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Sommaire

  • 1Nature chimique des oses
  • 2Stéréochimie des oses
    • 2.1Carbone asymétrique et stéréoisomérie
    • 2.2Séries D et L
    • 2.3Épimérie
  • 3Cyclisation des oses
    • 3.1Formation d’un cycle lock — section verrouillée
    • 3.2Projection de Haworth lock — section verrouillée
  • 4Carbone anomérique et anomérie lock — section verrouillée
  • 5Mutarotation lock — section verrouillée
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B2 · Glucides

Oses simples : structure, stéréochimie et cyclisation

Définir un ose par sa fonction carbonylée et ses fonctions alcool, distinguer aldoses et cétoses et attribuer la série D ou L. Décrire la cyclisation en projection de Haworth, l'anomérie, l'épimérie et la mutarotation.

Biochimie structurale et métabolique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Nature chimique des oses

Définition

Ose

Un ose est un glucide simple non hydrolysable comportant une fonction carbonylée et plusieurs fonctions alcool. Sa chaîne carbonée contient généralement au moins trois atomes de carbone.

La fonction carbonylée contient un atome de carbone doublement lié à un oxygène, selon le motif C=O\ce{C=O}C=O. Sa position détermine la grande classe de l’ose :

  • lorsqu’elle est située à l’extrémité de la chaîne, elle constitue une fonction aldéhyde ;
  • lorsqu’elle est située à l’intérieur de la chaîne, elle constitue une fonction cétone.

Les autres atomes de carbone portent principalement des fonctions alcool, caractérisées par un groupe hydroxyle −OH\ce{-OH}−OH. Une fonction alcool portée par un carbone terminal est généralement un alcool primaire, tandis qu’une fonction alcool portée par un carbone interne est généralement un alcool secondaire.

Comparaison

Aldoses et cétoses

CritèreAldoseCétose
Fonction carbonyléealdéhydecétone
Position du carbonyleextrémité de chaîneintérieur de chaîne
Carbone carbonylé en chaîne ouvertegénéralement carbone 1généralement carbone 2
Produit de la cyclisationhémiacétalhémicétal

Le nom de la famille peut également indiquer le nombre d’atomes de carbone : triose pour trois, tétrose pour quatre, pentose pour cinq et hexose pour six. Cette classification est indépendante de la distinction entre aldose et cétose.

La numérotation de la chaîne commence par l’extrémité qui donne au carbone carbonylé le plus petit indice. Cette convention permet d’identifier sans ambiguïté les différents atomes de carbone, notamment celui qui deviendra le carbone anomérique lors de la cyclisation.

Stéréochimie des oses

Carbone asymétrique et stéréoisomérie

Définition

Carbone asymétrique

Atome de carbone tétraédrique lié à quatre substituants différents. Il constitue un centre stéréogène dont la configuration peut varier sans modification de l’enchaînement des atomes.

La présence d’un ou de plusieurs carbones asymétriques explique qu’une même formule développée plane puisse correspondre à plusieurs stéréoisomères. Les notions générales d’énantiomérie et de diastéréoisomérie relèvent de la stéréochimie organique ; ici, elles servent à distinguer les configurations des oses.

La représentation linéaire usuelle est la projection de Fischer :

  • la chaîne carbonée est placée verticalement ;
  • le carbone le plus oxydé est placé en haut ;
  • les liaisons horizontales sont dirigées vers l’observateur ;
  • les liaisons verticales sont dirigées vers l’arrière.

Séries D et L

Définition

Série D ou L

Classe stéréochimique attribuée à un ose à partir de la configuration de son carbone asymétrique de plus grand numéro, appelé carbone asymétrique de référence, dans sa projection de Fischer.

Pour attribuer la série :

  • si le groupe hydroxyle −OH\ce{-OH}−OH du carbone asymétrique de référence est placé à droite, l’ose appartient à la série D ;
  • s’il est placé à gauche, l’ose appartient à la série L.

Les lettres D et L décrivent donc une configuration relative. Elles ne renseignent ni sur la position du carbonyle ni sur le sens de rotation de la lumière polarisée.

