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Sommaire

  • 1Du chromosome interphasique au chromosome métaphasique
    • 1.1Organisation morphologique
    • 1.2Position du centromère
  • 2Caryotype et classement chromosomique
    • 2.1Critères de classement
  • 3Obtention d'un caryotype
  • 4Techniques de bandes chromosomiques
  • 5Hybridation in situ fluorescente lock — section verrouillée
  • 6Nomenclature des anomalies chromosomiques lock — section verrouillée
    • 6.1Anomalies numériques lock — section verrouillée
    • 6.2Anomalies structurales lock — section verrouillée
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B4 · Noyau

Chromosomes, caryotype et techniques de cytogénétique

Décrire la morphologie du chromosome métaphasique et les critères de classement d'un caryotype. Présenter les techniques de bandes et d'hybridation in situ et la nomenclature des anomalies chromosomiques.

Biologie cellulaire·schedule8 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Du chromosome interphasique au chromosome métaphasique

Définition

Chromosome

Structure constituée d'une molécule d'ADN associée à des protéines, portant une partie de l'information génétique de la cellule.

La compaction de l'ADN en chromatine est étudiée dans le bloc consacré aux acides nucléiques. En cytogénétique, le chromosome est surtout observé pendant la métaphase, car sa condensation est alors maximale et permet de distinguer sa morphologie et ses bandes.

Après réplication de l'ADN, chaque chromosome métaphasique comporte deux chromatides sœurs. Chacune contient une molécule d'ADN identique à celle de l'autre, sous réserve d'une éventuelle mutation. Les chromatides restent associées jusqu'à leur séparation lors de la division cellulaire.

Organisation morphologique

Définition

Centromère

Région de constriction primaire qui maintient les chromatides sœurs associées et sur laquelle s'assemble le kinétochore.

Le kinétochore est un complexe protéique assurant l'attachement du chromosome aux microtubules du fuseau mitotique. Le centromère divise chaque chromatide en deux bras :

  • le bras court, noté ppp, selon le terme « petit » ;
  • le bras long, noté qqq, lettre suivante de ppp dans l'alphabet.

Les extrémités des bras sont les télomères, régions spécialisées qui protègent les extrémités chromosomiques. Leur structure moléculaire et leur maintien par la télomérase sont étudiés dans la fiche consacrée à la réplication et à l'intégrité de l'ADN.

Certains chromosomes présentent une constriction secondaire, distincte du centromère. Une portion terminale séparée du reste du chromosome par cette constriction constitue un satellite.

Position du centromère

La position du centromère détermine la silhouette générale du chromosome. Elle peut être appréciée par la longueur relative des bras ou par l'indice centromérique, rapport entre la longueur du bras court et la longueur totale du chromosome.

Comparaison

Morphologie des chromosomes selon la position du centromère

TypePosition du centromèreRapport entre les bras
Métacentriqueproche du milieubras ppp et qqq de longueurs voisines
Submétacentriquedécalée par rapport au milieubras ppp plus court que le bras qqq
Acrocentriqueproche d'une extrémitébras ppp très court
Télocentriqueà l'extrémitéun seul bras apparent

Les chromosomes humains normaux ne comportent pas de chromosome télocentrique.

Attention

Chromatide et chromosome

Un chromosome métaphasique possède deux chromatides, mais il est compté comme un seul chromosome tant que ses chromatides sœurs restent unies par le centromère. Après leur séparation, chaque chromatide devient un chromosome indépendant.

Caryotype et classement chromosomique

Définition

Caryotype

Description ordonnée de l'ensemble des chromosomes d'une cellule, classés par paires homologues selon leur taille, la position de leur centromère et leur profil de bandes.

Le caryogramme est la représentation organisée des chromosomes observés, tandis que le caryotype désigne plus largement leur constitution et leur description. Le génome nucléaire humain normal comporte 464646 chromosomes, répartis en 222222 paires d'autosomes et une paire de chromosomes sexuels, également appelés gonosomes.

Deux chromosomes homologues appartiennent à une même paire. Ils portent les mêmes loci dans le même ordre, mais peuvent porter des allèles différents. Leur reconnaissance ne repose donc pas seulement sur leur longueur : leur profil de bandes doit également correspondre.

Critères de classement

Les chromosomes sont ordonnés selon plusieurs critères complémentaires :

  1. La taille globale, généralement décroissante.
  2. La position du centromère, qui distingue les chromosomes métacentriques, submétacentriques et acrocentriques.
  3. Le profil de bandes, caractéristique de chaque paire.
  4. La présence éventuelle de satellites ou de constrictions secondaires.
  5. La correspondance entre homologues, qui permet de rechercher une différence de nombre ou de structure.
À retenir

Un chromosome n'est pas identifié par sa taille seule. L'identification fiable associe la taille, la position du centromère et surtout la succession caractéristique de ses bandes.

