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Sommaire

  • 1Définition et rôle du système nerveux autonome
  • 2Organisation des voies efférentes autonomes
    • 2.1Une chaîne formée de deux neurones
    • 2.2Origines centrales
  • 3Neurotransmetteurs et récepteurs
    • 3.1Transmission dans les ganglions
    • 3.2Terminaisons parasympathiques
    • 3.3Terminaisons sympathiques lock — section verrouillée
    • 3.4Deux particularités sympathiques lock — section verrouillée
  • 4Effets sur les principaux organes lock — section verrouillée
    • 4.1Régulation vasculaire, glandulaire et métabolique lock — section verrouillée
  • 5Sensibilité viscérale et réflexes autonomes lock — section verrouillée
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  5. Système nerveux autonome : sympathique et parasympathique

B8 · Système nerveux

Système nerveux autonome : sympathique et parasympathique

Comparer les voies orthosympathique et parasympathique par leur organisation, leurs neurotransmetteurs et leurs récepteurs. Opposer leurs effets sur les principaux organes et présenter la sensibilité viscérale.

Physiologie·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Définition et rôle du système nerveux autonome

Définition

Système nerveux autonome

Ensemble des voies nerveuses qui ajustent involontairement l’activité des viscères, notamment le muscle cardiaque, les muscles lisses et les glandes, afin de maintenir l’homéostasie.

Le système nerveux autonome, ou SNA, appartient au système nerveux périphérique pour ses nerfs et ses ganglions, mais sa commande dépend de centres du système nerveux central. L’organisation générale de ces deux systèmes est traitée dans la fiche précédente.

Le SNA comprend deux grandes divisions efférentes :

  • la division orthosympathique, le plus souvent appelée sympathique, qui mobilise les fonctions nécessaires à l’activité et adapte l’organisme aux contraintes ;
  • la division parasympathique, qui favorise principalement l’entretien courant, la digestion, les sécrétions et la constitution des réserves.

Ces divisions ne sont pas de simples interrupteurs. Leur activité permanente, appelée tonus autonome, peut augmenter ou diminuer. Un organe reçoit donc souvent une commande graduée plutôt qu’un ordre tout ou rien.

Attention

Autonome ne signifie pas indépendant

Le SNA fonctionne sans commande volontaire directe, mais il reste contrôlé par le système nerveux central, en particulier par l’hypothalamus, le tronc cérébral et la moelle épinière.

Organisation des voies efférentes autonomes

Une chaîne formée de deux neurones

Contrairement à la motricité somatique, la voie autonome efférente comporte habituellement deux neurones successifs.

Définition

Ganglion autonome

Regroupement périphérique de corps cellulaires neuronaux dans lequel le neurone préganglionnaire transmet son message au neurone postganglionnaire.

Le neurone préganglionnaire possède son corps cellulaire dans le système nerveux central. Son axone atteint un ganglion autonome. Le neurone postganglionnaire part de ce ganglion et se termine sur l’organe effecteur.

La position des ganglions explique la longueur respective des fibres :

  • dans la voie sympathique, les ganglions sont proches de la moelle épinière : la fibre préganglionnaire est généralement courte et la fibre postganglionnaire longue ;
  • dans la voie parasympathique, les ganglions sont proches de l’organe ou inclus dans sa paroi : la fibre préganglionnaire est longue et la fibre postganglionnaire courte.

Origines centrales

La division sympathique a une origine thoraco-lombaire : ses neurones préganglionnaires se situent dans la moelle épinière thoracique et lombaire haute. Ses ganglions sont soit paravertébraux, disposés de part et d’autre de la colonne vertébrale, soit prévertébraux, placés en avant de celle-ci.

La division parasympathique a une origine crânio-sacrée. Ses fibres préganglionnaires quittent le tronc cérébral par certains nerfs crâniens ou proviennent de la moelle sacrée.

La voie sympathique présente une forte divergence : un neurone préganglionnaire peut recruter plusieurs neurones postganglionnaires. Elle produit ainsi plus facilement une réponse étendue. La voie parasympathique est généralement plus localisée, car ses ganglions sont proches de leurs effecteurs.

