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Sommaire

  • 1Substances psychoactives et conduites addictives
    • 1.1Dépendance, tolérance et sevrage
  • 2Mécanismes communs de la dépendance
  • 3Alcool et devenir de l'éthanol
    • 3.1Absorption et distribution
    • 3.2Métabolisme
    • 3.3Effets sanitaires lock — section verrouillée
  • 4Tabac et nicotine lock — section verrouillée
  • 5Autres substances psychoactives lock — section verrouillée
  • 6Cadre réglementaire français lock — section verrouillée
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B12 · Santé publique et système de soins

Conduites addictives : alcool, tabac et substances psychoactives

Décrire les mécanismes communs de la dépendance et les effets somatiques et psychiques des principales substances psychoactives. Présenter le devenir de l'éthanol dans l'organisme, les conséquences sanitaires du tabagisme et le cadre réglementaire applicable.

Santé, société, humanité et santé publique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Substances psychoactives et conduites addictives

Définition

Substance psychoactive

Substance qui agit sur le système nerveux central et modifie une ou plusieurs fonctions psychiques, notamment l'humeur, la vigilance, la perception, la cognition ou le comportement.

Une substance psychoactive peut être licite, comme l'alcool ou le tabac, illicite, ou utilisée comme médicament. Son statut juridique ne préjuge ni de sa toxicité ni de son potentiel addictif.

Définition

Conduite addictive

Comportement caractérisé par la recherche répétée d'un effet gratifiant ou du soulagement d'un état pénible, malgré la connaissance de ses conséquences dommageables et la diminution du contrôle exercé sur ce comportement.

L'addiction résulte de l'interaction entre trois ensembles de facteurs :

  • les propriétés pharmacologiques de la substance, notamment la rapidité et l'intensité de son effet cérébral ;
  • les caractéristiques individuelles, génétiques, psychiques et somatiques ;
  • l'environnement familial, social, économique et culturel.

Dépendance, tolérance et sevrage

Définition

Dépendance

État dans lequel la consommation devient difficile à maîtriser et tend à se maintenir malgré ses conséquences négatives. Elle associe à des degrés variables une dimension psychique et une adaptation physique de l'organisme.

Définition

Tolérance

Diminution de l'effet produit par une même dose après des consommations répétées, conduisant à augmenter les quantités pour rechercher un effet comparable.

Définition

Syndrome de sevrage

Ensemble de manifestations somatiques et psychiques apparaissant lors de la diminution ou de l'arrêt d'une substance après une exposition répétée.

Le besoin impérieux de consommer, ou envie irrépressible, correspond à une motivation intense, déclenchée par un état interne ou par des signaux associés antérieurement à la consommation. Il favorise la rechute, y compris après une abstinence prolongée.

Attention

Dépendance et addiction ne sont pas synonymes

Une dépendance physique peut apparaître sans perte de contrôle, notamment lors d'un traitement correctement suivi. Inversement, une addiction peut persister alors que le syndrome physique de sevrage a disparu.

Mécanismes communs de la dépendance

Les substances addictives modifient le circuit cérébral de la récompense, réseau impliqué dans l'apprentissage des comportements utiles et motivants. Elles augmentent directement ou indirectement la transmission dopaminergique entre l'aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens.

Le circuit dopaminergique de la récompense
Le circuit dopaminergique de la récompense

Cette augmentation de dopamine ne correspond pas seulement au plaisir. Elle attribue une forte valeur motivationnelle aux signaux associés à la consommation. Par conditionnement, le contexte, les émotions ou certains moments deviennent capables de déclencher l'envie de consommer.

La répétition provoque des neuroadaptations :

  1. la réponse à la substance diminue, contribuant à la tolérance ;
  2. les récompenses ordinaires perdent une partie de leur valeur ;
  3. l'absence de substance produit un état négatif ;
  4. le contrôle exercé par les régions préfrontales devient moins efficace ;
  5. le comportement passe progressivement d'une recherche volontaire à une conduite automatisée.

Deux renforcements entretiennent alors la consommation. Le renforcement positif correspond à la recherche d'un effet agréable. Le renforcement négatif correspond à la consommation destinée à faire disparaître un malaise, une anxiété ou les signes du sevrage.

