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Sommaire

  • 1Bilan thermique de l'organisme
  • 2Production de chaleur
    • 2.1Thermogenèse métabolique
  • 3Échanges thermiques avec l'environnement
    • 3.1Conduction, convection et rayonnement
    • 3.2Évaporation
  • 4Régulation de la température
    • 4.1Capteurs, centre intégrateur et effecteurs lock — section verrouillée
  • 5Dysfonctionnements thermiques et fièvre lock — section verrouillée
  • 6Organisation des rythmes biologiques lock — section verrouillée
  • 7Horloge hypothalamique et synchroniseurs lock — section verrouillée
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B8 · Concepts généraux

Thermorégulation et rythmes biologiques

Décrire les échanges thermiques de l'organisme et les mécanismes de production et de déperdition de chaleur. Présenter les dysfonctionnements thermiques, la fièvre, ainsi que l'horloge hypothalamique et les synchroniseurs des rythmes biologiques.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Bilan thermique de l'organisme

La thermorégulation maintient la température interne dans un domaine compatible avec le fonctionnement des enzymes, des membranes et des organes. Elle repose sur un équilibre dynamique entre la chaleur produite par l'organisme et celle échangée avec l'environnement.

Définition

Température centrale

Température des compartiments profonds de l'organisme, notamment du sang et des organes internes. Elle est beaucoup plus étroitement régulée que la température des tissus périphériques.

La température corporelle n'est donc pas uniforme. On distingue :

  • un noyau central, relativement stable et fortement perfusé ;
  • une enveloppe périphérique, comprenant notamment la peau et les extrémités, dont la température varie davantage avec les conditions extérieures.

L'enveloppe périphérique joue un rôle d'interface thermique. En modifiant son débit sanguin, l'organisme règle le transfert de chaleur depuis le noyau central vers la surface.

Formule

Bilan thermique de l'organisme

dSdt=M−W+Qrad+Qconv+Qcond−Qeˊvap\frac{\mathrm{d}S}{\mathrm{d}t} = M-W+Q_{\mathrm{rad}}+Q_{\mathrm{conv}}+Q_{\mathrm{cond}}-Q_{\text{évap}}dtdS​=M−W+Qrad​+Qconv​+Qcond​−Qeˊvap​
  • SSS : énergie thermique stockée dans l'organisme, en joules
  • ttt : temps, en secondes
  • MMM : puissance thermique produite par le métabolisme, en watts
  • WWW : puissance mécanique fournie au milieu extérieur, en watts
  • QradQ_{\mathrm{rad}}Qrad​ : puissance thermique nette reçue par rayonnement, en watts
  • QconvQ_{\mathrm{conv}}Qconv​ : puissance thermique nette reçue par convection, en watts
  • QcondQ_{\mathrm{cond}}Qcond​ : puissance thermique nette reçue par conduction, en watts
  • QeˊvapQ_{\text{évap}}Qeˊvap​ : puissance thermique perdue par évaporation, en watts

Lorsque dS/dt=0\mathrm{d}S/\mathrm{d}t=0dS/dt=0, le contenu thermique est stable. Un bilan positif élève la température corporelle, tandis qu'un bilan négatif l'abaisse.

Exemple

Calcul d'un bilan thermique positif

Considérons un organisme dont le bilan thermique instantané comporte les puissances suivantes :

  • production métabolique : M=100 WM = \pu{100 W}M=100 W ;
  • travail mécanique fourni : W=20 WW = \pu{20 W}W=20 W ;
  • gain par rayonnement : Qrad=15 WQ_{\mathrm{rad}} = \pu{15 W}Qrad​=15 W ;
  • perte par convection : Qconv=−10 WQ_{\mathrm{conv}} = \pu{-10 W}Qconv​=−10 W ;
  • échange par conduction nul : Qcond=0 WQ_{\mathrm{cond}} = \pu{0 W}Qcond​=0 W ;
  • perte par évaporation : Qeˊvap=60 WQ_{\text{évap}} = \pu{60 W}Qeˊvap​=60 W.

Le bilan vaut :

dSdt=100−20+15−10+0−60=25 W\frac{\mathrm{d}S}{\mathrm{d}t} = 100 - 20 + 15 - 10 + 0 - 60 = \pu{25 W}dtdS​=100−20+15−10+0−60=25 W

Le bilan est positif : l'organisme stocke de la chaleur à la puissance de 25 W\pu{25 W}25 W. Si cette situation persiste sans compensation régulatrice, sa température corporelle augmente.

Production de chaleur

Définition

Thermogenèse

Ensemble des mécanismes qui produisent de la chaleur dans l'organisme.

La chaleur provient principalement des transformations métaboliques. La conversion de l'énergie chimique des nutriments n'est jamais intégralement transformée en travail utile : une part importante est dissipée sous forme thermique.

