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Sommaire

  • 1Notion de tissu
  • 2Les quatre grands groupes tissulaires
  • 3Les tissus épithéliaux
  • 4Les tissus conjonctifs
  • 5Les tissus musculaires lock — section verrouillée
  • 6Le tissu nerveux lock — section verrouillée
  • 7Origine embryonnaire des tissus lock — section verrouillée
    • 7.1Ectoderme lock — section verrouillée
    • 7.2Mésoderme lock — section verrouillée
    • 7.3Endoderme lock — section verrouillée
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  5. Les quatre grands types de tissus et leur origine embryonnaire

B5 · Techniques histologiques

Les quatre grands types de tissus et leur origine embryonnaire

Définir la notion de tissu et présenter les quatre grands groupes tissulaires et leurs critères de reconnaissance. Relier chaque groupe à son feuillet embryonnaire d'origine.

Histologie·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Notion de tissu

Définition

Tissu

Ensemble organisé de cellules différenciées et de constituants extracellulaires qui coopèrent pour assurer une ou plusieurs fonctions communes.

Un tissu ne se réduit donc pas à une juxtaposition de cellules. Son identification repose sur plusieurs critères complémentaires :

  • la forme, la taille et l’agencement des cellules ;
  • la densité des cellules et leurs relations ;
  • l’abondance et l’organisation de la matrice extracellulaire ;
  • la présence éventuelle d’une polarité, de fibres, de prolongements ou de striations ;
  • les rapports avec les vaisseaux, les nerfs et les tissus voisins.
Définition

Matrice extracellulaire

Ensemble des macromolécules situées entre les cellules d’un tissu, comprenant une substance fondamentale hydratée et, selon le tissu, des fibres protéiques.

Définition

Organe

Structure anatomique constituée de plusieurs tissus organisés pour accomplir une fonction déterminée.

Dans un organe, plusieurs types tissulaires sont donc associés. Le parenchyme correspond aux éléments qui assurent la fonction spécialisée de l’organe, tandis que le stroma constitue son support conjonctif, vasculaire et nerveux.

Les techniques de préparation et les colorations des coupes sont étudiées dans les deux fiches précédentes ; ici, leur résultat est utilisé uniquement pour reconnaître l’architecture générale des tissus.

Les quatre grands groupes tissulaires

L’histologie distingue quatre groupes fondamentaux :

  1. les tissus épithéliaux ;
  2. les tissus conjonctifs ;
  3. les tissus musculaires ;
  4. le tissu nerveux.

Cette classification repose principalement sur l’organisation des cellules, la quantité de matrice extracellulaire et la fonction dominante.

Comparaison

Critères généraux de reconnaissance

CritèreÉpithélialConjonctifMusculaireNerveux
Disposition cellulairecellules jointives en assise ou en unité sécrétricecellules dispersées dans une matricecellules allongées et parallèles ou entrecroiséescellules avec prolongements associées à des cellules gliales
Matrice extracellulairetrès peu abondantegénéralement abondante et caractéristiquepeu abondante entre les cellulespeu abondante
Fonction dominanterevêtement, échange ou sécrétionsoutien, liaison, réserve et défensecontractionréception, traitement et transmission de l’information
Vascularisation propreabsentegénéralement présente mais variablegénéralement présentevariable selon le compartiment

Les tissus épithéliaux

Définition

Tissu épithélial

Tissu formé de cellules étroitement jointives, organisées en une ou plusieurs assises, reposant sur une lame basale et comportant très peu de matrice extracellulaire entre les cellules.

Les épithéliums présentent une forte cohésion cellulaire grâce aux jonctions reliant les cellules voisines. Ils possèdent également une polarité : le domaine apical, le domaine latéral et le domaine basal n’ont ni la même composition ni la même fonction.

