homecarab1.fr
Biophysiquechevron_rightÉtats de la matière et solutionschevron_rightSolutions vraies, colloïdes et suspensions
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Décrire un système dispersé
  • 2Les trois grandes classes de dispersion
  • 3La solution vraie
  • 4Les dispersions colloïdales
    • 4.1Mouvement brownien et stabilité
    • 4.2Interaction avec la lumière
    • 4.3Déstabilisation d’un colloïde lock — section verrouillée
  • 5Les suspensions lock — section verrouillée
  • 6Les systèmes micellaires lock — section verrouillée
  • 7Démarche de classification lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Biophysiquechevron_right
  4. États de la matière et solutionschevron_right
  5. Solutions vraies, colloïdes et suspensions

B7 · États de la matière et solutions

Solutions vraies, colloïdes et suspensions

Classer les systèmes dispersés selon la taille des particules et leurs propriétés physiques. Décrire les solutions vraies, les colloïdes, les suspensions et les systèmes micellaires en milieu biologique.

Biophysique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Décrire un système dispersé

Définition

Système dispersé

Ensemble constitué d’une phase dispersée, fragmentée en particules, gouttelettes ou agrégats, répartie dans une phase continue qui forme le milieu environnant.

La phase dispersée et la phase continue peuvent avoir des états physiques différents. La classification biophysique repose surtout sur le diamètre caractéristique ddd des entités dispersées, mais aussi sur leur comportement vis-à-vis de la lumière, de la diffusion, de la sédimentation et des procédés de séparation.

La distinction entre solution vraie, colloïde et suspension est donc opérationnelle : elle indique comment le système se comporte à l’échelle de l’observation et de la mesure.

Définition

Dispersion

Répartition d’une substance au sein d’une autre substance sans préjuger du degré d’homogénéité ni de la taille des entités dispersées.

Définition

Interface

Surface de séparation entre deux phases distinctes. Plus les particules dispersées sont petites et nombreuses, plus l’aire interfaciale totale devient importante.

Les trois grandes classes de dispersion

Les limites de taille sont approximatives, car elles dépendent de la nature des particules et de la méthode d’observation. On retient habituellement :

  • une solution vraie pour d<1 nmd < \pu{1 nm}d<1 nm ;
  • une dispersion colloïdale pour un diamètre compris approximativement entre 1 nm\pu{1 nm}1 nm et 1 μm\pu{1 μm}1 μm ;
  • une suspension pour d>1 μmd > \pu{1 μm}d>1 μm.
Exemple

Classer une dispersion à partir de son diamètre

Une dispersion contient des particules de diamètre 80 nm\pu{80 nm}80 nm.

La borne supérieure du domaine colloïdal vaut 1 μm=1000 nm\pu{1 \mu m} = \pu{1000 nm}1 μm=1000 nm.

Ainsi, 1 nm<80 nm<1000 nm\pu{1 nm} < \pu{80 nm} < \pu{1000 nm}1 nm<80 nm<1000 nm.

Le système est donc une dispersion colloïdale selon le critère de taille. Cette conclusion porte sur la classe de dispersion et ne permet pas, à elle seule, de prévoir toutes ses propriétés expérimentales.

Le nanomètre, noté nm\mathrm{nm}nm, vaut 10−9 m10^{-9}\ \mathrm{m}10−9 m ; le micromètre, noté μm\mathrm{\mu m}μm, vaut 10−6 m10^{-6}\ \mathrm{m}10−6 m.

Comparaison

Classification des systèmes dispersés

CritèreSolution vraieDispersion colloïdaleSuspension
Diamètre caractéristique dddinférieur à environ 1 nm\pu{1 nm}1 nmenviron 1 nm\pu{1 nm}1 nm à 1 μm\pu{1 μm}1 μmsupérieur à environ 1 μm\pu{1 μm}1 μm
Nature des entitésmolécules ou ions individualisésmacromolécules, agrégats ou très fines particulesparticules plurimoléculaires de grande taille
Aspect macroscopiquehomogèneapparemment homogènehétérogène
Diffusion de la lumièrenégligeablenotable, avec effet Tyndallforte diffusion ou opacité
Sédimentation spontanéeabsentegénéralement très lentesouvent observable
Séparation par filtration ordinaireimpossiblegénéralement impossiblegénéralement possible
Attention

Taille et état physique ne sont pas synonymes

Une solution vraie n’est pas simplement un liquide transparent, et une suspension n’est pas définie uniquement par son aspect trouble. La classification dépend d’abord de la taille et du comportement des entités dispersées.

