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Sommaire

  • 1Le lysosome, compartiment terminal de dégradation
    • 1.1Une membrane protectrice et fonctionnelle
  • 2Acidification et hydrolases lysosomales
    • 2.1Un pH luminal acide
  • 3Adressage des hydrolases vers le lysosome
    • 3.1Le signal mannose-6-phosphate
  • 4Voies d’apport des matériaux à dégrader lock — section verrouillée
  • 5L’autophagie lock — section verrouillée
    • 5.1La macroautophagie lock — section verrouillée
    • 5.2Les autres formes d’autophagie lock — section verrouillée
  • 6Principe des maladies de surcharge lysosomale lock — section verrouillée
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B4 · Système endomembranaire

Lysosomes, autophagie et maladies de surcharge

Décrire le lysosome, son pH interne, ses hydrolases et leur adressage. Présenter les voies de dégradation, dont l'autophagie, et le principe des maladies de surcharge lysosomale.

Biologie cellulaire·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Le lysosome, compartiment terminal de dégradation

Définition

Lysosome

Organite du système endomembranaire délimité par une membrane simple, dont la lumière acide contient des enzymes capables de dégrader les macromolécules biologiques.

Le lysosome reçoit des constituants provenant de l’extérieur de la cellule, de la membrane plasmique ou du cytoplasme. Il transforme ces matériaux en molécules simples qui peuvent être renvoyées vers le cytosol puis réutilisées ou éliminées. Il constitue ainsi un compartiment de digestion intracellulaire et de recyclage.

Les lysosomes sont hétérogènes par leur taille, leur forme et leur contenu, car leur aspect dépend des matériaux reçus et de leur stade de dégradation. Ils ne correspondent donc pas à une population d’organites parfaitement identiques.

Une membrane protectrice et fonctionnelle

La membrane lysosomale sépare les hydrolases du cytosol. Sa face luminale est fortement glycosylée, notamment grâce aux protéines membranaires lysosomales LAMP. Les chaînes glucidiques forment une couche protectrice qui limite l’action des enzymes sur la membrane elle-même.

Cette membrane contient également :

  • une ATPase vacuolaire de type V, qui transporte des protons vers la lumière lysosomale en utilisant l’énergie fournie par l’hydrolyse de l’ATP ;
  • des canaux ioniques, nécessaires à l’équilibre électrique créé par l’entrée des protons ;
  • des transporteurs qui renvoient vers le cytosol les produits de la digestion, comme les acides aminés, les oses, les nucléosides et certains ions ;
  • des protéines permettant la fusion du lysosome avec les compartiments qui lui apportent leur contenu.

Une rupture importante de cette membrane libère des enzymes dans le cytosol et peut participer à une altération ou à la mort de la cellule.

Acidification et hydrolases lysosomales

Un pH luminal acide

La lumière lysosomale possède un pH voisin de 4,54{,}54,5 à 555, alors que le pH du cytosol est proche de la neutralité. Cette différence est produite principalement par l’ATPase vacuolaire de type V, qui accumule les ions HX+\ce{H+}HX+ dans le lysosome.

L’acidification remplit deux fonctions complémentaires :

  1. elle permet l’activité optimale des enzymes lysosomales ;
  2. elle limite leur activité en cas de fuite vers le cytosol, où le pH est moins favorable.
Définition

Hydrolase acide

Enzyme qui rompt une liaison chimique par hydrolyse et dont l’activité est maximale dans le milieu acide du lysosome.

Les hydrolases acides comprennent des protéases, des nucléases, des lipases, des glycosidases, des phosphatases et des sulfatases. Leur action coordonnée permet la dégradation des protéines, des acides nucléiques, des lipides et des glucides complexes.

À retenir

Double sécurité lysosomale

Les hydrolases sont isolées du cytosol par la membrane lysosomale et présentent une activité optimale à pH acide. Compartimentation et dépendance au pH limitent donc ensemble l’autodigestion cellulaire.

Adressage des hydrolases vers le lysosome

Les hydrolases lysosomales sont synthétisées dans le réticulum endoplasmique rugueux puis transitent par l’appareil de Golgi. La synthèse et la maturation générale des protéines dans ces organites sont traitées dans les fiches voisines ; ici, l’élément déterminant est le signal qui dirige spécifiquement les hydrolases vers le lysosome.

