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Sommaire

  • 1Origine électrique du potentiel membranaire
    • 1.1Gradients chimique et électrique
  • 2Le potentiel de repos
    • 2.1Maintien des gradients ioniques
  • 3Déclenchement du potentiel d’action lock — section verrouillée
  • 4Phases du potentiel d’action lock — section verrouillée
    • 4.1Dépolarisation rapide lock — section verrouillée
    • 4.2Inactivation sodique et repolarisation lock — section verrouillée
    • 4.3Hyperpolarisation transitoire lock — section verrouillée
  • 5Périodes réfractaires lock — section verrouillée
    • 5.1Période réfractaire absolue lock — section verrouillée
    • 5.2Période réfractaire relative lock — section verrouillée
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B8 · Physiologie cellulaire et neuromusculaire

Potentiel de repos et potentiel d'action

Relier le potentiel de repos aux gradients ioniques et aux perméabilités membranaires. Décrire les phases du potentiel d'action, les canaux voltage-dépendants impliqués et les périodes réfractaires.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Origine électrique du potentiel membranaire

La membrane plasmique sépare deux milieux contenant des ions à des concentrations différentes. Comme sa bicouche lipidique est peu perméable aux particules chargées, les ions ne la traversent efficacement que par des canaux ioniques ou des transporteurs. La répartition inégale des charges de part et d’autre de la membrane crée une différence de potentiel électrique.

Définition

Potentiel de membrane VmV_mVm​

Différence de potentiel électrique entre la face intracellulaire et la face extracellulaire de la membrane, définie par Vm=Vint−VextV_m = V_{\mathrm{int}} - V_{\mathrm{ext}}Vm​=Vint​−Vext​ et exprimée en volts, généralement en millivolts.

Un potentiel membranaire négatif signifie donc que l’intérieur de la cellule est électriquement négatif par rapport au milieu extracellulaire. Cette différence de potentiel repose sur une séparation très faible de charges au voisinage de la membrane, sans remise en cause de l’électroneutralité globale des milieux intra- et extracellulaires.

Gradients chimique et électrique

Pour un ion donné, deux forces déterminent le sens de son déplacement :

  • le gradient chimique, qui tend à déplacer l’ion du milieu où il est le plus concentré vers celui où il l’est moins ;
  • le gradient électrique, qui attire les cations vers le compartiment négatif et les anions vers le compartiment positif.

Leur combinaison constitue le gradient électrochimique. Lorsque les forces chimiques et électriques se compensent exactement, l’ion est à l’équilibre et son flux net est nul.

Définition

Potentiel d'équilibre d'un ion EiE_iEi​

Valeur du potentiel membranaire pour laquelle le gradient électrique compense exactement le gradient chimique de l’ion iii, de sorte que son flux net à travers la membrane est nul.

Formule

Relation de Nernst

Ei=RTziFln⁡([i]ext[i]int)E_i = \frac{RT}{z_iF}\ln\left(\frac{[i]_{\mathrm{ext}}}{[i]_{\mathrm{int}}}\right)Ei​=zi​FRT​ln([i]int​[i]ext​​)
  • EiE_iEi​ : potentiel d’équilibre de l’ion iii, en volts
  • RRR : constante des gaz parfaits, en joules par mole et par kelvin
  • TTT : température absolue, en kelvins
  • ziz_izi​ : valence algébrique de l’ion iii, sans unité
  • FFF : constante de Faraday, en coulombs par mole
  • [i]ext[i]_{\mathrm{ext}}[i]ext​ : concentration extracellulaire de l’ion iii
  • [i]int[i]_{\mathrm{int}}[i]int​ : concentration intracellulaire de l’ion iii
  • ln⁡\lnln : logarithme népérien

La relation de Nernst décrit un ion isolé. Une membrane réelle étant perméable à plusieurs ions, son potentiel dépend simultanément de leurs gradients et de leurs perméabilités relatives.

Exemple

Calcul du potentiel d’équilibre du potassium

Pour le potassium, les concentrations peuvent être prises égales à 4 mmol ⋅ L−1\pu{4 mmol.L^{-1}}4 mmol⋅L−1 dans le milieu extracellulaire et à 140 mmol ⋅ L−1\pu{140 mmol.L^{-1}}140 mmol⋅L−1 dans le milieu intracellulaire. À 37 °C\pu{37 \degree C}37 °C, soit 310 K\pu{310 K}310 K, la valence du potassium vaut zK=+1z_K=+1zK​=+1.

EK=8,314×3101×96485ln⁡(4140)E_K=\frac{8{,}314\times310}{1\times96485}\ln\left(\frac{4}{140}\right)EK​=1×964858,314×310​ln(1404​)EK=0,0267×(−3,56) V=−0,095 VE_K=0{,}0267\times\left(-3{,}56\right)\ \mathrm{V}=-0{,}095\ \mathrm{V}EK​=0,0267×(−3,56) V=−0,095 V

Ainsi, EK=−95 mVE_K=\pu{-95 mV}EK​=−95 mV. À cette valeur de potentiel membranaire, la force électrique qui attire les ions potassium vers l’intérieur compense exactement leur tendance chimique à sortir : le flux net de potassium est nul.