La face basale repose sur une lame basale, interface spécialisée qui sépare l’épithélium du tissu conjonctif sous-jacent. L’épithélium ne contient pas de vaisseaux sanguins propres : les nutriments et le dioxygène diffusent depuis les capillaires du tissu conjonctif.

Deux organisations générales sont distinguées :

  • les épithéliums de revêtement, disposés en nappes continues délimitant une surface ou une cavité ;
  • les épithéliums glandulaires, organisés pour produire et libérer une sécrétion.

Sur une coupe, un épithélium se reconnaît donc par une densité cellulaire élevée, des limites cellulaires rapprochées, une orientation cohérente des cellules et un contact basal avec un tissu conjonctif.

Les tissus conjonctifs

Définition

Tissu conjonctif

Tissu dont les cellules sont séparées les unes des autres par une matrice extracellulaire généralement abondante, assurant notamment soutien, liaison, échanges, réserve et défense.

Contrairement à l’épithélium, le tissu conjonctif est caractérisé moins par la juxtaposition de ses cellules que par la composition de sa matrice. Celle-ci comporte :

  • une substance fondamentale, milieu hydraté occupant l’espace entre les cellules et les fibres ;
  • des fibres, principalement collagéniques, réticulaires ou élastiques ;
  • des cellules résidentes ou mobiles.

L’abondance et l’organisation de ces constituants permettent de distinguer les différentes variétés conjonctives. Certains tissus conjonctifs ont une matrice souple, d’autres une matrice rigide ou liquide. Le tissu adipeux, le cartilage, l’os et le sang appartiennent ainsi au vaste groupe des tissus conjonctifs, malgré leurs apparences très différentes.

Sur une coupe, le principal critère de reconnaissance est l’existence d’un espace extracellulaire visible entre les cellules. La nature, la densité et l’orientation des fibres précisent ensuite le type de tissu conjonctif.

Attention

Ne pas confondre espace extracellulaire et artefact de préparation

Un espace réellement occupé par la matrice extracellulaire appartient à l’organisation du tissu. Une déchirure, une rétraction ou un vide irrégulier créé pendant la préparation de la coupe ne constitue pas une structure tissulaire.

Les tissus musculaires

Définition

Tissu musculaire

Tissu constitué de cellules spécialisées dans la contraction grâce à des protéines contractiles organisées dans leur cytoplasme.

Les cellules musculaires sont généralement allongées selon l’axe de contraction. Leur cytoplasme contient principalement de l’actine et de la myosine, dont l’interaction produit une force mécanique. L’organisation de ces protéines détermine l’aspect strié ou non strié du tissu.

Trois formes principales sont distinguées :

  • le muscle strié squelettique ;
  • le muscle strié cardiaque ;
  • le muscle lisse.

Leur étude détaillée appartient au sous-bloc consacré aux tissus musculaires. À ce stade, la reconnaissance repose sur l’allongement des cellules, leur orientation, la position et le nombre apparent de leurs noyaux, ainsi que la présence ou l’absence de striations transversales.

Un tissu musculaire contient également du tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs. La présence de ces éléments ne modifie pas la nature musculaire du tissu dominant.

Le tissu nerveux

Définition

Tissu nerveux

Tissu spécialisé dans la réception, l’intégration et la transmission de l’information, constitué de neurones et de cellules gliales.

Définition

Neurone

Cellule excitable possédant un corps cellulaire et des prolongements, spécialisée dans la production et la transmission de signaux.

Définition

Cellule gliale

Cellule du tissu nerveux assurant des fonctions de soutien, de protection, de nutrition, d’isolement ou de régulation autour des neurones.

Le tissu nerveux se reconnaît par l’association de corps cellulaires, de nombreux prolongements et de cellules gliales. Sa matrice extracellulaire est peu abondante. L’aspect varie fortement selon que la coupe traverse une région riche en corps cellulaires ou une région surtout constituée de prolongements.