Le signal mannose-6-phosphate

Définition

Mannose-6-phosphate

Motif glucidique phosphorylé, abrégé M6P, porté par les chaînes oligosaccharidiques des hydrolases lysosomales et reconnu comme signal d’adressage.

Dans l’appareil de Golgi, certains résidus mannose des hydrolases reçoivent un groupement phosphate. Les enzymes marquées par le M6P sont reconnues dans le réseau trans-golgien par les récepteurs du mannose-6-phosphate.

Méthode

Acheminer une hydrolase vers le lysosome

  1. Synthétiser l’hydrolase dans le réticulum endoplasmique rugueux et lui ajouter une chaîne oligosaccharidique
  2. Former le signal M6P au cours du passage dans l’appareil de Golgi
  3. Fixer l’hydrolase à un récepteur du M6P dans le réseau trans-golgien
  4. Incorporer le complexe dans une vésicule destinée à un endosome
  5. Dissocier l’hydrolase de son récepteur sous l’effet de l’acidification endosomale
  6. Recycler le récepteur et transférer l’enzyme vers le compartiment lysosomal fonctionnel

L’acidification progressive des endosomes permet donc à la fois la dissociation entre l’enzyme et son récepteur et la maturation vers un compartiment dégradatif. Les mécanismes détaillés de bourgeonnement, de manteau vésiculaire et de fusion sont attribués à la fiche consacrée au trafic vésiculaire.

Attention

Le M6P n’est pas une enzyme digestive

Le M6P est un signal d’adressage porté par une hydrolase. Il ne réalise pas la dégradation et n’est pas le signal universel de toutes les protéines membranaires lysosomales.

Voies d’apport des matériaux à dégrader

Le lysosome reçoit des matériaux par deux grands ensembles de voies : l’hétérophagie, qui concerne des constituants provenant de l’extérieur du cytoplasme, et l’autophagie, qui concerne des constituants cytoplasmiques.

Comparaison

Hétérophagie et autophagie

CritèreHétérophagieAutophagie
Origine du matérielmilieu extracellulaire ou membrane plasmiquecytoplasme et organites
Voie d’entréeendocytose ou phagocytosecompartiments autophagiques
Fonction principaledégradation du matériel internalisérenouvellement et adaptation cellulaire
Compartiment terminallysosomelysosome

Les molécules internalisées par endocytose progressent dans le réseau endosomal. Les particules volumineuses internalisées par phagocytose sont enfermées dans un phagosome. Endosomes et phagosomes acquièrent leur capacité de dégradation en fusionnant avec des compartiments lysosomaux.

L’autophagie

Définition

Autophagie

Ensemble des mécanismes par lesquels une cellule adresse au lysosome une partie de son propre cytoplasme afin de la dégrader et d’en recycler les constituants.

L’autophagie fonctionne à un niveau basal pour renouveler les protéines et les organites. Elle peut être augmentée lorsque les nutriments deviennent limitants ou lorsque des constituants cytoplasmiques sont endommagés. Elle fournit alors des précurseurs métaboliques tout en participant au contrôle de la qualité cellulaire.

La macroautophagie

La macroautophagie est la voie dans laquelle le matériel cytoplasmique est entouré par une membrane d’isolement appelée phagophore. L’extension et la fermeture de cette membrane forment un autophagosome, vésicule caractérisée par une double membrane.

Méthode

Déroulement de la macroautophagie

  1. Initier un phagophore dans le cytoplasme
  2. Allonger sa membrane autour du matériel destiné à la dégradation
  3. Fermer la membrane pour former un autophagosome à double membrane
  4. Faire fusionner l’autophagosome avec un lysosome
  5. Dégrader la membrane interne et le contenu séquestré
  6. Exporter vers le cytosol les produits simples issus de l’hydrolyse

Le compartiment résultant de la fusion et dans lequel se déroule la digestion est parfois nommé autolysosome. L’autophagie peut être non sélective ou reconnaître spécifiquement des constituants altérés grâce à des protéines adaptatrices.

