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Sommaire

  • 1Digestion des glucides alimentaires
    • 1.1Hydrolyse dans la lumière digestive
    • 1.2Hydrolyse au contact de l'entérocyte
  • 2Absorption intestinale des monosaccharides
    • 2.1Entrée par le pôle apical
    • 2.2Sortie par le pôle basolatéral
  • 3Glycolyse : fonction et organisation
    • 3.1Phase d'investissement énergétique
    • 3.2Phase de restitution énergétique lock — section verrouillée
  • 4Points de contrôle de la glycolyse lock — section verrouillée
    • 4.1Hexokinase et glucokinase lock — section verrouillée
    • 4.2Phosphofructokinase-1 lock — section verrouillée
    • 4.3Pyruvate kinase lock — section verrouillée
  • 5Devenir du pyruvate et régénération du NAD⁺ lock — section verrouillée
    • 5.1Oxygénation suffisante lock — section verrouillée
    • 5.2Oxygénation insuffisante ou capacité mitochondriale limitée lock — section verrouillée
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  5. Digestion, absorption des glucides et glycolyse

B2 · Métabolisme intermédiaire

Digestion, absorption des glucides et glycolyse

Décrire la digestion des glucides alimentaires et leur absorption intestinale. Détailler les étapes, le bilan et les points de contrôle de la glycolyse, ainsi que le devenir du pyruvate selon les conditions d'oxygénation.

Biochimie structurale et métabolique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Digestion des glucides alimentaires

Définition

Digestion des glucides

Ensemble des hydrolyses qui transforment les glucides alimentaires en monosaccharides absorbables par l'épithélium intestinal.

Les principaux glucides alimentaires sont l'amidon, constitué de chaînes de glucose liées principalement en α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) avec des ramifications en α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6), ainsi que les disaccharides saccharose et lactose. Les polysaccharides doivent être hydrolysés, car seuls le glucose, le galactose et le fructose traversent l'épithélium intestinal.

Hydrolyse dans la lumière digestive

La digestion de l'amidon débute dans la cavité buccale sous l'action de l'α-amylase salivaire. Cette enzyme hydrolyse les liaisons internes α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4), mais pas les liaisons terminales ni les ramifications α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6). Son action s'interrompt dans l'estomac lorsque l'acidité dénature l'enzyme.

Dans l'intestin grêle, l'α-amylase pancréatique poursuit cette hydrolyse. Elle produit du maltose, du maltotriose et des dextrines contenant encore des ramifications. Elle ne libère donc pas directement une quantité importante de glucose libre.

Hydrolyse au contact de l'entérocyte

Définition

Bordure en brosse

Ensemble des microvillosités situées au pôle apical des entérocytes, portant les enzymes qui achèvent la digestion et augmentant la surface d'absorption.

Les enzymes de la bordure en brosse terminent l'hydrolyse :

  • la maltase-glucoamylase hydrolyse principalement les liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) ;
  • le complexe sucrase-isomaltase hydrolyse le saccharose et les liaisons α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6) des dextrines ;
  • la lactase hydrolyse le lactose en glucose et galactose.

L’hydrolyse enzymatique est nécessaire car les liaisons osidiques ne sont pas rompues assez rapidement spontanément dans les conditions physiologiques.

À retenir

Produit final de la digestion glucidique

La digestion transforme les glucides alimentaires en trois monosaccharides absorbables : glucose, galactose et fructose.

Absorption intestinale des monosaccharides

Définition

Entérocyte

Cellule épithéliale polarisée de l'intestin grêle, dont le pôle apical fait face à la lumière digestive et le pôle basolatéral au milieu intérieur.

L’absorption repose sur des transporteurs différents aux deux pôles de l’entérocyte. Cette organisation impose un trajet orienté de la lumière intestinale vers le sang portal.

