B12 · L'Homme et son environnement
Santé environnementale, expositions et risques
Définir l'exposome et présenter les principales expositions environnementales et professionnelles. Décrire la démarche d'évaluation d'un risque sanitaire et les principes de sa gestion.
Santé, société, humanité et santé publique7 min de lecture17 QCM corrigés
Santé environnementale, danger et exposition
L'environnement agit sur la santé par une chaîne causale : une source libère ou génère un agent, celui-ci se propage dans un milieu, une personne y est exposée, puis une dose atteint éventuellement un organe cible. Un effet sanitaire ne peut donc pas être déduit de la seule présence d'un agent.
Le danger dépend des propriétés de l'agent. Le risque dépend à la fois de ce danger, de l'exposition et de la vulnérabilité des personnes. Un agent dangereux peut ainsi correspondre à un risque faible lorsque l'exposition est suffisamment maîtrisée. Inversement, une exposition importante ou prolongée augmente généralement le risque.
L'exposome
L'exposome complète l'étude du génome : l'état de santé résulte d'interactions dynamiques entre les caractéristiques génétiques et une multitude d'expositions évoluant avec le temps. Il ne correspond donc ni à une mesure unique ni à une liste figée de polluants.
On distingue trois dimensions complémentaires :
- l'environnement externe général, comprenant le contexte physique, social, économique et territorial ;
- l'environnement externe spécifique, regroupant les agents présents dans l'air, l'eau, les sols, l'alimentation, l'habitat et le travail ;
- l'environnement interne, qui inclut les substances absorbées, leurs produits de transformation et les réponses biologiques de l'organisme.
L'exposome est marqué par la chronologie. Une exposition dépend de son moment de survenue, de sa fréquence, de sa durée et de son évolution. Certaines périodes de la vie correspondent à une vulnérabilité accrue en raison du développement des organes, des transformations physiologiques ou d'une diminution des capacités d'élimination et de réparation.
Il faut également considérer les coexpositions. Plusieurs agents peuvent agir simultanément ou successivement. Leurs effets peuvent être additifs, se renforcer mutuellement ou, plus rarement, se réduire. L'analyse isolée d'un seul agent ne restitue donc pas toujours le risque réel.
Principales expositions
Nature des agents
Les expositions peuvent être classées selon la nature du facteur concerné :
- chimiques : substances ou mélanges susceptibles d'être absorbés ou transformés dans l'organisme ;
- physiques : bruit, vibrations, températures, rayonnements, pression ou contraintes mécaniques ;
- biologiques : organismes, fragments biologiques, toxines ou substances allergisantes d'origine biologique ;
- organisationnelles et psychosociales : contraintes liées aux conditions de vie, aux rythmes, aux relations sociales ou à l'organisation du travail.
Cette classification ne préjuge pas de la gravité. Celle-ci dépend notamment des propriétés de l'agent, de la dose reçue, de la voie de pénétration et de la sensibilité individuelle.
Milieux et voies d'exposition
Une exposition est caractérisée par sa source, le milieu de transfert, la voie d'entrée dans l'organisme et la dose effectivement reçue. Les principaux milieux sont l'air, l'eau, les sols, les aliments, les objets, les bâtiments et les lieux de travail.
Les voies d'entrée sont :
- la voie respiratoire, par inhalation ;
- la voie digestive, par ingestion ;
- la voie cutanée ou muqueuse, par contact et absorption ;
- la voie transplacentaire, qui concerne le passage de substances de l'organisme maternel vers l'organisme en développement.
La dose interne peut être appréciée par la biosurveillance, c'est-à-dire la mesure d'un agent, d'un produit issu de sa transformation ou d'un effet biologique précoce dans un prélèvement humain. Elle renseigne sur l'imprégnation globale, mais n'identifie pas toujours précisément la source ou le moment de l'exposition.
Expositions professionnelles
Une exposition professionnelle résulte de l'activité de travail, des procédés employés, des matériaux manipulés, de l'organisation des tâches ou des caractéristiques du lieu de travail. Elle peut être régulière, intermittente ou accidentelle.
Son évaluation exige de décrire :
- les postes et les tâches réellement effectuées ;
- la durée et la fréquence des contacts ;
- les voies de pénétration possibles ;
- les moyens de protection existants ;
- les coexpositions et les changements de procédé ;
- les expositions antérieures, car certains effets apparaissent après un long délai.
L'intitulé d'un métier ne suffit donc pas : deux personnes exerçant la même profession peuvent recevoir des doses différentes selon leurs tâches et leurs conditions de travail.
Évaluation d'un risque sanitaire
L'identification du danger repose sur l'ensemble des données disponibles. La relation entre dose et effet peut comporter un seuil, en dessous duquel aucun effet nocif n'est attendu selon les connaissances disponibles. Pour certains effets, l'évaluation retient au contraire l'hypothèse qu'aucun seuil totalement protecteur ne peut être établi.
Pour un effet considéré comme présentant un seuil, l'exposition peut être comparée à une valeur toxicologique de référence.
Un quotient inférieur ou égal à signifie que l'exposition estimée ne dépasse pas le repère retenu. Il ne démontre pas l'absence absolue de risque. Un quotient supérieur à signale une situation nécessitant une analyse approfondie, sans prouver à lui seul la survenue d'un effet.
La caractérisation doit préciser les incertitudes : mesures incomplètes, variabilité des comportements, extrapolation entre populations, coexpositions mal connues et données insuffisantes sur les effets à long terme.
Gestion du risque
L'évaluation produit des connaissances ; la gestion choisit une action. Elles doivent être distinguées afin que les incertitudes scientifiques et les choix collectifs restent explicites.
La prévention suit une hiérarchie :
- supprimer le danger à la source lorsque cela est possible ;
- substituer un agent ou un procédé moins dangereux ;
- réduire les émissions et isoler la source ;
- mettre en place des protections collectives ;
- organiser le travail et limiter la durée d'exposition ;
- recourir aux protections individuelles lorsque le risque résiduel persiste ;
- surveiller les milieux, les expositions et l'état de santé.
Toute mesure doit être évaluée après sa mise en œuvre. La surveillance vérifie la diminution des expositions, recherche d'éventuels effets sanitaires et permet d'adapter les décisions. L'information des populations doit présenter à la fois les connaissances, les incertitudes et les moyens de réduction de l'exposition.
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