Le potentiel de repos

Définition

Potentiel de repos

Valeur stable du potentiel membranaire d’une cellule excitable lorsqu’elle ne produit pas de potentiel d’action. Il résulte des gradients ioniques préexistants et de la perméabilité sélective de la membrane.

Au repos, la membrane possède de nombreux canaux de fuite, ouverts indépendamment d’une variation rapide du potentiel. La perméabilité au potassium KX+\ce{K+}KX+ est généralement supérieure à celle au sodium NaX+\ce{Na+}NaX+. Le potassium tend donc à sortir selon son gradient chimique, laissant localement des charges négatives du côté intracellulaire. La négativité croissante de l’intérieur s’oppose ensuite à cette sortie.

Le potentiel de repos se rapproche ainsi du potentiel d’équilibre de l’ion auquel la membrane est le plus perméable, sans lui être nécessairement égal. Une faible perméabilité au sodium permet en effet une entrée de NaX+\ce{Na+}NaX+ qui déplace le potentiel vers des valeurs moins négatives.

La contribution d’un ion au potentiel membranaire dépend de sa conductance membranaire, c’est-à-dire de la facilité avec laquelle il traverse la membrane par ses canaux ouverts.

Formule

Courant ionique membranaire

Ii=gi(Vm−Ei)I_i = g_i\left(V_m - E_i\right)Ii​=gi​(Vm​−Ei​)
  • IiI_iIi​ : courant porté par l’ion iii
  • gig_igi​ : conductance membranaire pour l’ion iii
  • VmV_mVm​ : potentiel de membrane
  • EiE_iEi​ : potentiel d’équilibre de l’ion iii

La différence Vm−EiV_m-E_iVm​−Ei​ constitue la force électromotrice appliquée à l’ion. Si Vm=EiV_m=E_iVm​=Ei​, aucun courant net n’est produit, même si les canaux correspondants sont ouverts. Inversement, ouvrir davantage de canaux augmente gig_igi​ et attire VmV_mVm​ vers EiE_iEi​.

Maintien des gradients ioniques

La pompe sodium-potassium, ou NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase, expulse trois ions NaX+\ce{Na+}NaX+ et fait entrer deux ions KX+\ce{K+}KX+ en consommant de l’ATP. Elle maintient les gradients nécessaires au potentiel de repos en compensant les fuites ioniques. Son fonctionnement est électrogène, mais son rôle essentiel est le maintien à long terme des différences de concentration.

À retenir

Le potentiel de repos n’est pas créé par la seule pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase. Il dépend principalement des gradients ioniques entretenus par cette pompe et des perméabilités relatives de la membrane, dominées au repos par les canaux de fuite potassiques.

Déclenchement du potentiel d’action

Définition

Potentiel d'action

Variation rapide, transitoire et stéréotypée du potentiel membranaire d’une cellule excitable, produite par l’ouverture et la fermeture séquentielles de canaux ioniques voltage-dépendants.

Une stimulation peut rendre le potentiel moins négatif : c’est une dépolarisation. Si celle-ci atteint le seuil, l’ouverture de canaux sodiques voltage-dépendants devient suffisamment importante pour déclencher une rétroaction positive.

L’entrée de NaX+\ce{Na+}NaX+ dépolarise la membrane, ce qui ouvre davantage de canaux sodiques, augmente encore l’entrée de sodium et accélère la dépolarisation. Cette amplification régénérative explique la loi du tout ou rien : sous le seuil, aucun potentiel d’action complet n’apparaît ; au seuil ou au-dessus, un potentiel d’action d’amplitude stéréotypée est produit.

Attention

Seuil et intensité de la réponse

Un stimulus plus intense ne produit pas un potentiel d’action individuellement plus ample. Dès que le seuil est franchi, l’amplitude dépend surtout des gradients ioniques et des propriétés des canaux, non de l’intensité supplémentaire du stimulus.

Phases du potentiel d’action

Dépolarisation rapide

Les canaux sodiques voltage-dépendants possèdent un mécanisme d’activation rapide. Leur ouverture augmente fortement la conductance au sodium. Comme le potentiel membranaire est initialement éloigné du potentiel d’équilibre du sodium, le NaX+\ce{Na+}NaX+ entre dans la cellule et VmV_mVm​ se rapproche de ENaX+E_{\ce{Na+}}ENaX+​.

Le potentiel peut dépasser zéro : cette partie positive est appelée inversion de polarité. Il n’atteint toutefois pas exactement ENaX+E_{\ce{Na+}}ENaX+​, car les canaux sodiques commencent rapidement à s’inactiver et d’autres conductances apparaissent.