Entrée par le pôle apical

Le glucose et le galactose entrent par SGLT1, un cotransporteur qui fait pénétrer simultanément un monosaccharide et des ions sodium NaX+\ce{Na+}NaX+. Le sodium suit son gradient électrochimique et fournit ainsi l'énergie nécessaire à l'entrée du sucre contre son propre gradient : il s'agit d'un transport actif secondaire.

Le fructose entre par GLUT5, selon son gradient de concentration. Ce mécanisme est une diffusion facilitée et ne consomme pas directement d'ATP.

Sortie par le pôle basolatéral

Les trois monosaccharides quittent l’entérocyte par GLUT2, transporteur réalisant une diffusion facilitée vers le milieu interstitiel puis le sang portal.

La pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase, située au pôle basolatéral, expulse le sodium entré par SGLT1 et fait entrer du potassium. En hydrolysant l'ATP, elle maintient une faible concentration intracellulaire en sodium. Elle crée donc indirectement la force motrice du cotransport apical.

Comparaison

Transport intestinal des monosaccharides

MonosaccharideEntrée apicaleSortie basolatérale
GlucoseSGLT1 avec NaX+\ce{Na+}NaX+, transport actif secondaireGLUT2, diffusion facilitée
GalactoseSGLT1 avec NaX+\ce{Na+}NaX+, transport actif secondaireGLUT2, diffusion facilitée
FructoseGLUT5, diffusion facilitéeGLUT2, diffusion facilitée
Attention

Transport actif secondaire et consommation d'ATP

SGLT1 n'hydrolyse pas directement l'ATP. L'énergie provient du gradient de NaX+\ce{Na+}NaX+, lui-même entretenu par la pompe NaX+/KX+\ce{Na+/K+}NaX+/KX+-ATPase.

Glycolyse : fonction et organisation

Définition

Glycolyse

Voie cytosolique de dix réactions convertissant une molécule de glucose en deux molécules de pyruvate, avec production nette d'ATP et de NADH.

La glycolyse ne consomme pas directement d'oxygène. Elle comprend une phase d'investissement, qui utilise deux ATP, puis une phase de restitution, qui produit quatre ATP et deux NADH.

Le glucose est d'abord piégé dans la cellule par phosphorylation. Après son clivage en deux trioses, chaque réaction suivante se déroule deux fois par molécule initiale de glucose.

Phase d'investissement énergétique

  1. L’hexokinase, ou la glucokinase dans le foie, phosphoryle le glucose en glucose-6-phosphate en consommant un ATP. Cette réaction irréversible empêche la sortie du glucose phosphorylé par les transporteurs GLUT.
  2. La phosphoglucose isomérase convertit le glucose-6-phosphate en fructose-6-phosphate.
  3. La phosphofructokinase-1, abrégée PFK-1, produit le fructose-1,6-bisphosphate en consommant un second ATP. Cette réaction irréversible engage le substrat dans la glycolyse.
  4. L’aldolase clive le fructose-1,6-bisphosphate en glycéraldéhyde-3-phosphate et dihydroxyacétone phosphate.
  5. La triose-phosphate isomérase convertit le dihydroxyacétone phosphate en glycéraldéhyde-3-phosphate.

À l'issue de cette phase, une molécule de glucose a donné deux molécules de glycéraldéhyde-3-phosphate et deux ATP ont été consommés.

Phase de restitution énergétique

  1. La glycéraldéhyde-3-phosphate déshydrogénase oxyde et phosphoryle chaque glycéraldéhyde-3-phosphate. Elle forme du 1,3-bisphosphoglycérate et réduit le NADX+\ce{NAD+}NADX+ en NADH.
  2. La phosphoglycérate kinase transfère un phosphate du 1,3-bisphosphoglycérate à l'ADP, formant de l'ATP et du 3-phosphoglycérate.
  3. La phosphoglycérate mutase déplace le phosphate et forme le 2-phosphoglycérate.
  4. L’énolase élimine une molécule d'eau et produit le phosphoénolpyruvate, composé à fort potentiel de transfert de phosphate.
  5. La pyruvate kinase transfère le phosphate du phosphoénolpyruvate à l'ADP, produisant de l'ATP et du pyruvate. Cette réaction est irréversible.
Définition

Phosphorylation au niveau du substrat

Formation d'ATP par transfert direct d'un groupement phosphate depuis un intermédiaire métabolique vers l'ADP, indépendamment de la chaîne respiratoire.

