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Sommaire

  • 1Composition et écriture du noyau
  • 2Propriétés des nucléons
  • 3Structure interne des nucléons
  • 4Interactions et cohésion du noyau
  • 5Défaut de masse et énergie de liaison lock — section verrouillée
  • 6Énergie de liaison par nucléon lock — section verrouillée
  • 7Courbe d’Aston lock — section verrouillée
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B7 · Rayonnements ionisants

Structure du noyau et énergie de liaison

Décrire la composition du noyau, les propriétés des nucléons et des quarks et les interactions assurant la cohésion nucléaire. Calculer un défaut de masse et une énergie de liaison par nucléon et interpréter la courbe d'Aston.

Biophysique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Composition et écriture du noyau

Le noyau atomique est la région centrale de l’atome. Il concentre la quasi-totalité de sa masse et porte une charge électrique positive. Ses constituants sont les nucléons, terme regroupant les protons et les neutrons.

Définition

Nucléide

Espèce nucléaire définie par un nombre déterminé de protons ZZZ et de neutrons NNN. Son nombre de masse est A=Z+NA = Z + NA=Z+N.

Un nucléide s’écrit symboliquement \prescriptAZX\prescript{A}{Z}{X}\prescriptAZX, où :

  • XXX est le symbole chimique de l’élément ;
  • ZZZ est le numéro atomique, égal au nombre de protons ;
  • NNN est le nombre de neutrons ;
  • AAA est le nombre de masse, égal au nombre total de nucléons.

La charge du noyau vaut +Ze+Ze+Ze, où eee est la charge élémentaire positive. Le nombre de masse AAA est un entier sans unité : il ne représente pas la masse exacte du noyau.

Définition

Isotopes

Nucléides possédant le même numéro atomique ZZZ, donc appartenant au même élément chimique, mais ayant des nombres de neutrons NNN différents.

Propriétés des nucléons

Le proton et le neutron sont des particules de dimensions comparables et de masses voisines. Leur comportement quantique est caractérisé notamment par un spin égal à 1/21/21/2. Ce sont donc des fermions, c’est-à-dire des particules soumises au principe d’exclusion de Pauli.

Comparaison

Proton et neutron

PropriétéProtonNeutron
Charge électrique+e+e+enulle
Masse au reposmpm_pmp​mnm_nmn​, légèrement supérieure à mpm_pmp​
Composition en quarks de valenceuuduuduududduddudd
Appartenancenucléon et baryonnucléon et baryon

La masse d’un proton ou d’un neutron est proche d’une unité de masse atomique, notée u\mathrm{u}u. Cette unité est définie comme le douzième de la masse d’un atome neutre de carbone 12 dans son état fondamental.

La masse et l’énergie sont reliées par l’équivalence relativiste. Ainsi :

1 u c2≃931,5 MeV1\,\mathrm{u}\,c^2 \simeq 931{,}5\,\mathrm{MeV}1uc2≃931,5MeV

où ccc est la célérité de la lumière dans le vide et MeV\mathrm{MeV}MeV le mégaélectronvolt, unité d’énergie adaptée à l’échelle nucléaire.

Structure interne des nucléons

Les nucléons ne sont pas élémentaires. Ils appartiennent à la famille des hadrons, particules sensibles à l’interaction forte. Plus précisément, ce sont des baryons, c’est-à-dire des hadrons constitués de trois quarks de valence.

Définition

Quark

Particule élémentaire portant une charge électrique fractionnaire et une charge de couleur, cette dernière étant à l’origine de sa sensibilité à l’interaction forte.

Les nucléons font intervenir deux saveurs de quarks :

  • le quark haut, noté uuu, de charge électrique +23e+\frac{2}{3}e+32​e ;
  • le quark bas, noté ddd, de charge électrique −13e-\frac{1}{3}e−31​e.

La somme des charges des quarks donne bien la charge du nucléon :

  • proton uuduuduud : charge totale +e+e+e ;
  • neutron udduddudd : charge totale nulle.

Cette écriture décrit les trois quarks de valence. Un nucléon contient également des gluons et des paires transitoires quark-antiquark. Les gluons sont les particules médiatrices de l’interaction forte entre les quarks.

Les quarks ne sont pas observés isolément dans les conditions ordinaires : ils restent confinés au sein des hadrons. Une grande partie de la masse du nucléon provient de l’énergie associée aux gluons et au mouvement des quarks, et non de la simple somme des masses propres des trois quarks de valence.

Interactions et cohésion du noyau

À l’intérieur du noyau, les protons se repoussent par interaction électromagnétique puisqu’ils possèdent tous une charge positive. Une interaction attractive plus intense à courte distance est donc nécessaire pour maintenir les nucléons ensemble.

