B3 · Méthodes
Électrophorèse des acides nucléiques et techniques de transfert
Décrire la séparation des acides nucléiques selon leur taille et l'usage des endonucléases de restriction. Présenter les techniques d'hybridation sur membrane pour l'ADN, l'ARN et les protéines.
Biologie moléculaire et génome7 min de lecture17 QCM corrigés
Principe de l'électrophorèse des acides nucléiques
L'ADN et l'ARN portent des groupements phosphate négativement chargés. Lorsqu'un champ électrique est appliqué, ils migrent donc de la cathode négative vers l'anode positive.
Le support est généralement un gel, c'est-à-dire un réseau tridimensionnel contenant des pores. Ce réseau exerce un effet de tamis moléculaire : les petites molécules traversent plus facilement les pores et migrent plus rapidement que les grandes. Pour des fragments linéaires d'ADN de même nature, le rapport entre charge électrique et masse varie peu. La séparation dépend donc principalement de leur taille, exprimée en nombre de paires de bases pour l'ADN bicaténaire ou en nombre de nucléotides pour l'ARN.
La mobilité dépend notamment de la taille de la molécule, de sa conformation, de la porosité du gel, de la composition du tampon et de la température. La migration n'est donc pas déterminée par la taille seule lorsque les molécules n'ont pas la même structure.
Nature du gel
La concentration du gel règle sa porosité. Une concentration élevée produit des pores plus petits et améliore la séparation des fragments courts. Une concentration faible facilite au contraire la migration des fragments longs.
L'électrophorèse peut être réalisée en conditions natives, qui conservent autant que possible la conformation des molécules, ou en conditions dénaturantes, qui détruisent les appariements et les structures secondaires. Ces dernières sont particulièrement utiles pour l'ARN, dont le repliement peut modifier fortement la migration.
Révélation et détermination de la taille
Après migration, les acides nucléiques sont révélés par un marquage fluorescent ou par une autre méthode de détection adaptée. Chaque population de fragments de taille voisine forme une bande.
L'intensité d'une bande dépend de la quantité de matière détectée, mais elle ne constitue une mesure quantitative fiable que si le signal reste proportionnel à cette quantité et si les conditions de dépôt et de révélation sont maîtrisées.
Endonucléases de restriction et production de fragments
La séquence reconnue constitue un site de restriction. Elle présente souvent une symétrie dite palindromique : la lecture de chaque brin dans le sens donne la même succession de bases. Une même enzyme coupe donc l'ADN de manière reproductible à tous ses sites accessibles.
La coupure peut produire :
- des extrémités franches, lorsque les deux brins sont coupés au même niveau ;
- des extrémités cohésives, lorsque les coupures sont décalées et laissent de courtes régions simple brin complémentaires.
Les applications au clonage et à la construction d'ADN recombinant sont développées dans la fiche consacrée aux vecteurs ; ici, la digestion sert surtout à transformer une longue molécule d'ADN en fragments séparables par électrophorèse.
Une digestion complète suppose que tous les sites reconnus ont été coupés. Une digestion partielle laisse subsister des molécules dans lesquelles certains sites n'ont pas été clivés, ce qui produit des fragments supplémentaires et complique l'interprétation.
Principe du transfert sur membrane
Après électrophorèse, les molécules restent dispersées dans un gel fragile et difficile à manipuler. Le transfert sur membrane les déplace vers une membrane solide tout en conservant leur position relative. La membrane, généralement en nylon ou en matériau polymérique, facilite leur immobilisation, leur exposition à un réactif spécifique et leur détection.
Le transfert peut reposer sur la capillarité, une différence de pression ou un champ électrique. Une fois les molécules immobilisées, une étape de reconnaissance spécifique révèle uniquement la cible recherchée.
Après hybridation, des lavages éliminent les sondes non fixées ou insuffisamment appariées. La stringence correspond au degré d'exigence imposé à l'appariement. Une température élevée, une faible concentration ionique ou des lavages plus rigoureux favorisent la conservation des appariements les plus complémentaires.
Transferts de Southern, Northern et Western
Transfert de Southern pour l'ADN
Le transfert de Southern détecte une séquence d'ADN déterminée parmi les fragments séparés par électrophorèse.
La position du signal renseigne sur la taille du fragment portant la séquence recherchée. Son intensité dépend de la quantité de cible, de l'efficacité du transfert et des conditions d'hybridation.
Transfert de Northern pour l'ARN
Le transfert de Northern applique le même principe général à l'ARN. Les ARN sont habituellement séparés dans des conditions dénaturantes afin que leur migration dépende principalement de leur longueur plutôt que de leurs structures secondaires.
Après transfert et immobilisation, une sonde complémentaire révèle un ARN déterminé. La position de la bande renseigne sur la taille du transcrit, tandis que son intensité peut informer sur son abondance relative si les dépôts et les contrôles sont comparables.
Transfert de Western pour les protéines
Le transfert de Western concerne les protéines, et non les acides nucléiques. Les protéines sont d'abord séparées selon leur masse moléculaire apparente par électrophorèse en gel de polyacrylamide en présence d'un détergent dénaturant. Elles sont ensuite transférées sur une membrane.
La détection repose sur un anticorps primaire reconnaissant la protéine cible. Un anticorps secondaire marqué peut ensuite reconnaître l'anticorps primaire et amplifier le signal.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.