B3 · Réplication et intégrité
Systèmes de réparation de l'ADN
Décrire les voies de réparation par excision de base, par excision de nucléotide et des mésappariements. Présenter la réparation des cassures double brin par recombinaison et jonction d'extrémités, et les conséquences de leur défaillance.
Biologie moléculaire et génome7 min de lecture17 QCM corrigés
Maintenir l’intégrité de l’ADN
L’ADN subit continuellement des altérations chimiques ou physiques. Certaines modifient une base, d’autres déforment la double hélice ou rompent son squelette phosphodiester. La nature de ces lésions et les agents qui les provoquent relèvent de la fiche sur les mutations et agents mutagènes. Ici, l’objectif est de comprendre comment la cellule reconnaît, élimine puis remplace la portion endommagée.
Une lésion n’est pas nécessairement une mutation. La lésion est une anomalie matérielle de l’ADN, tandis qu’une mutation est une modification stable de sa séquence. Une réparation correcte élimine la lésion avant sa fixation en mutation.
La plupart des voies suivent une logique commune :
- reconnaissance de l’anomalie ;
- excision de la base ou du fragment endommagé ;
- synthèse d’ADN utilisant le brin intact comme matrice ;
- soudure finale par une ADN ligase.
Réparation par excision de base
La BER agit de manière très localisée. La cellule ne retire initialement que la base anormale, puis remplace un court segment.
Étapes de la BER
La réparation peut remplacer un seul nucléotide ou un court fragment. Dans les deux cas, l’information correcte est fournie par la complémentarité avec le brin opposé.
Réparation par excision de nucléotides
Contrairement à la BER, la NER ne reconnaît pas principalement la nature chimique précise d’une base. Elle détecte surtout une anomalie de structure de l’hélice. Un oligonucléotide entier entourant la lésion est retiré.
Deux modes de reconnaissance peuvent déclencher la même machinerie réparatrice :
- la réparation globale du génome surveille l’ensemble de l’ADN ;
- la réparation couplée à la transcription agit lorsqu’une ARN polymérase est bloquée sur le brin transcrit.
Réparation des mésappariements
La MMR complète la fonction de relecture des ADN polymérases, étudiée avec la réplication. Sa difficulté essentielle consiste à déterminer lequel des deux brins porte l’erreur : le système doit corriger le brin nouvellement synthétisé, et non utiliser celui-ci comme référence.
Chez les eucaryotes, des complexes apparentés à MutS reconnaissent le mésappariement, puis des complexes apparentés à MutL coordonnent l’excision. Des discontinuités transitoires du brin néosynthétisé contribuent à son identification.
Réparation des cassures double brin
Une cassure double brin est particulièrement dangereuse, car aucun brin intact ne traverse localement la lésion pour servir immédiatement de matrice. Deux stratégies principales peuvent restaurer la continuité : la recombinaison homologue et la jonction non homologue des extrémités.
Recombinaison homologue
Après résection des extrémités, des régions simple brin sont produites. La protéine RAD51 favorise la recherche d’une séquence homologue et l’invasion de cette matrice. Une ADN polymérase restaure alors l’information manquante, puis les intermédiaires de recombinaison sont résolus.
Cette voie est particulièrement disponible après la réplication, pendant les phases S et G2 du cycle cellulaire, lorsque la chromatide sœur est présente. Grâce à sa matrice homologue, elle est généralement fidèle.
Jonction non homologue des extrémités
Les protéines Ku se fixent aux extrémités rompues et les maintiennent proches. Les extrémités peuvent subir une maturation enzymatique si elles ne sont pas directement compatibles, puis le complexe comprenant l’ADN ligase IV réalise leur jonction.
Cette voie peut fonctionner pendant une grande partie du cycle cellulaire, notamment lorsque la chromatide sœur n’est pas disponible. Elle est rapide, mais la maturation des extrémités peut entraîner la perte ou l’ajout de quelques nucléotides.
Conséquences d’une défaillance de réparation
Une lésion non réparée peut bloquer la réplication ou la transcription. Si la cellule ne peut pas restaurer son ADN, elle peut arrêter son cycle, entrer en sénescence ou déclencher l’apoptose. Ces réponses évitent la transmission d’un génome gravement altéré.
Si la cellule survit malgré une réparation absente ou fautive, les conséquences sont durables :
- fixation de mutations ponctuelles après réplication d’une base altérée ;
- accumulation de petites insertions ou délétions lors d’un déficit de MMR ;
- perte d’information aux extrémités d’une cassure ;
- jonction d’extrémités provenant de cassures différentes ;
- instabilité chromosomique et transmission des anomalies aux cellules filles.
La mauvaise réparation des cassures peut ainsi produire des remaniements chromosomiques, dont la classification détaillée appartient à la fiche suivante. L’accumulation de mutations dans les gènes contrôlant la prolifération, le cycle cellulaire ou la réparation elle-même favorise la transformation tumorale.
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