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Sommaire

  • 1Organisation de la lame basale
    • 1.1Architecture moléculaire
  • 2Fonctions de la lame basale
    • 2.1Soutien et organisation tissulaire
    • 2.2Compartimentation et filtration
    • 2.3Réparation et renouvellement
  • 3Contacts entre cellule et matrice
    • 3.1Contacts focaux lock — section verrouillée
    • 3.2Hémidesmosomes lock — section verrouillée
  • 4Signalisation par les intégrines lock — section verrouillée
  • 5Remodelage de la matrice extracellulaire lock — section verrouillée
    • 5.1Protéases matricielles lock — section verrouillée
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  5. Lame basale, interactions cellule–matrice et remodelage

B4 · Matrice extracellulaire

Lame basale, interactions cellule–matrice et remodelage

Décrire la composition et les fonctions de la lame basale sous un épithélium. Présenter les contacts focaux et hémidesmosomes, la signalisation par les intégrines et le remodelage matriciel par les protéases.

Biologie cellulaire·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Organisation de la lame basale

Définition

Lame basale

Couche spécialisée de matrice extracellulaire située au contact du pôle basal des cellules épithéliales. Elle forme un réseau mince et continu qui sépare l'épithélium du tissu conjonctif sous-jacent.

La lame basale est sécrétée principalement par les cellules qui reposent sur elle. Sa composition moléculaire détaillée dépend du tissu, mais son architecture repose sur l'association de deux réseaux macromoléculaires :

  • un réseau de laminines, en relation directe avec les récepteurs cellulaires ;
  • un réseau de collagène de type IV, qui confère une résistance mécanique en nappe.

Ces réseaux sont reliés par des glycoprotéines d'assemblage, notamment le nidogène, et par des protéoglycanes tels que le perlécane. Les protéoglycanes portent des chaînes de glycosaminoglycanes fortement hydratées et chargées négativement.

La structure propre des collagènes, des laminines, de la fibronectine et des protéoglycanes est traitée dans les deux fiches précédentes du sous-bloc.

Architecture moléculaire

Les laminines sont des glycoprotéines constituées de trois chaînes associées. Elles peuvent se lier entre elles, aux intégrines membranaires et à d'autres composants de la lame basale. Elles assurent donc l'ancrage initial des cellules et organisent l'assemblage de la matrice.

Le collagène IV ne forme pas de longues fibrilles parallèles. Ses molécules s'associent en un réseau bidimensionnel souple, adapté à une structure en feuillet. Le nidogène établit des ponts entre ce réseau et celui des laminines. Le perlécane occupe les espaces du réseau, retient l'eau et participe aux propriétés de perméabilité.

Comparaison

Lame basale et membrane basale

CritèreLame basaleMembrane basale
DéfinitionMatrice extracellulaire spécialisée au contact des cellulesEnsemble visible en histologie comprenant la lame basale et une composante conjonctive
Origine principaleCellules reposant sur elleCellules épithéliales et tissu conjonctif
Observation privilégiéeMicroscopie électroniqueMicroscopie optique après coloration adaptée
Attention

Lame basale et membrane plasmique

La lame basale est une structure extracellulaire située sous les cellules. Elle ne doit pas être confondue avec la membrane plasmique du pôle basal, qui délimite le cytoplasme.

Fonctions de la lame basale

Soutien et organisation tissulaire

La lame basale constitue un support mécanique auquel les cellules adhèrent. Elle répartit les contraintes exercées sur l'épithélium et contribue à maintenir la cohésion entre celui-ci et le tissu conjonctif.

Elle fournit également des informations de position. Le contact avec sa face basale aide une cellule épithéliale à distinguer son pôle basal de son pôle apical : la matrice participe ainsi au maintien de la polarité cellulaire.

Compartimentation et filtration

La lame basale forme une frontière entre compartiments tissulaires. Cette frontière n'est pas totalement imperméable : son réseau moléculaire constitue un filtre sélectif dont les propriétés dépendent notamment de la taille des mailles, de la charge électrique des composants et de leurs interactions avec les molécules traversantes.

Elle peut aussi fixer des facteurs de signalisation. Cette rétention limite leur diffusion, crée des concentrations locales et permet leur libération lors du remodelage matriciel.

Réparation et renouvellement

Une lame basale intacte sert de guide à la migration et à la réorganisation des cellules lors du renouvellement tissulaire. Elle fournit à la fois un trajet physique et des signaux moléculaires favorisant l’adhérence, la survie et la différenciation.

À retenir

La lame basale n'est pas un simple support passif : elle assure simultanément ancrage mécanique, polarité, filtration, compartimentation et signalisation.

Contacts entre cellule et matrice

Définition

Intégrine

Récepteur transmembranaire d'adhérence formé de deux sous-unités, une sous-unité α et une sous-unité β. Son domaine extracellulaire reconnaît des protéines matricielles, tandis que son domaine cytoplasmique s'associe indirectement au cytosquelette.

Les intégrines ne possèdent pas elles-mêmes d'activité enzymatique intrinsèque. Elles recrutent cependant des protéines d’ancrage et des enzymes de signalisation. Leur regroupement dans la membrane permet la formation de complexes d’adhérence organisés.

Contacts focaux

Définition

Contact focal

Complexe d'adhérence dynamique reliant la matrice extracellulaire aux microfilaments d'actine par l'intermédiaire d'intégrines et de protéines cytoplasmiques d'ancrage.

