B7 · États de la matière et solutions
Solutions vraies, colloïdes et suspensions
Classer les systèmes dispersés selon la taille des particules et leurs propriétés physiques. Décrire les solutions vraies, les colloïdes, les suspensions et les systèmes micellaires en milieu biologique.
Biophysique7 min de lecture17 QCM corrigés
Décrire un système dispersé
La phase dispersée et la phase continue peuvent avoir des états physiques différents. La classification biophysique repose surtout sur le diamètre caractéristique des entités dispersées, mais aussi sur leur comportement vis-à-vis de la lumière, de la diffusion, de la sédimentation et des procédés de séparation.
La distinction entre solution vraie, colloïde et suspension est donc opérationnelle : elle indique comment le système se comporte à l’échelle de l’observation et de la mesure.
Les trois grandes classes de dispersion
Les limites de taille sont approximatives, car elles dépendent de la nature des particules et de la méthode d’observation. On retient habituellement :
- une solution vraie pour ;
- une dispersion colloïdale pour un diamètre compris approximativement entre et ;
- une suspension pour .
Le nanomètre, noté , vaut ; le micromètre, noté , vaut .
La solution vraie
Le solvant constitue la phase majoritaire ou la phase qui impose l’état physique du système. Le soluté est réparti à l’échelle moléculaire ou ionique. Il n’existe donc pas d’interface macroscopique durable entre le soluté et le solvant.
Les interactions entre le soluté et le solvant provoquent une solvatation. Lorsque le solvant est l’eau, on parle d’hydratation. Les molécules du solvant entourent alors les entités dissoutes et stabilisent leur dispersion. Cette stabilisation explique que le soluté ne sédimente pas sous l’effet de la pesanteur.
Une solution vraie possède les propriétés suivantes :
- elle est homogène à l’échelle macroscopique et microscopique usuelle ;
- les entités dissoutes traversent généralement les filtres ordinaires ;
- elles diffusent sous l’effet de l’agitation thermique et des gradients de concentration ;
- le système ne sépare pas spontanément ses constituants par simple repos ;
- les particules dissoutes ne diffusent pas suffisamment la lumière pour produire un effet Tyndall notable.
La contribution des solutés aux propriétés colligatives et à l’osmose est étudiée dans les fiches voisines consacrées à la pression osmotique, à l’osmolarité et à la tonicité.
Les dispersions colloïdales
Un colloïde paraît souvent homogène à l’œil nu, mais il est hétérogène à l’échelle microscopique. Chaque particule colloïdale est séparée de la phase continue par une interface.
Mouvement brownien et stabilité
À l’échelle colloïdale, le mouvement brownien s’oppose en partie à l’action de la pesanteur. La sédimentation est donc très lente ou indétectable pendant la durée d’observation. Cette stabilité n’est toutefois pas nécessairement thermodynamique : de nombreux colloïdes sont seulement métastables, c’est-à-dire persistants tant qu’une barrière empêche l’agrégation des particules.
Cette barrière peut provenir :
- de charges électriques de même signe portées par les particules, qui se repoussent ;
- d’une couche de solvatation entourant leur surface ;
- de chaînes moléculaires fixées à la surface, qui gênent leur rapprochement.
Interaction avec la lumière
Les particules colloïdales sont assez grandes pour diffuser la lumière, contrairement aux molécules et ions d’une solution vraie. L’intensité de cette diffusion dépend notamment de leur taille, de leur concentration et de la différence de propriétés optiques entre les deux phases.
Déstabilisation d’un colloïde
Une modification de la charge superficielle, de la composition ionique ou de la solvatation peut réduire les répulsions entre particules. Les forces attractives deviennent alors dominantes, ce qui favorise la floculation puis éventuellement la coagulation.
Les colloïdes peuvent aussi former un sol, lorsque des particules sont dispersées dans un liquide, ou un gel, lorsqu’un réseau continu emprisonne la phase liquide et limite son écoulement.
Les suspensions
Les particules d’une suspension diffusent fortement la lumière et peuvent rendre le milieu trouble ou opaque. Leur mouvement brownien ne suffit plus, en général, à compenser durablement l’action de la pesanteur.
La vitesse de sédimentation augmente lorsque :
- la taille des particules augmente ;
- la différence de masse volumique entre les particules et le milieu augmente ;
- la viscosité de la phase continue diminue.
Après sédimentation, un dépôt apparaît tandis que la partie supérieure du liquide s’appauvrit en particules. Une agitation peut remettre les particules en dispersion si elles n’ont pas formé un agrégat compact irréversible.
La séparation d’une suspension peut généralement être obtenue par filtration, décantation ou centrifugation. Ces procédés exploitent respectivement la taille des particules, leur sédimentation et l’accélération du mouvement de séparation.
Les systèmes micellaires
Dans un milieu aqueux, les régions hydrophobes perturbent l’organisation de l’eau. Lorsque la concentration en molécules amphiphiles devient suffisante, leur association réduit le contact entre ces régions et l’eau.
Au-dessous de cette concentration, les molécules amphiphiles sont principalement dispersées individuellement. Au-dessus, leur concentration libre varie peu tandis que l’ajout de molécules alimente surtout la formation de nouvelles micelles. Les micelles sont en équilibre dynamique : des molécules amphiphiles s’y associent et s’en détachent continuellement.
Les systèmes micellaires appartiennent au domaine colloïdal par la taille de leurs agrégats. Leur cœur hydrophobe peut incorporer des molécules peu compatibles avec l’eau, ce qui augmente leur dispersion apparente dans un milieu biologique aqueux. Cette solubilisation micellaire ne transforme pas ces molécules en solutés moléculairement dispersés : elles restent associées à une structure colloïdale.
Dans un milieu non aqueux, l’organisation peut s’inverser : les régions hydrophiles se regroupent au centre et les régions hydrophobes sont orientées vers la phase continue.
Démarche de classification
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