Attention

Ne pas confondre série D ou L et pouvoir rotatoire

La série D ou L est déterminée par la projection de Fischer. Le caractère dextrogyre ou lévogyre est une propriété expérimentale indiquant le sens de rotation de la lumière polarisée. Un ose D n’est pas nécessairement dextrogyre, et un ose L n’est pas nécessairement lévogyre.

Un ose dépourvu de carbone asymétrique ne peut pas recevoir de désignation D ou L.

Épimérie

Définition

Épimères

Deux épimères sont deux diastéréoisomères qui ne diffèrent que par la configuration d’un seul carbone asymétrique, alors qu’ils possèdent plusieurs centres stéréogènes.

L’épimérie suppose que la connectivité des atomes reste identique. Si tous les carbones asymétriques ont des configurations opposées, les deux molécules sont des énantiomères et non des épimères. Si plusieurs centres, mais pas tous, diffèrent, il s’agit de diastéréoisomères non épimères.

Exemple

Identifier deux épimères : D-glucose et D-mannose

Le D-glucose et le D-mannose possèdent chacun quatre carbones asymétriques : C2C_2C2​, C3C_3C3​, C4C_4C4​ et C5C_5C5​.

  • Pour le D-glucose, les groupes hydroxyle sont placés à droite en C2C_2C2​, à gauche en C3C_3C3​, à droite en C4C_4C4​ et à droite en C5C_5C5​.
  • Pour le D-mannose, le groupe hydroxyle est à gauche en C2C_2C2​, à gauche en C3C_3C3​, à droite en C4C_4C4​ et à droite en C5C_5C5​.

La comparaison des quatre centres montre une seule différence : la configuration de C2C_2C2​. Le D-glucose et le D-mannose sont donc des épimères en C2C_2C2​, et non des énantiomères.

Cyclisation des oses

Formation d’un cycle

En solution, les oses possédant une chaîne suffisamment longue sont majoritairement présents sous forme cyclique. La cyclisation résulte d’une réaction intramoléculaire : une fonction alcool de la molécule réagit avec sa propre fonction carbonylée.

L’oxygène d’un groupe hydroxyle attaque le carbone électrophile du carbonyle. Une nouvelle liaison se forme entre cet oxygène et le carbone carbonylé, ce qui ferme la chaîne en cycle. L’oxygène du groupe hydroxyle attaquant devient alors l’un des atomes du cycle.

Définition

Hémiacétal cyclique

Produit formé lorsqu’une fonction alcool réagit avec une fonction aldéhyde de la même molécule. Le carbone issu du carbonyle porte alors un groupe hydroxyle et un groupe lié par un oxygène.

Définition

Hémicétal cyclique

Produit formé lorsqu’une fonction alcool réagit avec une fonction cétone de la même molécule. Le carbone issu du carbonyle porte alors un groupe hydroxyle, un groupe lié par un oxygène et deux substituants carbonés.

Un cycle contenant six atomes, dont un oxygène, est une forme pyranose. Un cycle contenant cinq atomes, dont un oxygène, est une forme furanose. Ces termes décrivent la taille du cycle et non le nombre total d’atomes de carbone de l’ose.

Projection de Haworth

La projection de Haworth représente le cycle de manière approximativement plane. Les substituants sont dessinés au-dessus ou au-dessous du plan moyen du cycle. Cette représentation ne décrit pas sa conformation tridimensionnelle exacte, mais rend visibles les relations stéréochimiques.

Méthode

Passer d’une projection de Fischer à une projection de Haworth

  1. Numéroter la chaîne carbonée et identifier le carbone carbonylé
  2. Identifier le groupe hydroxyle dont l’oxygène forme le cycle
  3. Relier cet oxygène au carbone carbonylé et déterminer si le cycle obtenu est un furanose ou un pyranose
  4. Dans l’orientation conventionnelle, placer vers le bas les substituants situés à droite dans la projection de Fischer, et vers le haut ceux situés à gauche
  5. Placer le substituant de référence au-dessus du plan pour un ose D et au-dessous pour un ose L
  6. Déterminer la position du nouvel hydroxyle porté par le carbone anomérique
Attention

La projection de Haworth n’est pas une conformation réelle

Le cycle n’est pas réellement plan. La projection de Haworth est une convention destinée à montrer quels substituants se trouvent de part et d’autre du cycle ; l’étude des conformations spatiales relève d’une autre description.