Les autres formes d’autophagie

Dans la microautophagie, la membrane lysosomale se déforme directement afin d’internaliser une petite portion du cytoplasme.

Dans l’autophagie médiée par des protéines chaperonnes, certaines protéines cytosoliques sont reconnues individuellement, dépliées puis transportées à travers la membrane lysosomale. Cette voie ne forme pas d’autophagosome.

Attention

Autophagie et mort cellulaire

L’autophagie est d’abord un mécanisme de recyclage et de survie cellulaire. Sa présence ne signifie pas nécessairement que la cellule est engagée dans une mort programmée.

À retenir

Flux autophagique

Une accumulation d’autophagosomes ne prouve pas à elle seule une activation efficace de l’autophagie : elle peut aussi résulter d’un défaut de fusion ou de dégradation lysosomale. Le flux autophagique doit être évalué en considérant l’ensemble de la voie.

Principe des maladies de surcharge lysosomale

Définition

Maladie de surcharge lysosomale

Affection généralement héréditaire dans laquelle un défaut de dégradation ou de transport lysosomal entraîne l’accumulation progressive d’un ou de plusieurs substrats dans les lysosomes.

Le défaut moléculaire peut concerner :

  • une hydrolase acide ;
  • une protéine nécessaire à l’activation ou à la stabilité d’une hydrolase ;
  • le marquage ou l’adressage des enzymes ;
  • un transporteur de la membrane lysosomale ;
  • une protéine participant au trafic ou à la fusion des compartiments.

Lorsqu’une étape manque, le substrat situé en amont n’est plus correctement dégradé. Il s’accumule, augmente le volume des lysosomes et perturbe progressivement l’architecture et le fonctionnement cellulaires. La surcharge peut également gêner l’autophagie, le renouvellement des organites et les échanges métaboliques avec le cytosol.

Exemple

Accumulation de ganglioside GM2 lors d’un déficit en hexosaminidase A

Dans un neurone, le ganglioside GMX2\ce{GM2}GMX2​ est normalement dégradé dans le lysosome par l’hydrolase acide « hexosaminidase A ».

En cas de déficit héréditaire en hexosaminidase A :

  • le ganglioside GMX2\ce{GM2}GMX2​ est bien apporté au lysosome ;
  • l’étape d’hydrolyse dépendante de l’hexosaminidase A ne peut plus avoir lieu correctement ;
  • le GMX2\ce{GM2}GMX2​ non dégradé reste dans la lumière lysosomale et s’y accumule progressivement ;
  • les lysosomes augmentent de volume et perturbent le fonctionnement du neurone.

Le substrat qui s’accumule est donc le ganglioside GMX2\ce{GM2}GMX2​, situé en amont de l’étape enzymatique déficiente. Cet exemple illustre qu’une seule hydrolase manquante peut entraîner une surcharge lysosomale progressive.

La gravité dépend notamment de la nature du substrat, des tissus dans lesquels il s’accumule et de l’activité résiduelle de la protéine atteinte. Une faible activité enzymatique résiduelle peut ralentir l’accumulation sans restaurer complètement le fonctionnement lysosomal.

Points clés
  • Le lysosome est un compartiment à membrane simple spécialisé dans la digestion intracellulaire et le recyclage
  • Son pH voisin de 4,54{,}54,5 à 555 est entretenu par une ATPase vacuolaire de type V et permet l’activité des hydrolases acides
  • Les hydrolases lysosomales sont principalement adressées grâce au signal mannose-6-phosphate et à son récepteur
  • L’hétérophagie apporte du matériel internalisé, tandis que l’autophagie dirige vers le lysosome des constituants cytoplasmiques
  • La macroautophagie forme un autophagosome à double membrane qui fusionne avec le lysosome
  • Une maladie de surcharge lysosomale résulte d’un défaut de dégradation, d’adressage ou de transport entraînant une accumulation intralysosomale

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système endomembranaire.

  • Fiche 01Réticulum endoplasmique rugueux et lisseSystème endomembranaire
  • Fiche 02Appareil de Golgi, glycosylation et tri des protéinesSystème endomembranaire
  • Fiche 04Trafic vésiculaire, protéines de manteau et adressageSystème endomembranaire
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