, une interaction avec une autre protéine ou un changement de conformation peuvent modifier cette accessibilité. Une protéine dépourvue de signal peut également être transportée si elle reste liée à une autre molécule correctement adressée.

Exemple

Régulation de l'import par exposition d'un SLN

Une protéine P porte un SLN riche en lysines. Dans le cytoplasme, elle est liée à la protéine M, qui recouvre ce SLN : l'importine ne peut pas reconnaître P et P reste cytoplasmique.

Après phosphorylation de P, l'interaction entre P et M diminue. M se détache, le SLN devient exposé et une importine peut se lier à P.

Le complexe P-importine franchit alors le pore nucléaire. Dans le noyau, la liaison de Ran-GTP à l'importine libère P : la même protéine P devient nucléaire sans que son SLN ait été clivé.

L'exposition du SLN, et non sa seule présence dans la séquence de P, détermine ici l'entrée nucléaire.

Import nucléaire dépendant de Ran

La direction du transport repose principalement sur la petite protéine Ran, une GTPase capable de lier soit le GTP, soit le GDP. Une GTPase hydrolyse la guanosine triphosphate, ou GTP, en guanosine diphosphate, ou GDP.

Dans le noyau, un facteur d'échange nucléotidique favorise la formation de Ran liée au GTP. Dans le cytoplasme, une protéine activatrice de GTPase stimule l'hydrolyse du GTP et favorise Ran liée au GDP. Il en résulte une concentration élevée de Ran-GTP dans le noyau et de Ran-GDP dans le cytoplasme.

Méthode

Import sélectif d'une cargaison nucléaire

  1. Dans le cytoplasme, une importine reconnaît le SLN de la cargaison, directement ou par l'intermédiaire d'un adaptateur.
  2. Le complexe cargaison-importine s'arrime aux filaments cytoplasmiques du pore.
  3. Des interactions successives avec les nucléoporines FG permettent la traversée du canal central.
  4. Dans le noyau, Ran-GTP se lie à l'importine et provoque la libération de la cargaison.
  5. Le complexe importine-Ran-GTP retourne vers le cytoplasme.
  6. L'hydrolyse du GTP dissocie Ran de l'importine, qui devient disponible pour un nouveau cycle.

L'énergie n'est pas utilisée par un moteur qui pousserait directement la cargaison dans le pore. Elle sert surtout à créer et à entretenir l'asymétrie de Ran entre les deux compartiments, ce qui impose la succession des associations et des dissociations.

Export nucléaire dépendant de Ran

L'export utilise le même gradient de Ran, mais la liaison de Ran-GTP produit l'effet inverse sur l'assemblage du complexe de transport. Dans le noyau, Ran-GTP favorise la fixation simultanée de l'exportine et de la cargaison portant un SEN.

Méthode

Export sélectif d'une cargaison nucléaire

  1. Dans le noyau, l'exportine reconnaît le SEN de la cargaison.
  2. Ran-GTP se lie à l'exportine et stabilise un complexe réunissant cargaison, exportine et Ran-GTP.
  3. Ce complexe traverse le pore grâce aux interactions de l'exportine avec les nucléoporines FG.
  4. Dans le cytoplasme, l'hydrolyse du GTP transforme Ran-GTP en Ran-GDP.
  5. La modification de Ran déstabilise le complexe et libère la cargaison.
  6. L'exportine retourne dans le noyau pour recommencer un cycle.
À retenir

Origine de la direction du transport

La polarité des échanges vient de la distribution asymétrique de Ran : Ran-GTP prédomine dans le noyau et Ran-GDP dans le cytoplasme. Ran-GTP dissocie les complexes d'import mais stabilise les complexes d'export.

Particularités du transport des ARN

Les ARN ne traversent pas le pore sous forme nue : ils sont associés à des protéines en complexes ribonucléoprotéiques. Plusieurs catégories d'ARN utilisent des exportines et le système Ran. L'export des ARN messagers matures repose cependant principalement sur des récepteurs spécialisés distincts des caryophérines classiques et sur un remodelage du complexe du côté cytoplasmique.

Cette exportation est couplée à des contrôles de maturation : un ARN insuffisamment préparé est normalement retenu dans le noyau. La maturation des ARN messagers et la biogenèse des ribosomes sont détaillées dans les fiches qui leur sont consacrées.

Attention

Transport à travers un pore et transport membranaire

Une cargaison nucléocytoplasmique ne franchit pas une bicouche lipidique : elle traverse le canal du pore nucléaire. Il n'y a donc ni vésicule ni fusion membranaire au cours de ce transport.

Points clés
  • L'enveloppe nucléaire associe deux membranes séparées par un espace continu avec la lumière du réticulum endoplasmique.
  • La lamina, constituée de lamines, soutient la membrane interne et organise mécaniquement la périphérie nucléaire.
  • Le complexe du pore nucléaire est un assemblage de nucléoporines dont les domaines FG constituent une barrière sélective.
  • Les grandes cargaisons utilisent des importines ou des exportines reconnaissant respectivement un SLN ou un SEN.
  • Ran-GTP prédomine dans le noyau et Ran-GDP dans le cytoplasme, ce qui impose la direction des cycles d'import et d'export.
  • Le transport nucléocytoplasmique traverse un canal protéique sans passage à travers une bicouche et sans transport vésiculaire.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Noyau.

  • Fiche 02Nucléole et biogenèse des ribosomesNoyau
  • Fiche 03Chromosomes, caryotype et techniques de cytogénétiqueNoyau
  • Fiche 01Cellule procaryote et cellule eucaryoteOrganisation générale
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