B5 · Techniques histologiques
Les quatre grands types de tissus et leur origine embryonnaire
Définir la notion de tissu et présenter les quatre grands groupes tissulaires et leurs critères de reconnaissance. Relier chaque groupe à son feuillet embryonnaire d'origine.
Histologie6 min de lecture15 QCM corrigés
Notion de tissu
Un tissu ne se réduit donc pas à une juxtaposition de cellules. Son identification repose sur plusieurs critères complémentaires :
- la forme, la taille et l’agencement des cellules ;
- la densité des cellules et leurs relations ;
- l’abondance et l’organisation de la matrice extracellulaire ;
- la présence éventuelle d’une polarité, de fibres, de prolongements ou de striations ;
- les rapports avec les vaisseaux, les nerfs et les tissus voisins.
Dans un organe, plusieurs types tissulaires sont donc associés. Le parenchyme correspond aux éléments qui assurent la fonction spécialisée de l’organe, tandis que le stroma constitue son support conjonctif, vasculaire et nerveux.
Les techniques de préparation et les colorations des coupes sont étudiées dans les deux fiches précédentes ; ici, leur résultat est utilisé uniquement pour reconnaître l’architecture générale des tissus.
Les quatre grands groupes tissulaires
L’histologie distingue quatre groupes fondamentaux :
- les tissus épithéliaux ;
- les tissus conjonctifs ;
- les tissus musculaires ;
- le tissu nerveux.
Cette classification repose principalement sur l’organisation des cellules, la quantité de matrice extracellulaire et la fonction dominante.
Les tissus épithéliaux
Les épithéliums présentent une forte cohésion cellulaire grâce aux jonctions reliant les cellules voisines. Ils possèdent également une polarité : le domaine apical, le domaine latéral et le domaine basal n’ont ni la même composition ni la même fonction.
La face basale repose sur une lame basale, interface spécialisée qui sépare l’épithélium du tissu conjonctif sous-jacent. L’épithélium ne contient pas de vaisseaux sanguins propres : les nutriments et le dioxygène diffusent depuis les capillaires du tissu conjonctif.
Deux organisations générales sont distinguées :
- les épithéliums de revêtement, disposés en nappes continues délimitant une surface ou une cavité ;
- les épithéliums glandulaires, organisés pour produire et libérer une sécrétion.
Sur une coupe, un épithélium se reconnaît donc par une densité cellulaire élevée, des limites cellulaires rapprochées, une orientation cohérente des cellules et un contact basal avec un tissu conjonctif.
Les tissus conjonctifs
Contrairement à l’épithélium, le tissu conjonctif est caractérisé moins par la juxtaposition de ses cellules que par la composition de sa matrice. Celle-ci comporte :
- une substance fondamentale, milieu hydraté occupant l’espace entre les cellules et les fibres ;
- des fibres, principalement collagéniques, réticulaires ou élastiques ;
- des cellules résidentes ou mobiles.
L’abondance et l’organisation de ces constituants permettent de distinguer les différentes variétés conjonctives. Certains tissus conjonctifs ont une matrice souple, d’autres une matrice rigide ou liquide. Le tissu adipeux, le cartilage, l’os et le sang appartiennent ainsi au vaste groupe des tissus conjonctifs, malgré leurs apparences très différentes.
Sur une coupe, le principal critère de reconnaissance est l’existence d’un espace extracellulaire visible entre les cellules. La nature, la densité et l’orientation des fibres précisent ensuite le type de tissu conjonctif.
Les tissus musculaires
Les cellules musculaires sont généralement allongées selon l’axe de contraction. Leur cytoplasme contient principalement de l’actine et de la myosine, dont l’interaction produit une force mécanique. L’organisation de ces protéines détermine l’aspect strié ou non strié du tissu.
Trois formes principales sont distinguées :
- le muscle strié squelettique ;
- le muscle strié cardiaque ;
- le muscle lisse.
Leur étude détaillée appartient au sous-bloc consacré aux tissus musculaires. À ce stade, la reconnaissance repose sur l’allongement des cellules, leur orientation, la position et le nombre apparent de leurs noyaux, ainsi que la présence ou l’absence de striations transversales.
Un tissu musculaire contient également du tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs. La présence de ces éléments ne modifie pas la nature musculaire du tissu dominant.
Le tissu nerveux
Le tissu nerveux se reconnaît par l’association de corps cellulaires, de nombreux prolongements et de cellules gliales. Sa matrice extracellulaire est peu abondante. L’aspect varie fortement selon que la coupe traverse une région riche en corps cellulaires ou une région surtout constituée de prolongements.
Origine embryonnaire des tissus
La formation des feuillets et leurs transformations sont étudiées en embryologie. En histologie, il faut retenir qu’un même groupe morphologique peut provenir de plusieurs feuillets et qu’un tissu adulte peut contenir des cellules d’origines embryonnaires différentes.
Ectoderme
L’ectoderme donne principalement naissance :
- à l’épithélium superficiel du corps et à ses dérivés ;
- au système nerveux ;
- à une partie des structures sensorielles.
Le neuroectoderme produit les neurones et la majorité des cellules gliales. Les cellules issues de la crête neurale, également d’origine ectodermique, participent à plusieurs tissus périphériques et à certains tissus conjonctifs de la région céphalique.
Mésoderme
Le mésoderme est l’origine principale :
- des tissus conjonctifs ;
- des tissus musculaires ;
- du sang et des vaisseaux ;
- des revêtements épithéliaux vasculaires et séreux.
La plupart des tissus conjonctifs dérivent d’un tissu embryonnaire peu différencié appelé mésenchyme.
Endoderme
L’endoderme produit principalement des épithéliums internes, notamment ceux associés aux appareils digestif et respiratoire, ainsi que le parenchyme épithélial de plusieurs glandes qui leur sont liées.
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