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Sommaire

  • 1Fondements juridiques et déontologiques
  • 2Les conditions de validité du consentement
    • 2.1Un consentement libre
    • 2.2Un consentement éclairé
    • 2.3Un consentement préalable, spécifique et révocable
  • 3L’information préalable du patient
  • 4Consentement implicite et consentement explicite lock — section verrouillée
  • 5Refus et retrait du consentement lock — section verrouillée
  • 6Situations limitant la recherche préalable du consentement lock — section verrouillée
    • 6.1Urgence et impossibilité de consentir lock — section verrouillée
    • 6.2Volonté de ne pas être informé lock — section verrouillée
    • 6.3Mineurs et majeurs protégés lock — section verrouillée
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B12 · Éthique et déontologie

Consentement libre et éclairé et information du patient

Décrire les fondements juridiques et déontologiques du consentement et les exigences relatives à l'information. Distinguer consentement implicite et explicite et présenter les situations limitant sa recherche préalable.

Santé, société, humanité et santé publique·schedule8 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Fondements juridiques et déontologiques

Le consentement aux soins protège à la fois la dignité, l’intégrité corporelle et la capacité de la personne à décider pour elle-même. Il traduit juridiquement le principe éthique d’autonomie, étudié dans la fiche consacrée aux grands principes de l’éthique biomédicale.

Définition

Consentement libre et éclairé

Manifestation de la volonté d’une personne qui accepte un acte de prévention, de diagnostic ou de soin après avoir reçu une information suffisante et compréhensible, sans contrainte et avec la capacité de décider.

Plusieurs textes structurent ce droit :

  • l’article 16-3 du Code civil impose le consentement préalable de l’intéressé à toute atteinte à l’intégrité du corps humain, sauf nécessité thérapeutique lorsque son état rend ce consentement impossible ;
  • l’article L1111-4 du Code de la santé publique affirme qu’aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne ;
  • l’article L1111-2 du même code reconnaît à toute personne le droit d’être informée sur son état de santé ;
  • le Code de déontologie médicale impose au médecin une information loyale, claire et appropriée et la recherche du consentement dans tous les cas ;
  • la Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine exige un consentement libre et éclairé avant toute intervention dans le domaine de la santé.

Ces fondements font du consentement un droit de la personne, et non une simple formalité destinée à protéger le professionnel.

À retenir

Une décision, non une signature

Le consentement est un processus d’échange et de décision. La signature d’un document peut en conserver la trace, mais elle ne suffit jamais à établir que le consentement était libre et éclairé.

Les conditions de validité du consentement

Un consentement libre

Le consentement est libre lorsqu’il est donné sans violence, menace, pression abusive, tromperie ni dépendance exploitée. Le professionnel peut recommander une conduite médicalement justifiée, mais il ne peut pas transformer cette recommandation en contrainte.

La liberté suppose également que la personne dispose d’un temps de réflexion compatible avec son état et avec le degré d’urgence. Elle doit pouvoir poser des questions et, lorsque la situation le permet, revenir sur sa décision.

Un consentement éclairé

Le consentement est éclairé lorsque la personne a reçu et compris les éléments pertinents pour décider. Une information seulement délivrée n’est donc pas nécessairement une information comprise. Le professionnel doit adapter son vocabulaire, vérifier la compréhension et répondre aux interrogations.

Un consentement préalable, spécifique et révocable

Le consentement doit en principe être obtenu avant l’acte. Il porte sur une proposition déterminée : une acceptation générale de « tous les soins nécessaires » ne donne pas au professionnel une autorisation illimitée.

Il est également révocable. La personne peut retirer son consentement à tout moment, même après l’avoir initialement donné. Ce retrait vaut pour l’avenir et doit être respecté dès qu’il est exprimé.

Définition

Capacité à consentir

Aptitude de la personne à comprendre l’information pertinente, à apprécier les conséquences des options proposées, à raisonner entre celles-ci et à communiquer une décision.

Cette aptitude doit être appréciée concrètement. Elle peut varier selon l’état de la personne, la complexité de la décision et le moment auquel elle est recherchée.