Dans un contact focal, les intégrines se lient extérieurement à des protéines matricielles. Du côté cytoplasmique, elles recrutent notamment la taline et la kindline, puis des protéines telles que la vinculine et la paxilline. Cet assemblage établit une continuité mécanique avec l’actine.

Les contacts focaux sont dynamiques : ils se forment, se renforcent sous tension puis peuvent se dissocier. Cette plasticité permet à la cellule d’exercer une traction sur la matrice, de percevoir sa rigidité et de déplacer son point d’ancrage au cours de la migration.

Hémidesmosomes

Définition

Hémidesmosome

Jonction d'ancrage stable reliant les filaments intermédiaires de kératine d'une cellule épithéliale à la lame basale.

L’intégrine α6β4 est un élément majeur de l’hémidesmosome. Elle se lie à une laminine de la lame basale et s’associe, dans le cytoplasme, à des protéines adaptatrices telles que la plectine. Celles-ci établissent la liaison avec les filaments intermédiaires. D’autres protéines transmembranaires renforcent l’ensemble.

Cette organisation distribue les contraintes dans le réseau de kératine et procure une forte résistance aux forces d’arrachement.

Comparaison

Contacts focaux et hémidesmosomes

CritèreContacts focauxHémidesmosomes
Cytosquelette associéMicrofilaments d'actineFilaments intermédiaires de kératine
DynamiqueAssemblage et désassemblage rapidesAncrage relativement stable
Fonction dominanteTraction, migration et perception mécaniqueRésistance à l'arrachement
Récepteurs principauxDiverses intégrinesIntégrine α6β4

Signalisation par les intégrines

La signalisation est bidirectionnelle. Dans le sens allant de la cellule vers la matrice, la liaison de protéines cytoplasmiques aux intégrines modifie leur conformation et augmente leur affinité pour leurs ligands. La cellule règle ainsi la force de son adhérence.

Dans le sens allant de la matrice vers la cellule, la fixation du ligand et le regroupement des intégrines recrutent des kinases, notamment la kinase d’adhérence focale, ou FAK, et des protéines de la famille Src. Des cascades de phosphorylation modifient alors :

  • l’organisation du cytosquelette ;
  • la migration et la forme cellulaires ;
  • la survie et la prolifération ;
  • l’expression des gènes ;
  • la différenciation.

Les intégrines réalisent aussi une mécanotransduction, c’est-à-dire la conversion d’une contrainte mécanique en réponse biochimique. Une tension transmise par le cytosquelette peut modifier la composition et la stabilité des complexes d’adhérence.

À retenir

Continuité mécanique et informationnelle

Les intégrines relient la matrice au cytosquelette tout en transmettant des signaux dans les deux sens. L’adhérence cellule–matrice est donc à la fois mécanique et biochimique.

Remodelage de la matrice extracellulaire

Définition

Remodelage matriciel

Ensemble coordonné des phénomènes de synthèse, d’assemblage, de modification et de dégradation de la matrice extracellulaire.

La matrice est continuellement renouvelée. Son remodelage permet d’adapter sa composition, son organisation et ses propriétés mécaniques aux besoins du tissu. Il intervient aussi dans la migration cellulaire et dans le remplacement des structures altérées.

Protéases matricielles

Définition

Protéase

Enzyme qui hydrolyse les liaisons peptidiques des protéines.

Les métalloprotéases matricielles, ou MMP, dégradent de nombreux composants matriciels. Leur activité dépend d’un ion métallique présent dans leur site catalytique. Elles sont généralement produites sous forme de précurseurs inactifs, appelés zymogènes, puis activées par clivage protéolytique.

Leur action peut :

  • ouvrir localement un passage dans la matrice ;
  • détacher ou modifier des sites d’adhérence ;
  • libérer des facteurs de signalisation retenus dans la matrice ;
  • produire des fragments matriciels possédant une activité biologique ;
  • permettre le remplacement d’une matrice ancienne par une matrice nouvellement synthétisée.

L’activité des MMP est limitée par des inhibiteurs tissulaires spécifiques. Le remodelage dépend donc de l’équilibre entre production des composants, activation des protéases et inhibition de celles-ci. Une dégradation insuffisante entraîne une accumulation matricielle, tandis qu’une dégradation excessive compromet le soutien et la compartimentation du tissu.

Points clés
  • La lame basale associe principalement un réseau de laminines, un réseau de collagène IV, du nidogène et des protéoglycanes.
  • Elle assure le soutien, la polarité, la filtration, la compartimentation et l’organisation du renouvellement cellulaire.
  • Les contacts focaux relient les intégrines à l’actine et participent à la traction, à la migration et à la mécanotransduction.
  • Les hémidesmosomes relient la lame basale aux filaments intermédiaires de kératine et résistent à l’arrachement.
  • Les intégrines transmettent des signaux bidirectionnels entre matrice, cytosquelette et voies intracellulaires.
  • Le remodelage matriciel résulte d’un équilibre contrôlé entre synthèse, dégradation par les protéases et inhibition de ces protéases.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Matrice extracellulaire.

  • Fiche 01Protéines fibreuses de la matrice extracellulaireMatrice extracellulaire
  • Fiche 02Protéoglycanes et glycosaminoglycanes de la matriceMatrice extracellulaire
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    • 2.3Réparation et renouvellement
  • 3Contacts entre cellule et matrice
    • 3.1Contacts focaux lock — section verrouillée
    • 3.2Hémidesmosomes lock — section verrouillée
  • 4Signalisation par les intégrines lock — section verrouillée
  • 5Remodelage de la matrice extracellulaire lock — section verrouillée
    • 5.1Protéases matricielles lock — section verrouillée