B12 · Santé publique et système de soins
Indicateurs de santé d'une population
Définir les indicateurs de mortalité, de morbidité et de natalité et leurs modes de standardisation. Présenter les différentes espérances de vie et les indicateurs composites tels que le DALY.
Santé, société, humanité et santé publique8 min de lecture17 QCM corrigés
Construire un indicateur de santé
Un indicateur de santé est une mesure synthétique décrivant l'état de santé d'une population ou un phénomène qui lui est associé. Il permet de suivre une évolution temporelle, de comparer des populations et d'orienter les politiques de santé.
Un indicateur doit toujours préciser :
- le phénomène compté, qui constitue le numérateur ;
- la population exposée au risque, qui constitue le dénominateur ;
- la période et le territoire étudiés ;
- la source et la qualité des données ;
- l'éventuel facteur multiplicatif , généralement une puissance de dix facilitant la lecture.
Le choix du dénominateur est essentiel : un nombre brut d'événements ne renseigne pas sur leur fréquence si la taille de la population n'est pas connue.
Indicateurs de mortalité
Taux brut et taux spécifiques
Le taux brut de mortalité rapporte l'ensemble des décès à la population moyenne pendant la période. Il décrit la mortalité réellement observée, toutes causes et toutes catégories démographiques confondues.
Un taux spécifique de mortalité est calculé dans une sous-population définie par l'âge, le sexe, la cause du décès ou une autre caractéristique. Il rapporte les décès de la catégorie à la seule population exposée appartenant à cette catégorie.
Le taux brut dépend donc à la fois des risques individuels de décès et de la structure démographique. Une population comportant davantage de personnes âgées peut avoir un taux brut plus élevé sans présenter, à âge égal, une situation sanitaire plus défavorable.
Indicateurs particuliers
La mortalité proportionnelle est la proportion des décès attribuables à une cause parmi l'ensemble des décès. Elle renseigne sur la répartition des causes, mais non sur le risque de mourir de cette cause dans la population.
Le taux de mortalité infantile rapporte les décès avant l'âge d'un an au nombre de naissances vivantes de la même période. Il est sensible aux conditions sanitaires, sociales et périnatales.
Le ratio de mortalité maternelle rapporte les décès maternels liés à la grossesse ou à sa prise en charge au nombre de naissances vivantes. Malgré l'usage fréquent du mot « taux », il s'agit formellement d'un ratio, car les décès maternels ne sont pas inclus dans le dénominateur.
Indicateurs de morbidité
La morbidité peut être mesurée à partir de diagnostics, de déclarations, d'hospitalisations, de limitations fonctionnelles ou de données d'enquête. Elle dépend donc de la définition retenue et de la capacité du système d'information à identifier les états de santé.
Incidence
L'incidence cumulée rapporte les nouveaux cas au nombre de personnes initialement exposées au risque. Elle s'interprète comme un risque de devenir malade pendant la période.
Le taux d'incidence, ou densité d'incidence, rapporte les nouveaux cas à la somme des durées individuelles d'exposition au risque, exprimée en personnes-temps. Il mesure une vitesse de survenue.
Prévalence
La prévalence compte les cas anciens et nouveaux encore présents. Elle augmente lorsque l'incidence s'élève ou lorsque la durée de la maladie s'allonge. À l'inverse, elle diminue en cas de guérison rapide ou de décès précoce.
L'étude statistique détaillée des indicateurs de fréquence et des enquêtes épidémiologiques relève des fiches de biostatistiques ; ici, ils servent à décrire l'état sanitaire d'une population.
Indicateurs de natalité et de fécondité
La fécondité se distingue de la natalité : elle rapporte les naissances à la population susceptible de procréer, généralement définie selon l'âge et le sexe. Les taux de fécondité peuvent être spécifiques à une classe d'âge.
L'indice synthétique de fécondité résume les taux de fécondité par âge observés pendant une période. Il correspond au nombre moyen d'enfants qu'aurait une personne au cours de sa vie féconde si ces taux restaient constants. Il s'agit d'un indicateur construit et non du nombre réellement observé dans une génération.
L'accroissement naturel correspond à la différence entre les naissances et les décès. Il ne tient pas compte des migrations.
Standardiser pour comparer
Standardisation directe
La méthode directe applique les taux spécifiques de chaque population étudiée à une même population de référence. Le taux standardisé est une moyenne pondérée des taux spécifiques, dont les poids sont les effectifs ou les proportions de la population de référence.
Cette méthode exige des taux spécifiques suffisamment fiables dans chaque catégorie. Elle permet de comparer plusieurs populations comme si elles possédaient la même structure.
Standardisation indirecte
La méthode indirecte applique les taux spécifiques d'une population de référence à la structure de la population étudiée. Elle fournit un nombre de décès attendus, ensuite comparé au nombre observé.
Un égal à traduit une mortalité observée égale à celle attendue. Une valeur supérieure à indique un excès relatif et une valeur inférieure à un déficit relatif.
Espérances de vie
Elle est calculée à partir d'une table de mortalité, qui décrit la survie d'une population théorique au fil des âges. L'espérance de vie du moment repose sur les conditions de mortalité d'une période donnée ; elle ne prédit donc pas exactement la longévité future d'une génération réelle.
L'espérance de vie à l'âge est le nombre moyen d'années restant à vivre aux personnes ayant déjà atteint l'âge . Elle est conditionnelle à la survie jusqu'à cet âge.
L'espérance de vie en bonne santé, aussi appelée espérance de vie sans incapacité, estime le nombre d'années vécues sans limitation fonctionnelle ou sans état de santé défavorable selon la définition retenue.
Indicateurs composites et DALY
Le DALY, ou année de vie ajustée sur l'incapacité, mesure la quantité de vie en bonne santé perdue. Il additionne les années perdues par décès prématuré et les années vécues avec une incapacité pondérée par sa gravité.
La pondération de l'incapacité varie de , correspondant à la pleine santé, à , correspondant conventionnellement à un état équivalent au décès. Plus le nombre de DALY est élevé, plus la charge sanitaire est importante. Cet indicateur permet donc d'intégrer les maladies mortelles et non mortelles dans une même mesure.
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