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Sommaire

  • 1Principes généraux d'une voie nerveuse
  • 2Organisation générale d'une voie sensitive
    • 2.1Du stimulus au premier neurone
    • 2.2La chaîne neuronale sensitive
  • 3Grandes voies somesthésiques
    • 3.1Cordons postérieurs et lemnisque médial
    • 3.2Système antérolatéral lock — section verrouillée
  • 4Voie motrice principale lock — section verrouillée
    • 4.1Organisation de la voie corticospinale lock — section verrouillée
    • 4.2Latéralisation de la commande lock — section verrouillée
  • 5Conséquences fonctionnelles d'une lésion motrice lock — section verrouillée
    • 5.1Syndrome du motoneurone central lock — section verrouillée
    • 5.2Syndrome du motoneurone périphérique lock — section verrouillée
    • 5.3Localiser la lésion lock — section verrouillée
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  5. Voies de la sensibilité et de la motricité

B8 · Système nerveux

Voies de la sensibilité et de la motricité

Décrire l'organisation générale d'une voie sensitive, de son récepteur à sa projection corticale. Présenter la voie motrice principale et les conséquences fonctionnelles d'une lésion selon son niveau.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principes généraux d'une voie nerveuse

Le système nerveux central comprend l'encéphale et la moelle épinière, tandis que le système nerveux périphérique réunit les nerfs et les ganglions situés hors de ces structures. Leur organisation générale est détaillée dans la fiche précédente du sous-bloc.

Les voies nerveuses sont des chaînes ordonnées de neurones. Une voie sensitive, ou afférente, conduit une information depuis un récepteur vers le système nerveux central. Une voie motrice, ou efférente, transmet une commande centrale vers un muscle effecteur.

Définition

Décussation

Croisement d'une voie nerveuse d'un côté vers le côté opposé du système nerveux central.

Le niveau auquel survient cette décussation détermine le côté du déficit provoqué par une lésion. Une voie croisée relie en effet un hémisphère cérébral au côté opposé du corps, mais une atteinte placée avant ou après son croisement n'a pas la même conséquence latérale.

Organisation générale d'une voie sensitive

Du stimulus au premier neurone

Définition

Récepteur sensoriel

Structure spécialisée qui détecte une variation physique ou chimique et la convertit en signal électrique utilisable par le système nerveux.

Cette conversion constitue la transduction sensorielle. Le signal initial est un potentiel récepteur gradué, dont l'amplitude dépend de l'intensité du stimulus. Lorsqu'il atteint le seuil d'excitation de la fibre afférente, il déclenche des potentiels d'action. L'intensité du stimulus est alors principalement codée par leur fréquence et par le nombre de récepteurs recrutés.

Exemple

Du potentiel récepteur aux potentiels d'action

Considérons un récepteur cutané dont le potentiel de repos est de −70 mV\pu{-70 mV}−70 mV et dont le seuil de déclenchement de la fibre afférente est de −60 mV\pu{-60 mV}−60 mV.

  • Un stimulus faible amène le potentiel à −63 mV\pu{-63 mV}−63 mV. La dépolarisation vaut −63−(−70)=7-63 - (-70) = 7−63−(−70)=7 mV. Le seuil n'est pas atteint : aucun potentiel d'action n'est émis.
  • Un stimulus plus intense amène le potentiel à −52 mV\pu{-52 mV}−52 mV. La dépolarisation vaut −52−(−70)=18-52 - (-70) = 18−52−(−70)=18 mV. Le seuil est dépassé : la fibre afférente émet des potentiels d'action à une fréquence de 50 Hz\pu{50 Hz}50 Hz.

Le potentiel récepteur varie graduellement avec l'intensité du stimulus, mais la fibre afférente ne déclenche des potentiels d'action qu'après franchissement du seuil. L'information sur une stimulation plus intense est alors portée par une fréquence de décharge plus élevée.

Chaque récepteur est spécialisé dans une modalité sensorielle, c'est-à-dire une catégorie d'information telle que le tact, la température, la nociception ou la proprioception. Cette spécialisation repose à la fois sur les propriétés du récepteur et sur la voie centrale qu'il active.

Définition

Champ récepteur

Région dont la stimulation modifie l'activité d'un neurone sensitif donné.

Des champs récepteurs petits et une forte densité de récepteurs permettent une localisation spatiale précise. Les informations issues de territoires voisins restent généralement ordonnées au cours de leur ascension, ce qui constitue une somatotopie.

