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Sommaire

  • 1Finalité et localisation de la néoglucogenèse
    • 1.1Précurseurs glucoformateurs
  • 2Contournement des réactions irréversibles de la glycolyse
    • 2.1Du pyruvate au phosphoénolpyruvate
    • 2.2Du fructose-1,6-bisphosphate au fructose-6-phosphate
    • 2.3Du glucose-6-phosphate au glucose
  • 3Réciprocité avec la glycolyse lock — section verrouillée
  • 4Glycogénogenèse lock — section verrouillée
  • 5Glycogénolyse lock — section verrouillée
  • 6Contrôle hormonal du métabolisme du glycogène lock — section verrouillée
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B2 · Métabolisme intermédiaire

Néoglucogenèse et métabolisme du glycogène

Décrire la néoglucogenèse, ses précurseurs, ses étapes de contournement et sa réciprocité avec la glycolyse. Présenter la glycogénogenèse et la glycogénolyse et leur contrôle hormonal.

Biochimie structurale et métabolique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Finalité et localisation de la néoglucogenèse

Définition

Néoglucogenèse

Voie métabolique qui synthétise du glucose à partir de précurseurs non glucidiques. Elle maintient la disponibilité du glucose lorsque les apports alimentaires et les réserves immédiatement mobilisables deviennent insuffisants.

La néoglucogenèse se déroule principalement dans le foie et, lors d'un jeûne prolongé, dans le cortex rénal. Elle est presque absente du muscle squelettique, qui utilise ses substrats pour ses propres besoins au lieu de fournir du glucose au sang.

Cette voie fait intervenir plusieurs compartiments cellulaires :

  • la mitochondrie pour le premier contournement à partir du pyruvate ;
  • le cytosol pour la majorité des réactions ;
  • le réticulum endoplasmique pour la libération finale du glucose.

Elle partage plusieurs réactions réversibles avec la glycolyse, étudiée dans la fiche précédente. Elle n'est cependant pas une simple glycolyse parcourue en sens inverse, car les réactions fortement exergoniques de la glycolyse sont pratiquement irréversibles.

Précurseurs glucoformateurs

Les principaux précurseurs sont :

  • le lactate, transformé en pyruvate par la lactate déshydrogénase ;
  • le glycérol, transformé en dihydroxyacétone phosphate après phosphorylation et oxydation ;
  • les acides aminés glucoformateurs, dont le squelette carboné rejoint le pyruvate ou un intermédiaire du cycle de Krebs ;
  • le propionate, issu notamment du catabolisme des acides gras à nombre impair d'atomes de carbone, qui rejoint le cycle de Krebs sous forme de succinyl-coenzyme A.

Les intermédiaires du cycle de Krebs ne peuvent soutenir durablement la néoglucogenèse que s'ils sont renouvelés par des réactions anaplérotiques, abordées dans la fiche consacrée à ce cycle.

Attention

Les acides gras à nombre pair ne fournissent pas de glucose net

Leur dégradation produit principalement de l'acétyl-coenzyme A. Chez l'être humain, celui-ci ne peut pas redonner du pyruvate et ses deux carbones sont éliminés au cours du cycle de Krebs : il n'existe donc pas de conversion nette de l'acétyl-coenzyme A en glucose.

Contournement des réactions irréversibles de la glycolyse

Du pyruvate au phosphoénolpyruvate

La pyruvate kinase glycolytique catalyse une réaction irréversible. Son contournement nécessite deux réactions.

Dans la mitochondrie, la pyruvate carboxylase transforme le pyruvate en oxaloacétate. Cette enzyme consomme de l'adénosine triphosphate, ou ATP, utilise la biotine comme coenzyme et est activée par l'acétyl-coenzyme A. Une abondance d'acétyl-coenzyme A signale ainsi que le pyruvate doit être dirigé vers la production de glucose plutôt que vers son oxydation.

L'oxaloacétate ne traverse pas directement la membrane mitochondriale interne. Il est donc converti en malate ou en aspartate, transporté vers le cytosol, puis régénéré.