Les étapes 7 et 10 produisent chacune deux ATP par glucose, puisque les réactions surviennent sur les deux trioses issus du clivage.

Formule

Bilan net de la glycolyse

Glucose+2 ADP+2 Pi+2 NADX+→2 Pyruvate+2 ATP+2 NADH+2 HX++2 HX2O\ce{Glucose + 2 ADP + 2 Pi + 2 NAD+ -> 2 Pyruvate + 2 ATP + 2 NADH + 2 H+ + 2 H2O}Glucose+2ADP+2Pi+2NADX+​2Pyruvate+2ATP+2NADH+2HX++2HX2​O
  • ADP\ce{ADP}ADP : adénosine diphosphate
  • Pi\ce{Pi}Pi : phosphate inorganique
  • NADX+\ce{NAD+}NADX+ : forme oxydée du nicotinamide adénine dinucléotide
  • NADH\ce{NADH}NADH : forme réduite du nicotinamide adénine dinucléotide
  • ATP\ce{ATP}ATP : adénosine triphosphate
  • HX+\ce{H+}HX+ : proton
  • HX2O\ce{H2O}HX2​O : eau

Le bilan énergétique direct est donc de deux ATP nets, car quatre ATP sont formés après que deux ATP ont été consommés, et de deux NADH.

Points de contrôle de la glycolyse

Les trois réactions irréversibles constituent les principaux points de régulation.

Hexokinase et glucokinase

L’hexokinase possède une forte affinité pour le glucose et est inhibée par son produit, le glucose-6-phosphate. Cette inhibition évite une accumulation excessive d'intermédiaires phosphorylés.

La glucokinase hépatique possède une affinité plus faible mais une capacité élevée. Elle favorise la captation hépatique du glucose lorsque sa concentration sanguine augmente et n'est pas inhibée directement par le glucose-6-phosphate.

Phosphofructokinase-1

La PFK-1 est le principal point de contrôle du débit glycolytique. Elle intègre l'état énergétique cellulaire :

  • l'ATP et le citrate l'inhibent, signalant une disponibilité énergétique suffisante ;
  • l'AMP et l'ADP l'activent, signalant un déficit énergétique ;
  • le fructose-2,6-bisphosphate l'active fortement.

Le fructose-2,6-bisphosphate coordonne dans le foie la glycolyse avec l'état hormonal. L'insuline favorise sa formation et stimule la glycolyse, tandis que le glucagon produit l'effet opposé. L'intégration complète de cette régulation avec le jeûne et l'état nourri relève de la fiche dédiée.

Pyruvate kinase

La pyruvate kinase est activée par le fructose-1,6-bisphosphate : un flux important au début de la voie accélère ainsi sa dernière étape. Elle est inhibée par l'ATP. Dans le foie, sa phosphorylation sous l'influence du glucagon diminue son activité, ce qui limite la consommation de glucose lorsque l'organisme doit le préserver.

À retenir

Trois étapes irréversibles

Les trois enzymes régulatrices de la glycolyse sont l’hexokinase ou glucokinase, la PFK-1 et la pyruvate kinase. La PFK-1 constitue le principal point de contrôle du débit de la voie.

Devenir du pyruvate et régénération du NAD⁺

La glycolyse exige du NADX+\ce{NAD+}NADX+ à l'étape d'oxydation du glycéraldéhyde-3-phosphate. Le NADH formé doit donc être réoxydé, faute de quoi la glycolyse s'arrête.

Oxygénation suffisante

Lorsque la capacité respiratoire mitochondriale est suffisante, les équivalents réducteurs du NADH cytosolique sont transférés vers la mitochondrie. Le pyruvate pénètre dans celle-ci et est transformé irréversiblement en acétyl-CoA par le complexe pyruvate déshydrogénase.

