B5 · Épithéliums
Épithéliums de revêtement : classification et polarité
Classer les épithéliums de revêtement selon le nombre de couches et la forme des cellules superficielles. Décrire la polarité cellulaire, les domaines apical, latéral et basal et l'appui sur la lame basale.
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Organisation générale d’un épithélium de revêtement
Un épithélium de revêtement établit une frontière organisée entre deux milieux. Ses cellules sont très rapprochées et la matrice extracellulaire y est peu abondante. Cette cohésion permet au tissu d’assurer une fonction de barrière tout en contrôlant les échanges à travers sa surface.
Tout épithélium de revêtement possède quatre caractères structuraux fondamentaux :
- les cellules sont jointives et reliées entre elles ;
- le tissu présente une polarité entre sa face libre et sa face profonde ;
- sa face profonde repose sur une lame basale ;
- il ne contient pas directement de vaisseaux sanguins.
L’épithélium est donc nourri par diffusion à partir du tissu conjonctif sous-jacent, qui est vascularisé. La lame basale sépare ces deux tissus tout en permettant les échanges de petites molécules.
Principes de classification
La classification d’un épithélium de revêtement repose sur deux critères successifs :
- le nombre apparent de couches cellulaires ;
- la forme des cellules situées à la surface libre.
Ces deux informations sont associées dans sa dénomination. Le nombre de couches est indiqué en premier, puis la forme cellulaire.
Classification selon le nombre de couches
Dans un épithélium simple, les cellules sont toutes en relation avec les deux pôles du tissu : la lame basale du côté profond et la surface libre du côté opposé. Cette faible épaisseur favorise les échanges transépithéliaux.
Dans un épithélium stratifié, les cellules superficielles sont séparées de la lame basale par une ou plusieurs couches intermédiaires. La multiplication des couches augmente l’épaisseur du tissu et renforce sa fonction protectrice.
Les noyaux étant situés à des hauteurs différentes, l’épithélium pseudostratifié donne l’impression de comporter plusieurs couches. Cette apparence ne doit pas conduire à le classer parmi les épithéliums stratifiés.
Classification selon la forme des cellules superficielles
Dans un épithélium simple, la forme est appréciée sur l’unique couche. Dans un épithélium stratifié, elle est déterminée uniquement par les cellules les plus superficielles, même si les cellules profondes ont une autre forme.
Un épithélium stratifié dont les cellules superficielles sont aplaties est donc qualifié de stratifié pavimenteux. Le qualificatif ne décrit pas l’ensemble de ses couches, mais seulement celle qui borde la surface libre.
Il ne peut pas être décrit par une forme superficielle fixe, car son aspect dépend de l’étirement. Il constitue ainsi une catégorie particulière au sein des épithéliums stratifiés.
Polarité de l’épithélium et de ses cellules
La polarité signifie que la membrane plasmique et le cytoplasme ne possèdent pas la même organisation dans toutes les directions. Les protéines membranaires, les systèmes de transport et certains constituants du cytosquelette sont répartis différemment selon les domaines.
Cette asymétrie permet un transport orienté à travers l’épithélium. Une substance peut être prise en charge sur un domaine et libérée sur un autre, plutôt que de traverser la cellule sans direction privilégiée.
Domaine apical
Le domaine apical est directement en relation avec le milieu bordé par l’épithélium. Sa composition membranaire est adaptée aux fonctions d’échange, de sécrétion, d’absorption ou de protection du tissu.
Les spécialisations morphologiques de ce domaine sont étudiées dans la fiche suivante du sous-bloc et ne sont pas détaillées ici.
Domaine latéral
Le domaine latéral assure la cohésion du tissu, la communication entre cellules et la limitation du passage entre elles. Les jonctions intercellulaires maintiennent également la séparation entre les compositions membranaires apicale et basolatérale. Leur organisation moléculaire détaillée relève de la fiche consacrée aux jonctions cellulaires.
Domaine basal
Le domaine basal assure l’ancrage de la cellule, participe aux échanges avec le tissu conjonctif et reçoit les nutriments ayant diffusé depuis les vaisseaux sous-jacents. Les domaines basal et latéral sont souvent réunis sous le terme de domaine basolatéral, car ils sont séparés du domaine apical par les jonctions les plus proches de la surface.
Appui sur la lame basale
La lame basale assure plusieurs fonctions complémentaires :
- elle fournit un support mécanique à l’épithélium ;
- elle permet l’ancrage du domaine basal ;
- elle sépare l’épithélium du tissu conjonctif ;
- elle participe à la filtration et aux échanges moléculaires ;
- elle contribue au maintien de la polarité et à l’organisation du tissu.
L’appui sur la lame basale est une propriété constante des épithéliums. Dans un épithélium stratifié, cet appui direct concerne uniquement la couche cellulaire profonde, tandis que les couches supérieures sont soutenues par les cellules situées au-dessous.
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