B9 · Myologie générale
Types de muscles, architecture et insertions
Classer les muscles selon leur forme, leur architecture fasciculaire et le nombre de leurs chefs. Décrire les tendons, aponévroses, gaines et bourses séreuses et le mode d'insertion sur l'os.
Anatomie générale7 min de lecture17 QCM corrigés
Organisation générale d’un muscle squelettique
La myologie anatomique étudie principalement les muscles striés squelettiques, organes contractiles reliés au squelette ou à d’autres structures résistantes. Chaque muscle comprend une partie charnue contractile, le ventre musculaire, prolongée par des structures conjonctives qui transmettent la tension produite.
Les enveloppes conjonctives situées autour des fibres, des faisceaux et du muscle entier se prolongent sans interruption dans le tendon ou l’aponévrose. Cette continuité explique que la tension créée par les fibres contractiles puisse être transmise jusqu’au point d’attache.
Cette fiche concerne l’organisation anatomique des muscles. La manière dont plusieurs muscles participent à un mouvement, notamment comme agonistes ou antagonistes, relève de la fiche suivante.
Classification selon la forme générale
La forme d’un muscle dépend de la disposition de son ventre musculaire et de ses attaches. Elle doit être distinguée de l’architecture fasciculaire, qui décrit l’orientation interne des faisceaux.
Muscles longs
Les muscles longs possèdent un axe longitudinal nettement supérieur à leurs dimensions transversales. Leur ventre est généralement prolongé par un tendon à une extrémité ou aux deux extrémités.
Ils peuvent prendre plusieurs aspects :
- rubané, lorsque leur largeur reste relativement constante ;
- fusiforme, lorsque le ventre est renflé au centre et aminci vers les extrémités ;
- moniliforme, lorsque plusieurs renflements successifs sont séparés par des intersections tendineuses.
Muscles larges ou plats
Les muscles larges présentent deux dimensions principales étendues et une faible épaisseur. Leur partie charnue peut se prolonger par une large lame tendineuse appelée aponévrose.
Cette forme permet une origine ou une terminaison très étendue. Elle participe aussi à la constitution de parois musculo-aponévrotiques capables de mobiliser, soutenir ou contenir des structures.
Muscles courts
Les muscles courts ont des dimensions longitudinales et transversales proches. Ils occupent souvent des espaces restreints et relient des pièces squelettiques voisines. Leur faible longueur n’implique pas une faible importance fonctionnelle.
Muscles annulaires
Les muscles annulaires sont disposés autour d’un orifice. Leurs faisceaux forment un anneau complet ou incomplet dont la contraction modifie le calibre de l’ouverture.
Le terme orbiculaire décrit une disposition circulaire autour d’un orifice. Le terme sphincter insiste davantage sur la fonction de fermeture que sur la seule forme anatomique.
Architecture fasciculaire
L’architecture fasciculaire correspond à l’orientation des faisceaux par rapport à l’axe du muscle et à son tendon. Elle influence le compromis entre la quantité de raccourcissement possible et la tension développée.
Architecture parallèle
Dans une architecture parallèle, les faisceaux suivent globalement l’axe longitudinal du muscle. Les fibres peuvent être disposées en ruban ou former un ventre fusiforme.
Des fibres longues peuvent se raccourcir sur une distance importante. Cette architecture favorise donc une grande excursion de l’extrémité tendineuse, mais permet de loger moins de fibres dans un même volume transversal.
Architecture convergente
Dans une architecture convergente, les faisceaux naissent sur une zone large puis se rassemblent vers un tendon plus étroit. Le muscle prend souvent une forme triangulaire ou en éventail.
Les directions différentes de ses faisceaux permettent de concentrer sur une attache limitée les tensions produites sur une origine étendue.
Architecture pennée
Dans une architecture pennée, les fibres s’insèrent obliquement sur un tendon, comme les éléments latéraux d’une plume sur son axe. L’obliquité raccourcit la longueur individuelle des fibres, mais augmente le nombre de fibres pouvant être regroupées dans un volume donné.
On distingue :
- le muscle unipenné, dont les fibres s’insèrent d’un seul côté du tendon ;
- le muscle bipenné, dont les fibres s’insèrent des deux côtés d’un tendon central ;
- le muscle multipenné, organisé en plusieurs unités pennées associées.
Chefs et ventres musculaires
Le nombre de chefs peut être indiqué par la dénomination anatomique :
- un muscle biceps possède deux chefs ;
- un muscle triceps possède trois chefs ;
- un muscle quadriceps possède quatre chefs.
Plusieurs chefs augmentent le nombre et l’étendue des attaches sans nécessairement former plusieurs muscles indépendants. Ils convergent vers une organisation terminale commune.
Le ventre musculaire désigne la portion charnue contractile. Un muscle peut comporter plusieurs ventres successifs séparés par des tendons intermédiaires. Il est alors qualifié de digastrique s’il possède deux ventres, ou de polygastrique s’il en possède plusieurs.
Tendons et aponévroses
Les fibres conjonctives du tendon sont principalement orientées selon la direction des forces transmises. Cette orientation lui confère une forte résistance à la traction longitudinale. La jonction entre le ventre et le tendon est appelée jonction myotendineuse.
Une aponévrose peut être terminale, lorsqu’elle prolonge un muscle vers son attache, ou intramusculaire, lorsqu’elle reçoit des fibres au sein même du ventre.
Gaines et bourses séreuses
Lorsqu’un tendon glisse contre une structure résistante, des dispositifs réduisent les frottements et maintiennent sa trajectoire.
Gaines tendineuses
Une gaine fibreuse est un tunnel conjonctif, parfois complété par une surface osseuse, qui maintient un tendon au voisinage du squelette.
Une gaine synoviale est une enveloppe tubulaire à double feuillet entourant un tendon mobile :
- le feuillet viscéral adhère au tendon ;
- le feuillet pariétal tapisse la gaine fibreuse ;
- une mince cavité contenant du liquide synovial sépare les deux feuillets.
Cette organisation facilite le glissement tout en limitant les frottements. Un repli conjonctif peut relier les deux feuillets et conduire les vaisseaux vers le tendon.
Bourses séreuses
Une bourse peut séparer un tendon d’un os, d’un ligament, d’un autre tendon ou de la peau. Contrairement à la gaine synoviale, elle ne forme pas nécessairement un manchon complet autour du tendon.
Insertion musculaire sur l’os
L’insertion osseuse peut être réalisée selon deux modalités principales.
Insertion directe
Dans une insertion directe ou charnue, les fibres musculaires atteignent une surface osseuse avec une interposition tendineuse peu individualisée. Le tissu conjonctif du muscle se continue avec le périoste, enveloppe fibreuse de l’os.
Insertion indirecte
Dans une insertion indirecte, le ventre transmet sa tension à un tendon ou à une aponévrose, qui s’ancre ensuite sur l’os. Des fibres conjonctives pénètrent les couches superficielles de l’os et assurent la continuité mécanique entre tendon et tissu osseux.
Une insertion peut être ponctuelle, linéaire ou surfacique selon l’étendue de l’enthèse. Une vaste zone d’attache répartit les contraintes, tandis qu’une attache étroite concentre la transmission vers une région limitée.
Les deux attaches d’un muscle sont traditionnellement appelées origine et terminaison. L’origine est souvent décrite comme l’attache la plus proximale ou la plus stable, et la terminaison comme l’attache la plus distale ou la plus mobile. Cette distinction est descriptive et ne détermine pas à elle seule le sens réel du mouvement.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 4 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.