La phosphoénolpyruvate carboxykinase transforme ensuite l'oxaloacétate en phosphoénolpyruvate. Elle consomme de la guanosine triphosphate, ou GTP, et libère du dioxyde de carbone.

Du fructose-1,6-bisphosphate au fructose-6-phosphate

La fructose-1,6-bisphosphatase hydrolyse le fructose-1,6-bisphosphate en fructose-6-phosphate. Elle contourne la réaction glycolytique catalysée par la phosphofructokinase-1.

Cette enzyme est inhibée par l'adénosine monophosphate, ou AMP, qui signale une faible charge énergétique, et par le fructose-2,6-bisphosphate. Elle est favorisée lorsque l'énergie cellulaire est abondante.

Du glucose-6-phosphate au glucose

La glucose-6-phosphatase hydrolyse le glucose-6-phosphate en glucose libre dans le réticulum endoplasmique. Le glucose peut alors quitter la cellule hépatique ou rénale et rejoindre le sang.

Le muscle ne possède pas de glucose-6-phosphatase. Son glucose-6-phosphate ne peut donc pas être transformé en glucose exportable : il est destiné principalement à la glycolyse.

Comparaison

Réactions irréversibles et contournements

Réaction glycolytiqueEnzyme de contournement néoglucogéniqueParticularité
Phosphoénolpyruvate vers pyruvatepyruvate carboxylase puis phosphoénolpyruvate carboxykinaseconsommation d'ATP et de GTP
Fructose-6-phosphate vers fructose-1,6-bisphosphatefructose-1,6-bisphosphatasehydrolyse d'un phosphate
Glucose vers glucose-6-phosphateglucose-6-phosphataseprésente surtout dans le foie et le rein

La synthèse d'une molécule de glucose à partir de deux molécules de pyruvate consomme quatre ATP, deux GTP et deux nicotinamide adénine dinucléotides réduits, notés NADH. La néoglucogenèse est donc une voie endergonique, rendue possible par son couplage à l’hydrolyse de nucléotides riches en énergie.

Réciprocité avec la glycolyse

Si la glycolyse et la néoglucogenèse fonctionnaient fortement en même temps, l'ATP serait consommé sans production utile : ce fonctionnement constitue un cycle futile. Leur régulation est donc réciproque.

Le fructose-2,6-bisphosphate constitue un signal central dans le foie :

  • il active la phosphofructokinase-1 et stimule la glycolyse ;
  • il inhibe la fructose-1,6-bisphosphatase et freine la néoglucogenèse.

Sa concentration dépend d'une enzyme bifonctionnelle possédant une activité phosphofructokinase-2 et une activité fructose-2,6-bisphosphatase. Dans le foie, le glucagon déclenche sa phosphorylation par la protéine kinase dépendante de l'adénosine monophosphate cyclique. Le fructose-2,6-bisphosphate diminue alors, ce qui favorise la néoglucogenèse. L'insuline produit l'effet opposé par déphosphorylation.

Le glucagon inhibe également la pyruvate kinase hépatique par phosphorylation. Le phosphoénolpyruvate est ainsi préservé pour la néoglucogenèse.

À retenir

Régulation réciproque

Dans le foie, le glucagon favorise la néoglucogenèse et inhibe la glycolyse, tandis que l'insuline favorise la glycolyse et inhibe la néoglucogenèse. Le fructose-2,6-bisphosphate est un médiateur majeur de cette opposition.

Glycogénogenèse

Définition

Glycogénogenèse

Voie de synthèse du glycogène à partir du glucose. Elle permet de constituer une réserve glucidique rapidement mobilisable dans le foie et le muscle.

Le glycogène est un polymère ramifié de résidus de glucose. Les chaînes comportent des liaisons osidiques α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) et les points de branchement des liaisons α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6).

Méthode

Synthèse du glycogène

  1. Le glucose est phosphorylé en glucose-6-phosphate.
  2. La phosphoglucomutase convertit le glucose-6-phosphate en glucose-1-phosphate.
  3. Le glucose-1-phosphate réagit avec l'uridine triphosphate pour former l'uridine diphosphate-glucose, forme activée du glucose.
  4. La glycogénine amorce la synthèse en fixant les premiers résidus de glucose.
  5. La glycogène synthase allonge les chaînes par des liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4).
  6. L'enzyme branchante crée des liaisons α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6) et augmente le nombre d'extrémités non réductrices.