L'acétyl-CoA rejoint ensuite le cycle de Krebs, étudié dans la fiche suivante. L'oxydation mitochondriale permet une production d'ATP bien supérieure au rendement direct de la glycolyse.

Oxygénation insuffisante ou capacité mitochondriale limitée

La lactate déshydrogénase réduit le pyruvate en lactate tout en réoxydant le NADH en NADX+\ce{NAD+}NADX+. Cette réaction permet à la glycolyse de se poursuivre, mais ne produit aucun ATP supplémentaire : le rendement demeure de deux ATP par glucose.

Exemple

Régénération du NAD+ lors de la formation de lactate

Pour une molécule de glucose engagée dans la glycolyse, la phase de restitution forme 222 molécules de pyruvate et 222 molécules de NADH\ce{NADH}NADH.

  • La lactate déshydrogénase transforme les 222 pyruvates en 222 lactates.
  • Au cours de cette transformation, les 222 molécules de NADH\ce{NADH}NADH sont réoxydées en 222 molécules de NADX+\ce{NAD+}NADX+.

Deux molécules de NADX+\ce{NAD+}NADX+ redeviennent ainsi disponibles pour l’étape d’oxydation du glycéraldéhyde-3-phosphate. La conversion du pyruvate en lactate ne produit aucun ATP supplémentaire : le bilan direct demeure de 222 molécules d’ATP par molécule de glucose.

Attention

L'oxygène n'intervient pas dans la glycolyse

La glycolyse elle-même ne consomme pas d'oxygène. L'oxygénation détermine surtout la possibilité de réoxyder le NADH par la respiration mitochondriale et, par conséquent, le devenir du pyruvate.

Comparaison

Devenir du pyruvate

Condition métaboliqueTransformation principaleFonction
Capacité respiratoire suffisantePyruvate en acétyl-CoAOxydation mitochondriale complète
Capacité respiratoire insuffisantePyruvate en lactateRégénération cytosolique du NADX+\ce{NAD+}NADX+
Points clés
  • Les glucides alimentaires sont hydrolysés en glucose, galactose et fructose avant leur absorption.
  • Le glucose et le galactose entrent dans l'entérocyte par SGLT1, tandis que le fructose utilise GLUT5 ; GLUT2 assure leur sortie basolatérale.
  • La glycolyse cytosolique transforme un glucose en deux pyruvates avec un bilan net de deux ATP et deux NADH.
  • Les étapes irréversibles catalysées par l'hexokinase ou la glucokinase, la PFK-1 et la pyruvate kinase contrôlent le débit glycolytique.
  • Une capacité respiratoire suffisante oriente le pyruvate vers l'acétyl-CoA ; lorsqu'elle est limitée, sa réduction en lactate régénère le NADX+\ce{NAD+}NADX+.

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Sommaire
  • 1Digestion des glucides alimentaires
    • 1.1Hydrolyse dans la lumière digestive
    • 1.2Hydrolyse au contact de l'entérocyte
  • 2Absorption intestinale des monosaccharides
    • 2.1Entrée par le pôle apical
    • 2.2Sortie par le pôle basolatéral
  • 3Glycolyse : fonction et organisation
    • 3.1Phase d'investissement énergétique
    • 3.2Phase de restitution énergétique lock — section verrouillée
  • 4Points de contrôle de la glycolyse lock — section verrouillée
    • 4.1Hexokinase et glucokinase lock — section verrouillée
    • 4.2Phosphofructokinase-1 lock — section verrouillée
    • 4.3Pyruvate kinase lock — section verrouillée
  • 5Devenir du pyruvate et régénération du NAD⁺ lock — section verrouillée
    • 5.1Oxygénation suffisante lock — section verrouillée
    • 5.2Oxygénation insuffisante ou capacité mitochondriale limitée lock — section verrouillée