La chaîne neuronale sensitive

Une voie somesthésique consciente comporte habituellement trois neurones successifs :

  1. Le neurone de premier ordre reçoit l'information périphérique. Son corps cellulaire se trouve dans un ganglion sensitif spinal ou crânien.
  2. Le neurone de deuxième ordre est situé dans la moelle épinière ou le tronc cérébral. Son axone décusse généralement, puis gagne le thalamus.
  3. Le neurone de troisième ordre est thalamique. Il projette vers le cortex somatosensoriel primaire du lobe pariétal.

Le thalamus constitue ainsi un relais majeur qui sélectionne, organise et transmet les informations sensitives destinées au cortex. La projection corticale rend possibles la perception consciente, la localisation et l'analyse de la qualité du stimulus.

Méthode

Analyser une voie sensitive

  1. Identifier la modalité détectée et le type de récepteur
  2. Localiser le corps cellulaire du neurone de premier ordre
  3. Repérer le premier relais central
  4. Déterminer le niveau de la décussation
  5. Suivre la projection thalamique puis corticale
  6. Déduire le côté du déficit produit par une lésion donnée

Grandes voies somesthésiques

Cordons postérieurs et lemnisque médial

La voie des cordons postérieurs et du lemnisque médial véhicule principalement le tact fin discriminatif, la sensibilité vibratoire et la proprioception consciente.

Les fibres du premier neurone pénètrent dans la moelle puis montent du même côté dans les cordons postérieurs. Elles atteignent leur premier relais dans la partie caudale du tronc cérébral. Les neurones de deuxième ordre y décussent, puis leurs axones forment le lemnisque médial et rejoignent le thalamus. Les neurones thalamiques projettent enfin vers le cortex somatosensoriel primaire.

Ainsi, dans la moelle, cette voie transporte encore une information ipsilatérale, c'est-à-dire issue du même côté. Au-dessus de sa décussation, elle transporte l'information du côté opposé.

Système antérolatéral

Le système antérolatéral, dont la principale composante est la voie spinothalamique, véhicule surtout la nociception, la sensibilité thermique et le tact grossier.

Le neurone de premier ordre entre dans la moelle et établit rapidement un relais dans la corne dorsale. Le neurone de deuxième ordre décusse alors dans la moelle, généralement à proximité du niveau d'entrée, puis monte du côté opposé jusqu'au thalamus. Le troisième neurone rejoint le cortex somatosensoriel.

Comparaison

Deux grandes voies somesthésiques

CritèreCordons postérieurs et lemnisque médialSystème antérolatéral
Modalités principalestact fin, vibration, proprioception conscientenociception, température, tact grossier
Premier relais centraltronc cérébral caudalcorne dorsale de la moelle
Lieu de décussationtronc cérébralmoelle épinière
Ascension dans la moelleipsilatéralecontrolatérale après le croisement
Conséquence d'une lésion médullaire unilatéraledéficit ipsilatéral sous la lésiondéficit controlatéral sous la lésion
À retenir

Règle de latéralisation sensitive

Une lésion située avant la décussation atteint la sensibilité du même côté que la voie lésée. Une lésion située après la décussation atteint la sensibilité du côté opposé.

Voie motrice principale

Organisation de la voie corticospinale

La commande volontaire principale emprunte la voie corticospinale, également appelée faisceau pyramidal. Elle relie le cortex moteur aux motoneurones qui commandent les muscles squelettiques.

Définition

Motoneurone central

Neurone dont le corps cellulaire est situé dans le cortex moteur et dont l'axone descend vers les structures motrices du tronc cérébral ou de la moelle.

Les axones corticospinaux naissent principalement du cortex moteur, descendent dans la substance blanche cérébrale, traversent la capsule interne puis le tronc cérébral. Dans la partie basse du tronc cérébral, la majorité d'entre eux croisent la ligne médiane lors de la décussation pyramidale. Ils forment ensuite le faisceau corticospinal latéral dans la moelle.

Ces fibres se terminent directement ou par l'intermédiaire d'interneurones sur les motoneurones de la corne antérieure. Une minorité descend initialement sans croiser dans le faisceau corticospinal antérieur et agit surtout sur les muscles axiaux, avec des projections fréquemment bilatérales.

Définition

Motoneurone périphérique

Neurone dont le corps cellulaire est situé dans la corne antérieure de la moelle ou dans un noyau moteur du tronc cérébral, et dont l'axone atteint directement le muscle squelettique.

Le motoneurone périphérique constitue la voie finale commune de la motricité : quelle que soit l'origine de la commande, la contraction musculaire dépend de son intégrité. Son axone quitte la moelle par la racine ventrale, rejoint un nerf périphérique puis se termine à la jonction neuromusculaire.

