B5 · Tissus conjonctifs
Tissu conjonctif lâche et dense : cellules et matrice
Décrire les composants d'un tissu conjonctif : cellules résidentes, cellules migrantes, fibres et substance fondamentale. Comparer conjonctif lâche et dense, orienté ou non, et relier leur architecture à leur fonction.
Histologie7 min de lecture17 QCM corrigés
Organisation générale du tissu conjonctif
Contrairement à un épithélium, dont les cellules sont étroitement jointives, le tissu conjonctif comporte des cellules généralement séparées par une matrice extracellulaire. La proportion et l'organisation de ses constituants déterminent ses propriétés.
La plupart des tissus conjonctifs dérivent du mésenchyme embryonnaire, tissu formé de cellules peu différenciées incluses dans une matrice très hydratée. Les tissus adipeux, cartilagineux, osseux et sanguin sont des tissus conjonctifs spécialisés étudiés dans les fiches voisines.
Les composants d'un tissu conjonctif sont donc répartis en trois ensembles :
- les cellules résidentes, installées durablement dans le tissu ;
- les cellules migrantes, venues principalement du sang ;
- la matrice extracellulaire, formée de fibres et de substance fondamentale.
Les cellules résidentes
Fibroblastes et fibrocytes
Le fibroblaste est généralement allongé ou étoilé, avec des prolongements cytoplasmiques. Son activité sécrétoire explique la présence d'un réticulum endoplasmique rugueux et d'un appareil de Golgi développés. Il produit notamment les précurseurs des fibres, les protéoglycanes et les glycoprotéines de la substance fondamentale.
Le fibrocyte est plus petit et plus fusiforme que le fibroblaste. Son noyau est plus condensé et son cytoplasme moins abondant, car la synthèse protéique y est réduite. Il peut retrouver un état actif lorsque le tissu doit renouveler ou réparer sa matrice.
Le myofibroblaste est une cellule apparentée au fibroblaste qui possède aussi des protéines contractiles. Il participe au rapprochement des bords d'une zone lésée et au remodelage de la matrice.
Macrophages et mastocytes
Le macrophage présente une forme irrégulière et de nombreux lysosomes, cohérents avec son activité de digestion intracellulaire. Il provient généralement de la différenciation d'un monocyte ayant quitté le sang. Il peut persister durablement dans le tissu, ce qui en fait une cellule résidente malgré son origine sanguine.
Les mastocytes sont fréquemment situés à proximité des petits vaisseaux. Lorsqu'ils sont activés, leur dégranulation modifie rapidement la perméabilité vasculaire et favorise le recrutement d'autres cellules de défense.
Des adipocytes isolés peuvent également être présents dans un tissu conjonctif ordinaire. L'organisation des tissus adipeux blanc et brun relève toutefois de la fiche suivante.
Les cellules migrantes
Les cellules migrantes sont majoritairement des leucocytes. Leur présence varie selon l'état fonctionnel du tissu :
- les lymphocytes participent à la surveillance et aux réponses immunitaires spécifiques ;
- les plasmocytes, issus de lymphocytes B différenciés, synthétisent des immunoglobulines ;
- les granulocytes interviennent dans différentes formes de réponse inflammatoire ;
- les monocytes peuvent pénétrer dans le tissu puis se différencier en macrophages.
La migration de ces cellules est facilitée par la substance fondamentale hydratée et par les signaux chimiques produits localement.
Les fibres de la matrice extracellulaire
Les fibres sont des assemblages macromoléculaires qui confèrent au tissu ses propriétés mécaniques. Leur nature et surtout leur orientation conditionnent la résistance aux contraintes.
Fibres de collagène
Les fibres de collagène sont épaisses, peu extensibles et résistantes à la traction. Elles apparaissent en faisceaux ondulés lorsque le tissu n'est pas soumis à une tension. Le collagène de type I constitue la majorité des gros faisceaux des tissus conjonctifs lâches et denses.
Cette forte résistance explique que l'abondance du collagène caractérise les tissus soumis à des forces mécaniques importantes. En revanche, une fibre de collagène résiste surtout selon son axe : l'orientation des faisceaux détermine donc la direction dans laquelle le tissu est le plus solide.
Fibres réticulaires
Les fibres réticulaires sont de fines fibres ramifiées, principalement constituées de collagène de type III. Elles forment un réseau délicat capable de soutenir des cellules nombreuses sans constituer de gros faisceaux.
Fibres élastiques
Les fibres élastiques sont constituées d'élastine associée à des microfibrilles. Elles peuvent s'étirer puis reprendre leur longueur initiale. Elles donnent ainsi à la matrice une capacité de déformation réversible, alors que les fibres de collagène limitent l'étirement excessif.
La structure moléculaire détaillée de ces fibres et leurs interactions avec les cellules sont approfondies dans le sous-bloc consacré à la matrice extracellulaire.
La substance fondamentale
Elle contient principalement :
- des glycosaminoglycanes, longues chaînes glucidiques chargées négativement qui attirent les ions et l'eau ;
- des protéoglycanes, formés d'une protéine centrale portant des glycosaminoglycanes ;
- des glycoprotéines d'adhérence, qui relient les cellules aux autres constituants de la matrice ;
- de l'eau, des ions et de petites molécules dissoutes constituant le liquide interstitiel.
Sa richesse en eau permet la diffusion des nutriments, des gaz, des déchets et des molécules de signalisation entre les capillaires et les cellules. Les charges des glycosaminoglycanes retiennent l'eau et donnent à la matrice une consistance gélifiée, capable de résister à la compression.
La substance fondamentale n'est donc pas un simple espace de remplissage : elle règle les échanges, influence la migration cellulaire et participe aux propriétés mécaniques du tissu.
Tissu conjonctif lâche
Son architecture laisse des espaces favorables aux échanges et aux déplacements cellulaires. Il est souple, déformable et bien adapté à l'accompagnement de structures mobiles. Sa richesse cellulaire lui permet aussi de participer activement à la défense et à la réparation.
Il associe généralement :
- de nombreux fibroblastes et diverses cellules de défense ;
- une substance fondamentale abondante et hydratée ;
- des fibres de collagène fines ou espacées ;
- des fibres réticulaires et élastiques en proportion variable ;
- une vascularisation permettant les échanges et le recrutement cellulaire.
Sa souplesse a pour contrepartie une résistance mécanique inférieure à celle du tissu conjonctif dense.
Tissus conjonctifs denses
L'abondance des fibres augmente la résistance à la traction, mais réduit les espaces disponibles pour les cellules, les vaisseaux et les échanges. Les fibroblastes y sont souvent aplatis entre les faisceaux collagéniques.
Tissu conjonctif dense orienté
Dans le tissu conjonctif dense orienté, les faisceaux de collagène sont parallèles ou presque parallèles. Cette organisation procure une résistance maximale aux forces exercées selon leur axe. En revanche, elle protège moins efficacement contre une traction venant d'une autre direction.
Tissu conjonctif dense non orienté
Dans le tissu conjonctif dense non orienté, les faisceaux de collagène s'entrecroisent dans plusieurs directions. Le tissu résiste ainsi à des tensions multidirectionnelles, mais sa résistance dans une direction unique est moins spécialisée que celle du tissu dense orienté.
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