L’interaction nucléaire forte résiduelle est l’interaction attractive effective entre nucléons. Elle constitue une manifestation résiduelle de l’interaction forte fondamentale qui lie les quarks au sein des nucléons.

Ses principales propriétés sont les suivantes :

  • elle agit à très courte portée, de l’ordre de quelques femtomètres, un femtomètre valant 10−15 m10^{-15}\,\mathrm{m}10−15m ;
  • elle est attractive aux distances nucléaires usuelles ;
  • elle devient fortement répulsive à très courte distance, ce qui empêche l’effondrement des nucléons les uns sur les autres ;
  • elle agit de manière voisine entre deux protons, deux neutrons ou un proton et un neutron, indépendamment de l’effet de leur charge électrique ;
  • elle présente un phénomène de saturation : un nucléon interagit surtout avec ses voisins proches.

L’interaction électromagnétique possède une portée beaucoup plus grande. Sa répulsion augmente avec le nombre de protons et s’oppose donc de plus en plus à la cohésion des noyaux lourds. L’interaction faible intervient dans certaines transformations nucléaires, mais n’assure pas la cohésion du noyau. L’interaction gravitationnelle est négligeable à cette échelle.

À retenir

Origine de la cohésion nucléaire

La cohésion du noyau résulte d’un équilibre entre l’attraction nucléaire forte résiduelle, intense mais de courte portée, et la répulsion électrostatique entre les protons, de plus longue portée.

Défaut de masse et énergie de liaison

Un noyau lié possède une masse inférieure à la somme des masses de ses nucléons considérés séparément. La différence correspond à une énergie libérée lors de la formation du noyau.

Définition

Défaut de masse Δm\Delta mΔm

Différence positive entre la somme des masses des nucléons libres et la masse du noyau lié constitué par ces nucléons.

Formule

Défaut de masse à partir des masses nucléaires

Δm=Zmp+Nmn−mnoyau\Delta m = Zm_p + Nm_n - m_{\mathrm{noyau}}Δm=Zmp​+Nmn​−mnoyau​
  • Δm\Delta mΔm : défaut de masse
  • ZZZ : nombre de protons
  • mpm_pmp​ : masse au repos d’un proton libre
  • NNN : nombre de neutrons
  • mnm_nmn​ : masse au repos d’un neutron libre
  • mnoyaum_{\mathrm{noyau}}mnoyau​ : masse au repos du noyau lié

Le défaut de masse n’est pas une disparition de matière. Il traduit le fait qu’un système lié possède une énergie totale plus faible que l’ensemble de ses constituants libres. Cette diminution d’énergie entraîne une diminution de masse selon l’équivalence masse-énergie.

Définition

Énergie de liaison nucléaire ELE_LEL​

Énergie minimale à fournir pour dissocier complètement un noyau au repos en protons et neutrons libres, eux-mêmes au repos. Elle est égale à l’énergie libérée lors de la formation de ce noyau à partir des nucléons libres.

Formule

Équivalence entre défaut de masse et énergie de liaison

EL=Δm c2E_L = \Delta m\,c^2EL​=Δmc2
  • ELE_LEL​ : énergie de liaison du noyau
  • Δm\Delta mΔm : défaut de masse
  • ccc : célérité de la lumière dans le vide

Lorsque Δm\Delta mΔm est exprimé en unités de masse atomique, l’énergie de liaison en mégaélectronvolts s’obtient en utilisant 1 u c2≃931,5 MeV1\,\mathrm{u}\,c^2 \simeq 931{,}5\,\mathrm{MeV}1uc2≃931,5MeV.

Les tables fournissent souvent des masses atomiques, qui comprennent le noyau et les électrons. Pour conserver le même nombre d’électrons des deux côtés du calcul, on utilise alors la masse de l’atome d’hydrogène mHm_{\mathrm H}mH​ :

Δm=ZmH+Nmn−matome\Delta m = Zm_{\mathrm H} + Nm_n - m_{\mathrm{atome}}Δm=ZmH​+Nmn​−matome​

où matomem_{\mathrm{atome}}matome​ est la masse de l’atome neutre étudié. Les très faibles énergies de liaison électroniques sont alors généralement négligées à l’échelle nucléaire.

Attention

Ne pas mélanger masses nucléaires et masses atomiques

Avec une masse nucléaire, il faut utiliser la masse du proton. Avec une masse atomique neutre, il faut utiliser la masse de l’atome d’hydrogène afin que les masses électroniques se compensent.

Énergie de liaison par nucléon

L’énergie de liaison totale augmente généralement avec le nombre de nucléons. Elle ne permet donc pas, à elle seule, de comparer la cohésion de noyaux de tailles différentes. On utilise l’énergie moyenne de liaison par nucléon.

