B7 · Rayonnements ionisants
Décroissance radioactive, période et filiations
Établir la loi de décroissance exponentielle, définir constante radioactive, période et activité. Traiter les mélanges, les embranchements et les filiations père-fils, dont les équilibres séculaire et transitoire.
Biophysique6 min de lecture15 QCM corrigés
Caractère probabiliste de la décroissance
Un noyau radioactif isolé se désintègre de manière aléatoire : il est impossible de prévoir l'instant de sa désintégration. En revanche, pour un grand nombre de noyaux identiques, la diminution moyenne de la population suit une loi déterministe.
Les différents modes de désintégration et les critères de stabilité nucléaire sont étudiés dans les fiches voisines ; seule leur cinétique est considérée ici.
Pendant une durée infinitésimale , chaque noyau possède une probabilité de se désintégrer. Cette probabilité ne dépend ni de l'âge du noyau ni du nombre de noyaux déjà désintégrés : la radioactivité est un phénomène sans mémoire.
Si est le nombre de noyaux radioactifs présents à l'instant , le nombre moyen de désintégrations pendant vaut . La population diminue donc de cette quantité.
Le signe négatif traduit la disparition des noyaux père. En séparant les variables puis en intégrant entre l'instant initial et l'instant , on obtient :
où est le nombre initial de noyaux. Ainsi, .
La fraction de noyaux survivants est donc . Une même fraction disparaît pendant des intervalles de temps égaux, ce qui explique la forme exponentielle et non linéaire de la décroissance.
Période radioactive et durée de vie moyenne
Par définition, . L’introduction de cette condition dans la loi exponentielle donne .
Après périodes, où est un nombre entier, la population restante vaut . La période est une propriété nucléaire : elle ne dépend pas de la quantité initiale de radionucléide.
Elle vérifie , donc . La durée de vie moyenne est supérieure à la période, car est inférieur à .
Activité radioactive
L’activité est la valeur positive de la vitesse de disparition des noyaux radioactifs.
Le becquerel, noté , correspond à une désintégration par seconde. L’activité suit la même loi exponentielle et possède la même période que le nombre de noyaux.
Mélange de radionucléides
Dans un mélange, chaque radionucléide décroît indépendamment avec sa propre constante radioactive. L’activité totale est la somme des activités individuelles.
Une somme d’exponentielles de constantes différentes n’est généralement pas une exponentielle unique. Il n’existe donc pas nécessairement une période radioactive unique pour l’ensemble du mélange. À long terme, la contribution du radionucléide ayant la plus petite constante radioactive, donc la période la plus longue, devient relativement dominante.
Embranchements radioactifs
Un radionucléide peut se transformer selon plusieurs voies concurrentes.
À chaque voie est associée une constante partielle . Comme les voies sont concurrentes, leurs probabilités s’additionnent.
Les rapports d’embranchement vérifient . L’activité partielle de la voie vaut . La période du noyau père dépend de la constante totale, et non d’une seule constante partielle.
Filiation radioactive père-fils
Considérons un père produisant un fils avec un rapport d’embranchement . Le père disparaît selon sa propre loi. Le fils est simultanément produit par le père et détruit par sa propre désintégration.
Si , la résolution donne la relation de Bateman :
Le premier terme décrit la décroissance des noyaux fils initialement présents. Le second décrit l’accumulation des noyaux produits par le père, corrigée de leur propre disparition. L’activité du fils est , tandis que celle du père est .
Équilibres séculaire et transitoire
Un équilibre de filiation ne signifie pas que les nombres de noyaux sont égaux. Il correspond à un rapport d’activités devenu constant.
Lorsque le père vit plus longtemps que le fils, soit , le terme en finit par devenir négligeable. Les activités du père et du fils décroissent alors toutes deux selon la constante du père, et leur rapport tend vers :
Dans l’équilibre séculaire, le père varie très lentement pendant l’installation de l’équilibre. La production du fils compense alors presque exactement sa disparition, d’où .
Dans l’équilibre transitoire, le père vit plus longtemps que le fils, mais sa décroissance n’est pas négligeable. Après une phase d’accumulation, le fils décroît au même rythme apparent que le père, avec un rapport d’activités constant supérieur à .
Si , le fils est aussi stable ou plus durable que le père. Il ne peut alors pas suivre durablement la décroissance du père avec un rapport constant : aucun équilibre séculaire ou transitoire ne s’établit.
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