B9 · Membre inférieur
Cheville, pied et arches plantaires
Décrire les os du tarse, du métatarse et des orteils et les articulations de la cheville et du pied. Analyser la statique plantaire, les arches et leur rôle dans l'appui et la marche.
Anatomie générale6 min de lecture17 QCM corrigés
Organisation osseuse du pied
Le pied constitue l’extrémité distale du membre inférieur. Sa face supérieure est dorsale, sa face inférieure plantaire. Son squelette comprend 26 os, répartis entre le tarse, le métatarse et les phalanges.
Les sept os du tarse
Le tarse s’organise en deux groupes.
- Le tarse postérieur comprend le talus et le calcanéus.
- Le tarse antérieur comprend l’os naviculaire, l’os cuboïde et les trois os cunéiformes médial, intermédiaire et latéral.
Le talus est interposé entre la pince formée par le tibia et la fibula, en haut, et le calcanéus, en bas. Il comprend un corps portant une trochlée, un col et une tête dirigée vers l’avant. Il reçoit la charge transmise par la jambe puis la répartit vers l’arrière-pied et l’avant-pied. Il ne donne insertion à aucun muscle, ce qui souligne son rôle essentiellement articulaire.
Le calcanéus, situé sous le talus, est le plus volumineux des os du tarse. Sa partie postérieure forme le relief du talon et reçoit le tendon calcanéen. Médialement, le sustentaculum tali constitue une saillie osseuse soutenant une partie du talus.
En avant du talus, l’os naviculaire s’articule avec les trois cunéiformes. Le cuboïde est placé en avant du calcanéus, sur le bord latéral du pied. Les cunéiformes relient l’os naviculaire aux trois premiers métatarsiens.
Métatarse et orteils
Chaque métatarsien comporte une base proximale, un corps et une tête distale. Le premier métatarsien est court et robuste, car il participe fortement à la propulsion. Le cinquième présente une tubérosité latérale palpable à sa base.
Les orteils possèdent quatorze phalanges :
- l’hallux, ou premier orteil, possède une phalange proximale et une phalange distale ;
- chacun des quatre autres orteils possède trois phalanges, proximale, moyenne et distale.
Deux petits os sésamoïdes sont habituellement inclus dans les tendons sous la tête du premier métatarsien. Ils protègent les tendons, modifient leur direction de traction et participent à l’appui antérieur.
Articulations de la cheville et du pied
Articulation talocrurale
La pince tibiofibulaire est formée par l’extrémité inférieure du tibia, la malléole médiale et la malléole latérale de la fibula. Elle enserre la trochlée du talus. La syndesmose tibiofibulaire distale maintient l’écartement adapté des deux os de la jambe.
L’articulation talocrurale fonctionne principalement comme une charnière :
- la flexion dorsale rapproche le dos du pied de la face antérieure de la jambe ;
- la flexion plantaire éloigne le dos du pied de la jambe et oriente l’avant-pied vers le bas.
La trochlée talienne est plus large en avant qu’en arrière. En flexion dorsale, sa partie antérieure s’engage dans la pince tibiofibulaire, ce qui augmente la congruence et la stabilité. En flexion plantaire, sa partie postérieure, plus étroite, est engagée dans la pince, autorisant davantage de mobilité.
La stabilité ligamentaire repose sur :
- le ligament collatéral médial, ou ligament deltoïde, résistant surtout à l’éversion excessive ;
- le complexe collatéral latéral, comprenant les ligaments talofibulaires antérieur et postérieur ainsi que le ligament calcanéofibulaire, résistant surtout à l’inversion excessive.
Articulations de l’arrière-pied
L’articulation subtalaire, entre le talus et le calcanéus, coopère avec l’articulation talocalcanéonaviculaire. Leur fonctionnement combiné adapte l’orientation du pied au sol.
Articulations du médio-pied et de l’avant-pied
L’articulation transverse du tarse associe fonctionnellement les articulations talonaviculaire et calcanéocuboïdienne. Elle complète la mobilité de l’arrière-pied et permet l’adaptation du médio-pied.
Les articulations tarsométatarsiennes unissent les cunéiformes et le cuboïde aux bases des métatarsiens. Leur mobilité est limitée, car elles participent à la stabilité des arches.
Les articulations métatarsophalangiennes permettent flexion, extension, abduction et adduction des orteils. Les articulations interphalangiennes fonctionnent comme des charnières autorisant flexion et extension. L’extension de l’hallux joue un rôle majeur à la fin de la phase d’appui.
Statique plantaire et arches du pied
Le pied ne repose pas uniformément sur le sol. Ses trois principales zones d’appui sont la tubérosité du calcanéus, la tête du premier métatarsien et la tête du cinquième métatarsien. Entre ces points se développent des courbures appelées arches plantaires.
Arche longitudinale médiale
L’arche médiale est la plus haute et la plus mobile. Elle comprend le calcanéus, le talus, l’os naviculaire, les trois cunéiformes et les trois premiers métatarsiens. La tête du talus en constitue une pièce centrale : la charge reçue du tibia est répartie vers le calcanéus en arrière et vers l’avant-pied en avant.
Cette arche est particulièrement adaptée à l’amortissement. Elle s’abaisse modérément sous la charge puis restitue une partie de l’énergie lors de la propulsion.
Arche longitudinale latérale
L’arche latérale comprend le calcanéus, le cuboïde et les quatrième et cinquième métatarsiens. Elle est plus basse et plus rigide que l’arche médiale. Elle constitue donc un support relativement stable au contact du sol.
Arche transversale
L’arche transversale s’étend d’un bord à l’autre du pied. Elle est formée principalement par le cuboïde, les cunéiformes et les bases des métatarsiens, puis se prolonge vers l’avant au niveau métatarsien. Sa concavité plantaire participe à la répartition transversale des pressions.
Mécanismes de maintien des arches
La forme des os constitue un premier facteur de stabilité, mais elle ne suffit pas sous l’effet du poids corporel. Le maintien des arches associe des dispositifs passifs et actifs.
Les principaux dispositifs passifs sont :
- l’aponévrose plantaire, bande fibreuse tendue du calcanéus vers l’avant-pied ;
- le ligament calcanéonaviculaire plantaire, qui soutient la tête du talus ;
- les ligaments plantaires long et court, qui renforcent surtout la partie latérale ;
- les capsules et les ligaments des articulations tarsiennes et tarsométatarsiennes.
Le maintien actif dépend des muscles intrinsèques du pied et de tendons provenant de la jambe. Le tibial postérieur soutient surtout l’arche médiale, tandis que le fibulaire long traverse obliquement la plante et participe à la stabilité transversale. Leur anatomie régionale détaillée appartient aux fiches consacrées aux muscles du membre inférieur.
Rôle pendant l’appui et la marche
Au début de l’appui, le calcanéus reçoit une part importante de la charge. Le pied devient ensuite plus adaptable : une pronation contrôlée accompagne l’abaissement modéré des arches et répartit les pressions sur une surface plus large.
Lorsque le corps progresse vers l’avant, la charge se déplace vers les têtes métatarsiennes. En fin d’appui, l’extension des orteils tend l’aponévrose plantaire autour des têtes métatarsiennes. Ce mécanisme de treuil rapproche fonctionnellement le calcanéus et l’avant-pied, élève l’arche médiale et rigidifie le pied. Celui-ci passe ainsi d’une structure déformable, adaptée à l’amortissement, à un levier stable pour la propulsion.
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