Exemple

Le renforcement négatif lors du sevrage alcoolique

Une personne ayant une dépendance à l'alcool ressent le matin des tremblements, une anxiété et des nausées après plusieurs heures sans consommer. Elle boit un verre et ces manifestations diminuent rapidement.

La consommation n'est pas motivée ici par la recherche d'une euphorie, mais par la disparition d'un état pénible. Il s'agit d'un renforcement négatif : la suppression des signes de sevrage augmente la probabilité de consommer à nouveau dans une situation comparable.

À retenir

L'addiction n'est ni un simple défaut de volonté ni la conséquence automatique d'une exposition. C'est un trouble multifactoriel dans lequel apprentissage, neuroadaptations, vulnérabilité individuelle et environnement se renforcent mutuellement.

Alcool et devenir de l'éthanol

Absorption et distribution

L'éthanol est une petite molécule hydrosoluble rapidement absorbée par le tube digestif, surtout dans l'intestin grêle. La présence d'aliments ralentit la vidange gastrique et donc l'élévation de sa concentration sanguine.

Il se distribue principalement dans l'eau corporelle, franchit la barrière hémato-encéphalique et traverse le placenta. Sa concentration est donc influencée par la quantité ingérée, la vitesse d'absorption et le volume de distribution aqueux.

Métabolisme

La majeure partie de l'éthanol est métabolisée dans le foie. Trois voies interviennent :

  • l'alcool déshydrogénase, voie cytosolique principale, transforme l'éthanol en acétaldéhyde ;
  • l'aldéhyde déshydrogénase, surtout mitochondriale, oxyde l'acétaldéhyde en acétate ;
  • le système microsomal dépendant du cytochrome CYP2E1 prend davantage d'importance lors d'une exposition élevée ou répétée.

L'acétaldéhyde est un métabolite réactif et toxique. L'acétate formé est ensuite transformé et utilisé par différents tissus. Une faible fraction de l'éthanol est éliminée inchangée par l'air expiré, les urines et la sueur.

La voie principale utilise le coenzyme oxydé NAD+\mathrm{NAD^+}NAD+ et produit sa forme réduite NADH\mathrm{NADH}NADH. L'augmentation du rapport entre ces deux formes perturbe le métabolisme hépatique, favorise l'accumulation de lipides et limite certaines voies productrices de glucose.

Lorsque les enzymes sont saturées, la quantité éliminée par unité de temps devient approximativement constante : augmenter la concentration n'accélère donc pas proportionnellement l'élimination.

Effets sanitaires

L'intoxication aiguë entraîne désinhibition, altération du jugement, troubles de la coordination, somnolence puis, à forte exposition, dépression respiratoire et coma. Elle accroît le risque de traumatismes, de violences et de conduites dangereuses.

La consommation chronique favorise :

  • les atteintes hépatiques, de la stéatose à la cirrhose ;
  • les cancers des voies aérodigestives et de plusieurs autres organes ;
  • les atteintes cardiovasculaires, neurologiques et digestives ;
  • les troubles anxieux, dépressifs et cognitifs ;
  • la dépendance et un syndrome de sevrage potentiellement grave.

L'exposition prénatale peut perturber durablement le développement embryonnaire et fœtal. Aucun seuil garantissant l'absence de risque pendant la grossesse n'est établi.

Tabac et nicotine

La nicotine est la principale substance responsable de la dépendance au tabac. Son arrivée rapide au cerveau renforce fortement l'association entre le geste de consommation et l'effet obtenu. Elle stimule les récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine et augmente notamment la libération de dopamine.

Le sevrage nicotinique associe irritabilité, anxiété, difficultés de concentration, troubles du sommeil et augmentation de l'appétit. Ces manifestations renforcent la reprise de la consommation.

La toxicité majeure du tabagisme ne vient cependant pas seulement de la nicotine. La combustion produit :

  • du monoxyde de carbone, qui réduit le transport sanguin de l'oxygène ;
  • des particules et substances irritantes, responsables d'inflammation bronchique ;
  • de nombreux agents cancérogènes ;
  • des composés favorisant les lésions vasculaires et la thrombose.

Le tabagisme augmente ainsi la fréquence des cancers, des maladies cardiovasculaires et des maladies respiratoires chroniques. Il altère également la fertilité, la grossesse et le développement fœtal.

