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Sommaire

  • 1Principe général d'une coloration histologique
  • 2Coloration HES
    • 2.1Hématoxyline et basophilie
    • 2.2Éosine et acidophilie
    • 2.3Safran et tissu conjonctif
  • 3Trichromes
  • 4Réaction PAS
  • 5Méthode de lecture d'une coupe histologique lock — section verrouillée
    • 5.1Repérer le grossissement lock — section verrouillée
    • 5.2Identifier le tissu lock — section verrouillée
    • 5.3Orienter la coupe lock — section verrouillée
  • 6Limites de l'interprétation lock — section verrouillée
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  5. Colorations usuelles et lecture d'une coupe histologique

B5 · Techniques histologiques

Colorations usuelles et lecture d'une coupe histologique

Présenter les colorations topographiques et spéciales et ce que chacune met en évidence. Donner une méthode de lecture d'une coupe : repérage du grossissement, identification du tissu, orientation et reconnaissance des structures.

Histologie·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Principe général d'une coloration histologique

Après fixation, inclusion et coupe, étapes étudiées dans la fiche précédente, la plupart des tissus restent presque incolores. Une coloration augmente le contraste en faisant réagir certains constituants tissulaires avec des colorants ou des réactifs chimiques.

Définition

Coloration topographique

Coloration destinée à montrer l'organisation générale d'une coupe en distinguant simultanément les noyaux, les cytoplasmes et la matrice extracellulaire.

Définition

Coloration spéciale

Coloration destinée à révéler une catégorie moléculaire ou une structure particulière grâce à une affinité sélective ou à une réaction histochimique.

Une coloration topographique permet donc de s'orienter et d'identifier l'architecture du tissu. Une coloration spéciale répond à une question plus ciblée. Ces deux approches sont complémentaires : la première localise les structures, la seconde aide à caractériser leur composition.

Avant coloration, les coupes incluses en paraffine doivent être déparaffinées puis réhydratées. Après coloration, elles sont habituellement déshydratées, éclaircies et montées entre lame et lamelle. Les mécanismes techniques de préparation appartiennent à la fiche précédente.

Comparaison

Colorations topographiques et spéciales

CritèreColoration topographiqueColoration spéciale
Finalitéorganisation générale du tissuconstituant ou structure ciblée
Lectureplusieurs compartiments distingués simultanémentsignal interprété selon la réaction recherchée
Colorations usuellesHES et trichromesPAS
Limite principalefaible spécificité chimiquerésultat dépendant de la conservation du constituant

Coloration HES

La coloration hématoxyline-éosine-safran, ou HES, est une coloration topographique de routine. Elle associe trois colorants dont les affinités différentes rendent visibles les principaux compartiments de la coupe.

Hématoxyline et basophilie

L'hématoxyline, utilisée sous forme de laque colorante, colore en bleu à violet les structures riches en groupements acides. Elle révèle principalement les noyaux en raison de leur richesse en acides nucléiques. Les régions cytoplasmiques riches en ARN peuvent également apparaître basophiles.

Définition

Basophilie

Affinité d'une structure pour les colorants à caractère basique, liée à la présence de constituants chargés négativement, notamment les acides nucléiques.

La basophilie ne signifie donc pas que la structure observée est elle-même basique. Elle signifie qu'elle fixe un colorant basique parce qu'elle contient des groupements acides.

Éosine et acidophilie

L'éosine est un colorant acide qui se fixe sur de nombreuses protéines chargées positivement. Elle colore en rose à rouge une grande partie des cytoplasmes ainsi que plusieurs constituants extracellulaires.

Définition

Acidophilie

Affinité d'une structure pour les colorants acides, généralement liée à sa richesse en protéines portant des charges positives.

Les termes éosinophile et acidophile sont souvent employés pour décrire une structure rose ou rouge après coloration à l'éosine.

Safran et tissu conjonctif

Le safran colore préférentiellement le collagène en jaune à orangé. Il améliore ainsi la distinction entre les compartiments cellulaires, principalement colorés par l'éosine, et certaines composantes fibreuses de la matrice extracellulaire.

À retenir

Code coloré fondamental de l'HES

En HES, les noyaux sont bleu-violet, les cytoplasmes sont généralement roses et le collagène apparaît jaune à orangé.

Trichromes

Un trichrome associe plusieurs colorants afin de renforcer la séparation entre noyaux, cytoplasmes et fibres conjonctives. Il s'agit d'une coloration topographique particulièrement utile lorsque l'analyse porte sur la proportion et la répartition du tissu conjonctif.

Dans un trichrome usuel :

  • les noyaux apparaissent sombres ;
  • les cytoplasmes et les fibres musculaires prennent une teinte rouge ;
  • le collagène prend une teinte verte ou bleue selon la variante technique.

La couleur exacte dépend des réactifs employés. Il faut donc connaître le protocole de la lame avant d'attribuer une signification à une teinte.

Attention

HES et trichrome ne donnent pas le même code coloré

Dans l'HES, le collagène est jaune-orangé grâce au safran. Dans un trichrome, il est habituellement vert ou bleu. Une couleur n'a de sens qu'en fonction de la coloration utilisée.

Réaction PAS

La réaction PAS, pour acide périodique-Schiff, est une coloration histochimique spéciale. L'acide périodique oxyde certains groupements glucidiques et forme des fonctions aldéhydes. Celles-ci réagissent ensuite avec le réactif de Schiff pour produire une coloration rouge pourpre, dite magenta.

Définition

Réaction histochimique

Réaction chimique réalisée directement sur une coupe afin de localiser un constituant moléculaire tout en conservant son organisation dans le tissu.