La solution vraie

Définition

Solution vraie

Système homogène dans lequel un ou plusieurs solutés sont dispersés sous forme de molécules ou d’ions individualisés dans un solvant.

Le solvant constitue la phase majoritaire ou la phase qui impose l’état physique du système. Le soluté est réparti à l’échelle moléculaire ou ionique. Il n’existe donc pas d’interface macroscopique durable entre le soluté et le solvant.

Les interactions entre le soluté et le solvant provoquent une solvatation. Lorsque le solvant est l’eau, on parle d’hydratation. Les molécules du solvant entourent alors les entités dissoutes et stabilisent leur dispersion. Cette stabilisation explique que le soluté ne sédimente pas sous l’effet de la pesanteur.

Une solution vraie possède les propriétés suivantes :

  • elle est homogène à l’échelle macroscopique et microscopique usuelle ;
  • les entités dissoutes traversent généralement les filtres ordinaires ;
  • elles diffusent sous l’effet de l’agitation thermique et des gradients de concentration ;
  • le système ne sépare pas spontanément ses constituants par simple repos ;
  • les particules dissoutes ne diffusent pas suffisamment la lumière pour produire un effet Tyndall notable.

La contribution des solutés aux propriétés colligatives et à l’osmose est étudiée dans les fiches voisines consacrées à la pression osmotique, à l’osmolarité et à la tonicité.

Les dispersions colloïdales

Définition

Colloïde

Système dispersé dont les entités ont une taille intermédiaire entre celles d’une solution vraie et celles d’une suspension, généralement comprise entre environ 1 nm\pu{1 nm}1 nm et 1 μm\pu{1 μm}1 μm.

Un colloïde paraît souvent homogène à l’œil nu, mais il est hétérogène à l’échelle microscopique. Chaque particule colloïdale est séparée de la phase continue par une interface.

Mouvement brownien et stabilité

Définition

Mouvement brownien

Mouvement irrégulier et permanent des particules dispersées, produit par les chocs incessants et désordonnés des molécules de la phase continue.

À l’échelle colloïdale, le mouvement brownien s’oppose en partie à l’action de la pesanteur. La sédimentation est donc très lente ou indétectable pendant la durée d’observation. Cette stabilité n’est toutefois pas nécessairement thermodynamique : de nombreux colloïdes sont seulement métastables, c’est-à-dire persistants tant qu’une barrière empêche l’agrégation des particules.

Cette barrière peut provenir :

  • de charges électriques de même signe portées par les particules, qui se repoussent ;
  • d’une couche de solvatation entourant leur surface ;
  • de chaînes moléculaires fixées à la surface, qui gênent leur rapprochement.

Interaction avec la lumière

Définition

Effet Tyndall

Diffusion d’un faisceau lumineux par les particules d’une dispersion colloïdale, rendant visible son trajet dans le milieu.

Les particules colloïdales sont assez grandes pour diffuser la lumière, contrairement aux molécules et ions d’une solution vraie. L’intensité de cette diffusion dépend notamment de leur taille, de leur concentration et de la différence de propriétés optiques entre les deux phases.

Déstabilisation d’un colloïde

Définition

Floculation

Association réversible de particules colloïdales en amas lâches, appelés flocs, sans disparition complète de leur individualité.

Définition

Coagulation

Agrégation plus compacte et généralement moins réversible de particules colloïdales, consécutive à la diminution des forces qui les maintenaient séparées.

Une modification de la charge superficielle, de la composition ionique ou de la solvatation peut réduire les répulsions entre particules. Les forces attractives deviennent alors dominantes, ce qui favorise la floculation puis éventuellement la coagulation.

Les colloïdes peuvent aussi former un sol, lorsque des particules sont dispersées dans un liquide, ou un gel, lorsqu’un réseau continu emprisonne la phase liquide et limite son écoulement.

À retenir

Un colloïde est macroscopiquement uniforme mais microscopiquement hétérogène. Sa stabilité dépend de l’équilibre entre agitation brownienne, pesanteur, attractions interparticulaires et mécanismes répulsifs ou stériques.

Les suspensions

Définition

Suspension

Système hétérogène dans lequel des particules solides de taille généralement supérieure au micromètre sont dispersées dans une phase continue fluide.

Les particules d’une suspension diffusent fortement la lumière et peuvent rendre le milieu trouble ou opaque. Leur mouvement brownien ne suffit plus, en général, à compenser durablement l’action de la pesanteur.

La vitesse de sédimentation augmente lorsque :

  • la taille des particules augmente ;
  • la différence de masse volumique entre les particules et le milieu augmente ;
  • la viscosité de la phase continue diminue.

