B4 · Membrane plasmique
Transport passif : diffusion simple et diffusion facilitée
Décrire le passage des solutés selon leur gradient électrochimique, sans dépense d'énergie. Comparer diffusion simple, canaux ioniques et transporteurs, et relier la cinétique de saturation à l'intervention d'une protéine.
Biologie cellulaire6 min de lecture15 QCM corrigés
Principe du transport passif
La membrane plasmique sépare deux milieux dont la composition peut différer. Son organisation lipidique et protéique est étudiée dans les deux fiches précédentes du sous-bloc ; ici, seule sa fonction de barrière sélective est mobilisée.
L'absence de dépense énergétique ne signifie pas que le transport est indépendant de toute énergie : le déplacement utilise l'énergie potentielle déjà contenue dans le gradient. Il tend donc à diminuer la différence entre les deux côtés de la membrane.
Le transport passif peut emprunter deux voies :
- la diffusion simple, directement à travers la bicouche lipidique ;
- la diffusion facilitée, assurée par une protéine membranaire, qui est soit un canal, soit un transporteur.
Le transport actif, traité dans la fiche suivante, déplace au contraire au moins un soluté dans un sens qui n'est pas spontanément favorable et nécessite un apport énergétique direct ou indirect.
Le gradient électrochimique
Solutés non chargés
Les molécules sont en agitation thermique permanente et se déplacent individuellement dans toutes les directions. Cependant, si leur concentration est plus élevée d'un côté, davantage de molécules franchissent la membrane depuis ce côté : il apparaît un flux net vers le milieu le moins concentré.
Pour un soluté non chargé, le sens spontané du transport dépend uniquement de son gradient chimique, donc principalement de la différence de concentration.
Solutés chargés
Pour un ion, deux forces interviennent simultanément :
- la composante chimique, liée à la différence de concentration ;
- la composante électrique, liée à la différence de potentiel électrique entre les deux faces de la membrane.
Le déplacement choisi est spontané si . À l'équilibre électrochimique, : les passages microscopiques se poursuivent dans les deux sens, mais leur bilan est nul.
Diffusion simple à travers la bicouche
La bicouche possède un cœur hydrophobe. Elle laisse donc surtout diffuser les molécules suffisamment petites et liposolubles. La diffusion devient défavorable lorsque la molécule est volumineuse, fortement polaire ou chargée, car son entrée dans le cœur hydrophobe exige alors une énergie importante.
La vitesse de diffusion simple dépend :
- de la différence de concentration ;
- de la surface membranaire disponible ;
- de l'épaisseur de la membrane ;
- de la taille et de la liposolubilité du soluté ;
- de la température.
Pour une surface donnée, le flux peut être décrit par une relation de perméabilité.
Si les autres paramètres restent constants, le flux est proportionnel à la différence de concentration. La diffusion simple n'implique ni site de liaison ni nombre limité de protéines : elle ne présente donc pas de saturation liée à un transporteur.
Diffusion facilitée par des canaux
Le canal crée un chemin compatible avec le passage de particules hydrophiles ou chargées, sans qu'elles aient à traverser le cœur lipidique. Sa sélectivité dépend notamment du diamètre du pore, de sa géométrie et des charges portées par les acides aminés qui le bordent.
Un canal peut alterner entre un état ouvert et un état fermé. La proportion de canaux ouverts, appelée probabilité d'ouverture, peut être régulée par une variation du potentiel membranaire, la fixation d'un ligand ou une contrainte mécanique. Cette régulation modifie le débit, mais jamais le sens thermodynamiquement favorable du transport passif.
Quand il est ouvert, un canal laisse passer de nombreuses particules successivement sans devoir accomplir un cycle complet pour chacune. Le transport par canal est donc généralement très rapide. Son débit global reste néanmoins limité par le nombre de canaux, leur probabilité d'ouverture et leur conductance.
Diffusion facilitée par des transporteurs
Le transporteur ne forme pas un pore continuellement ouvert. Son fonctionnement suit un cycle :
- un site de liaison est accessible d'un côté de la membrane ;
- le soluté se fixe de manière réversible ;
- la protéine change de conformation ;
- le site devient accessible de l'autre côté ;
- le soluté se dissocie et le transporteur revient à son état initial.
Chaque cycle demande un temps fini. De plus, le nombre de transporteurs et de sites de liaison est limité. Lorsque tous les transporteurs fonctionnent à leur cadence maximale, augmenter davantage la concentration du soluté n'accroît presque plus le flux : le système est saturé.
La fixation du soluté explique également deux propriétés : la spécificité, car le site reconnaît certaines structures moléculaires, et la compétition, car des molécules reconnues par le même site peuvent réduire réciproquement leur transport.
Comparaison des trois modalités
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