B9 · Myologie générale
Action musculaire, agonistes et antagonistes
Déduire l'action d'un muscle de ses insertions et de son rapport à l'axe articulaire. Définir agonistes, antagonistes, synergistes et fixateurs et les types de contraction.
Anatomie générale6 min de lecture17 QCM corrigés
De l’insertion à l’action mécanique
L’architecture et les insertions musculaires sont décrites dans la fiche précédente. Ici, le muscle est envisagé comme un organe moteur capable d’exercer une traction sur les pièces auxquelles il s’attache.
Un muscle squelettique transmet sa force à ses insertions, le plus souvent par l’intermédiaire de tendons. Comme il ne peut exercer qu’une traction, son raccourcissement tend à rapprocher ses insertions. Le mouvement obtenu dépend cependant de trois éléments :
- la position des insertions par rapport à l’articulation ;
- la direction des fibres et du tendon, qui détermine la ligne d’action ;
- la position de cette ligne par rapport à l’axe articulaire.
Articulation franchie et segment mobile
Un muscle ne peut agir directement sur une articulation que s’il la franchit. Un muscle monoarticulaire franchit une seule articulation, tandis qu’un muscle polyarticulaire en franchit plusieurs et peut donc produire ou contrôler des mouvements à chacune d’elles.
Les termes insertion proximale et insertion distale décrivent la localisation anatomique des attaches, mais ne désignent pas nécessairement une attache fixe et une attache mobile. Le déplacement réel dépend des contraintes imposées aux segments :
- si un segment est stabilisé, l’autre est attiré vers lui ;
- si les deux segments sont libres, ils peuvent se déplacer simultanément ;
- si l’insertion habituellement mobile est immobilisée, le mouvement peut s’effectuer en sens inverse.
Rapport à l’axe articulaire
Une articulation autorise un mouvement autour d’un ou de plusieurs axes articulaires. Pour chaque axe, la ligne d’action musculaire se situe d’un côté déterminé. La traction produit alors une rotation dans un sens précis.
Le raisonnement doit être conduit séparément pour chaque axe :
- une ligne d’action située d’un côté de l’axe produit un sens de rotation ;
- une ligne située du côté opposé produit le sens contraire ;
- une ligne passant exactement par l’axe ne crée théoriquement aucun effet rotatoire autour de celui-ci.
La relation entre la ligne d’action et l’axe change avec la position articulaire. L’action d’un muscle peut donc varier au cours du mouvement, notamment lorsque son tendon se déplace par rapport à l’axe.
Plus ce bras de levier est grand, plus une même force musculaire produit un effet rotatoire important.
Le signe attribué à dépend d’une convention choisie pour distinguer les deux sens de rotation. Le moment est nul lorsque est nul, même si le muscle développe une force.

Méthode de déduction
L’action ainsi déduite est une action anatomique potentielle. Le mouvement réellement observé dépend aussi de l’activation nerveuse, de la force développée, des résistances extérieures et de l’activité des autres muscles.
Rôles fonctionnels des muscles
Les termes agoniste, antagoniste, synergiste et fixateur ne décrivent pas des catégories permanentes de muscles. Ils attribuent un rôle à un muscle au cours d’une action déterminée.
Plusieurs muscles peuvent être agonistes simultanément. L’un peut fournir la plus grande part du moment tandis que d’autres participent avec une intensité moindre.
Un antagoniste n’est pas nécessairement inactif. Il peut freiner le mouvement, régler sa vitesse ou limiter son amplitude. L’activation simultanée des agonistes et des antagonistes constitue une co-contraction : leurs moments opposés réduisent le mouvement net mais augmentent la stabilité articulaire.
Un muscle pouvant produire plusieurs composantes de mouvement, l’association de plusieurs synergistes permet de conserver leur composante commune tout en compensant leurs composantes opposées.
Le fixateur agit souvent sans mouvement visible. Sa tension empêche qu’une insertion se déplace et permet ainsi que la traction de l’agoniste soit transmise au segment choisi.
Types de contraction musculaire
Le type de contraction dépend de la relation entre le moment musculaire et le moment résistant, c’est-à-dire l’effet rotatoire des forces qui s’opposent à l’action du muscle.
Contraction concentrique
Lors d’une contraction concentrique, le muscle actif se raccourcit et ses insertions se rapprochent. Son moment dépasse le moment résistant, ce qui produit ou accélère le mouvement dans le sens de son action.
Contraction isométrique
Lors d’une contraction isométrique, le muscle développe une tension sans modification notable de sa longueur globale. Les moments opposés s’équilibrent : la position est maintenue, même si des modifications internes des fibres et des tendons peuvent persister.
Contraction excentrique
Lors d’une contraction excentrique, le muscle reste actif tout en s’allongeant. La résistance impose un mouvement opposé à son moment, mais l’activité musculaire contrôle cet allongement et freine le déplacement.
Les termes isotonique et isocinétique décrivent d’autres critères. Une contraction isotonique suppose une tension constante, condition rarement stricte dans le mouvement biologique. Une contraction isocinétique s’effectue à vitesse constante. Ces termes ne doivent pas être employés comme synonymes de contraction concentrique ou excentrique.
Synthèse fonctionnelle
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