B9 · Bases
Méthodes d'étude anatomique et imagerie médicale
Présenter les approches d'étude de l'anatomie, de la dissection à l'imagerie. Comparer radiographie, tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique et échographie par leur principe et les plans de coupe qu'elles fournissent.
Anatomie générale6 min de lecture17 QCM corrigés
Étudier l’anatomie : du corps réel à sa représentation
L’anatomie repose sur des méthodes complémentaires. La dissection donne un accès direct aux structures, tandis que l’imagerie médicale permet de les représenter sans ouvrir le corps. Aucune méthode ne montre tout : chacune sélectionne certaines informations selon son principe physique et son mode de représentation.
Les plans anatomiques sagittal, frontal et transversal ainsi que les termes d’orientation sont définis dans la fiche consacrée à la position anatomique de référence. Ils servent ici de repères communs pour décrire les images.
Dissection et étude anatomique directe
Principe de la dissection
La dissection procède généralement de la superficie vers la profondeur. Les tissus sont dégagés progressivement en respectant leurs continuités et leurs rapports. Elle permet d’observer directement :
- la forme et les dimensions des structures ;
- leur disposition tridimensionnelle ;
- leurs rapports de voisinage ;
- leurs variations d’un individu à l’autre ;
- la continuité entre les différentes régions du corps.
Une structure peut être étudiée en place, afin de conserver ses rapports, ou isolée pour analyser sa morphologie propre. La dissection reste donc une méthode fondamentale de l’anatomie topographique, qui étudie l’organisation des structures au sein d’une même région.
Apports et limites
L’observation directe fournit une perception concrète du relief, de la profondeur, de la texture et de la résistance des tissus. Elle est toutefois irréversible : retirer une structure modifie les rapports avec celles qui l’entourent. La fixation et la conservation peuvent également changer la couleur, le volume ou la souplesse des tissus.
La dissection étudie un corps immobile et ne restitue donc pas directement les mouvements physiologiques. Elle doit être complétée par l’étude du vivant et par l’imagerie.
Les coupes anatomiques sont obtenues en sectionnant un corps ou une région selon un plan défini. Elles constituent un lien essentiel entre la dissection et l’imagerie en coupe, car elles obligent à reconnaître les structures d’après leur section plutôt que d’après leur forme extérieure complète.
Deux modes de représentation
Image de projection
Une image de projection ne correspond donc pas à une tranche du corps. La position apparente d’une structure dépend de l’incidence, c’est-à-dire de l’orientation du faisceau par rapport au corps et au détecteur.
Image en coupe
Une coupe limite la superposition et facilite l’analyse des rapports entre structures voisines. Une succession de coupes forme un volume d’images, dans lequel chaque petit volume élémentaire porte une valeur liée au signal mesuré.
Techniques utilisant les rayons X
Radiographie conventionnelle
La radiographie utilise un faisceau de rayons X, rayonnements ionisants capables de traverser le corps. Les tissus atténuent plus ou moins ce faisceau selon leur composition, leur densité et leur épaisseur. Le détecteur mesure le rayonnement transmis et produit une image bidimensionnelle.
Le principal avantage anatomique est l’obtention rapide d’une vue globale. Sa limite fondamentale est la superposition : plusieurs structures situées à des profondeurs différentes peuvent se projeter au même endroit.
La radiographie ne fournit pas de plan de coupe. Elle fournit des incidences, dont la direction doit être connue pour interpréter correctement les rapports apparents.
Tomodensitométrie
Le tube à rayons X et les détecteurs tournent autour du corps. Chaque mesure renseigne sur l’atténuation du faisceau selon une direction donnée. La combinaison de nombreuses mesures permet de calculer la valeur d’atténuation de chaque volume élémentaire.
L’acquisition moderne est généralement hélicoïdale : la rotation du système s’accompagne d’un déplacement continu du corps dans l’appareil. Elle fournit un volume pouvant être reconstruit dans les plans transversal, frontal, sagittal ou oblique. Une représentation tridimensionnelle peut également être calculée à partir de ce volume.
L’exposition aux rayonnements ionisants et les principes de radioprotection relèvent de la biophysique des rayonnements.
Imagerie sans rayons X
Imagerie par résonance magnétique
Dans un champ magnétique intense, les noyaux d’hydrogène adoptent une organisation préférentielle. Une impulsion de radiofréquence les écarte de cet état d’équilibre. Lorsqu’ils y reviennent, ils produisent un signal mesurable. Des gradients de champ magnétique, c’est-à-dire de faibles variations spatiales du champ, permettent de localiser l’origine du signal.
Le contraste dépend de la densité en noyaux d’hydrogène et de leurs modalités de retour à l’équilibre, appelées relaxations. En modifiant les paramètres d’acquisition, différentes caractéristiques des tissus peuvent ainsi être privilégiées.
L’IRM peut acquérir directement des coupes transversales, frontales, sagittales ou obliques. Une acquisition volumique permet aussi des reconstructions dans d’autres plans. Elle n’utilise pas de rayonnement ionisant, mais impose des précautions liées au champ magnétique.
Échographie
La sonde contient des éléments piézoélectriques qui transforment une impulsion électrique en ultrasons, puis les échos reçus en signaux électriques. Le délai de retour renseigne sur la profondeur de l’interface et l’intensité de l’écho participe à la luminosité de l’image.
L’image est produite au cours de l’examen et se renouvelle rapidement, ce qui permet une observation dynamique. Le plan de coupe dépend de la position et de l’orientation de la sonde : il peut être transversal, longitudinal ou oblique, sans être nécessairement confondu avec un plan anatomique de référence.
La qualité de l’image dépend de l’existence d’une voie de propagation acoustique. Les interfaces avec l’air et les structures fortement réfléchissantes limitent la transmission des ultrasons vers les régions plus profondes.
Lire méthodiquement une image anatomique
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.