B5 · Épithéliums
Glandes endocrines et sécrétion hormonale
Décrire l'organisation des glandes endocrines et leur relation étroite avec le réseau capillaire. Comparer sécrétion endocrine, paracrine et autocrine et situer les principaux organes endocrines.
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Principe d’une glande endocrine
La plupart des glandes endocrines sont constituées de cellules épithéliales glandulaires. Au cours du développement, ces cellules dérivent souvent d’un épithélium qui s’enfonce dans le tissu conjonctif, puis perd sa connexion avec l’épithélium d’origine. Cette disparition explique l’absence de canal excréteur.
La sécrétion gagne d’abord le liquide interstitiel, qui occupe l’espace entre les cellules et les capillaires. Elle traverse ensuite la paroi capillaire et rejoint le sang. La circulation distribue alors l’hormone dans l’organisme, mais seules les cellules possédant le récepteur adapté répondent au signal.
Les glandes exocrines, leur classification et leurs modes de sécrétion relèvent de la fiche précédente ; ici, le critère distinctif essentiel est l’absence de canal et le passage de la sécrétion vers le compartiment sanguin.
Organisation histologique
Association des cellules sécrétrices
Les cellules endocrines sont disposées de manière à réduire la distance entre leur pôle de libération et les vaisseaux. Deux organisations dominent.
Dans cette organisation, chaque cordon cellulaire est bordé par une fine lame basale et se trouve au voisinage immédiat de capillaires. Les travées augmentent ainsi la surface d’échange entre les cellules sécrétrices et le sang. Cette organisation caractérise la majorité des glandes endocrines.
La thyroïde possède cette organisation particulière. Ses cellules forment des follicules sphériques autour d’une cavité remplie de colloïde, substance dans laquelle les précurseurs hormonaux sont stockés à l’extérieur des cellules. La face externe des cellules reste proche des capillaires, tandis que leur face interne borde la colloïde.
Stroma et réseau capillaire
Dans une glande endocrine, le stroma forme généralement une capsule et de fines cloisons. Des fibres réticulaires soutiennent les cordons cellulaires sans éloigner les cellules des vaisseaux. Cette trame est donc discrète mais fortement vascularisée.
Les capillaires endocrines sont fréquemment fenestrés et parfois élargis en sinusoïdes. Leur grande perméabilité remplit deux fonctions complémentaires :
- apporter rapidement l’oxygène, les nutriments et les signaux qui contrôlent la glande ;
- recueillir efficacement les hormones libérées dans le milieu interstitiel.
L’irrigation abondante n’est donc pas seulement nutritive : elle appartient au dispositif fonctionnel de la sécrétion endocrine. La proximité entre cellules, lame basale et endothélium raccourcit le trajet de diffusion de l’hormone.
Aspect des cellules et nature de la sécrétion
L’ultrastructure des cellules reflète la nature chimique des hormones produites.
Les cellules qui sécrètent des hormones peptidiques possèdent un réticulum endoplasmique rugueux et un appareil de Golgi développés. Les hormones sont concentrées dans des granules, puis libérées par exocytose lorsqu’un signal stimule la cellule.
Les cellules productrices d’hormones stéroïdes présentent surtout un réticulum endoplasmique lisse abondant, des mitochondries particulières et des inclusions lipidiques. Les stéroïdes sont peu stockés dans des granules : ils sont synthétisés selon les besoins puis diffusent à travers la membrane plasmique.
La thyroïde constitue une organisation distincte puisque ses précurseurs hormonaux sont conservés dans la colloïde folliculaire avant d’être repris par les cellules.
Endocrinie, paracrinie et autocrinie
La nature d’un messager ne suffit pas à définir son mode d’action. Il faut considérer son trajet entre la cellule sécrétrice et la cellule cible.
Une même cellule peut employer plusieurs de ces modalités. La différence ne réside donc pas nécessairement dans la molécule produite, mais dans sa voie de diffusion et dans la localisation des cellules portant son récepteur.
Principaux organes endocrines
Les structures endocrines peuvent constituer des organes individualisés, appartenir à des organes mixtes ou être dispersées dans un épithélium.
Organes principalement endocrines
- Hypophyse : située à la base du crâne, sous l’hypothalamus. Sa partie glandulaire est organisée en cordons très vascularisés ; sa partie nerveuse reçoit les prolongements de neurones sécréteurs.
- Épiphyse : située dans l’encéphale, au niveau du diencéphale.
- Thyroïde : située dans la région cervicale antérieure, en avant et de part et d’autre de la trachée. Elle est formée de follicules.
- Parathyroïdes : petites glandes généralement appliquées contre la face postérieure de la thyroïde, organisées en cordons cellulaires.
- Glandes surrénales : placées au pôle supérieur des reins. Elles comprennent un cortex périphérique et une médullaire centrale, tous deux richement vascularisés.
Organes mixtes et système endocrine diffus
Un organe mixte associe une fonction endocrine à une autre fonction. Le pancréas contient ainsi des amas endocrines disséminés dans un tissu glandulaire exocrine. Les gonades, ovaires et testicules produisent à la fois des cellules reproductrices et des hormones.
Des cellules endocrines isolées ou regroupées sont également réparties dans plusieurs épithéliums, particulièrement dans les appareils digestif et respiratoire. Elles forment le système endocrine diffus. Le placenta constitue enfin un organe endocrine transitoire au cours de la grossesse.
L’hypothalamus illustre la neurosécrétion : des neurones spécialisés produisent des messagers libérés dans le sang. Toutes les structures endocrines ne sont donc pas des glandes épithéliales individualisées.
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