Thermogenèse métabolique

Le métabolisme basal correspond à la dépense énergétique minimale d'un organisme éveillé, au repos et dans des conditions thermiques neutres. Il entretient les gradients ioniques, les synthèses cellulaires et le fonctionnement des organes.

La thermogenèse peut augmenter sous l'action :

  • de l'activité musculaire volontaire ;
  • du frisson thermique, succession de contractions musculaires involontaires produisant peu de travail externe mais beaucoup de chaleur ;
  • de la stimulation sympathique et de médiateurs hormonaux qui accélèrent certaines réactions métaboliques ;
  • de la thermogenèse sans frisson, particulièrement associée au tissu adipeux brun, où l'énergie issue de l'oxydation est dissipée en chaleur plutôt que conservée sous forme d'ATP.

La digestion et le traitement métabolique des nutriments augmentent également temporairement la production thermique.

Échanges thermiques avec l'environnement

Définition

Thermolyse

Ensemble des mécanismes par lesquels l'organisme transfère de la chaleur vers son environnement.

Les échanges de chaleur dépendent du gradient de température entre la peau et le milieu extérieur, de la surface exposée, des propriétés physiques du milieu et des vêtements.

Comparaison

Modes d'échange thermique

MécanismePrincipeCondition déterminante
Conductiontransfert par contact direct entre deux milieuxdifférence de température et conductivité
Convectiontransfert par déplacement d'un fluide au voisinage de la peauvitesse de circulation de l'air ou de l'eau
Rayonnementéchange d'énergie électromagnétique sans contact directdifférence de température entre les surfaces
Évaporationconsommation de chaleur lors du passage de l'eau à l'état gazeuxhumidité ambiante et ventilation

Conduction, convection et rayonnement

La conduction transfère directement la chaleur entre la peau et un milieu en contact avec elle. La convection renouvelle le fluide situé au voisinage de la peau, ce qui entretient le gradient thermique. Le rayonnement permet des échanges à distance entre surfaces.

Ces trois échanges sont bidirectionnels : ils entraînent une perte ou un gain de chaleur selon le sens du gradient thermique.

Évaporation

L'évaporation est toujours une perte de chaleur pour l'organisme, car la vaporisation de l'eau consomme de l'énergie. Elle comprend l'évaporation insensible par la peau et les voies respiratoires, ainsi que la sudation, sécrétion contrôlée de sueur.

Lorsque la température extérieure se rapproche de celle de la peau ou la dépasse, l'évaporation devient le principal moyen de thermolyse. Son efficacité diminue si l'air est fortement humide, car le gradient de pression de vapeur d'eau entre la peau et l'environnement s'affaiblit.

Attention

Sudation et refroidissement

La sécrétion de sueur ne refroidit pas directement l'organisme. Seule son évaporation retire de la chaleur ; une sueur qui reste liquide ou ruisselle est thermiquement peu efficace.

Régulation de la température

La logique générale du rétrocontrôle est développée dans la fiche précédente consacrée aux boucles de régulation ; la thermorégulation en constitue une mise en œuvre physiologique.

Capteurs, centre intégrateur et effecteurs

Des thermorécepteurs périphériques, situés notamment dans la peau, détectent les variations du milieu extérieur. Des thermorécepteurs centraux renseignent sur la température du sang et des structures profondes.

L'hypothalamus compare ces informations à une valeur de consigne thermique. Il commande ensuite des réponses autonomes, endocrines, motrices et comportementales.

En situation de gain thermique excessif :

  • la vasodilatation cutanée augmente le transfert de chaleur vers la peau ;
  • la sudation augmente la perte par évaporation ;
  • la production métabolique de chaleur diminue dans les limites physiologiques.

En situation de perte thermique excessive :

  • la vasoconstriction cutanée réduit les échanges entre le noyau et la surface ;
  • le frisson augmente la thermogenèse musculaire ;
  • la thermogenèse sans frisson peut être stimulée ;
  • les conduites visant à limiter l'exposition ou à produire de la chaleur sont favorisées.
À retenir

Principe de la thermorégulation

La température centrale dépend simultanément du bilan thermique et d'une régulation hypothalamique en rétrocontrôle négatif : toute déviation par rapport à la consigne déclenche des réponses qui s'opposent à cette déviation.

Dysfonctionnements thermiques et fièvre

Définition

Hypothermie

Abaissement pathologique de la température centrale lorsque les pertes de chaleur dépassent durablement la thermogenèse et les capacités de régulation.

L'hypothermie ralentit les réactions métaboliques et altère progressivement les fonctions nerveuses, cardiovasculaires et respiratoires. Le frisson peut disparaître lorsque l'épuisement énergétique et l'atteinte neurologique deviennent importants.