À retenir

Un tissu se reconnaît par un faisceau de critères

Aucun critère isolé ne suffit toujours. Il faut associer la disposition des cellules, l’abondance de la matrice extracellulaire, la forme des noyaux, l’orientation du tissu et ses rapports avec les structures voisines.

Origine embryonnaire des tissus

Définition

Feuillet embryonnaire

Ensemble de cellules formé au cours de la gastrulation et destiné à produire des territoires tissulaires déterminés. Les trois feuillets sont l’ectoderme, le mésoderme et l’endoderme.

La formation des feuillets et leurs transformations sont étudiées en embryologie. En histologie, il faut retenir qu’un même groupe morphologique peut provenir de plusieurs feuillets et qu’un tissu adulte peut contenir des cellules d’origines embryonnaires différentes.

Ectoderme

L’ectoderme donne principalement naissance :

  • à l’épithélium superficiel du corps et à ses dérivés ;
  • au système nerveux ;
  • à une partie des structures sensorielles.

Le neuroectoderme produit les neurones et la majorité des cellules gliales. Les cellules issues de la crête neurale, également d’origine ectodermique, participent à plusieurs tissus périphériques et à certains tissus conjonctifs de la région céphalique.

Mésoderme

Le mésoderme est l’origine principale :

  • des tissus conjonctifs ;
  • des tissus musculaires ;
  • du sang et des vaisseaux ;
  • des revêtements épithéliaux vasculaires et séreux.

La plupart des tissus conjonctifs dérivent d’un tissu embryonnaire peu différencié appelé mésenchyme.

Définition

Mésenchyme

Tissu embryonnaire formé de cellules peu jointives, capables de migrer et de se différencier, dispersées dans une matrice extracellulaire hydratée.

Endoderme

L’endoderme produit principalement des épithéliums internes, notamment ceux associés aux appareils digestif et respiratoire, ainsi que le parenchyme épithélial de plusieurs glandes qui leur sont liées.

Comparaison

Origine embryonnaire dominante des quatre groupes

Groupe tissulaireOrigine principaleParticularité essentielle
Tissus épithéliauxectoderme, mésoderme ou endodermel’origine dépend du territoire anatomique
Tissus conjonctifsmésoderme par l’intermédiaire du mésenchymecertaines régions reçoivent une contribution ectodermique issue de la crête neurale
Tissus musculairesmésodermel’origine mésodermique domine les trois formes musculaires
Tissu nerveuxectodermela microglie constitue une composante d’origine mésodermique
Attention

Morphologie et origine embryonnaire ne sont pas équivalentes

Le caractère épithélial décrit une organisation histologique, non un feuillet d’origine unique. Un épithélium peut dériver de l’ectoderme, du mésoderme ou de l’endoderme.

À retenir

L’origine embryonnaire s’attribue à une lignée cellulaire et non nécessairement à l’ensemble d’un organe. Un organe associe souvent plusieurs tissus provenant de feuillets différents.

Points clés
  • Un tissu est une organisation de cellules et de constituants extracellulaires assurant des fonctions communes.
  • Les épithéliums associent cellules jointives, polarité, lame basale et absence de vascularisation propre.
  • Les tissus conjonctifs se caractérisent par des cellules dispersées dans une matrice extracellulaire généralement abondante.
  • Les tissus musculaires sont formés de cellules contractiles, tandis que le tissu nerveux associe neurones et cellules gliales.
  • Les épithéliums peuvent dériver des trois feuillets ; les tissus conjonctifs et musculaires sont principalement mésodermiques, et le tissu nerveux principalement ectodermique.
  • Un même organe peut réunir des lignées cellulaires issues de plusieurs feuillets embryonnaires.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Techniques histologiques.

  • Fiche 01Préparation des tissus : fixation, inclusion et coupeTechniques histologiques
  • Fiche 02Colorations usuelles et lecture d'une coupe histologiqueTechniques histologiques
  • Fiche 01Épithéliums de revêtement : classification et polaritéÉpithéliums
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