Obtention d'un caryotype

L'analyse conventionnelle exige des cellules capables d'entrer en division. Les chromosomes doivent être individualisés, étalés et suffisamment condensés pour être comparés.

Méthode

Préparer un caryotype conventionnel

  1. Mettre en culture les cellules lorsque leur prolifération doit être obtenue ou augmentée
  2. Bloquer les divisions en métaphase par inhibition du fuseau mitotique
  3. Soumettre les cellules à un milieu hypotonique afin de les faire gonfler et d'écarter les chromosomes
  4. Fixer les cellules pour préserver leur morphologie
  5. Étaler les chromosomes sur une lame
  6. Réaliser une technique de bandes
  7. Acquérir les images, apparier les homologues et établir la formule chromosomique

La qualité de l'analyse dépend de la résolution chromosomique, c'est-à-dire du nombre de bandes discernables. Des chromosomes moins condensés présentent davantage de bandes et permettent de reconnaître des remaniements plus petits. À l'inverse, une forte condensation facilite le comptage mais réduit la finesse de l'analyse structurale.

Techniques de bandes chromosomiques

Une bande chromosomique est une région qui se colore différemment des régions voisines après un traitement standardisé. La succession des bandes constitue une signature reproductible du chromosome.

Comparaison

Principales techniques de bandes

TechniquePrincipe de révélationRégions principalement mises en évidence
Bandes Gtraitement protéolytique puis coloration au Giemsabandes riches en bases adénine et thymine généralement foncées
Bandes Qfluorochrome donnant une fluorescence différentielleprofil proche de celui des bandes G
Bandes Rtraitement thermique produisant un profil inverse des bandes Grégions riches en bases guanine et cytosine
Bandes Ctraitement sélectif de l'hétérochromatine constitutiverégions centromériques et péricentromériques

Les bandes G constituent la méthode conventionnelle la plus utilisée pour établir un caryotype.

Chaque bras est divisé en régions, elles-mêmes divisées en bandes puis en sous-bandes. La numérotation commence au centromère et progresse vers le télomère. Une localisation cytogénétique comprend donc successivement le numéro du chromosome, la lettre du bras, puis les numéros de région, de bande et éventuellement de sous-bande.

Exemple

Lire la localisation cytogénétique 7q31.2

La localisation 7q31.27q31.27q31.2 est lue de façon hiérarchique :

  • 777 désigne le chromosome 7 ;
  • qqq désigne son bras long ;
  • 333 désigne la région 3, comptée à partir du centromère ;
  • 111 désigne la bande 1 de cette région ;
  • 222 désigne la sous-bande 2.

La localisation 7q31.27q31.27q31.2 se situe donc sur le bras long du chromosome 7, dans une sous-bande définie par un découpage qui progresse du centromère vers le télomère. Elle ne signifie pas que la région est située à une distance numérique de 31,231{,}231,2 du centromère.

Attention

Sens de la numérotation

Le numéro d'une bande n'indique pas sa distance absolue au centromère. Il décrit une position dans un découpage hiérarchique, toujours lu du centromère vers le télomère.

Hybridation in situ fluorescente

Définition

Hybridation in situ fluorescente

Technique utilisant une sonde d'acide nucléique fluorescente capable de s'apparier à une séquence chromosomique complémentaire directement dans une cellule fixée.

La technique repose sur la complémentarité des bases. L'ADN chromosomique et la sonde sont d'abord dénaturés, ce qui sépare leurs deux brins. La sonde s'hybride ensuite à sa séquence cible. Après élimination des liaisons non spécifiques, les signaux fluorescents sont observés au microscope.

Les sondes peuvent cibler :

  • une séquence unique correspondant à un locus déterminé ;
  • une séquence répétée centromérique ;
  • une région chromosomique étendue ;
  • l'ensemble d'un chromosome par une coloration chromosomique globale.

L'hybridation peut être réalisée sur des chromosomes métaphasiques, ce qui renseigne précisément sur la localisation du signal, ou sur des noyaux interphasiques, ce qui permet une analyse sans attendre une métaphase.

Comparaison

Caryotype conventionnel et hybridation in situ fluorescente

CritèreCaryotype conventionnelHybridation in situ fluorescente
Champ d'analyseensemble des chromosomesséquences ciblées par les sondes
Cellules en métaphasenécessairesnon obligatoires
Résolutionlimitée par l'aspect des bandessupérieure pour la région ciblée
Information obtenuenombre et grands remaniements structurauxprésence, nombre et localisation d'une séquence

Les deux approches sont complémentaires : vision globale pour le caryotype, analyse ciblée pour l'hybridation.