Définition

Hyperthermie

Élévation non régulée de la température centrale, sans augmentation de la consigne hypothalamique, lorsque la production ou l'apport de chaleur dépasse les capacités de thermolyse.

L'hyperthermie peut résulter d'une thermogenèse excessive, d'une exposition thermique importante ou d'une évaporation inefficace. Les mécanismes thermolytiques sont activés, mais deviennent insuffisants.

Définition

Fièvre

Élévation régulée de la température centrale provoquée par une augmentation de la consigne hypothalamique sous l'action de médiateurs pyrogènes.

Des médiateurs inflammatoires favorisent la production hypothalamique de prostaglandine E2\mathrm{E_2}E2​. La consigne thermique augmente : la température réelle est alors perçue comme trop basse. Une vasoconstriction et des frissons élèvent la température jusqu'à la nouvelle consigne.

Lorsque les médiateurs pyrogènes diminuent ou que leur action est bloquée, la consigne revient vers sa valeur antérieure. L'organisme se trouve alors momentanément trop chaud par rapport à cette consigne, ce qui déclenche vasodilatation et sudation.

Attention

Fièvre ou hyperthermie

Dans la fièvre, la consigne hypothalamique est augmentée et les réponses thermorégulatrices restent organisées autour de cette nouvelle valeur. Dans l'hyperthermie, la consigne n'est pas modifiée : les mécanismes de refroidissement sont simplement dépassés.

Organisation des rythmes biologiques

Définition

Rythme biologique

Variation régulière et prévisible d'une fonction physiologique au cours du temps, caractérisée par une période, une phase et une amplitude.

La période est la durée d'un cycle complet. La phase situe un événement dans le cycle. L'amplitude mesure l'écart entre les valeurs extrêmes et le niveau moyen.

Comparaison

Classification selon la période

Type de rythmePériode
Ultradieninférieure à environ vingt-quatre heures
Circadienproche de vingt-quatre heures
Infradiensupérieure à environ vingt-quatre heures

Un rythme endogène persiste en l'absence de repères extérieurs, ce qui révèle l'existence d'une horloge interne. Sa période spontanée n'étant pas nécessairement égale à vingt-quatre heures, il doit être quotidiennement ajusté au milieu.

Horloge hypothalamique et synchroniseurs

L'horloge circadienne principale se situe dans les noyaux suprachiasmatiques de l'hypothalamus. Leurs neurones possèdent des boucles moléculaires de transcription et de traduction : certains produits géniques finissent par inhiber leur propre production, créant une oscillation autonome.

La lumière est détectée par des cellules ganglionnaires rétiniennes photosensibles, puis l'information atteint les noyaux suprachiasmatiques par la voie rétinohypothalamique. Cette entrée lumineuse ajuste la phase de l'horloge au cycle extérieur.

Définition

Synchroniseur

Signal périodique externe capable d'ajuster la période ou la phase d'une horloge biologique endogène.

Le cycle lumière-obscurité constitue le synchroniseur principal. Les horaires d'activité, de prise alimentaire et les interactions sociales contribuent aussi à l'ajustement temporel, notamment celui des horloges périphériques présentes dans les organes.

Les noyaux suprachiasmatiques coordonnent des sorties nerveuses, endocrines et comportementales. Ils contrôlent indirectement la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale. Cette hormone est principalement libérée pendant l'obscurité et transmet à l'organisme une information temporelle nocturne.

À retenir

Hiérarchie des horloges

Les noyaux suprachiasmatiques constituent l'horloge circadienne centrale. La lumière les synchronise par une information rétinienne, puis ils coordonnent les horloges périphériques et les rythmes physiologiques.

La température centrale elle-même suit une oscillation circadienne. La thermorégulation ne vise donc pas une valeur absolument constante : la consigne et les réponses physiologiques varient de manière organisée selon le temps biologique.

Points clés
  • Le contenu thermique augmente lorsque la production et les gains de chaleur dépassent les pertes
  • La thermogenèse repose surtout sur le métabolisme, l'activité musculaire, le frisson et la thermogenèse sans frisson
  • La thermolyse utilise la conduction, la convection, le rayonnement et l'évaporation
  • La fièvre augmente la consigne hypothalamique, contrairement à l'hyperthermie
  • Les noyaux suprachiasmatiques forment l'horloge circadienne centrale
  • La lumière est le principal synchroniseur des rythmes circadiens

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Concepts généraux.

  • Fiche 01Homéostasie et milieu intérieurConcepts généraux
  • Fiche 02Boucles de rétrocontrôle négatif et positifConcepts généraux
  • Fiche 01Potentiel de repos et potentiel d'actionPhysiologie cellulaire et neuromusculaire
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