Comparaison

Organisation des deux divisions autonomes

CritèreSympathiqueParasympathique
Origine centralethoraco-lombairecrânio-sacrée
Position des ganglionsproches de la moelleproches de l’organe ou intramuraux
Fibre préganglionnairegénéralement courtegénéralement longue
Fibre postganglionnairegénéralement longuegénéralement courte
Divergenceimportanteplus limitée
Étendue de la réponsesouvent diffusegénéralement localisée

Neurotransmetteurs et récepteurs

Définition

Neurotransmetteur

Molécule libérée par une terminaison nerveuse qui modifie l’activité d’une cellule cible en se fixant sur un récepteur.

Transmission dans les ganglions

Dans les deux divisions, tous les neurones préganglionnaires libèrent de l’acétylcholine. Celle-ci se fixe sur des récepteurs nicotiniques neuronaux, notés NnN_nNn​, portés par les neurones postganglionnaires.

Le récepteur NnN_nNn​ est ionotrope : il constitue un canal ionique dont l’ouverture rapide dépolarise le neurone postganglionnaire.

Terminaisons parasympathiques

Les neurones postganglionnaires parasympathiques libèrent également de l’acétylcholine, mais celle-ci agit sur des récepteurs muscariniques, qui sont métabotropes et couplés à des protéines G.

Deux sous-types dominent dans les effets viscéraux :

  • le récepteur M2M_2M2​, notamment cardiaque, diminue la production d’AMP cyclique, un second messager intracellulaire, et ralentit l’activité du cœur ;
  • le récepteur M3M_3M3​, présent sur les muscles lisses et les glandes, augmente le calcium intracellulaire, ce qui favorise généralement la contraction ou la sécrétion.

Terminaisons sympathiques

La plupart des neurones postganglionnaires sympathiques libèrent de la noradrénaline, qui agit sur des récepteurs adrénergiques :

  • α1\alpha_1α1​ favorise généralement la contraction des muscles lisses ;
  • α2\alpha_2α2​ exerce notamment une inhibition présynaptique de la libération de neurotransmetteurs ;
  • β1\beta_1β1​ stimule surtout les propriétés fonctionnelles du cœur ;
  • β2\beta_2β2​ provoque principalement la relaxation de certains muscles lisses ;
  • β3\beta_3β3​ participe à la mobilisation énergétique et à la relaxation du muscle vésical.

Les récepteurs α\alphaα et β\betaβ sont métabotropes. Les récepteurs α1\alpha_1α1​ augmentent principalement le calcium intracellulaire, les récepteurs α2\alpha_2α2​ diminuent l’AMP cyclique, tandis que les récepteurs β\betaβ augmentent généralement sa production.

À retenir

Schéma de transmission à connaître

Toutes les fibres préganglionnaires autonomes sont cholinergiques et activent des récepteurs NnN_nNn​. Les fibres postganglionnaires parasympathiques sont cholinergiques et muscariniques ; la majorité des fibres postganglionnaires sympathiques sont noradrénergiques et adrénergiques.

Deux particularités sympathiques

Les fibres sympathiques destinées aux glandes sudoripares libèrent de l’acétylcholine, qui agit principalement sur des récepteurs M3M_3M3​. Elles constituent donc une exception à la transmission postganglionnaire sympathique habituelle.

La médullosurrénale fonctionne comme un ganglion sympathique modifié. Ses cellules chromaffines reçoivent directement l’acétylcholine des fibres préganglionnaires par des récepteurs NnN_nNn​, puis libèrent des catécholamines, surtout de l’adrénaline, dans le sang. Leur action est ainsi hormonale et plus diffuse.

Effets sur les principaux organes

Les deux divisions exercent souvent des effets opposés, mais cet antagonisme n’est pas systématique. Certains organes reçoivent surtout une innervation sympathique, tandis que d’autres fonctions résultent d’une coopération séquentielle.