Carbone anomérique et anomérie

Définition

Carbone anomérique

Carbone provenant du carbone de la fonction carbonylée lors de la cyclisation. Dans la forme cyclique, il est lié à deux atomes d’oxygène : l’oxygène du cycle et un groupe hydroxyle.

La cyclisation transforme le carbone carbonylé, initialement plan, en carbone tétraédrique. Deux orientations du nouvel hydroxyle anomérique deviennent donc possibles. Elles produisent deux formes cycliques appelées anomères.

Définition

Anomères α\alphaα et β\betaβ

Deux anomères sont deux formes cycliques d’un même ose qui diffèrent uniquement par la configuration du carbone anomérique. L’anomère α\alphaα porte l’hydroxyle anomérique du côté opposé au substituant de référence, tandis que l’anomère β\betaβ le porte du même côté.

Pour un ose de série D représenté selon la convention usuelle de Haworth, le substituant de référence est placé au-dessus du cycle : l’hydroxyle anomérique est alors orienté vers le bas dans l’anomère α\alphaα et vers le haut dans l’anomère β\betaβ. Pour un ose de série L, ces orientations sont inversées.

À retenir

Les désignations α\alphaα et β\betaβ reposent sur une relation relative : α\alphaα signifie que l’hydroxyle anomérique et le substituant de référence sont opposés, tandis que β\betaβ signifie qu’ils sont du même côté.

Les anomères constituent un cas particulier d’épimères : ils diffèrent sur un seul centre stéréogène, le carbone anomérique, créé par la cyclisation.

Mutarotation

Définition

Mutarotation

Évolution du pouvoir rotatoire d’une solution d’ose jusqu’à une valeur d’équilibre, provoquée par l’interconversion des anomères α\alphaα et β\betaβ par l’intermédiaire de la forme ouverte.

L’ouverture du cycle restaure temporairement la fonction carbonylée plane. La fermeture ultérieure peut placer l’hydroxyle anomérique dans l’une ou l’autre orientation. Une solution atteint ainsi un équilibre entre :

  • la forme cyclique α\alphaα ;
  • la forme cyclique β\betaβ ;
  • une faible proportion de forme ouverte.

Comme les deux anomères ont des pouvoirs rotatoires différents, la composition de la solution évolue après dissolution et son pouvoir rotatoire mesuré varie jusqu’à stabilisation.

La mutarotation n’est possible que si le carbone anomérique peut retrouver une fonction carbonylée par ouverture du cycle. Lorsqu’il est immobilisé dans une liaison osidique, dont l’étude appartient à la fiche suivante, cette interconversion n’est plus possible au niveau concerné.

À retenir

La mutarotation traduit un équilibre dynamique entre les anomères α\alphaα et β\betaβ passant par la forme ouverte. Elle nécessite donc un carbone anomérique libre.

Points clés
  • Un ose possède une fonction carbonylée et plusieurs fonctions alcool
  • Un aldose porte une fonction aldéhyde, tandis qu’un cétose porte une fonction cétone
  • La série D ou L dépend de la position du groupe hydroxyle du carbone asymétrique de référence en projection de Fischer
  • La cyclisation forme un hémiacétal ou un hémicétal et crée le carbone anomérique
  • Les anomères α\alphaα et β\betaβ diffèrent uniquement par la configuration du carbone anomérique
  • La mutarotation correspond à leur interconversion par l’intermédiaire de la forme ouverte

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Glucides.

  • Fiche 02Dérivés d'oses et oses phosphorylésGlucides
  • Fiche 03Liaison osidique, disaccharides et polysaccharidesGlucides
  • Fiche 04Glycosaminoglycanes, protéoglycanes et glycoprotéinesGlucides
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  • 5Mutarotation lock — section verrouillée