Inactivation sodique et repolarisation

Après leur ouverture, les canaux sodiques passent dans un état inactivé. Dans cet état, ils ne peuvent plus conduire le sodium ni être immédiatement réouverts par une nouvelle dépolarisation.

Parallèlement, les canaux potassiques voltage-dépendants s’activent avec retard. L’augmentation de la conductance au KX+\ce{K+}KX+ provoque une sortie de potassium qui ramène le potentiel vers des valeurs négatives : c’est la repolarisation.

Hyperpolarisation transitoire

Les canaux potassiques se ferment lentement. Leur conductance peut donc rester supérieure à sa valeur de repos après la repolarisation. Le potentiel se rapproche transitoirement davantage de EKX+E_{\ce{K+}}EKX+​ et devient plus négatif que le potentiel de repos : c’est l’hyperpolarisation postérieure.

La fermeture progressive des canaux potassiques, associée aux conductances de fuite, ramène ensuite la membrane à son potentiel de repos. La pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase maintient les gradients à long terme, mais n’est pas responsable de la repolarisation rapide de chaque potentiel d’action.

Comparaison

États fonctionnels du canal sodique voltage-dépendant

ÉtatActivationInactivationConductance au NaX+\ce{Na+}NaX+
Fermé disponibleferméelevéefaible
Ouvertouvertelevéeélevée
Inactivéouverte ou en fermetureprésentenulle

La repolarisation permet progressivement le retour de l’état inactivé vers l’état fermé disponible.

Périodes réfractaires

Définition

Période réfractaire

Intervalle suivant le déclenchement d’un potentiel d’action pendant lequel l’excitabilité membranaire est nulle ou diminuée.

Période réfractaire absolue

Pendant la période réfractaire absolue, aucun nouveau potentiel d’action ne peut être déclenché, quelle que soit l’intensité de la stimulation. Une proportion importante des canaux sodiques est inactivée et ne peut redevenir disponible qu’après une repolarisation suffisante.

Cette période commence dès la dépolarisation et couvre une grande partie de la repolarisation. Elle limite la fréquence maximale de production des potentiels d’action.

Période réfractaire relative

Pendant la période réfractaire relative, un nouveau potentiel d’action peut être déclenché, mais il nécessite une dépolarisation plus importante qu’au repos. Une partie des canaux sodiques est redevenue disponible, tandis que la conductance potassique demeure élevée et que la membrane peut être hyperpolarisée.

Comparaison

Périodes réfractaires

CritèreAbsolueRelative
Déclenchement d’un nouveau potentiel d’actionimpossiblepossible avec une dépolarisation plus forte
Cause principaleinactivation des canaux sodiquesconductance potassique élevée et récupération incomplète des canaux sodiques
Position temporelledépolarisation et début de repolarisationfin de repolarisation et hyperpolarisation
À retenir

L’ouverture des canaux sodiques déclenche la dépolarisation, leur inactivation interrompt l’entrée de sodium, puis l’ouverture retardée des canaux potassiques assure la repolarisation. Les périodes réfractaires découlent directement de la cinétique de ces canaux.

La manière dont les courants locaux déclenchent un potentiel d’action dans les régions voisines de la membrane relève de la fiche consacrée à la propagation et au rôle de la myéline.

Points clés
  • Le potentiel de repos résulte des gradients ioniques et des perméabilités membranaires relatives
  • Au repos, la forte perméabilité au KX+\ce{K+}KX+ maintient généralement VmV_mVm​ proche de EKX+E_{\ce{K+}}EKX+​
  • Le franchissement du seuil déclenche une rétroaction positive d’ouverture des canaux sodiques
  • L’inactivation sodique et l’ouverture retardée des canaux potassiques produisent la repolarisation
  • La période réfractaire absolue correspond principalement à l’inactivation des canaux sodiques
  • La période réfractaire relative associe récupération partielle des canaux sodiques et conductance potassique encore élevée

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À réviser dans la foulée, sur Physiologie cellulaire et neuromusculaire.

  • Fiche 02Propagation du potentiel d'action et rôle de la myélinePhysiologie cellulaire et neuromusculaire
  • Fiche 03Transmission synaptique et neurotransmetteursPhysiologie cellulaire et neuromusculaire
  • Fiche 04Sommation et intégration neuronalePhysiologie cellulaire et neuromusculaire
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  • 2Le potentiel de repos
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    • 4.1Dépolarisation rapide lock — section verrouillée
    • 4.2Inactivation sodique et repolarisation lock — section verrouillée
    • 4.3Hyperpolarisation transitoire lock — section verrouillée
  • 5Périodes réfractaires lock — section verrouillée
    • 5.1Période réfractaire absolue lock — section verrouillée
    • 5.2Période réfractaire relative lock — section verrouillée