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Sommaire

  • 1Principe général des dérivés d'oses
  • 2Osamines et dérivés N-acétylés
  • 3Acides aldoniques et acides uroniques
  • 4Polyols lock — section verrouillée
  • 5Oses phosphorylés lock — section verrouillée
  • 6Acides sialiques lock — section verrouillée
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B2 · Glucides

Dérivés d'oses et oses phosphorylés

Présenter les transformations conduisant aux osamines, acides uroniques, acides aldoniques et polyols. Décrire les oses phosphorylés et les acides sialiques et situer leur rôle métabolique et structural.

Biochimie structurale et métabolique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principe général des dérivés d'oses

Un ose est un glucide simple portant une fonction carbonyle et plusieurs fonctions alcool. Sa structure, sa numérotation, sa cyclisation et son anomérie sont étudiées dans la fiche précédente ; ici, la chaîne carbonée de l'ose sert de point de départ à différentes transformations chimiques.

Définition

Dérivé d'ose

Molécule obtenue par modification d'une ou plusieurs fonctions chimiques d'un ose, sans destruction nécessaire de son squelette carboné.

Les principales transformations sont :

  • la substitution d'un groupe hydroxyle par un groupe amine, qui forme une osamine ;
  • l'oxydation de la fonction aldéhyde ou d'un alcool primaire, qui forme un acide d'ose ;
  • la réduction de la fonction carbonyle, qui forme un polyol ;
  • l'estérification d'un hydroxyle par un phosphate, qui forme un ose phosphorylé.

La numérotation des carbones permet de localiser précisément la transformation. Dans un aldose, le carbone 1, noté C1, porte la fonction aldéhyde dans la forme linéaire. Le dernier carbone de la chaîne, souvent C6 chez les hexoses, porte généralement un alcool primaire.

Méthode

Identifier une famille de dérivés d'oses

  1. Repérer si la fonction carbonyle initiale est conservée, oxydée ou réduite
  2. Rechercher le remplacement d'un hydroxyle par un groupe amine
  3. Rechercher une fonction carboxylique et déterminer le carbone qui la porte
  4. Rechercher un ou plusieurs groupes phosphate et préciser leur position
  5. Déduire les conséquences sur la charge, la réactivité et le rôle biologique

Osamines et dérivés N-acétylés

Définition

Osamine

Dérivé d'ose dans lequel un groupe hydroxyle est remplacé par un groupe amine, le plus souvent sur le carbone 2.

La substitution transforme une fonction alcool neutre en une fonction azotée. Les principales osamines biologiques sont la glucosamine et la galactosamine, dérivées respectivement du glucose et du galactose.

Le groupe amine est fréquemment acétylé : un groupement acétyle est alors fixé sur l'azote. Cette transformation produit notamment la N-acétylglucosamine et la N-acétylgalactosamine. L'acétylation diminue la basicité et la réactivité de l'amine libre, ce qui stabilise la molécule dans les structures glucidiques.

Les osamines et leurs formes N-acétylées participent surtout à des fonctions structurales. Elles entrent dans la constitution de chaînes glucidiques complexes, notamment les glycosaminoglycanes et les parties glucidiques de glycoconjugués. L'organisation détaillée de ces macromolécules relève des fiches consacrées aux protéoglycanes, aux glycoprotéines et à la glycosylation.

Attention

Osamine et acide aminé

Une osamine est un glucide aminé, tandis qu'un acide aminé possède à la fois une fonction amine et une fonction carboxylique sur un squelette caractéristique des constituants des protéines. Les deux familles ne sont pas interchangeables.

Acides aldoniques et acides uroniques

L'oxydation d'un ose peut toucher différents carbones. La position oxydée détermine la famille obtenue.

Définition

Acide aldonique

Dérivé d'un aldose obtenu par oxydation de sa fonction aldéhyde portée par C1 en fonction carboxylique.

Le carbone C1 passe donc d'une fonction aldéhyde à une fonction acide carboxylique. L'acide gluconique est issu de l'oxydation du glucose selon cette voie. Comme la fonction aldéhyde a disparu, l'acide aldonique ne possède plus le même pouvoir réducteur que l'aldose initial.

Définition

Acide uronique

Dérivé d'un ose obtenu par oxydation de son alcool primaire terminal en fonction carboxylique, tandis que le carbone anomérique demeure potentiellement réactif.

Chez un hexose, cette oxydation concerne habituellement C6. L'acide glucuronique dérive ainsi du glucose, tandis que l'acide galacturonique dérive du galactose.

Les acides uroniques remplissent deux fonctions majeures :

  • une fonction structurale, car ils participent à des polysaccharides et à des glycosaminoglycanes ;
  • une fonction métabolique de conjugaison, car l'acide glucuronique peut être lié à des molécules peu hydrosolubles.

La conjugaison par l'acide glucuronique ajoute une fonction ionisable et augmente généralement l'hydrosolubilité de la molécule liée, ce qui facilite son transport et son élimination.

Comparaison

Acides aldoniques et acides uroniques

CritèreAcide aldoniqueAcide uronique
Fonction oxydéealdéhyde de C1alcool primaire terminal
Fonction forméecarboxyle sur C1carboxyle sur le dernier carbone
Carbone anomériqueoxydénon directement oxydé
Rôle dominantdérivé d'oxydationstructure et conjugaison
À retenir

L'acide aldonique résulte de l'oxydation de C1, tandis que l'acide uronique résulte de l'oxydation de l'alcool primaire terminal, généralement C6 chez un hexose.

Polyols

Définition

Polyol

Dérivé obtenu par réduction de la fonction carbonyle d'un ose en fonction alcool, de sorte que la molécule porte plusieurs groupes hydroxyle.