La réaction PAS met notamment en évidence :

  • le glycogène ;
  • les glycoprotéines et certaines mucines neutres ;
  • les membranes basales ;
  • d'autres structures riches en glucides complexes.

La digestion préalable du glycogène par une amylase permet de contrôler sa contribution au signal. Une coloration qui disparaît après cette digestion correspond à un matériel sensible à l'enzyme.

Attention

Une positivité PAS n'identifie pas une molécule unique

Une structure PAS positive contient des groupements glucidiques réactifs, mais la seule couleur magenta ne permet pas de conclure qu'il s'agit nécessairement de glycogène. La localisation, la morphologie et les contrôles doivent être associés.

Méthode de lecture d'une coupe histologique

L'interprétation doit progresser du général vers le particulier. Commencer directement au fort grossissement fait perdre l'organisation d'ensemble et augmente le risque de confondre une structure avec un détail isolé.

Repérer le grossissement

Le grossissement total d'un microscope optique correspond au produit du grossissement de l'objectif par celui de l'oculaire.

Formule

Grossissement total

Gtotal=Gobjectif×GoculaireG_{\mathrm{total}} = G_{\mathrm{objectif}} \times G_{\mathrm{oculaire}}Gtotal​=Gobjectif​×Goculaire​
  • GtotalG_{\mathrm{total}}Gtotal​ : grossissement total de l'image, sans unité
  • GobjectifG_{\mathrm{objectif}}Gobjectif​ : grossissement fourni par l'objectif, sans unité
  • GoculaireG_{\mathrm{oculaire}}Goculaire​ : grossissement fourni par l'oculaire, sans unité
Exemple

Calculer le grossissement total d'un microscope

L'objectif utilisé est noté 404040 et l'oculaire est noté 101010.

Gtotal=40×10=400G_{\mathrm{total}} = 40 \times 10 = 400Gtotal​=40×10=400

Le grossissement total est donc de 400400400, sans unité. L'image observée est agrandie 400400400 fois par rapport à l'objet, sans que ce résultat renseigne à lui seul sur la résolution.

Un faible grossissement offre un champ large et montre l'architecture générale. Un fort grossissement réduit le champ mais permet d'étudier les cellules et les détails intracellulaires. Le grossissement ne doit pas être confondu avec la résolution, qui désigne la capacité à distinguer deux points proches.

Identifier le tissu

L'identification repose sur un ensemble cohérent de critères :

  • organisation des cellules en couches, cordons, amas ou réseaux ;
  • abondance relative des cellules et de la matrice extracellulaire ;
  • présence de fibres, de cavités, de conduits ou de vaisseaux ;
  • forme, taille et disposition des noyaux ;
  • relations entre les différents compartiments.

La classification détaillée des quatre grands types de tissus et leur origine embryonnaire relèvent de la fiche suivante.

Orienter la coupe

L'orientation consiste à reconnaître les pôles et les limites de la structure observée. Il faut rechercher une surface libre, une lumière, une capsule, une interface avec un autre tissu ou un axe vasculaire. Ces repères permettent de distinguer une périphérie d'un centre et un pôle superficiel d'un pôle profond.

Le plan de coupe modifie l'apparence d'une même structure : une structure tubulaire peut sembler circulaire, ovalaire ou allongée selon que la coupe est transversale, oblique ou longitudinale. La forme visible en deux dimensions doit donc être interprétée comme la section d'un objet tridimensionnel.

Méthode

Lire systématiquement une coupe

  1. Identifier la coloration utilisée et rappeler son code coloré
  2. Commencer au plus faible grossissement disponible
  3. Délimiter la coupe et repérer ses grandes régions
  4. Rechercher les surfaces, lumières, capsules et interfaces afin d'orienter le tissu
  5. Décrire l'organisation des cellules et de la matrice extracellulaire
  6. Augmenter progressivement le grossissement pour caractériser les structures
  7. Confronter la couleur, la forme et la localisation avant de nommer un élément
  8. Vérifier que l'interprétation reste cohérente à tous les grossissements

Limites de l'interprétation

Une coupe histologique est une représentation bidimensionnelle, colorée et préparée artificiellement d'un tissu tridimensionnel. Des rétractions, plis, déchirures, précipités de colorant ou variations d'épaisseur peuvent apparaître au cours de la préparation.

Un artefact est une modification produite par la préparation et absente du tissu vivant. Il se reconnaît notamment par son absence de cohérence avec l'organisation générale, ses limites anormalement brutales ou sa répétition indépendante des structures anatomiques.

À retenir

Principe d'identification

Une structure histologique ne doit jamais être identifiée sur sa seule couleur. L'interprétation associe toujours la coloration, la morphologie, la localisation et les relations avec les structures voisines.

Points clés
  • L'HES colore les noyaux en bleu-violet, les cytoplasmes en rose et le collagène en jaune-orangé
  • Les trichromes renforcent la distinction entre cellules, fibres musculaires et collagène
  • La réaction PAS révèle des constituants riches en groupements glucidiques par une coloration magenta
  • La lecture commence au faible grossissement puis progresse vers les détails cellulaires
  • L'orientation repose sur les surfaces, lumières, capsules, interfaces et plans de coupe
  • Une identification fiable associe couleur, morphologie, localisation et organisation tissulaire

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Techniques histologiques.

  • Fiche 01Préparation des tissus : fixation, inclusion et coupeTechniques histologiques
  • Fiche 03Les quatre grands types de tissus et leur origine embryonnaireTechniques histologiques
  • Fiche 01Épithéliums de revêtement : classification et polaritéÉpithéliums
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    • 5.2Identifier le tissu lock — section verrouillée
    • 5.3Orienter la coupe lock — section verrouillée
  • 6Limites de l'interprétation lock — section verrouillée