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Sommaire

  • 1De l’ose à l’oside
  • 2Formation de la liaison osidique
    • 2.1Condensation et hydrolyse
    • 2.2Désignation d’une liaison
  • 3Pouvoir réducteur
    • 3.1Origine structurale
  • 4Organisation des disaccharides lock — section verrouillée
  • 5Polysaccharides et homoglycanes lock — section verrouillée
    • 5.1Amidon lock — section verrouillée
    • 5.2Glycogène lock — section verrouillée
    • 5.3Cellulose lock — section verrouillée
  • 6Extrémités des polysaccharides lock — section verrouillée
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  5. Liaison osidique, disaccharides et polysaccharides

B2 · Glucides

Liaison osidique, disaccharides et polysaccharides

Décrire la formation de la liaison osidique et la notion de pouvoir réducteur d'un ose ou d'un oside. Comparer les homoglycannes de réserve et de structure par leur enchaînement, leurs ramifications et leurs propriétés.

Biochimie structurale et métabolique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

De l’ose à l’oside

La cyclisation et l’anomérie des oses sont étudiées dans la fiche précédente. Il faut ici retenir que la cyclisation transforme le groupe carbonyle en un carbone anomérique portant une fonction hémiacétalique ou hémicétalique.

Définition

Oside

Molécule comportant au moins un ose engagé par son carbone anomérique dans une liaison avec un autre groupement. Lorsque l’oside ne libère que des oses par hydrolyse, il est appelé holoside.

Selon le nombre d’unités osidiques, on distingue :

  • les disaccharides, formés de deux unités osidiques ;
  • les oligosaccharides, constitués d’un petit nombre d’unités ;
  • les polysaccharides ou polyosides, formés d’un grand nombre d’unités.

Formation de la liaison osidique

Définition

Liaison osidique

Liaison covalente formée entre le carbone anomérique d’un ose et un groupement nucléophile, généralement le groupe hydroxyle d’un autre ose.

Condensation et hydrolyse

Une liaison entre deux oses se forme par condensation : le groupe hydroxyle anomérique du premier ose réagit avec un groupe hydroxyle du second, avec élimination d’une molécule d’eau. La liaison obtenue est alors une liaison O-osidique, car l’atome reliant les deux unités est un oxygène.

La réaction inverse est l’hydrolyse. L’addition d’une molécule d’eau rompt la liaison osidique et restitue des groupes hydroxyle. Dans les organismes, cette réaction est catalysée par des enzymes dont la spécificité dépend notamment de la configuration et de la position de la liaison.

Désignation d’une liaison

Une liaison osidique est caractérisée par trois informations :

  1. la configuration α ou β du carbone anomérique engagé ;
  2. le numéro de ce carbone anomérique ;
  3. le numéro du carbone de la seconde unité portant l’oxygène de liaison.

Ainsi, la notation α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) indique que le carbone anomérique C1C_1C1​ du premier ose, en configuration α, est lié au groupe hydroxyle porté par le carbone C4C_4C4​ du second. Une liaison α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6) met en jeu son carbone C6C_6C6​ et peut donc créer une ramification.

Attention

La configuration appartient au carbone anomérique engagé

Les notations α et β ne décrivent pas l’orientation générale de la chaîne. Elles indiquent uniquement la configuration du carbone anomérique qui forme la liaison osidique.

Lorsque les deux carbones anomériques participent à la liaison, les deux configurations doivent être précisées. Une telle liaison bloque simultanément les deux fonctions hémiacétaliques ou hémicétaliques.

Pouvoir réducteur

Définition

Pouvoir réducteur

Capacité d’un ose ou d’un oside à réduire un oxydant doux en étant lui-même oxydé. Elle nécessite qu’au moins un carbone anomérique soit libre et puisse permettre l’ouverture du cycle vers une forme carbonylée.

Origine structurale

Dans un ose cyclique, le carbone anomérique libre porte une fonction hémiacétalique pour un aldose ou hémicétalique pour un cétose. Cette fonction autorise un équilibre entre la forme cyclique et la forme ouverte. La forme ouverte possède un groupe carbonyle réactif, à l’origine du pouvoir réducteur.

À l’inverse, lorsque le carbone anomérique est engagé dans une liaison osidique, il forme une fonction acétalique ou cétalique stable. Il ne peut plus permettre l’ouverture de cette unité.

La conséquence dépend donc du nombre de carbones anomériques engagés :

  • si un seul carbone anomérique participe à la liaison, l’autre reste libre et le disaccharide est réducteur ;
  • si les deux carbones anomériques participent à la liaison, le disaccharide est non réducteur.
Méthode

Déterminer le caractère réducteur d’un oside

  1. Repérer le carbone anomérique de chaque unité osidique
  2. Identifier les carbones participant aux liaisons osidiques
  3. Rechercher au moins un carbone anomérique libre
  4. Conclure que l’oside est réducteur si un carbone anomérique libre subsiste
  5. Conclure qu’il est non réducteur si tous les carbones anomériques sont engagés
À retenir

Le caractère réducteur ne dépend pas du nombre total de groupes hydroxyle. Il dépend de la présence d’un carbone anomérique libre, capable de conduire à une forme carbonylée ouverte.

Organisation des disaccharides

Définition

Disaccharide

Holoside constitué de deux unités osidiques reliées par une seule liaison osidique.

Un disaccharide peut être décrit par la nature des deux unités, la configuration α ou β de la liaison et les numéros des carbones reliés. Ces informations déterminent sa géométrie et sa reconnaissance par les enzymes.