Comparaison

Principaux effets viscéraux

Organe ou fonctionSympathiqueParasympathique
Œildilatation pupillaire par α1\alpha_1α1​constriction pupillaire et accommodation par M3M_3M3​
Cœuraugmentation de la fréquence, de la conduction et de la contractilité par β1\beta_1β1​diminution de la fréquence et de la conduction par M2M_2M2​
Bronchesrelaxation du muscle lisse par β2\beta_2β2​contraction et augmentation des sécrétions par M3M_3M3​
Tube digestifdiminution de la motricité et des sécrétions, contraction des sphinctersaugmentation de la motricité et des sécrétions, relâchement fonctionnel des sphincters
Vessierelaxation du détrusor par β3\beta_3β3​ et contraction du sphincter interne par α1\alpha_1α1​contraction du détrusor par M3M_3M3​ et facilitation de la miction
Fonction génitaleémission et éjaculationvasodilatation favorisant l’érection

Régulation vasculaire, glandulaire et métabolique

La majorité des vaisseaux sanguins reçoit surtout une innervation sympathique. L’activation des récepteurs α1\alpha_1α1​ provoque une vasoconstriction, tandis que les récepteurs β2\beta_2β2​ permettent une vasodilatation dans certains territoires. Le parasympathique exerce peu de contrôle direct sur la plupart des vaisseaux.

Le sympathique stimule la sudation et mobilise les substrats énergétiques, notamment par la glycogénolyse et la lipolyse. Le parasympathique stimule principalement les sécrétions salivaires, lacrymales, digestives et pancréatiques.

Attention

Opposition sympathique-parasympathique

Il ne faut pas associer systématiquement le sympathique à une stimulation et le parasympathique à une inhibition. L’effet dépend du récepteur exprimé par l’organe : le sympathique accélère le cœur mais diminue la motricité digestive, tandis que le parasympathique produit les effets inverses.

Sensibilité viscérale et réflexes autonomes

Définition

Sensibilité viscérale

Ensemble des informations sensitives provenant des organes internes, renseignant le système nerveux central sur leur état mécanique, chimique ou lésionnel.

Les récepteurs viscéraux détectent notamment l’étirement d’une paroi, la pression, la composition chimique locale et les stimulations potentiellement dangereuses. Leurs fibres sont afférentes, c’est-à-dire dirigées de la périphérie vers le système nerveux central.

Ces fibres cheminent souvent avec les nerfs sympathiques ou parasympathiques, mais elles ne constituent pas la partie efférente du SNA. Leurs corps cellulaires se trouvent dans des ganglions sensitifs, puis leurs prolongements centraux atteignent la moelle épinière ou le tronc cérébral.

L’information viscérale peut déclencher un réflexe autonome :

  1. un récepteur viscéral détecte une variation ;
  2. une fibre afférente transmet l’information ;
  3. un centre médullaire ou encéphalique l’intègre ;
  4. une voie autonome efférente modifie l’activité de l’organe.

Une grande partie de cette information reste inconsciente et participe à l’homéostasie. Lorsqu’elle devient consciente, sa localisation est souvent imprécise. La convergence de fibres viscérales et somatiques sur des neurones centraux communs peut conduire à une douleur projetée, perçue dans un territoire somatique distinct de l’organe concerné. L’organisation détaillée des voies sensitives et motrices relève de la fiche suivante.

Points clés
  • Une voie autonome efférente comporte habituellement un neurone préganglionnaire, un ganglion et un neurone postganglionnaire.
  • Le sympathique est thoraco-lombaire, à ganglions proches de la moelle ; le parasympathique est crânio-sacré, à ganglions proches des organes.
  • Toutes les fibres préganglionnaires libèrent de l’acétylcholine sur des récepteurs nicotiniques NnN_nNn​.
  • Les fibres postganglionnaires parasympathiques sont cholinergiques et muscariniques ; la majorité des fibres sympathiques sont noradrénergiques et adrénergiques.
  • Les effets viscéraux dépendent du récepteur exprimé et ne se résument pas à une opposition entre stimulation et inhibition.
  • La sensibilité viscérale fournit l’entrée afférente des réflexes autonomes et peut être à l’origine d’une douleur projetée.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système nerveux.

  • Fiche 01Organisation fonctionnelle du système nerveux central et périphériqueSystème nerveux
  • Fiche 03Voies de la sensibilité et de la motricitéSystème nerveux
  • Fiche 01Homéostasie et milieu intérieurConcepts généraux
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