Définition

Tabagisme passif

Exposition involontaire à la fumée provenant de la combustion du tabac et à celle expirée par les consommateurs.

Cette exposition entraîne elle aussi un risque respiratoire, cardiovasculaire et cancéreux. L'arrêt du tabac réduit progressivement les risques, même après une consommation prolongée.

Attention

Nicotine et fumée de tabac

La nicotine explique principalement la dépendance, tandis que les produits de combustion sont responsables de l'essentiel de la mortalité liée au tabagisme. Ces deux dimensions ne doivent pas être confondues.

Autres substances psychoactives

Comparaison

Principales classes de substances psychoactives

ClasseEffets psychiques dominantsRisques somatiques majeurs
Cannabinoïdesmodification des perceptions, ralentissement cognitif, anxiété possibletroubles de la vigilance, atteintes respiratoires si combustion, effets cardiovasculaires
Stimulantséveil, euphorie, agitation, diminution de la fatigue perçuetroubles du rythme, hypertension, convulsions, hyperthermie
Opioïdesanalgésie, apaisement, euphoriedépression respiratoire, coma, surdose
Sédatifsanxiolyse, somnolence, amnésiedépression du système nerveux central, chutes, accidents
Hallucinogènesaltérations perceptives et de la conscienceaccidents, réactions anxieuses aiguës, décompensation psychiatrique

Les associations de substances peuvent produire des effets imprévisibles. L'association de plusieurs dépresseurs du système nerveux central majore particulièrement le risque de dépression respiratoire. La voie d'administration module aussi le danger : plus l'arrivée cérébrale est rapide, plus le renforcement addictif est généralement puissant.

Cadre réglementaire français

L'alcool et le tabac sont des substances licites mais strictement réglementées. Leur vente aux mineurs est interdite. La publicité, le parrainage, la présentation des produits, les avertissements sanitaires et les lieux de consommation sont encadrés.

Pour le tabac, la publicité et le parrainage sont interdits, les conditionnements portent des avertissements sanitaires et l'usage est interdit dans de nombreux lieux collectifs fermés. La protection contre le tabagisme passif justifie ces restrictions.

Pour l'alcool, la publicité n'est autorisée que dans un cadre limité quant à son contenu et à ses supports. La vente, l'ivresse dans l'espace public et la conduite sous l'influence de l'alcool sont réglementées. Les messages sanitaires visent notamment les risques pendant la grossesse et ceux liés à la conduite.

Les substances classées comme stupéfiants sont soumises à un régime d'interdiction ou de contrôle renforcé portant sur l'usage, la détention, la production et le trafic. Certains médicaments psychoactifs relèvent de règles particulières de prescription et de délivrance afin de limiter le mésusage tout en maintenant l'accès aux soins.

Les principes généraux de prévention, de promotion de la santé et de dépistage sont développés dans les fiches qui leur sont consacrées.

À retenir

Le statut légal d'une substance ne mesure pas sa dangerosité. La réglementation combine protection des mineurs, information sanitaire, limitation de l'exposition collective, contrôle de l'offre et accès aux soins addictologiques.

Points clés
  • Une substance psychoactive modifie le fonctionnement du système nerveux central et peut favoriser une conduite addictive.
  • La dépendance repose sur le circuit de la récompense, le conditionnement, les neuroadaptations et la diminution du contrôle comportemental.
  • L'éthanol est surtout métabolisé dans le foie en acétaldéhyde puis en acétate, avec une élimination saturable.
  • La nicotine entretient la dépendance tabagique, tandis que les produits de combustion causent l'essentiel des cancers et des atteintes cardiovasculaires et respiratoires.
  • Les substances psychoactives peuvent provoquer des effets somatiques, psychiques et sociaux, aggravés par les associations.
  • Le droit français réglemente l'alcool et le tabac et soumet les stupéfiants ainsi que certains médicaments psychoactifs à un contrôle renforcé.

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  • Fiche 01Définitions de la santé et approche de l'Organisation mondiale de la santéSanté publique et système de soins
  • Fiche 02Indicateurs de santé d'une populationSanté publique et système de soins
  • Fiche 03Organisation du système de santé françaisSanté publique et système de soins
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