Comparaison

Disaccharides réducteurs et non réducteurs

CritèreDisaccharide réducteurDisaccharide non réducteur
Carbones anomériques engagésun seulles deux
Carbone anomérique libreprésentabsent
Ouverture vers une forme carbonyléepossibleimpossible sans hydrolyse
Mutarotation globalepossibleabsente

La mutarotation correspond à l’évolution de la proportion des anomères α et β en solution. Elle exige l’ouverture transitoire d’un carbone anomérique libre. Elle accompagne donc le caractère réducteur, sans être elle-même la réaction d’oxydoréduction.

Polysaccharides et homoglycanes

Définition

Homoglycane

Polysaccharide constitué par la répétition d’un seul type d’ose.

Les propriétés d’un homoglycane ne dépendent pas seulement de la nature de son ose constitutif. Elles reposent surtout sur la configuration des liaisons, leur position et la fréquence des ramifications. L’amidon, le glycogène et la cellulose sont tous constitués exclusivement de glucose, mais leurs structures et leurs fonctions diffèrent profondément.

Amidon

L’amidon est un homoglycane de réserve végétal associant deux fractions :

  • l’amylose, chaîne essentiellement linéaire de glucoses unis par des liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) ;
  • l’amylopectine, formée de segments α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) portant des ramifications en α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6).

Les liaisons α favorisent une conformation courbée ou hélicoïdale plutôt qu’une chaîne rectiligne. Les ramifications de l’amylopectine multiplient les extrémités de chaîne accessibles aux enzymes.

Glycogène

Le glycogène est l’homoglycane de réserve des cellules animales. Son squelette comporte des liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) et ses points de branchement des liaisons α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6).

Il possède la même logique d’enchaînement que l’amylopectine, mais il est plus fréquemment ramifié. Cette architecture compacte limite l’encombrement de la réserve et produit de nombreuses extrémités non réductrices. Plusieurs enzymes peuvent ainsi agir simultanément sur une même molécule, ce qui permet une synthèse ou une mobilisation rapide.

Une molécule de glycogène ne possède qu’une seule extrémité réductrice, tandis que le nombre d’extrémités non réductrices augmente avec les ramifications.

Cellulose

La cellulose est un homoglycanne structural végétal formé de glucoses reliés par des liaisons β(1→4)\beta(1\rightarrow4)β(1→4). Sa chaîne est linéaire et non ramifiée.

La configuration β impose une disposition étendue des unités. Des liaisons hydrogène s’établissent au sein d’une chaîne et entre chaînes voisines. Leur association produit des faisceaux résistants, adaptés à une fonction mécanique.

Les enzymes hydrolysant les liaisons α de l’amidon ou du glycogène ne reconnaissent pas nécessairement les liaisons β de la cellulose : la nature stéréochimique de la liaison conditionne donc la dégradation du polymère.

Comparaison

Homoglycanes de réserve et de structure

CritèreAmidonGlycogèneCellulose
Fonction dominanteréserve végétaleréserve animalestructure végétale
Liaisons de chaîneα(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4)α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4)β(1→4)\beta(1\rightarrow4)β(1→4)
Liaisons de branchementα(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6) dans l’amylopectineα(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6)absentes
Ramificationvariable selon la fractiontrès fréquenteaucune
Conformationhélicoïdale et ramifiéecompacte et fortement ramifiéelinéaire et étendue
Propriété fonctionnellestockagemobilisation rapiderésistance mécanique
À retenir

Relation entre architecture et fonction

Les liaisons α et les ramifications favorisent une réserve compacte et rapidement mobilisable. Les liaisons β(1→4)\beta(1\rightarrow4)β(1→4) produisent des chaînes étendues capables de s’associer en structures résistantes.

Extrémités des polysaccharides

L’extrémité réductrice est l’extrémité portant un carbone anomérique libre. L’extrémité non réductrice correspond à une extrémité dont le carbone anomérique est engagé dans la dernière liaison osidique, tandis qu’un autre groupe hydroxyle terminal reste libre.

Dans un homoglycane ramifié, chaque nouveau point de branchement crée une chaîne supplémentaire et donc une nouvelle extrémité non réductrice. Il ne crée pas une nouvelle extrémité réductrice. Le degré de ramification contrôle ainsi directement le nombre de sites où l’allongement ou la dégradation peuvent avoir lieu.

Attention

Polysaccharide réducteur et pouvoir réducteur mesurable

Un polysaccharide peut posséder une extrémité réductrice, mais celle-ci est unique face à un très grand nombre d’unités osidiques. Son pouvoir réducteur rapporté à la masse du polymère est donc très faible.

Points clés
  • Une liaison O-osidique résulte de la condensation du carbone anomérique d’un ose avec le groupe hydroxyle d’une autre unité
  • Un oside est réducteur lorsqu’il conserve au moins un carbone anomérique libre
  • Les liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) forment les chaînes de l’amidon et du glycogène, tandis que les liaisons α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6) créent leurs ramifications
  • Le glycogène est plus ramifié que l’amylopectine et possède de nombreuses extrémités non réductrices
  • La cellulose est un polymère linéaire de glucose en β(1→4)\beta(1\rightarrow4)β(1→4) dont les chaînes s’associent en structures résistantes
  • La configuration et la position des liaisons osidiques déterminent la conformation, la ramification et la fonction du polysaccharide

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Glucides.

  • Fiche 01Oses simples : structure, stéréochimie et cyclisationGlucides
  • Fiche 02Dérivés d'oses et oses phosphorylésGlucides
  • Fiche 04Glycosaminoglycanes, protéoglycanes et glycoprotéinesGlucides
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    • 5.1Amidon lock — section verrouillée
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