L’information préalable du patient

L’information est la condition permettant à la personne de participer réellement à la décision. Elle doit être délivrée au cours d’un entretien individuel, sauf impossibilité, et porter sur les éléments nécessaires au choix.

Elle concerne notamment :

  • les investigations, traitements ou actions de prévention proposés ;
  • leur utilité et, le cas échéant, leur urgence ;
  • leurs conséquences attendues ;
  • les risques fréquents ou graves normalement prévisibles ;
  • les autres possibilités pertinentes ;
  • les conséquences prévisibles d’un refus ;
  • les frais auxquels la personne pourrait être exposée et les conditions de prise en charge, lorsque cette information est applicable.

Si des risques nouveaux sont identifiés après l’intervention, la personne doit en être informée, sauf impossibilité de la retrouver.

Définition

Information loyale, claire et appropriée

Information exacte et non trompeuse, formulée de manière intelligible et adaptée à la personnalité, aux capacités de compréhension et à la situation de la personne.

L’information ne doit être ni inutilement alarmante ni faussement rassurante. Le professionnel sélectionne les données pertinentes sans dissimuler celles qui pourraient raisonnablement modifier la décision.

La preuve que l’information a été délivrée incombe au professionnel ou à l’établissement de santé. Elle peut être apportée par tout moyen. La traçabilité dans le dossier médical est donc essentielle, mais elle ne remplace pas le dialogue.

Attention

Informer ne signifie pas faire réciter

La compréhension n’exige pas que la personne maîtrise les connaissances médicales du professionnel. Elle exige qu’elle saisisse la nature de la décision, ses bénéfices attendus, ses risques pertinents, les autres possibilités et les conséquences d’un refus.

Consentement implicite et consentement explicite

Comparaison

Formes du consentement

CritèreConsentement impliciteConsentement explicite
Manifestation de volontéDéduite d’un comportement non équivoqueFormulée clairement par la parole ou par écrit
Contexte adaptéActes usuels compris et immédiatement acceptésDécisions dont les enjeux nécessitent une expression certaine
Valeur de l’écritAbsence d’écritL’écrit n’est requis que dans les situations prévues par un texte
LimiteNe doit pas être confondu avec le silenceDoit rester libre, éclairé, spécifique et révocable

Le consentement implicite résulte d’un comportement manifestant sans ambiguïté l’accord de la personne. Il n’autorise pas à déduire systématiquement une acceptation de sa seule présence ou de son absence d’opposition.

Exemple

Reconnaître un consentement implicite lors d’un acte usuel

Lors d’une consultation, le médecin explique qu’il va mesurer la pression artérielle. La personne acquiesce, découvre son bras et le tend vers le brassard.

Ces gestes actifs, réalisés après l’information sur l’acte usuel proposé, manifestent sans ambiguïté son accord : il s’agit d’un consentement implicite.

À l’inverse, si la personne reste silencieuse sans tendre le bras ni répondre à la proposition, son silence ne permet pas de conclure à un consentement.

Le consentement explicite est exprimé sans équivoque. Il peut être oral ou écrit. En droit commun des soins, le consentement écrit n’est pas systématiquement obligatoire. Des textes particuliers peuvent toutefois imposer un écrit ou un formalisme renforcé en raison de la nature de l’intervention.

Attention

Silence et consentement implicite

Le silence n’est pas, à lui seul, un consentement. Un consentement implicite suppose un comportement actif et non équivoque, interprété dans un contexte où la personne a été préalablement informée.

Refus et retrait du consentement

Le droit de consentir implique le droit de refuser un traitement ou d’interrompre celui qui a commencé. Le professionnel doit informer la personne des conséquences prévisibles de sa décision et s’assurer qu’elle les a comprises.

Lorsque le refus met la vie en danger, la personne doit être invitée à réitérer sa décision dans un délai raisonnable. Le médecin peut solliciter l’avis d’un autre membre du corps médical. La décision du patient demeure néanmoins opposable si celui-ci est apte à consentir et maintient son choix.

