B12 · L'Homme et son environnement
Interactions entre espèces et zoonoses
Décrire les principaux types d'interactions entre espèces, dont le parasitisme et le commensalisme. Définir une zoonose, ses modes de transmission et les facteurs favorisant l'émergence de maladies infectieuses.
Santé, société, humanité et santé publique8 min de lecture17 QCM corrigés
Les interactions entre espèces
Dans un écosystème, les organismes n'existent pas isolément. Ils établissent des relations qui modifient leur survie, leur croissance ou leur reproduction. Ces relations contribuent à organiser les populations et les communautés biologiques.
Les effets d'une interaction sont conventionnellement notés :
- lorsque l'espèce tire un bénéfice de la relation ;
- lorsqu'elle en subit un coût ;
- lorsque l'effet est négligeable à l'échelle considérée.
La classification repose donc sur le bilan biologique de la relation pour chacune des deux espèces.
Cette notation décrit un bilan net, non chaque mécanisme élémentaire. Une relation peut changer selon les conditions du milieu, le stade de développement des organismes ou l'abondance des ressources.
Mutualisme et commensalisme
Le mutualisme peut être facultatif lorsque les partenaires peuvent vivre séparément, ou obligatoire lorsque la relation est indispensable à au moins l'un d'eux. Les bénéfices peuvent concerner l'alimentation, la protection, la dispersion ou l'accès à un habitat.
Le commensal peut utiliser les ressources, les déplacements ou l'habitat d'une autre espèce sans altérer significativement son aptitude à survivre et à se reproduire. L'effet nul reste toutefois dépendant de l'échelle d'observation : une relation commensale peut devenir défavorable si l'équilibre écologique ou l'état de l'hôte se modifie.
Parasitisme et prédation
Le parasite dépend de l'hôte pour accomplir tout ou partie de son cycle biologique. Il peut vivre à sa surface ou à l'intérieur de son organisme. Contrairement au prédateur, il est généralement plus petit que son hôte, entretient avec lui une relation prolongée et conserve un intérêt à ce que celui-ci reste vivant suffisamment longtemps pour permettre sa propre transmission.
Plusieurs hôtes peuvent intervenir successivement dans un cycle parasitaire. L'hôte dans lequel se déroule la reproduction sexuée est dit définitif, tandis qu'un hôte participant à une phase larvaire ou asexuée est dit intermédiaire.
La prédation entraîne au contraire la capture puis la consommation rapide de la proie. Parasitisme et prédation sont tous deux favorables à l'espèce consommatrice et défavorables à l'espèce exploitée, mais diffèrent par la durée de la relation et son issue habituelle.
Compétition et équilibre écologique
La compétition peut diminuer l'accès à la nourriture, à l'espace ou aux partenaires reproducteurs. Elle peut conduire à une répartition différente des ressources, à une modification des effectifs ou à l'exclusion locale de l'une des espèces.
La biodiversité et l'évolution, développées dans la fiche précédente du sous-bloc, déterminent la variété des partenaires et l'adaptation progressive des espèces à ces interactions.
Zoonoses et circulation des agents infectieux
Une zoonose suppose donc l'existence d'un agent infectieux, d'au moins un hôte animal et d'une possibilité de franchissement de la barrière entre espèces. Les agents en cause peuvent être des virus, des bactéries, des champignons, des parasites ou des agents transmissibles non conventionnels.
La transmission peut s'effectuer de l'animal vers l'être humain, de l'être humain vers l'animal, ou dans les deux sens. L'origine zoonotique d'une maladie ne signifie pas que chaque personne infectée a été directement exposée à un animal : après le franchissement initial de la barrière d'espèce, une transmission interhumaine peut parfois se maintenir.
Réservoir, vecteur et hôte accidentel
Le réservoir assure la pérennité de l'agent. Un animal infecté n'est donc pas nécessairement le réservoir : il peut n'être qu'un hôte transitoire.
Dans une transmission vectorielle biologique, l'agent se développe ou se multiplie dans le vecteur. Dans une transmission mécanique, le vecteur ne fait que le transporter.
Un hôte accidentel peut constituer une impasse épidémiologique lorsque l'agent ne peut pas être transmis efficacement à partir de lui.
Modes de transmission des zoonoses
La transmission dépend à la fois de la voie de sortie de l'agent depuis sa source, de sa survie éventuelle dans le milieu et de sa porte d'entrée chez l'être humain.
Transmission directe
La transmission directe ne nécessite pas de relais environnemental prolongé. Elle résulte d'un contact avec l'animal, ses sécrétions, ses excrétions ou ses tissus. L'agent pénètre par voie cutanée, muqueuse, respiratoire ou par inoculation.
Transmission indirecte
La transmission indirecte implique un intermédiaire inerte ou un milieu contaminé. L'agent peut être transmis par l'eau, le sol, les aliments, les surfaces ou le matériel. Sa capacité à survivre hors de l'hôte conditionne alors fortement le risque de transmission.
Transmission vectorielle
Un vecteur met en relation le réservoir et l'hôte réceptif. La répartition géographique, l'abondance, la durée de vie et l'activité du vecteur influencent donc la circulation de l'agent.
Émergence des maladies infectieuses
Une maladie réémergente était déjà connue mais recommence à progresser après une période de recul. L'émergence résulte rarement d'une cause unique : elle naît de la rencontre entre un agent capable de s'adapter, des hôtes réceptifs et un environnement favorable à la transmission.
Franchissement de la barrière d'espèce
Ce franchissement exige une exposition suffisante, une compatibilité entre l'agent et les cellules du nouvel hôte, puis la capacité de contourner ses défenses. L'émergence devient plus probable si l'agent acquiert ensuite une transmission efficace au sein de la nouvelle espèce.
Facteurs favorisant l'émergence
Les principaux facteurs sont interdépendants :
- Transformations des milieux : la déforestation, la fragmentation des habitats et les changements d'usage des sols rapprochent des espèces auparavant séparées.
- Modification des communautés biologiques : la diminution ou le déplacement de certaines populations modifie les relations entre réservoirs, vecteurs et hôtes.
- Changements climatiques : ils peuvent étendre l'aire ou la période d'activité des vecteurs et influencer la survie environnementale des agents.
- Intensification des contacts : l'augmentation de la densité animale ou humaine accroît la fréquence des transmissions.
- Mobilités et échanges : les déplacements rapides des personnes, des animaux et des biens permettent à un agent de franchir les limites géographiques.
- Évolution des agents infectieux : mutations, recombinaisons et sélection peuvent modifier l'hôte reconnu, la transmissibilité ou l'échappement immunitaire.
- Fragilité des systèmes sanitaires : une surveillance insuffisante, un retard diagnostique ou une prévention limitée favorisent une diffusion non contrôlée.
- Facteurs sociaux et économiques : les conditions de logement, les pratiques professionnelles, l'accès aux soins et les comportements modulent l'exposition et la transmission.
L'étude conjointe de la santé humaine, de la santé animale et des écosystèmes relève de l'approche intégrée développée dans la fiche consacrée à cette notion.
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