À retenir

Une hybridation in situ fluorescente normale pour une sonde donnée n'exclut pas une anomalie située ailleurs dans le génome. La technique ne répond qu'à la question définie par la sonde utilisée.

Nomenclature des anomalies chromosomiques

La nomenclature internationale décrit successivement le nombre total de chromosomes, la constitution en chromosomes sexuels, puis les anomalies numériques ou structurales. Les différentes informations sont séparées par des virgules.

Anomalies numériques

Définition

Aneuploïdie

Présence d'un nombre anormal de chromosomes due au gain ou à la perte d'un ou plusieurs chromosomes, sans modification de lots chromosomiques complets.

Une perte chromosomique est indiquée par le signe moins placé devant le chromosome concerné ; un gain est indiqué par le signe plus. La polyploïdie correspond au gain d'un ou plusieurs lots haploïdes complets.

Exemple

Lire une formule de trisomie 21

La formule 47,XX,+2147,XX,+2147,XX,+21 se lit ainsi :

  • 474747 indique un nombre total de 474747 chromosomes au lieu de 464646 ;
  • XXXXXX indique une constitution chromosomique sexuelle féminine ;
  • +21+21+21 indique un chromosome 21 supplémentaire.

Cette formule décrit donc une trisomie 21 chez une personne de sexe chromosomique féminin. Il s'agit d'une anomalie numérique par gain d'un chromosome.

Le mosaïcisme est la coexistence, chez un même individu, d'au moins deux lignées cellulaires chromosomiquement différentes issues d'un même zygote. La notation mos précède alors la description des lignées, séparées par une barre oblique.

Anomalies structurales

Une anomalie structurale résulte d'une ou de plusieurs cassures chromosomiques suivies d'une réparation ou d'une réunion anormale.

  • del désigne une délétion, donc une perte de segment.
  • dup désigne une duplication, donc la répétition d'un segment.
  • inv désigne une inversion, avec réintégration d'un segment dans l'orientation opposée.
  • t désigne une translocation entre chromosomes.
  • rob désigne une translocation robertsonienne entre chromosomes acrocentriques.
  • r désigne un chromosome en anneau.
  • i désigne un isochromosome, formé de deux bras identiques.
  • dic désigne un chromosome dicentrique.
  • der désigne un chromosome dérivé résultant d'un remaniement.

Une inversion est paracentrique si elle n'inclut pas le centromère et péricentrique si elle l'inclut. Les chromosomes concernés et les points de cassure sont précisés entre parenthèses, dans l'ordre imposé par la nomenclature.

Exemple

Lire une inversion péricentrique

La formule 46,XX,inv(3)(p21q26.2)46,XX,inv(3)(p21q26.2)46,XX,inv(3)(p21q26.2) se lit ainsi :

  • 464646 indique le nombre total de chromosomes ;
  • XXXXXX indique une constitution chromosomique sexuelle féminine ;
  • inv(3)inv(3)inv(3) indique qu'une inversion concerne le chromosome 3 ;
  • (p21q26.2)(p21q26.2)(p21q26.2) indique les deux points de cassure, l'un sur le bras court en p21p21p21 et l'autre sur le bras long en q26.2q26.2q26.2.

Comme les deux points de cassure sont situés de part et d'autre du centromère, cette inversion est péricentrique. Le segment compris entre p21p21p21 et q26.2q26.2q26.2 a été réinséré dans l'orientation opposée.

Définition

Remaniement équilibré

Remaniement structural sans perte ni gain détectable de matériel chromosomique à la résolution de la technique utilisée.

Un remaniement déséquilibré entraîne au contraire une perte ou un gain de matériel. Le terme équilibré décrit uniquement le bilan quantitatif observable : il n'exclut ni la rupture d'un gène ni un effet lié au déplacement d'une région génomique.

Points clés
  • Le chromosome métaphasique comporte deux chromatides sœurs réunies au centromère et possède un bras court ppp et un bras long qqq
  • Le classement d'un caryotype repose sur la taille, la position du centromère et le profil de bandes des chromosomes homologues
  • Les bandes sont numérotées du centromère vers le télomère et permettent de localiser les points de cassure
  • Le caryotype fournit une analyse globale, tandis que l'hybridation in situ fluorescente est une analyse ciblée de meilleure résolution
  • Les anomalies sont numériques ou structurales, équilibrées ou déséquilibrées, homogènes ou en mosaïque
  • La nomenclature indique le nombre chromosomique, les chromosomes sexuels, le type de remaniement et ses points de cassure

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