Le refus ne rompt pas la relation de soins. Le professionnel doit poursuivre l’accompagnement, proposer les soins acceptables pour la personne et assurer le soulagement de la souffrance. La décision et l’information délivrée doivent être tracées dans le dossier.

Situations limitant la recherche préalable du consentement

Urgence et impossibilité de consentir

L’urgence ne supprime pas toute exigence éthique : elle permet seulement de ne pas attendre un consentement impossible à recueillir lorsque ce délai exposerait la personne à un dommage grave. Les actes réalisés doivent rester nécessaires, proportionnés et orientés vers l’intérêt de la personne.

Exemple

Limiter les actes en situation d’urgence et d’impossibilité de consentir

Après un accident, une personne est inconsciente et présente une hémorragie externe abondante. L’équipe estime qu’attendre 101010 minutes pour rechercher un consentement exposerait la personne à un dommage grave.

Elle réalise immédiatement les gestes nécessaires pour arrêter le saignement et stabiliser l’état de la personne. Elle ne réalise pas, dans ce contexte, un acte sans lien avec cette urgence.

L’absence de consentement préalable est ici justifiée par l’urgence et l’impossibilité d’exprimer une volonté. Les actes sont limités à ceux qui sont nécessaires et proportionnés à l’intérêt de la personne.

De même, lorsque l’état de la personne empêche l’expression de sa volonté, le professionnel recherche, si le temps le permet, les volontés antérieurement exprimées et consulte la personne de confiance, la famille ou un proche. Cette consultation éclaire la décision sans transformer automatiquement l’entourage en titulaire du consentement.

Définition

Personne de confiance

Personne désignée par un patient majeur pour l’accompagner dans ses démarches et témoigner de sa volonté lorsqu’il n’est plus en mesure de l’exprimer.

Volonté de ne pas être informé

Une personne peut demander à ne pas connaître un diagnostic ou un pronostic. Cette volonté doit en principe être respectée. Elle connaît toutefois une limite lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission : l’intérêt d’autrui peut alors justifier que certaines informations soient portées à la connaissance du patient.

Le souhait de ne pas être informé ne vaut pas consentement automatique à n’importe quel acte. Le professionnel doit déterminer ce que la personne accepte de déléguer tout en respectant autant que possible sa volonté.

Mineurs et majeurs protégés

Le mineur reçoit une information adaptée à son degré de maturité et participe à la décision. Le consentement des titulaires de l’autorité parentale est en principe recherché, mais la volonté du mineur doit être prise en considération. Des dispositions particulières permettent, sous conditions strictes, certains soins confidentiels sans accord parental.

Le majeur faisant l’objet d’une mesure de protection reçoit personnellement une information adaptée. Son consentement doit être recherché dès qu’il est apte à exprimer sa volonté. L’assistance ou la représentation dépend de la nature de la mesure prononcée et ne doit pas conduire à écarter systématiquement la personne de la décision.

À retenir

Limites strictes

L’urgence, l’impossibilité de consentir ou une disposition légale particulière peuvent limiter la recherche préalable du consentement. Elles n’autorisent jamais des actes étrangers à la nécessité médicale ni l’exclusion injustifiée de la personne de la décision.

Points clés
  • Aucun acte médical ni traitement ne peut en principe être réalisé sans consentement libre et éclairé
  • L’information doit être loyale, claire, appropriée et porter sur les éléments susceptibles d’orienter la décision
  • Le consentement doit être préalable, spécifique et révocable à tout moment
  • Le consentement explicite peut être oral ou écrit, tandis que le consentement implicite résulte d’un comportement non équivoque
  • Le silence, la signature isolée d’un formulaire et l’absence de refus ne suffisent pas à établir un consentement valable
  • L’urgence et l’impossibilité de consentir ne permettent que les actes nécessaires et proportionnés à l’état de la personne

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Éthique et déontologie.

  • Fiche 01Morale, éthique et déontologie : distinctionsÉthique et déontologie
  • Fiche 02Les grands principes de l'éthique biomédicaleÉthique et déontologie
  • Fiche 04Comités d'éthique et lois de bioéthiqueÉthique et déontologie
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