B12 · Santé publique et système de soins
Définitions de la santé et approche de l'Organisation mondiale de la santé
Comparer les définitions négative et positive de la santé et la définition globale de l'OMS. Discuter le caractère relatif de la santé et les notions de bien-être et de qualité de vie.
Santé, société, humanité et santé publique8 min de lecture17 QCM corrigés
Définir la santé
La santé paraît intuitive, mais sa définition dépend du critère retenu. Elle peut être comprise comme absence d'un état pathologique, comme présence de capacités positives, ou comme une réalité globale associant plusieurs dimensions de l'existence.
Définir la santé est nécessaire pour déterminer les besoins d'une population et orienter l'action collective. Cependant, toute définition sélectionne certains critères et repose sur une conception de ce qui constitue une vie satisfaisante.
La définition négative
Elle est dite négative parce qu'elle définit la santé par ce qui manque. La personne est considérée comme saine lorsqu'aucune anomalie pathologique n'est identifiée.
Cette conception présente plusieurs intérêts :
- elle s'appuie sur des critères médicaux relativement objectivables ;
- elle permet de distinguer un état pathologique d'un état non pathologique ;
- elle facilite la classification et la comparaison des états de santé.
Elle demeure néanmoins réductrice. L'absence de maladie diagnostiquée ne garantit ni le bien-être, ni l'autonomie, ni une participation sociale satisfaisante. Inversement, la présence d'une maladie ou d'une limitation fonctionnelle n'exclut pas nécessairement toute forme de bien-être.
La définition positive
Cette approche ne demande plus seulement si une maladie est présente. Elle s'intéresse à ce que la personne peut faire, à la manière dont elle vit sa situation et aux ressources dont elle dispose pour répondre aux contraintes de son environnement.
La santé prend alors un caractère dynamique. Elle n'est pas uniquement un état possédé ou perdu, mais aussi une capacité à maintenir un équilibre, à faire face aux changements et à élaborer de nouvelles normes de vie.
L'approche globale de l'Organisation mondiale de la santé
Dans le préambule de sa Constitution adoptée en 1946 et entrée en vigueur en 1948, l'Organisation mondiale de la santé définit la santé comme :
« Un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. »
Cette définition associe trois caractéristiques.
Une définition positive
La santé est caractérisée par la présence d'un bien-être complet. Elle ne se réduit donc pas au silence des symptômes ou à l'absence d'un diagnostic.
Une définition multidimensionnelle
La dimension physique concerne le corps et ses fonctions. La dimension mentale renvoie au fonctionnement psychique, émotionnel et cognitif. La dimension sociale concerne les relations, les rôles sociaux et la possibilité de participer à la vie collective.
Ces dimensions interagissent : une altération dans l'une d'elles peut modifier les autres. La santé doit donc être envisagée globalement plutôt que comme une juxtaposition d'organes examinés séparément.
Une définition non exclusivement médicale
En intégrant le bien-être social, l'Organisation mondiale de la santé reconnaît que la santé dépend aussi des conditions de vie et de l'environnement social. Elle ne relève donc pas uniquement des soins ou de l'activité des professionnels de santé.
L'étude des déterminants sociaux de la santé appartient à une autre fiche du programme ; il faut ici retenir qu'une approche globale dépasse le seul diagnostic médical.
Portée et limites de la définition de l'Organisation mondiale de la santé
La définition de l'Organisation mondiale de la santé a permis d'élargir la conception de la santé. Elle affirme son caractère multidimensionnel et reconnaît l'importance du vécu de la personne.
Cependant, l'expression complet bien-être soulève plusieurs difficultés :
- un bien-être complet et permanent constitue un idéal rarement atteint ;
- une variation ordinaire du bien-être pourrait conduire à qualifier trop largement une personne de non saine ;
- le mot état suggère une situation stable, alors que la santé évolue continuellement ;
- l'appréciation du bien-être comporte une dimension subjective ;
- une définition très large peut étendre excessivement le domaine attribué à la médecine.
La définition doit donc être comprise comme un horizon global plutôt que comme un seuil simple permettant de classer définitivement chaque personne.
Le caractère relatif et dynamique de la santé
La santé est relative selon plusieurs axes :
- Relativité individuelle : les capacités, les attentes et le ressenti diffèrent entre les personnes.
- Relativité temporelle : l'état de santé et la manière de le vivre évoluent au cours du temps.
- Relativité sociale et culturelle : les représentations du corps, du normal et du pathologique dépendent en partie des sociétés.
- Relativité environnementale : une même capacité ne produit pas les mêmes possibilités selon les contraintes et les ressources du milieu.
- Relativité normative : la frontière entre normal et pathologique dépend des critères utilisés.
Cette relativité n'implique pas que toute appréciation soit arbitraire. Des anomalies biologiques, des limitations fonctionnelles et des souffrances peuvent être objectivées. Elle signifie que les données objectives ne suffisent pas toujours à résumer l'expérience globale de santé.
Bien-être et qualité de vie
Le bien-être n'est pas seulement le plaisir ou l'absence d'émotion négative. Il inclut la possibilité d'agir, de maintenir des relations, de se projeter et de trouver un équilibre satisfaisant. Il reste subjectif, car il dépend des attentes et des valeurs de la personne, mais il peut faire l'objet d'une évaluation structurée.
La qualité de vie est multidimensionnelle. Elle peut inclure les capacités physiques, l'état psychologique, l'autonomie, les relations sociales et l'environnement. Elle ne se confond pas avec la santé : celle-ci en constitue une composante majeure, mais la qualité de vie englobe plus largement la manière dont la personne évalue son existence.
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