Après sédimentation, un dépôt apparaît tandis que la partie supérieure du liquide s’appauvrit en particules. Une agitation peut remettre les particules en dispersion si elles n’ont pas formé un agrégat compact irréversible.

La séparation d’une suspension peut généralement être obtenue par filtration, décantation ou centrifugation. Ces procédés exploitent respectivement la taille des particules, leur sédimentation et l’accélération du mouvement de séparation.

Les systèmes micellaires

Définition

Molécule amphiphile

Molécule possédant simultanément une région hydrophile, ayant une affinité pour l’eau, et une région hydrophobe, ayant peu d’affinité pour l’eau.

Dans un milieu aqueux, les régions hydrophobes perturbent l’organisation de l’eau. Lorsque la concentration en molécules amphiphiles devient suffisante, leur association réduit le contact entre ces régions et l’eau.

Définition

Micelle

Agrégat dynamique de molécules amphiphiles dans lequel les régions hydrophobes sont regroupées à l’intérieur tandis que les régions hydrophiles restent au contact du milieu aqueux.

Définition

Concentration micellaire critique

Concentration seuil en molécules amphiphiles au-dessus de laquelle la formation de micelles devient thermodynamiquement favorisée.

Au-dessous de cette concentration, les molécules amphiphiles sont principalement dispersées individuellement. Au-dessus, leur concentration libre varie peu tandis que l’ajout de molécules alimente surtout la formation de nouvelles micelles. Les micelles sont en équilibre dynamique : des molécules amphiphiles s’y associent et s’en détachent continuellement.

Les systèmes micellaires appartiennent au domaine colloïdal par la taille de leurs agrégats. Leur cœur hydrophobe peut incorporer des molécules peu compatibles avec l’eau, ce qui augmente leur dispersion apparente dans un milieu biologique aqueux. Cette solubilisation micellaire ne transforme pas ces molécules en solutés moléculairement dispersés : elles restent associées à une structure colloïdale.

Dans un milieu non aqueux, l’organisation peut s’inverser : les régions hydrophiles se regroupent au centre et les régions hydrophobes sont orientées vers la phase continue.

À retenir

Une micelle n’est pas une molécule géante liée par des liaisons covalentes. C’est un agrégat réversible de molécules amphiphiles, stabilisé par leurs interactions avec le milieu.

Démarche de classification

Méthode

Identifier la nature d’un système dispersé

  1. Identifier la phase continue et la nature des entités dispersées.
  2. Estimer le diamètre caractéristique ddd des entités dispersées.
  3. Rechercher une diffusion notable de la lumière.
  4. Observer l’existence éventuelle d’une sédimentation au repos.
  5. Examiner la possibilité d’une séparation par filtration.
  6. Rechercher une organisation amphiphile si les entités forment des agrégats dynamiques.
Points clés
  • Une solution vraie contient des molécules ou des ions individualisés, sans interface durable avec le solvant.
  • Un colloïde est microscopiquement hétérogène, diffuse la lumière et reste souvent dispersé grâce au mouvement brownien et aux interactions de surface.
  • Une suspension contient des particules suffisamment grandes pour sédimenter et être séparées par des procédés mécaniques.
  • Les limites de taille entre les classes sont approximatives et doivent être complétées par les propriétés physiques observées.
  • Une micelle est un agrégat colloïdal réversible de molécules amphiphiles formé au-dessus de la concentration micellaire critique.
  • En milieu biologique aqueux, les systèmes micellaires permettent la dispersion de molécules hydrophobes sans constituer une solution vraie.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur États de la matière et solutions.

  • Fiche 01Grandeurs, unités et analyse dimensionnelleÉtats de la matière et solutions
  • Fiche 02États de la matière, changements d'état et propriétés de l'eauÉtats de la matière et solutions
  • Fiche 04Concentrations, mélanges gazeux et loi de DaltonÉtats de la matière et solutions
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 3 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentÉtats de la matière, changements d'état et propriétés de l'eauÉtats de la matière et solutionsSuivantarrow_forwardConcentrations, mélanges gazeux et loi de DaltonÉtats de la matière et solutions
Sommaire
  • 1Décrire un système dispersé
  • 2Les trois grandes classes de dispersion
  • 3La solution vraie
  • 4Les dispersions colloïdales
    • 4.1Mouvement brownien et stabilité
    • 4.2Interaction avec la lumière
    • 4.3Déstabilisation d’un colloïde lock — section verrouillée
  • 5Les suspensions lock — section verrouillée
  • 6Les systèmes micellaires lock — section verrouillée
  • 7Démarche de classification lock — section verrouillée