La réduction d'un aldose transforme sa fonction aldéhyde en alcool primaire. La réduction d'un cétose transforme sa fonction cétone en alcool secondaire. La fonction carbonyle disparaît donc, ce qui empêche les équilibres liés à son ouverture et supprime le caractère réducteur associé à une fonction carbonyle libre.

Exemple

Réduction du glucose en sorbitol

Le glucose linéaire possède six carbones. Sa fonction aldéhyde est portée par C1, tandis que C6 porte un alcool primaire.

Lors de la réduction, la fonction de C1 passe de −CHO\ce{-CHO}−CHO à −CHX2OH\ce{-CH2OH}−CHX2​OH. Les carbones C2 à C5 et le carbone C6 ne sont pas modifiés.

Le produit est le sorbitol, un polyol à six carbones dont les deux extrémités portent un alcool primaire. La disparition de la fonction aldéhyde signifie qu’il ne reste pas de fonction carbonyle libre : le sorbitol n’a pas le caractère réducteur du glucose.

Le sorbitol provient de la réduction du glucose, et le mannitol de celle du mannose. Certains cétoses peuvent produire plusieurs polyols, car la réduction d'une fonction cétone crée parfois un nouveau centre asymétrique.

Les polyols peuvent constituer des intermédiaires métaboliques, des formes de transport ou des molécules participant à l'équilibre osmotique. Leur accumulation modifie l'osmolarité intracellulaire, car leur diffusion à travers les membranes est limitée.

Oses phosphorylés

Définition

Ose phosphorylé

Ose dont un groupe hydroxyle est estérifié par un groupe phosphate.

À pH physiologique, le groupe phosphate porte des charges négatives. La phosphorylation entraîne ainsi plusieurs conséquences :

  • elle augmente fortement la polarité de l'ose ;
  • elle limite son passage spontané à travers la membrane plasmique ;
  • elle maintient l'ose dans le compartiment cellulaire ;
  • elle crée un intermédiaire reconnu sélectivement par des enzymes ;
  • elle permet d'orienter l'ose vers une voie métabolique déterminée.

La position du phosphate est indiquée dans le nom. Le glucose-6-phosphate porte un phosphate sur C6, le glucose-1-phosphate sur C1 et le ribose-5-phosphate sur C5. La position modifie la forme moléculaire reconnue par les enzymes : deux oses phosphorylés de même composition mais phosphorylés sur des carbones différents ne sont donc pas fonctionnellement équivalents.

Les oses phosphorylés occupent des positions centrales dans le métabolisme. Le glucose-6-phosphate se trouve à un carrefour entre dégradation énergétique, stockage et production de pouvoir réducteur. Le glucose-1-phosphate participe aux échanges avec les réserves glucidiques. Le ribose-5-phosphate fournit un squelette nécessaire aux nucléotides.

Définition

Ose bisphosphorylé

Ose portant deux groupes phosphate estérifiés sur deux hydroxyles distincts.

Le préfixe bis précise que les phosphates occupent des positions différentes, comme dans le fructose-1,6-bisphosphate.

Attention

Bisphosphate et diphosphate

Un bisphosphate porte deux phosphates séparés sur deux sites de la molécule. Un diphosphate contient deux phosphates liés entre eux par une liaison phosphoanhydride.

À retenir

La phosphorylation piège fonctionnellement l'ose dans la cellule et transforme une molécule relativement peu spécifique en intermédiaire métabolique reconnu par des enzymes déterminées.

Acides sialiques

Définition

Acide sialique

Membre d'une famille de glucides acides à neuf carbones dérivés de l'acide neuraminique et portant une fonction carboxylique.

L'acide N-acétylneuraminique, abrégé Neu5Ac, est la forme principale chez l'être humain. Il associe une fonction acide, responsable d'une charge négative à pH physiologique, et un groupe N-acétylé. Les acides sialiques ne sont donc pas de simples acides uroniques : leur squelette comporte neuf carbones et leur organisation chimique est distincte.

Dans les glycoconjugués, ils occupent fréquemment l'extrémité non réductrice des chaînes glucidiques. Cette position terminale leur permet d'agir à l'interface entre la cellule et son environnement. Leur charge négative contribue à l'hydratation et aux propriétés électrostatiques des surfaces cellulaires.

Ils participent également à la reconnaissance moléculaire, à l'adhérence et à la durée de présence de certaines glycoprotéines dans la circulation. Leur transfert sur une chaîne glucidique utilise une forme activée liée à un nucléotide ; le mécanisme complet appartient à la fiche consacrée à la glycosylation.

Remarque

Le terme « acides sialiques » désigne une famille de molécules apparentées et non une molécule unique.

Points clés
  • Les osamines résultent habituellement du remplacement de l'hydroxyle de C2 par un groupe amine, souvent ensuite N-acétylé
  • L'oxydation de C1 forme un acide aldonique, tandis que celle de l'alcool terminal forme un acide uronique
  • La réduction de la fonction carbonyle d'un ose forme un polyol dépourvu de carbonyle libre
  • La phosphorylation augmente la charge et la polarité de l'ose, le retient dans la cellule et l'engage dans des voies métaboliques
  • Les acides sialiques sont des glucides acides à neuf carbones souvent terminaux dans les chaînes des glycoconjugués
  • Les dérivés d'oses assurent des fonctions complémentaires d'intermédiaires métaboliques, de constituants structuraux et de signaux de reconnaissance

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Glucides.

  • Fiche 01Oses simples : structure, stéréochimie et cyclisationGlucides
  • Fiche 03Liaison osidique, disaccharides et polysaccharidesGlucides
  • Fiche 04Glycosaminoglycanes, protéoglycanes et glycoprotéinesGlucides
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