La ramification rend le glycogène compact et permet une synthèse ou une dégradation rapide, car plusieurs enzymes peuvent agir simultanément sur ses nombreuses extrémités.

Glycogénolyse

Définition

Glycogénolyse

Voie de dégradation du glycogène qui produit principalement du glucose-1-phosphate, ensuite converti en glucose-6-phosphate.

La glycogène phosphorylase rompt les liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4) par phosphorolyse et libère du glucose-1-phosphate. Elle s'arrête à proximité d'un branchement.

L'enzyme débranchante possède deux activités complémentaires : une activité transférase déplace une courte chaîne glucidique, puis une activité α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6)-glucosidase hydrolyse le résidu situé au point de branchement. Cette seconde réaction libère une petite quantité de glucose libre.

La phosphoglucomutase transforme ensuite le glucose-1-phosphate en glucose-6-phosphate. Son devenir dépend du tissu :

  • dans le foie, il peut être déphosphorylé puis libéré dans le sang ;
  • dans le muscle, il entre dans la glycolyse pour soutenir la production locale d'ATP.

Contrôle hormonal du métabolisme du glycogène

La glycogène synthase et la glycogène phosphorylase sont régulées de manière réciproque par phosphorylation.

Le glucagon, actif principalement dans le foie, se lie à un récepteur couplé à une protéine G. L'augmentation de l'adénosine monophosphate cyclique active une protéine kinase, qui favorise la glycogénolyse et inhibe la glycogénogenèse.

L'adrénaline stimule la glycogénolyse dans le foie et le muscle. Dans le muscle, l'augmentation du calcium cytosolique active également la phosphorylase kinase par l'intermédiaire de la calmoduline, reliant ainsi la dégradation du glycogène à l'activité contractile.

L'insuline favorise la déphosphorylation des enzymes par activation de phosphatases. La glycogène synthase devient active, tandis que la glycogène phosphorylase et la phosphorylase kinase deviennent moins actives. L'insuline favorise donc la glycogénogenèse et freine la glycogénolyse.

Comparaison

Effets hormonaux sur le glycogène

HormoneTissu principalement concernéGlycogénogenèseGlycogénolyse
Insulinefoie et musclestimuléeinhibée
Glucagonfoieinhibéestimulée
Adrénalinefoie et muscleinhibéestimulée
Attention

Glucagon et muscle

Le glucagon ne contrôle pas directement la glycogénolyse du muscle squelettique, qui ne possède pas de récepteurs fonctionnels au glucagon. La mobilisation musculaire du glycogène dépend notamment de l'adrénaline, du calcium et de l'état énergétique local.

Points clés
  • La néoglucogenèse synthétise du glucose à partir du lactate, du glycérol et de précurseurs glucoformateurs.
  • Ses quatre enzymes de contournement sont la pyruvate carboxylase, la phosphoénolpyruvate carboxykinase, la fructose-1,6-bisphosphatase et la glucose-6-phosphatase.
  • Le glucagon favorise la néoglucogenèse hépatique, notamment en diminuant le fructose-2,6-bisphosphate.
  • La glycogène synthase forme les liaisons α(1→4)\alpha(1\rightarrow4)α(1→4), tandis que l'enzyme branchante forme les liaisons α(1→6)\alpha(1\rightarrow6)α(1→6).
  • La glycogène phosphorylase et l'enzyme débranchante assurent la glycogénolyse.
  • L'insuline favorise le stockage du glycogène, alors que le glucagon et l'adrénaline favorisent sa mobilisation.

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  • Fiche 01Vue d'ensemble du métabolisme : catabolisme, anabolisme et stratégies de régulationMétabolisme intermédiaire
  • Fiche 02Digestion, absorption des glucides et glycolyseMétabolisme intermédiaire
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    • 2.2Du fructose-1,6-bisphosphate au fructose-6-phosphate
    • 2.3Du glucose-6-phosphate au glucose
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