Formule

Énergie moyenne de liaison par nucléon

E‾L=ELA=Δm c2A\overline{E}_L = \frac{E_L}{A} = \frac{\Delta m\,c^2}{A}EL​=AEL​​=AΔmc2​
  • E‾L\overline{E}_LEL​ : énergie moyenne de liaison par nucléon
  • ELE_LEL​ : énergie totale de liaison du noyau
  • AAA : nombre total de nucléons
  • Δm\Delta mΔm : défaut de masse
  • ccc : célérité de la lumière dans le vide
Exemple

Calculer l’énergie de liaison par nucléon du carbone 12

Pour le carbone 12, l’énergie de liaison totale est EL=92 ,16 MeVE_L = \pu{92{,}16 MeV}EL​=92 ,16MeV et le nombre de masse est A=12A = 12A=12.

E‾L=ELA=92,1612=7 ,68 MeV\overline{E}_L = \frac{E_L}{A} = \frac{92{,}16}{12} = \pu{7{,}68 MeV}EL​=AEL​​=1292,16​=7 ,68MeV

L’énergie moyenne de liaison vaut donc 7 ,68 MeV\pu{7{,}68 MeV}7 ,68MeV par nucléon. Cette valeur représente l’énergie qu’il faudrait fournir, en moyenne, pour extraire un nucléon du noyau.

Plus E‾L\overline{E}_LEL​ est élevée, plus il faut fournir d’énergie en moyenne pour extraire un nucléon : le noyau est donc plus fortement lié.

Méthode

Calculer une énergie de liaison par nucléon

  1. Identifier ZZZ, NNN et AAA, avec A=Z+NA = Z + NA=Z+N
  2. Vérifier si les données sont des masses nucléaires ou des masses atomiques
  3. Calculer le défaut de masse avec une formule cohérente avec les masses utilisées
  4. Convertir le défaut de masse en énergie grâce à EL=Δmc2E_L = \Delta m c^2EL​=Δmc2
  5. Diviser l’énergie de liaison totale par AAA
  6. Conserver des unités homogènes et préciser l’unité finale, généralement le MeV\mathrm{MeV}MeV par nucléon

Courbe d’Aston

La courbe d’Aston représente la cohésion moyenne des noyaux en fonction de leur nombre de masse AAA. Si l’ordonnée est l’énergie positive EL/AE_L/AEL​/A, la courbe croît rapidement pour les noyaux légers, atteint un maximum dans la région du fer et du nickel, puis décroît lentement pour les noyaux lourds.

Cette forme résulte de la concurrence entre les interactions :

  • pour les petits noyaux, l’ajout de nucléons augmente rapidement le nombre d’interactions attractives ;
  • dans la région centrale, la cohésion moyenne atteint sa valeur maximale ;
  • pour les noyaux lourds, la saturation de l’interaction nucléaire limite l’attraction à des voisins proches, tandis que la répulsion entre les nombreux protons continue d’augmenter.

Une transformation nucléaire peut libérer de l’énergie lorsque ses produits se rapprochent de la région la plus fortement liée : la fusion concerne ce mouvement pour les noyaux légers, tandis que la fission le réalise pour les noyaux très lourds. Les mécanismes et modes de transformation sont étudiés dans les fiches suivantes du sous-bloc.

Attention

Convention graphique de la courbe d’Aston

Certaines représentations placent en ordonnée l’énergie de liaison par nucléon avec un signe négatif. La région la plus fortement liée apparaît alors comme un minimum, et non comme un maximum. Il faut toujours vérifier la convention de l’axe vertical.

À retenir

Une énergie de liaison par nucléon élevée signifie une forte cohésion, mais elle ne suffit pas à déterminer à elle seule la stabilité radioactive d’un nucléide.

Points clés
  • Un noyau contient ZZZ protons et NNN neutrons, avec A=Z+NA = Z + NA=Z+N
  • Le proton est formé de quarks uuduuduud et le neutron de quarks udduddudd
  • La cohésion nucléaire dépend de l’attraction forte résiduelle opposée à la répulsion électrostatique des protons
  • Le défaut de masse vérifie Δm=Zmp+Nmn−mnoyau\Delta m = Zm_p + Nm_n - m_{\mathrm{noyau}}Δm=Zmp​+Nmn​−mnoyau​
  • L’énergie de liaison vaut EL=Δmc2E_L = \Delta m c^2EL​=Δmc2 et la cohésion moyenne se compare par EL/AE_L/AEL​/A
  • La courbe d’Aston montre une cohésion maximale dans la région des noyaux de masse intermédiaire

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