Latéralisation de la commande

Au-dessus de la décussation pyramidale, chaque hémisphère commande principalement le côté opposé du corps. Après la décussation, dans la moelle, le faisceau corticospinal latéral contrôle principalement les muscles du même côté.

À retenir

Une lésion corticospinale au-dessus de la décussation pyramidale entraîne un déficit moteur controlatéral. Une lésion médullaire du faisceau corticospinal latéral entraîne un déficit ipsilatéral sous la lésion.

Conséquences fonctionnelles d'une lésion motrice

Syndrome du motoneurone central

Une lésion du motoneurone central interrompt la commande descendante et réduit le contrôle inhibiteur exercé sur les circuits réflexes médullaires. Elle provoque donc une faiblesse associée à une augmentation secondaire de l'excitabilité réflexe.

Le syndrome pyramidal associe principalement :

  • une faiblesse ou une paralysie ;
  • une hypertonie spastique, dépendante de la vitesse d'étirement ;
  • une exagération des réflexes ostéotendineux ;
  • une extension anormale du gros orteil lors de la recherche du réflexe cutané plantaire ;
  • une amyotrophie habituellement modérée et tardive, liée surtout à la diminution d'utilisation.

Syndrome du motoneurone périphérique

Une lésion du motoneurone périphérique coupe le lien direct entre la moelle et le muscle. Le muscle est dénervé et les arcs réflexes utilisant ce neurone sont interrompus.

Elle entraîne :

  • une faiblesse ou une paralysie limitée au territoire atteint ;
  • une hypotonie flasque ;
  • une diminution ou une abolition des réflexes correspondants ;
  • une amyotrophie neurogène marquée ;
  • des fasciculations possibles, correspondant à des contractions visibles et involontaires d'unités motrices.
Comparaison

Atteinte motrice centrale et périphérique

CritèreLésion du motoneurone centralLésion du motoneurone périphérique
Tonus musculaireaugmenté, spastiquediminué, flasque
Réflexes ostéotendineuxaugmentésdiminués ou abolis
Réflexe cutané plantaireextension anormale possiblepas d'extension pyramidale
Amyotrophiemodérée et tardiveimportante et précoce
Fasciculationsabsentespossibles
Répartitionterritoire sous la lésionmuscles dépendant du neurone lésé
Attention

Phase aiguë d'une lésion centrale

Une lésion centrale brutale peut initialement provoquer une hypotonie et une diminution des réflexes. Cette phase transitoire ne doit pas être confondue avec une atteinte du motoneurone périphérique.

Localiser la lésion

La combinaison du côté atteint, des modalités sensitives perdues et du type de syndrome moteur permet une localisation fonctionnelle :

  • une atteinte cérébrale située avant les décussations produit habituellement des déficits controlatéraux ;
  • une atteinte médullaire unilatérale peut associer un déficit moteur ipsilatéral et des déficits sensitifs dont le côté dépend de la voie concernée ;
  • une atteinte de la corne antérieure, d'une racine motrice ou d'un nerf périphérique produit un syndrome du motoneurone périphérique dans son territoire ;
  • une atteinte corticale peut perturber davantage l'organisation volontaire élaborée, tandis qu'une atteinte profonde regroupant de nombreuses fibres peut provoquer un déficit moteur plus étendu.
Points clés
  • Une voie sensitive relie un récepteur à un premier relais central, au thalamus puis au cortex somatosensoriel.
  • Le niveau de décussation détermine si une lésion provoque un déficit ipsilatéral ou controlatéral.
  • Les cordons postérieurs croisent dans le tronc cérébral, tandis que le système antérolatéral croise dans la moelle.
  • La voie corticospinale descend du cortex moteur et croise majoritairement lors de la décussation pyramidale.
  • Une lésion motrice centrale donne secondairement spasticité et hyperréflexie, tandis qu'une lésion périphérique donne flaccidité, aréflexie et amyotrophie neurogène.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système nerveux.

  • Fiche 01Organisation fonctionnelle du système nerveux central et périphériqueSystème nerveux
  • Fiche 02Système nerveux autonome : sympathique et parasympathiqueSystème nerveux
  • Fiche 01Homéostasie et milieu intérieurConcepts généraux
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    • 4.1Organisation de la voie corticospinale lock — section verrouillée
    • 4.2Latéralisation de la commande lock — section verrouillée
  • 5Conséquences fonctionnelles d'une lésion motrice lock — section verrouillée
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    • 5.2Syndrome du motoneurone périphérique lock — section verrouillée
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